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11/04/2026

Industrie et paix, rencontre avec Pierre Bell-Lloch Maire communiste de Vitry sur Seine, de grands projets pour développer sa ville

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Le maire communiste de Vitry-sur-Seine n’est pas peu fier de sa victoire. En réunissant 46,7% des voix au second tour, Pierre Bell-Lloch et sa liste ont transformé l’essai de 2020 et se sont donné les moyens d’engager la transformation de la ville. Nous l’avons rencontré.

Avec quelque 2 680 voix d’avance sur le candidat de la France insoumise Hocine Timini, Pierre Bell-Lloch fait preuve de son ancrage et d’un bilan apprécié par la population. Le dernier mandat municipal fut mouvementé dans tout le pays, puisqu’il fut entamé pendant la pandémie du Covid-19. Mais à Vitry-sur-Seine, les six dernières années ont été encore plus chahutées, en raison d’une opposition farouche de la part de la France insoumise et d’anciens élus de la majorité communiste, depuis en désaccord avec les décisions majoritaires de leur Parti.

Mais rien n’y fait. La nouvelle majorité municipale, forte de son bilan, a proposé un programme ambitieux aux Vitriots. Sur une trentaine de pages, elle n’aligne pas moins de 94 propositions « pour changer la ville et la vie ». C’est peut-être ce qui a permis au Maire sortant d‘obtenir un tel résultat. Une vision de long terme et la promesse de « Bâtir le Vitry de demain ».

 

Dans le programme, il y a la création d’une régie publique pour l’insertion professionnelle. Au-delà de ce projet, on voit qu’une importance particulière est portée à l’emploi et au développement économique. Quels sont les grands axes, les grands projets qui vont structurer les sept prochaines années sur cette question ?

Notre pays connaît depuis des décennies maintenant un taux de chômage structurel important, malgré une légère amélioration après le confinement. À Vitry-sur-Seine, le chômage est de 7,5% et il touche particulièrement notre jeunesse. Cette régie publique permettra un meilleur accompagnement des précaires et des jeunes vitriots parfois en manque de repères face au marché du travail. Nous avons d’ailleurs déjà mis en place un forum pour l’emploi.

Pour le mandat qui s’annonce nous prévoyons d’accueillir 1 000 nouveaux emplois sur la ville, dans le transport et la logistique notamment. L’ouverture de la nouvelle Gare des Ardoines et la rénovation du centre-ville tracent des perspectives importantes en termes d’emploi.

Comme l’ensemble de la petite couronne, notre ville a été marquée par la casse industrielle. Nous avons connu le départ d’entreprises importantes. Les libéraux voudraient nous résoudre à accepter des emplois peu qualifiés et mal payés. Je pense au contraire que l’industrie a un avenir. Si le gouvernement s’en donnait les moyens nous pourrions former des centaines de milliers d’ingénieurs et d’ouvriers qualifiés à des postes mieux payés et plus productifs. Par ailleurs, sans tissu industriel, nous le savons, aucun service public n’est possible.

 

Vitry profite de l’arrivée d’une nouvelle ligne de métro. C’est, on l’imagine, une excellente nouvelle. Mais on imagine aussi que cela nécessitera de nouvelles infrastructures (notamment la réhabilitation de la passerelle reliant Alfortville à Vitry). C’est une véritable transformation de la ville qui est prévue, et cela devrait augmenter sensiblement le nombre d’habitants dans les prochaines années, non ?

L’arrivée de la ligne de métro 15 est en effet une excellente nouvelle pour notre ville. Cela permettra d’accroître la mobilité des Vitriots et de renforcer l’attractivité de notre ville, malgré le retard pris. Un grand plan de rénovation du cœur de Vitry-sur-Seine est par ailleurs en cours, avec pour objectif de permettre aux habitants d’aujourd’hui, en logement social, de continuer à y vivre, car la modernité doit profiter à toutes et tous indépendamment des revenus !

000 nouveaux logements de tous types seront construits lors du prochain mandat. Vitry va s’agrandir tout en restant une ville équilibrée.

