21/06/2026
Comment le génie de George Sand a été minimisé par l’histoire littéraire
Rares sont les écrivaines qui furent aussi célèbres que George Sand de leur vivant. Autrice de plus de 90 œuvres, de plus de 400 articles, de milliers de lettres, connue dans toute l’Europe, la « bonne dame de Nohant », née Aurore Dupin, ne peut être effacée de l’histoire littéraire du XIXᵉ siècle. Mais son apport a tout de même été largement atténué par la critique. Elle n’a été réhabilitée que dans les années 1970-1980, par le biais des études féministes.
L’année 2026 marque le cent cinquantième anniversaire de la mort de George Sand (1804-1876). La relire, c’est redécouvrir son apport artistique et intellectuel, mais aussi comprendre comment le génie féminin a été systématiquement dénié par un canon littéraire reléguant les femmes à la portion congrue.
Quand on ne peut nier une autrice reconnue, il reste une solution pour en effacer l’importance : minimiser son apport. Joanna Russ répertorie ces techniques dans Comment torpiller l’écriture des femmes ?.
Une femme scandaleuse ? Non, un bourreau de travail et une amie fidèle
L’exposition « Caricaturer George Sand. De la satire à l’égérie républicaine », qui se tient en ce moment aux Archives départementales de l’Indre déplie toute l’ampleur des attaques et des caricatures qu’elle a subies au cours de sa vie.
Pour Baudelaire, Nissart ou les frères Goncourt,
« Le génie est mâle. L’autopsie de Mme Stael ou de Mme Sand aurait été curieuse : elles doivent avoir une construction un peu hermaphrodite. »
Le pseudonyme d’Aurore Dupin, « George Sand », est né d’une stratégie d’éditeur. Son premier roman, écrit avec Jules Sandeau, Rose et Blanche : ou la comédienne et la religieuse (1831) connaît le succès. Il est signé J. Sand pour un « Jules Sand » inventé de toutes pièces. Pour les écrits qu’elle produit seule, ils créent le pseudo George Sand. George signifie étymologiquement « celui qui travaille la terre », et George Sand est une grande travailleuse, aimant la terre.
L’autrice se fait remarquer en portant parfois le pantalon alors interdit aux femmes, et en fumant comme ses amis écrivains. Divorcée et indépendante, elle gagne sa vie dans un monde d’hommes. Elle écrit la nuit, en fumant et en buvant du café.
« Le cigare et le café ont pu seuls soutenir ma pauvre verve à 200 francs la feuille », déclare-t-elle.
La presse s’intéresse à ses relations avec des célébrités – l’actrice Marie Dorval, Alfred de Musset à Venise, Frédéric Chopin à Majorque –, et condamne la femme volage. Il est moins souvent question de son soutien professionnel à Musset à qui elle offre le canevas de sa pièce historique devenue Lorenzaccio, ou de Chopin malade qu’elle soutient et de leur commune passion de la création.
Après une enfance divisée entre une grand-mère d’origine aristocrate, un père révolutionnaire et une mère couturière, elle fut une épouse malheureuse, trompée par un mari buveur et joueur. Sand se bat pour obtenir le divorce et la garde de ses enfants. Les « injures, sévices et mauvais traitements » reconnus par la justice lui permettent de gagner son procès. Infatigable, elle écrit dans les journaux, publie ses romans tout en gérant sa maison. Elle accueille à Nohant (Indre) Delacroix, Chopin, Balzac, Flaubert, faisant de sa maison une résidence d’artistes.
À l’image de l’utopie socialiste du phalanstère de Charles Fourier, sa maison est un « familistère » qui abolit les hiérarchies domestiques. Elle réunit artistes et paysans autour d’une vie coopérative, dans les années 1840, testant la garde partagée des enfants, l’éducation pour tous, éduquant sa servante Marie.
Bien sûr, avec ses limites. Lorsque son fils met enceinte la servante, celle-ci doit quitter la maison.
On évoque peu la relation amoureuse stable qu’elle vécut à la fin de sa vie pendant quinze ans avec Alexandre Manceau (1817-1865), graveur de treize ans plus jeune qu’elle, avec lequel elle a voyagé en Italie, en Auvergne, et vécu heureuse à Gargilesse, dans la vallée de la Creuse. Le Dernier Amour (1867) est écrit en mémoire de Manceau.
Présenter systématiquement George Sand comme scandaleuse visait à empêcher que d’autres la prennent pour modèle.
Une autrice de romans sentimentaux ? Non, une écrivaine féministe
En décrivant Sand comme l’autrice de romans sentimentaux, on réduit l’enthousiasme des lectrices pour celle qui a dénoncé dès son premier roman (Indiana, 1832) la condition des femmes dans le cadre du mariage et les violences patriarcales.
