Salon de l’agriculture, Fabien Roussel appelle à consommer français pour relever l’agriculture (25/02/2026)
Le secrétaire national du PCF était présent, mardi au Salon de l’agriculture, pour soutenir les agriculteurs. Il a appelé à consommer local et à revoir les accords de libre-échange.
Comme chaque année, le Salon de l’agriculture constitue un passage incontournable pour Fabien Roussel. Mardi, le secrétaire national du PCF a passé de longues minutes sur le stand de sa région, les Hauts-de-France, où il a rencontré élus et artisans locaux. Mais avant cela, le maire de Saint-Amand-les-Eaux a échangé, pendant une large partie de la matinée, avec les principaux syndicats agricoles (Confédération Paysanne, FNSEA, Coordination Rurale, Jeunes Agriculteurs) au sujet de la crise que traverse le monde agricole.
« Il faut faire confiance à nos agriculteurs, comme on a confiance en nos aides-soignants, nos enseignants, tous ces métiers indispensables à la France. Nous sommes une nation agricole et un pays sans paysan, c’est un pays qui meurt », a-t-il martelé. Il a ensuite « lancé un appel aux Français pour qu’ils contribuent à la relance de l’agriculture en consommant français et local. C’est un geste citoyen qui va garantir la production française et donc des revenus pour nos agriculteurs ».
Fabien Roussel en appelle aussi au soutien des collectivités, crucial pour créer de nouvelles rentes pour les agriculteurs : « Il y a besoin d’étiqueter et tracer nos produits, de les valoriser. Les collectivités, les Villes, Départements, Régions, doivent participer à les financer et à les promouvoir, comme nous le faisons dans les Hauts-de-France, en leur offrant des débouchés dans les cantines scolaires et en restauration collective, par exemple. »
Dans son viseur également, les traités de libre-échange, « qui ont mis en concurrence notre pays avec d’autres nations et ont affaibli l’agriculture française. Il y a besoin de les revoir, et, à défaut, de protéger l’agriculture française ».
Pour y parvenir, Fabien Roussel évoque « une série de leviers à actionner. Il faut garantir un revenu aux agriculteurs. Pour cela, nous défendons le principe des prix planchers et du coefficient multiplicateur pour faire en sorte qu’entre la fourche et la fourchette, la valeur ajoutée soit mieux distribuée entre toutes les professions qui interviennent ». Cela passe aussi par une loi d’urgence, annoncée par le gouvernement, mais dont les communistes « craignent qu’elle arrive bien tardivement. Nous en voulons une dans les semaines qui viennent au Parlement ».
Enfin, le chef de file des communistes est également revenu sur la très critiquée politique d’abattage systématique mise en œuvre contre la dermatose nodulaire contagieuse, « vécue comme un traumatisme, d’autant plus que dans d’autres pays, ce n’est pas cette politique qui est appliquée. Je comprends les interrogations des éleveurs français, de savoir si c’est bien la bonne méthode ». Pour prévenir au mieux la circulation de la maladie, il faut, selon lui, « mieux répartir les élevages dans toute la France, y compris dans les territoires où ils ont disparu. Les éleveurs ont aussi pris conscience du danger qu’il y a à avoir de gros élevages et des concentrations dans des territoires, [qui favorisent] les risques de propagation de l’épidémie. Il y a tout un travail à faire pour protéger nos élevages des épidémies car on va en souffrir encore ».
« La France ne défend pas ses spécificités »
D’autres thèmes émergent inévitablement des rencontres. « Nous devons combattre les traités de libre-échange », explique Fabien Roussel. Du côté d’Hervé Lapie, secrétaire général de la FNSEA, on insiste sur le besoin de règles communes au niveau européen, mais aussi pour la France de défendre ses intérêts. « L’Allemagne le fait bien avec son industrie automobile », souligne le dirigeant syndical. « En effet, la France se fond dans le moule européen et ne défend pas ses spécificités. C’est vrai pour l’agriculture, mais aussi sur l’énergie », renchérit le secrétaire national du PCF.
Le porte-parole national de la Confédération paysanne, Thomas Gibert, souhaite un combat contre les traités de libre-échange et particulièrement contre le nouvel accord en discussion avec l’Australie, qui menace la filière bovine. Il demande également des « prix rémunérateurs ». « Nous défendons des prix planchers et un coefficient multiplicateur, afin que, de la fourche à la fourchette, la valeur ajoutée soit mieux distribuée » entre producteurs et distributeurs, avance Fabien Roussel.
Il y a aussi les frictions. À un chef d’entreprise agricole qui souhaite une baisse de cotisations patronales, Fabien Roussel rappelle toute l’importance de financer la protection sociale, et notamment les retraites agricoles, bien trop faibles. Dans ses rencontres, Fabien Roussel était accompagné du député PCF du Puy-de-Dôme Julien Brugerolles. L’occasion pour ce dernier de faire connaître sa proposition de loi pour revaloriser les retraites agricoles, dans la continuité du travail de son prédécesseur, André Chassaigne.
11:34 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fabien roussel, salon de l'agriculture |
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