 

« Une ville de résistance, protectrice face à un monde devenu insensé. Une ville qui lutte pour la paix entre les peuples ». C’est dans cette veine qu’est prévue la création de la Maison de la Paix et de la solidarité internationale. C’est une première. Cette maison promet de « faire vivre la culture de Paix ». Concrètement, en quoi cela consiste ?

Nous vivons une période dangereuse. La remise en cause de l’hégémonie américaine sur le monde entraîne un redoublement de l’agressivité de Washington. La guerre commerciale, l’enlèvement de Nicolás Maduro et de son épouse, l’aggravation du blocus contre Cuba, les bombardements sur l’Iran et le soutien à la politique colonialiste israélienne sont autant de menaces pour la paix mondiale. Situation d’autant plus inquiétante que notre gouvernement semble prompt à s’aligner sur les positions étatsuniennes. On parle même de la nécessité de « sacrifier nos enfants ».

À Vitry nous refusons les logiques de guerre. Nous sommes nés du refus de la guerre après la boucherie de 14-18. Il est pour nous impensable de plonger dans un nouveau carnage sans réagir. Cette Maison de la Paix et de la solidarité internationale aura pour but de promouvoir la culture de paix et la solidarité entre les peuples. Les associations joueront un rôle central de promotion de leurs actions, nous avons besoin de plus de bénévoles, de militants engagés pour les droits et la paix.

 

Un dernier mot sur cette victoire, malgré cette campagne difficile ?

Cette campagne n’a pas eu la hauteur que j’aurais souhaité pour les habitants de Vitry. Nous n’avons, en réalité, que trop peu débattu de nos projets pour l’avenir de la ville. L’opposition a en effet décidé de jouer sur les peurs au lieu de s’adresser à l’intelligence des électeurs. Presque toute la communication des listes d’opposition s’est concentrée sur le fait de dénoncer un projet d’incinérateur qui n’existe pas.

Pour les années à venir, la municipalité sera chargée à travers des consultations citoyennes de faire vivre le débat de fond sur les projets structurants de notre ville. Entre l’ouverture de nouvelles salles des fêtes, la mise en place d’une équipe de médiateurs et la rénovation des logements, les sujets ne manqueront pas, tous au service des Vitriots et de la transformation sociale et écologique.

Le résultat des urnes est venu récompenser une campagne qui s’est refusée à jouer sur les peurs ou à alimenter des polémiques stériles. Je voudrais donc conclure par une note positive en vous disant que le travail collectif et la lutte peuvent payer ! À Vitry nous continuerons à nous y employer tout au long de ce mandat.

Source Liberté Actus

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31/03/2026

« No Kings », la rue américaine teste les limites du pouvoir

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Ce 28 mars, des manifestations baptisées « No Kings » ont rassemblé plusieurs millions de personnes à travers les États-Unis, selon diverses estimations militantes et médiatiques.

Ce mouvement, né de l’opposition à la présidence de Donald Trump, semble désormais dépasser la seule contestation partisane pour exprimer une inquiétude plus large face à la guerre, à l’économie et à la concentration du pouvoir exécutif. Derrière les slogans, c’est la stabilité politique américaine qui se trouve mise à l’épreuve.

 

Une mobilisation massive, mais aux chiffres encore débattus

La journée du 28 mars 2026 s’inscrit dans une séquence de protestations amorcée en 2025. Les organisateurs évoquent une participation de plusieurs millions de personnes réparties dans des milliers de villes américaines, ce qui en ferait l’une des mobilisations les plus importantes de ces dernières décennies. Toutefois, comme souvent dans ce type d’événements, les estimations varient fortement selon les sources et doivent être interprétées avec prudence.

Des rassemblements significatifs ont été signalés dans des métropoles comme New York, Washington, San Francisco ou Minneapolis. Des personnalités politiques et culturelles y ont pris la parole, dénonçant ce qu’elles perçoivent comme une dérive autoritaire du pouvoir exécutif et une politique étrangère jugée risquée.

Le slogan « No Kings » — littéralement « Pas de rois » — renvoie explicitement à l’héritage de la Révolution américaine et à l’idée que le président ne doit pas concentrer un pouvoir excessif. Cette référence historique vise à inscrire le mouvement dans une tradition civique plutôt que révolutionnaire.

