À Fleurance, dans le Gers, le meurtre de Lyhanna, 11 ans, a provoqué une onde de choc bien au-delà du territoire où vivait l’enfant. Dès les jours suivant la découverte de son corps, des milliers de personnes ont participé à des marches blanches, rassemblements silencieux et manifestations de colère. Dans le Gers, mais aussi sur les réseaux sociaux et dans le débat public national, le sentiment d’un drame évitable domine largement.
Une tragédie devenue symbole national
Ce qui nourrit cette indignation n’est pas seulement l’horreur du crime. C’est surtout la révélation progressive d’un passé de signalements et de plaintes visant Jérôme Barella, mis en examen dans cette affaire. Selon les éléments rendus publics, l’homme avait déjà fait l’objet d’accusations concernant des violences sexuelles présumées sur mineures. Une plainte déposée en 2025 pour des faits présumés de viol sur une enfant de 12 ans, accompagnée d’éléments médicaux alarmants, n’aurait débouché ni sur une audition rapide ni sur une réponse judiciaire immédiate avant le drame.
D’autres alertes existaient. « Elle aurait dû être protégée. » C’est la phrase qui domine les cortèges. Derrière l’émotion, il y a la conviction grandissante que Lyhanna n’a pas seulement été victime d’un individu, mais aussi des lenteurs et des angles morts d’un système incapable d’agir à temps. Macron face à une colère qu’il semble ne pas mesurer
C’est ici que le drame devient politique. Emmanuel Macron et le ministre de la Justice Gérald Darmanin ont rapidement dénoncé des « défaillances extrêmement graves », tout en refusant de faire du manque de moyens une explication centrale. Pour l’exécutif, les recrutements engagés et la hausse du budget de la Justice depuis 2017 suffiraient à démontrer qu’il ne s’agit pas d’un problème structurel mais d’erreurs individuelles.
Une position qui heurte de nombreux magistrats, greffiers et enquêteurs. Car sur le terrain, tous décrivent une institution saturée, entre explosion des plaintes pour violences sexuelles, stocks de procédures qui s’accumulent, manque de personnels spécialisés, logiciels inadaptés et transmissions parfois d’une lenteur sidérante. Au nom de quoi le chef de l’État refuse-t-il d’interroger la question des moyens lorsqu’une partie du corps judiciaire décrit lui-même un système proche de la rupture ? D’autant que la France demeure parmi les pays européens les moins dotés en procureurs rapportés à la population.
Mais le problème dépasse sans doute le seul budget. L’affaire Lyhanna met aussi en lumière une justice devenue, selon ses critiques, excessivement corsetée entre une bureaucratie paralysante, une accumulation de procédures et une culture du traitement des flux plutôt que de l’anticipation du danger. Une institution qui administre des dossiers.
Source Liberté Actus

Les propositions du Parti Communiste Français, Une société se juge à la manière dont elle protège ses enfants. Lorsque les alertes s'accumulent, lorsque les institutions manquent de moyens, lorsque la protection des enfants n'est plus assurée : nous sommes face à un échec qui appelle des réponses politiques à la hauteur.

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Le risque politique pour l’exécutif est peut-être là. Dans les manifestations en hommage à Lyhanna, beaucoup ne demandent déjà plus seulement une condamnation judiciaire. Ils demandent que soit reconnu un échec plus vaste, celui d’un État qui, malgré les alertes, n’a pas empêché l’irréparable.