Dans la Mare au diable (1846), elle privilégie une peinture positive des paysans, contre les stéréotypes misérabilistes. Néanmoins, elle aborde le harcèlement sexuel de la petite Marie que son patron fermier tente de violer et poursuit à cheval.
Dans Mauprat (1837), c’est la brutalité des hommes qui complotent un guet apens et un viol collectif qui est relaté. Dans le Secrétaire intime (1834), elle évoque le dénigrement constant des femmes en politique à travers la princesse Quintilia, une dirigeante d’exception qui est constamment la cible d’insultes sexistes. Avec Consuelo (1842-1844), elle fait le portrait d’une grande musicienne dans l’Europe du XVIIIᵉ siècle, égale des hommes, jalousée pour ses qualités. Dans André (1835), c’est le droit des filles à l’instruction, avec une grisette de talent qui s’éveille à la culture, mais une grisette cultivée n’a pas de place dans la société.
Elle est aussi l’autrice d’essais comme son Essai sur le drame fantastique. Goethe – Byron – Mickiewicz (1839), largement invisibilisé par rapport à ceux de Walter Scott ou de Charles Nodier sur le même thème. Journaliste, elle contribue à créer des titres de presse, tel l’Éclaireur de l’Indre en 1843 ou la Cause du peuple en 1848. Elle écrit plus de 400 articles pour les périodiques les plus variés (la Revue des deux mondes, l’Illustration, le Courrier français…), sur tous les sujets : l’art, la peinture, la musique, la philosophie, la société, de façon très moderne. La série « Autour de ma table », commandée par Delphine de Girardin, évoque la variété des débats qui ont lieu chez elle.
Une romancière rustique ? Non, une femme politique engagée
Engagée pour le peuple, et notamment celui de sa région du Berry, socialiste, elle défend la république en 1848. Elle prône la solidarité des femmes et des ouvriers, soutient et conseille les poètes prolétaires combattant avec passion pour l’égalité. Des journaux féministes la présentent comme une candidate politique, mais elle refuse – le droit de vote des femmes n’est pas son combat. Elle est déjà caricaturée en « cigogne politique » en 1848, à la suite de son engagement dans la vie publique, et dérange beaucoup en partageant ses réflexions politiques.
Marcheuse infatigable et cavalière, elle est aussi une pionnière de l’écologie, engagée pour défendre la forêt. En 1872, alors que le gouvernement d’Adolphe Thiers projette de supprimer une partie de la forêt de Fontainebleau, elle écrit un plaidoyer de 12 pages faisant appel à la biologie, à la géologie, à l’entomologie ainsi qu’aux sciences de l’ingénieur demandant l’abandon du projet, publié successivement dans le journal le Temps (en 1872) sous le titre « La forêt, plaidoyer pour les arbres » puis repris dans son recueil Impressions et souvenirs en 1873.
Elle écrit ainsi :
« Irons-nous chercher tous nos bois de travail en Amérique ? Mais la forêt vierge va vite aussi et s’épuisera à son tour. Si on n’y prend garde, l’arbre disparaîtra et la fin de la planète viendra par dessèchement sans cataclysme nécessaire, par la faute de l’homme. »
Lanceuse d’alerte, elle participe à créer une des premières réserves naturelles.
Quand certains la verraient bien à l’Académie française, elle rédige « Pourquoi les femmes à l’Académie ? » (1863).
Évoquant les barrières sociales limitant l’accès et la reconnaissance du savoir féminin, elle plaide pour l’ouverture des institutions littéraires aux femmes au nom de la liberté et de la justice. Dans son autobiographie Histoire de ma vie (1854-1855) un modèle d’auto-validation, elle invite toutes les femmes à quitter le silence pour donner leur propre vision du monde et de ce qu’elles sont vraiment :
« Écrivez votre histoire, vous tous qui avez compris votre vie et sondé votre cœur. »
Elle se fait photographier par le célèbre Félix Nadar choisissant elle-même son image pour la postérité.
Relire George Sand aujourd’hui revient donc à redécouvrir l’ampleur de son œuvre et à lui ôter les étiquettes réductrices apposées par une histoire littéraire écrite avec les biais de son époque. Le canon littéraire du XIXᵉ siècle s’est construit en privilégiant les récits masculins nationalistes, rejetant en marge le féminin et le régionalisme.
Rétablir le matrimoine consiste à remettre les femmes à leur place dans l’histoire des lettres et des sciences, mais aussi redonner toute leur envergure à celles dont on a voulu réduire l’aura. Ainsi, une pétition demande son entrée au Panthéon en 2026 aux côtés de ses amis Balzac et Hugo, qui saluaient son immense talent.