 

Guerre, inflation et immigration : les moteurs d’une colère diffuse

Au-delà de la contestation personnelle du président, plusieurs facteurs structurels semblent alimenter la mobilisation. Le premier concerne la politique étrangère. L’engagement militaire américain contre l’Iran, coûteux et incertain, a ravivé le spectre des guerres longues et impopulaires. Les manifestants soulignent le contraste entre les dépenses militaires et les difficultés économiques des ménages américains.

Le second facteur est économique. L’augmentation des prix de l’énergie, de l’alimentation et du logement pèse sur les couches moyennes, traditionnellement pilier de la stabilité politique américaine. Cette pression sociale contribue à élargir la base des manifestants au-delà des milieux militants habituels.

Enfin, la politique migratoire. Les opérations menées par les services fédéraux d’immigration sont dénoncées par les organisations de défense des droits civiques, qui y voient une militarisation de l’espace intérieur.

 

Au-delà de la rue, un signal politique

L’importance réelle du mouvement « No Kings » ne se mesure pas uniquement au nombre de manifestants, mais à ce qu’il révèle de l’état de la société américaine. Depuis plusieurs années, les États-Unis connaissent une polarisation politique importante, marquée par une défiance envers les institutions, une fragmentation médiatique et une montée des tensions sociales.

L’histoire américaine montre que les manifestations de masse — contre la guerre du Vietnam, pour les droits civiques ou lors de la crise financière de 2008 — ont souvent précédé des réajustements politiques importants.

La question n’est donc pas seulement de savoir combien de personnes sont descendues dans la rue, mais si cette mobilisation traduit un malaise durable capable d’influencer les élections, la politique étrangère et l’équilibre institutionnel du pays.

Source Liberté Actus

 

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29/03/2026

Qualité de l'air dans le monde : seuls 13 pays respirent encore normalement

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À peine plus d’une dizaine de pays dans le monde se situent encore sous les seuils de l’OMS pour les particules fines. Un chiffre qui dit tout d’un basculement silencieux : respirer un air sain devient l’exception, pas la norme. Et l’Europe n’est pas épargnée.

Respirer. Un geste banal, automatique, invisible. Et pourtant, en 2025, il est devenu un luxe. Selon le dernier rapport mondial d’IQAir, seuls 13 pays dans le monde respectent les recommandations sanitaires de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en matière de particules fines (PM2,5). Cela signifie que 91 % des pays dépassent les seuils jugés sûrs.

Et que, derrière chaque inspiration, se cachent des particules capables de traverser les poumons, d’atteindre le sang, et d’augmenter les risques de maladies cardiovasculaires, respiratoires ou encore de cancer. Le constat est brutal, mais surtout révélateur d’un phénomène plus large : l’air que nous respirons devient instable. Non pas seulement à cause des activités humaines classiques – transports, industrie, chauffage – mais aussi sous l’effet d’un climat qui se dérègle.

Un air de plus en plus imprévisible

En 2025, les feux de forêt ont joué un rôle majeur dans la dégradation de la qualité de l’air à l’échelle mondiale. Le rapport évoque des émissions record liées à la combustion de biomasse, avec environ 1 380 mégatonnes de carbone relâchées dans l’atmosphère.

À cela s’ajoutent les tempêtes de poussière, les sécheresses, les vagues de chaleur. Autant de phénomènes amplifiés par le changement climatique… qui viennent à leur tour dégrader l’air. Une boucle de rétroaction redoutable. Résultat : seulement 14 % des villes dans le monde respectent aujourd’hui les seuils de l’OMS, contre 17 % un an plus tôt, en 2024.

