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29/08/2025
Fête de l’Humanité : Kompromat, le duo électro qui va vous faire chanter
Le groupe formé par Rebeka Warrior et Vitalic fignole une musique à la croisée du post-punk et de l’électro. Une cérémonie sonore cathartique à vivre le vendredi 12 septembre à la Fête de l’Humanité.
L’association relevait de l’évidence. Pascal Arbez-Nicolas, alias Vitalic, et Julia Lanoë, alias Rebeka Warrior, n’ont pas eu à forcer le destin pour lancer Kompromat, duo de post-punk électro formé à la fin de la dernière décennie. Lui, vieux routier et vrai sorcier de la scène électro. Elle, figure cardinale de la scène queer et maîtresse d’œuvre des groupes de punk pop synthétique Sexy Sushi et Mansfield. TYA.
« C’était plutôt un plaisir qu’un devoir. On n’a pas trop réfléchi, on se connaissait, on s’aimait bien. On a fait un morceau, puis deux, puis un album », lâche Rebeka Warrior le plus simplement du monde. Aux questions qu’on leur pose, les membres du duo répondent d’une même voix, devançant ou complétant les propos de l’autre dans une parfaite synchronie qui fait écho à l’unité de ton de leur musique, entre culture club et la cold wave.
« On est complémentaires à plein d’endroits. Moi, je ne suis pas aussi calée dans la production, les machines. Je pense qu’on apprend l’un de l’autre. Ça nous permet d’aller plus vite, d’avancer dans des endroits plus surprenants. Je suis assez friande de ça », avance la musicienne à l’allure reptilienne. « Elle a une patte que je n’ai pas, avec un sens de la mélodie et une écriture bien à elle », ajoute Vitalic comme on complète un puzzle.
Communion charnelle
L’aventure Kompromat débute en 2019 avec un premier album impeccable, Traum und Existenz, chanté en allemand et baigné dans l’univers ardent et réfrigérant des nuits berlinoises. Une invitation à la transe et à la danse. Mais aussi au chant. « J’aime bien les ritournelles, les hymnes, un peu comme les Bérus. Et écrire en imaginant qu’un public ou une foule peut chanter un morceau, reprendre un refrain », confie Rebeka Warrior.
Quand on l’interroge sur le nom du groupe, aussi glaçant que leur inspiration berlinoise, la parade est toute trouvée : « Ça veut dire ”faire chanter”. Et on fait chanter tout le monde ! » Passée par les beaux-arts de Nantes et autrice d’un premier roman nerveux publié en cette rentrée littéraire, Toutes les vies (Stock), consacré au deuil traversé après le décès de sa compagne, Rebeka Warrior s’amuse depuis vingt-cinq ans à investiguer les esthétiques modernes et contemporaines.
Mais en limant, à l’approche d’une cinquantaine qui s’annonce fringante, les happenings dadaïstes qui avaient fait la marque de Sexy Sushi et en investissant une dimension plus spirituelle de l’art musical. « Une quête d’ouverture, témoigne-t-elle. On a la foi et on n’est pas si pessimistes par rapport au futur. On joue, on prie et on espère. C’est assez ”positive vibration”. »
La musique de Kompromat s’éprouve surtout sur scène dans une communion charnelle que célèbre leur second et dernier album en date, PLДYING/PRДYING, au son plus pop et moelleux. « Le live fait partie intégrante du projet. On est très libres et on peut vraiment se permettre plein de choses », avance le DJ.
« Avec Vitalic, je suis un peu coincé par mes tubes. C’est moins le cas avec Kompromat. » Et la chanteuse de compléter : « Moi, a contrario, quand je suis en DJ set, les gens sont habitués à plus de bordel. Là, on fait une espèce de post-punk hyper rock and roll qu’on arrive quand même à cadrer. »
Un regard exigeant sur la scène électro
Un plaisir, en somme, que se sont octroyé les deux quadras, fêtards assumés, qui ont l’avantage d’avoir pu digérer pas mal d’influences sans rien regretter de l’âge béni de leurs 20 ans. « On commence à être des anciens, mais pour rien au monde je ne voudrais commencer aujourd’hui », affirme le DJ, qui a écumé les estrades électro à la tête de son propre label, Citizen Records, lancé il y a plus de vingt ans.
Une quête d’indépendance qu’a suivie sur le tard Rebeka Warrior en créant Warriorecords, label sur lequel est sorti leur dernier album : « Je me suis dit que c’est quand même agréable et plus simple qu’un artiste soit propriétaire de sa musique. » Leur parcours jalonné de succès leur autorise aujourd’hui un regard exigeant sur une scène électro souvent phagocytée par les intérêts financiers : « La musique est devenue un accessoire. Maintenant, on parle de projet », avance Vitalic.
« Tu as un compte, tu es un peu influenceur, tu vends un peu des fringues et tu fais un peu de musique. Elle n’est plus vraiment au centre », opine la chanteuse, concentrée sur la sienne, léchée et communielle.
« Dans nos concerts, on a plein de goudous (lesbiennes, NDLR), des gamines, des ultra vieux avec des cheveux blancs, plein de trans, de LGBT, mélangés avec des hétéros geekos qui sont là pour le plaisir du synthétique. C’est vraiment varié et je m’imagine toujours pendant le concert qu’ils se parlent et à la fin, ils sortent main dans la main (rires). » Un savant mélange qu’ils retrouveront sans nul doute dans deux semaines, drapeaux militants en plus, à la Fête de l’Humanité.
Kompromat en concert à l’Huma Cumba le vendredi 12 septembre, à 22 h 40.
11:31 Publié dans Fête Humanité, Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : kompromat, fête humanité | |
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