« Je pleure une morte, je salue une immortelle », disait Balzac tandis que Hugo, dans son éloge funèbre, vantait son génie :
« George Sand a dans notre temps une place unique. D’autres sont les grands hommes ; elle est la grande femme. Dans ce siècle qui a pour loi d’achever la Révolution française et de commencer la révolution humaine, l’égalité des sexes. »
17:24 Publié dans Arts, Connaissances, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : george sand |
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12/06/2026
Florian Gulli « Le combat antiraciste doit converger avec les autres luttes des classes populaires »

Philosophe et adhérent de la section PCF de Besançon, Florian Gulli est l’auteur du livre « L’antiracisme trahi, Défense de l’universel » [1]. Il nous livre son analyse marxiste de la lutte contre le racisme et son regard sur l’actualité.
Liberté Actus : Racisme ordinaire, racisme politique. L’actualité nous donne de nombreux indices d’une droitisation de la société. Qu’en pensez-vous ?
Florian Gulli : En tant que philosophe, je travaille plutôt sur la question des concepts. Mais si j’écoute ce que disent les sociologues, j’ai envie de m’arrêter sur le récent livre de Vincent Tiberj, « La droitisation française, mythe et réalités » [2]. Il explique que sur la longue durée, il n’y a pas de droitisation en bas. Même, il y a une évolution vers des valeurs de tolérance, de coopération, de rejet de la compétition. En revanche, il pointe une droitisation de la scène politique et médiatique, très visible à travers les nouveaux médias et les chaînes d’information continue. Cette analyse me paraît assez convaincante.
L.A. : Oui, mais il importe de tenir compte du rôle des réseaux sociaux. Quand on voit les réactions -racistes- après l’élection de Miss Nord – Pas-de-Calais, quand on se souvient des commentaires et des attaques contre la chanteuse Aya Nakamura, avant, pendant et après la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques, à quoi rattachez-vous ces phénomènes ?
F.G. : En tous les cas, il existe bien un racisme en France. C’est évident. Mais, par exemple, concernant la cérémonie d’ouverture des JO, j’ai relevé deux sondages indiquant que 85 % des Français l’avaient appréciée. Y compris sans doute des gens qui votent Rassemblement national. Alors, il y a du racisme, bien sûr, mais la question de savoir si cela évolue vers le pire demeure posée. Il est très difficile d’évaluer la tendance. Vincent Tiberj avance plutôt l’idée que sur le temps long, il y a quand même un recul du racisme. Même si les événements dont vous parlez sont bien réels et violents.
L.A. :Vous dites que l’on a tourné le dos à l’universel. Cela veut-il dire que les mouvements antiracistes se trompent depuis 40 ans ? Et cette erreur a-t-elle tendance à persister ?
F.G. : Le mot « universel » est devenu une sorte de totem. Il est utilisé par la droite pour dénoncer, entre autres, les revendications antiracistes ou féministes et dire qu’elles n’ont pas lieu d’être. Parce qu’elles seraient anti-universalistes. De l’autre côté, il existe des courants anti-racistes (pas tous) qui jettent l’universalisme à la poubelle en disant que c’est une sorte de masque de la domination des blancs ou de la domination de l’occident.
L.A. :Donc, vous voulez réhabiliter cette notion d’universel en affirmant que l’antiracisme n’a rien à gagner en la rejetant ?
F.G. : Cela veut d’abord dire que la conquête de droits égaux est une question décisive (même si elle n’est jamais suffisante) : les militants afro-américains ou sud-africains des années 1960 en savent quelque chose. D’autre part, cela veut dire concrètement que le combat antiraciste, sans sacrifier les différences, doit insister sur les points communs entre les différentes fractions des classes populaires. Il faut montrer, dans cette perspective, qu’il y a un destin commun et des contraintes communes qui pèsent sur les vies, même s’il existe des différences entre les fractions de classe. L’idée de la défense de l’universel, c’est de dire que nous avons des besoins et des intérêts communs, des aspirations communes, et il ne faut pas opposer les fractions des classes populaires les unes aux autres. Bien sûr, le champion du discours qui oppose les fractions est le Rassemblement national. Mais il y a aussi à gauche des discours de ce type.
L.A. :Vous pouvez développer concernant ce discours à gauche ?
F.G. : Oui, il y a à gauche, de temps à autre, ce type de discours disant que finalement les classes populaires blanches seraient intrinsèquement et irrémédiablement racistes. Cela conduit à diviser définitivement.
L.A. :On sait pourtant bien que la question n’est pas réglée. Elle ne l’est pas au sein des entreprises, ni au sein des syndicats.
F.G. : L’unité des différentes fractions des classes populaires n’est pas une donnée de départ et ne l’a jamais été. C’est une réalité à construire, un horizon, mais il est le seul possible. Cette lutte contre le racisme est fondamentale. Parce que tant que le racisme est fort, on ne peut rien faire. Il paralyse l’unité et la convergence. Il faut donc mener cette lutte en permanence. Elle doit être menée de front avec toutes les autres luttes avec cet objectif en tête de réunir les différences fractions des classes populaires.