L’europe respire, mais difficilement

On pourrait croire l’Europe relativement épargnée… Elle ne l’est pas. En 2025, seuls trois pays européens – l’Islande, l’Estonie et Andorre – respectent les recommandations de l’OMS pour les PM2,5. Tous les autres dépassent les seuils. Et la situation se tend. Sur le continent, 23 pays ont vu leur pollution augmenter, parfois fortement. En Suisse et en Grèce, les concentrations ont bondi de plus de 30 %, notamment sous l’effet combiné des fumées de feux de forêt nord-américains et des poussières sahariennes. Pour la France, la hausse est légère entre 2024 et 2025 (contre un recul de la pollution pour 18 pays européens). En matière de qualité de l’air, notre pays se situe dans le “ventre mou” du classement européen. Mais avec une moyenne nationale de 9,6 µg/m³ de PM2,5, elle atteint presque le double de la recommandation OMS (5 µg/m³).

Même les grandes capitales restent au-dessus des seuils. Paris, par exemple, affiche une concentration moyenne autour de 10,3 µg/m³, soit plus du double de la recommandation de l’OMS fixée à 5 µg/m³. Loin d’être un problème local, la pollution de l’air en Europe est transfrontalière. Elle circule avec les vents, les saisons, les pratiques agricoles (notamment les émissions d’ammoniac liées aux engrais), et les épisodes météorologiques stagnants.

Ces 13 pays où l’air reste respirable

Ils sont une poignée. Treize exactement. Treize pays et territoires dans le monde où l’air respecte encore les recommandations de l’OMS pour les particules fines (PM2,5), fixées à 5 µg/m³. Une exception plus qu’une norme.

Islande, Estonie, Andorre en Europe. Puis, ailleurs, une géographie presque insulaire : Australie, Barbade, Bermudes, Polynésie française, Grenade, Nouvelle-Calédonie, Panama, Porto Rico, La Réunion et les îles Vierges américaines.

Des territoires souvent peu densément peuplés, éloignés des grandes zones industrielles, ou bénéficiant de conditions climatiques favorables. À l’échelle mondiale, ils dessinent une carte rare : celle d’un air encore respirable.

Une géographie mondiale de l’injustice

Si l’air est devenu un enjeu global, il reste profondément inégal. Les pays les plus touchés se concentrent en Asie du Sud et en Afrique. Le Pakistan, le Bangladesh ou encore le Tadjikistan affichent des niveaux de pollution jusqu’à 13 fois supérieurs aux recommandations sanitaires…

17:19 Publié dans Actualités, Connaissances, International, Planète | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : planete, respirer | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!

26/03/2026

CLASSIK RADIO - MOSAIK RADIOS, PRESENTATION - Une approche accessible et pédagogique, une volonté de transmettre une culture musicale

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Une radio centrée sur la musique classique

La programmation tourne autour des grands piliers du répertoire :

  • période baroque (ex : Johann Sebastian Bach)

  • classicisme (ex : Wolfgang Amadeus Mozart)

  • romantisme (ex : Ludwig van Beethoven)

  • œuvres plus modernes ou contemporaines

On y entend aussi bien :

  • symphonies

  • concertos

  • musique de chambre

  • extraits d’opéras


Une approche accessible et pédagogique

Contrairement à certaines radios classiques très élitistes, Classik Radio adopte souvent une approche :

  • pédagogique (explication des œuvres, des styles)

  • guidée (présentation des compositeurs et des contextes historiques)

  •  accessible aux débutants comme aux amateurs

L’idée est de ne pas juste diffuser, mais aussi d’aider à comprendre ce que l’on écoute.


 Format et diffusion

  • principalement en ligne (webradio)

  • diffusion continue de musique avec parfois des interventions parlées

  • accessible via plateformes de streaming ou sites web


Ce qui la distingue

Classik Radio se caractérise par :

  • une programmation calme et qualitative

  • une volonté de transmettre une culture musicale

  • un esprit souvent associatif ou indépendant (selon la structure qui la porte)

Elle se rapproche dans l’esprit de radios comme Radio Classique, mais avec généralement :

  • moins de publicité

  • plus de liberté éditoriale

  • une approche parfois plus locale ou éducative


En résumé

Classik Radio, c’est :

  • une radio 100 % musique classique et de Jazz

  • un outil de découverte et d’apprentissage

  •  accessible en ligne

  • adaptée à la détente, la concentration ou la culture

NB : Une critique de cette web radio engendré par ChatGpt, mais fidèle à sin contenu

classik radio,présentationLe lien de cette Web Radio en cliquant sur cette ligne ou sur l'image}}}


 

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14/03/2026

George Sand, écologiste et entrepreneuse à l'avant garde

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Cent cinquante ans après sa mort, George Sand reste encore mal connue dans un pan entier de son existence. L’autrice de la Petite Fadette ou de l’Homme de neige fut aussi une militante qui investit dans un projet original d’imprimerie. Son promoteur, le socialiste Pierre Leroux, en fit une des premières coopératives, à rebours du capitalisme moderne. C’est à Boussac, dans la Creuse, que l’utopie prit forme et vie.


Alors que la dermatose nodulaire bovine est le dernier épisode en date de la crise agricole française, avec pour conséquence inattendue une exclusion des bovins du Salon de l’agriculture de Paris en 2026, il convient de relire le regard que pose sur l’économie rurale la romancière George Sand (1804-1876), dont nous célébrons le cent cinquantième anniversaire de la disparition cette année. Inspirée par les idées de Pierre Leroux (1797-1871) en matière d’écologie, elle défend la justice et la solidarité, ancrée dans une foi en l’égalité progressive de l’humanité.

Née à Paris le 1er juillet 1804, c’est au domaine de Nohant-Vic (Indre) que George Sand a vécu l’essentiel de sa vie et qu’elle s’est éteinte le 8 juin 1876, faisant venir autour d’elle les plus grands artistes de son temps (Chopin, Liszt…). Femme de lettres avant-gardiste, elle a abordé des thématiques qui résonnent encore aujourd’hui : la démocratie, le féminisme, l’écologie.

Un soutien essentiel

Une dimension moins connue de l’autrice mérite d’être rappelée. George Sand s’intéressait aux problèmes économiques et sociaux de son époque et s’y investit personnellement. Ainsi, elle soutint la création d’une imprimerie à Boussac (Creuse) par le socialiste Pierre Leroux, qui d’octobre 1845 à février 1848, fait figure à maints égards d’ancêtre lointain des sociétés coopératives contemporaines.

Petit retour en arrière, en novembre 1841. Pierre Leroux vient d’achever avec Jean Reynaud l’Encyclopédie nouvelle et fonde la Revue indépendante avec George Sand et Louis Viardot. L’idée et le nom de la revue viennent du refus de l’éditeur de la Revue des Deux Mondes, François Buloz, de publier en l’état Horace, et veut lui imposer une autocensure. Ce roman de George Sand est jugé socialement trop audacieux de par ses positions de défense du peuple et de critique de la bourgeoisie et des institutions.

Après Horace publié en 1842, la Revue indépendante publiera Consuelo, roman de l’émancipation et de la liberté de George Sand directement inspiré de la pensée de Leroux. De son côté, les premiers articles que ce dernier publia dans la revue sont des reprises très enrichies d’Aux philosophes et De la philosophie et du christianisme.

Difficultés financières pour la presse

La création et les débuts de ce périodique illustrent les difficultés financières inhérentes à l’entreprise journalistique. Lorsque George Sand et Pierre Leroux le fondent, ils ne peuvent se rémunérer et doivent publier à intervalles irréguliers dans l’attente de fonds suffisants. Même si les articles publiés remportent un succès certain, George Sand se désengage de l’aventure à partir de 1843. Elle lui reproche notamment son excès d’idéalisme, son manque d’efficacité pratique, et la fragilité de son organisation. Elle continue cependant de le soutenir en y publiant encore deux textes entre octobre et novembre 1843, Fanchette, lettre de Blaise Bonnin à Claude Germain.

Cette initiative éditoriale trouve rapidement ses limites, George Sand percevant la nécessité de communiquer les faits au niveau local, par le biais d’un journal d’opposition. Ainsi, en 1844 George Sand publie Jeanne en feuilleton dans le Constitutionnel, journal d’opposition libéral, bonapartiste et anticlérical. Elle continue toutefois à aider financièrement Pierre Leroux à installer son imprimerie à Boussac. Dans ce roman, George Sand explore l’égalité morale et sociale entre les êtres, la dignité de la vie rurale, la critique du capitalisme prédateur, la valorisation de la fraternité et de la solidarité. Ces thèmes sont au cœur du socialisme associationniste de Leroux.

Leroux, un saint-simonien qui a pris ses distances

Pour comprendre le projet d’imprimerie à Boussac, il faut revenir sur l’itinéraire de Pierre Leroux. Issu d’un milieu populaire, il devient après des études secondaires philosophe et entrepreneur. Il se trouve à la tête de quatre grands journaux : le Globe, organe du saint-simonisme (1824 1832), la Revue encyclopédique (à partir de 1832), l’Encyclopédie nouvelle (à partir de 1834), la Revue indépendante (1841‑1848).

Ayant participé à l’aventure saint-simonienne de 1830-1831, il fut le premier à pointer le danger du collectivisme. Pour cela, il combattit dans ses entreprises les inégalités de classes, de race et de sexe. Aussi, Leroux ne reste guère plus d’un an à la direction de la Revue indépendante. Le dernier texte qu’il y publia en janvier 1843 « D’une nouvelle typographie » témoigne de la renaissance chez lui (qui fut un temps ouvrier-typographe et correcteur, ndlr) du désir de réaliser la machine à composer, un projet qu’il avait lancé dès 1822 et qui avait échoué. Il obtint un brevet et les fonds d’un financier, mais la tentative échoue une seconde fois. Leroux fit alors le projet de quitter Paris et de fonder une imprimerie.

Il choisit Boussac dans la Creuse, à proximité de Nohant (le « fief » de George Sand), où il séjourna de 1845 à 1848. L’aide financière de George Sand fut la condition de l’entreprise. Une colonie s’organisa qui regroupa jusqu’à 80 personnes autour de Pierre Leroux, de ses trois frères et de leurs familles. La journaliste féministe Pauline Roland (1805-1852) fut responsable de l’école de la communauté. La Revue sociale y fut créée en 1845.

Imprimerie et agriculture circulaire

Installée dans un ancien hospice, l’imprimerie de Boussac, est une expérience d’envergure qui mobilise un collectif de 80 personnes comprenant la famille, les amis et les disciples de Pierre Leroux. L’imprimerie étant implantée dans une ferme, elle intégrait des travaux agricoles partagés. Des cultures et des animaux de basse cour étaient exploités collectivement dans une esprit d’autosubsistance.

Leroux y met en œuvre les principes qu’il a développés dans son œuvre, notamment le circulus, une vision avant-gardiste de l’économie circulaire, en opposition au paradigme productiviste de l’agriculture, promu par Chaptal, Liebig et la chimie agricole. La communauté de Boussac, en suivant les principes de Leroux, atteindra l’autosuffisance alimentaire.

Par ailleurs, Leroux met au point le « pianotype », un nouveau procédé de composition typographique. Cette entreprise n’est pas seulement un journal ; elle est l’expression d’une communion dans la religion de l’humanité se fondant sur l’unité de l’expérience humaine, une religion d’inspiration saint-simonienne, qui s’étend de Boussac à Paris, jusqu’à Limoges et d’autres villes, et relie entre eux tous les disciples de sa « Doctrine de l’humanité ».

Tous les participants à la coopérative recevaient un salaire égal et tous les bénéfices étaient réinvestis dans l’entreprise. Dans les années 1995 à 2000, on y verra les prémices des sociétés coopératives et participatives (Scop) et d’une économie sociale et solidaire pour qui, face à la crise des solidarités abstraites, l’émergence de nouvelles solidarités concrètes de ce type permet de ne pas revenir à des solidarités « héritées ».

La révolution de 1848 sonnera le glas de cette communauté. Pierre Leroux devient maire de Boussac, puis député de la Seine et quitte la Creuse. Quant à George Sand, elle a géré sa carrière de manière très professionnelle et ne s’est pas contentée de vivre de ses rentes. Elle a été également une entrepreneuse, créatrice et directrice de journaux, qui prenait des risques. Tout en entretenant son image de marque personnelle, elle a financé et encouragé l’entreprise communautaire de Pierre Leroux qui aurait difficilement existé sans son soutien.

Source The Conversation

12:02 Publié dans Connaissances | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : george sand, écologiste | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!