L.A. :C’est en quelque sorte la différence entre la lutte antiraciste marxiste et l’antiracisme bourgeois ?
F.G. : Notre objectif, en tant que marxistes, en tant que communistes, c’est l’unité des classes populaires. À l’inverse, le combat antiraciste des libéraux consiste à diversifier les élites, à faire en sorte qu’il y ait un peu plus de personnes appartenant à des minorités dans les conseils d’administration ou à l’Assemblée nationale. Je ne dis pas que c’est un mal, mais ce n’est pas la priorité des marxistes. De même, certains courants antiracistes prétendent qu’il faut organiser la communauté des non-blancs, ou que sais-je. Ce n’est pas non plus notre perspective.
L.A. :Comment faut-il faire, concrètement ? Aller davantage sur le terrain, par exemple ?
F.G. : Lénine disait qu’il faut critiquer l’opportunisme et le gauchisme, sinon on glisse d’un côté ou de l’autre. Nous devons critiquer prioritairement l’extrême droite. Mais nous devons aussi, au Parti communiste, nous opposer à certains discours antiracistes contre-productifs et qui, d’une certaine manière, ne font qu’alimenter l’extrême droite. Sur le plan pratique, si le but est de faire converger les différentes fractions populaires, il nous faut des actions mettant en lumière leurs points communs. Les points communs entre les classes populaires des quartiers, des banlieues et cités, et les classes populaires des campagnes. Il faut trouver les mille et une manières de les réunir dans mille et une activités syndicales, politiques, sportives, etc.
11:33 Publié dans Actualités, Cactus, Connaissances, Livre, Planète | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gulli, antiracisme |
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06/03/2026
George Sand, une femme libre
A l'occasion du 8 Mars et en hommage à George Sand dont nous allons célébrer cette année les 150 ans de sa disparition nous vous proposons cette biographie
GEORGE SAND
Née 1er juillet 1804 Paris- 8 juin 1876 Nohant
Ellle disait « Ne lisez pas comme les enfants lisent, pour vous amuser, ni comme les ambitieux lisent, pour vous instruire. Non. Lisez pour vivre ! »
Inspirée de ses passions, George Sand crée une œuvre romanesque remarquable, assortie de
théâtre et de nombreuses lettres. Elle se bat pour son indépendance et la République.
Biographie
1 juillet 1804 : Naissance d’Aurore Dupin future George Sand, naît à Paris. Orpheline de père dès l’âge de quatre ans, elle sera élevée par sa grand-mère paternelle. La jeune fille passera ainsi toute son enfance à la campagne, à Nohant.
1822 : Mariage avec Casimir Dudevant
La jeune Aurore Dupin se marie avec le baron Casimir Dudevant, avec lequel elle aura deux
enfants. Mais la relation entre les deux époux se détériore rapidement. Aussi, d’un commun
accord, tous deux se séparent.
Mai 1832 : George Sand publie "Indiana" son premier roman sous. Elle y met en scène une jeune créole qui tente de se libérer de son mariage pour vivre ses passions.
La même année, Sand publiera "Valentine", un roman qui s’inscrit dans la lignée sentimentale et féministe de l’auteur. Ce dernier ouvrage lui vaudra l’admiration de Chateaubriand.
Juillet 1833 : George Sand s’éprend d’Alfred de Musset
George Sand et Musset commencent leur tumultueuse histoire d’amour. La relation entre les deux écrivains s’achèvera définitivement en 1835.
Hiver 1836 : Chopin et Sand se rencontrent. Leurs relations dureront 10 ans. lls se sont
abondamment nourris l’un de l’autre dans leur production artistique, au point d’avoir peut-être mieux réussi à se reconnaître et à se comprendre dans le domaine imaginaire que dans la vie réelle.
1846 : George Sand publie un roman champêtre intitulé "la Mare au diable". Outre l’histoire
d’amour entre Germain, paysan veuf avec trois enfants et Marie, George Sand souhaite rendre hommage à la campagne berrichonne où elle a grandi.
1849 : Dans la lignée des romans champêtre, George Sand publie "la Petite Fadette". Les scènes se déroulent dans la campagne berrichonne, où les paysans font preuve des plus grandes valeurs morales.
8 juin 1876 : Après avoir passé une grande partie de sa vie la plume à la main, George Sand s’éteint à Nohant, à l’âge de 72 ans.
12:26 Publié dans Actualités, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : george sand |
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15/09/2024
Maurice Gouiran remporte le premier Prix du polar de l’Humanité
11:52 Publié dans Actualités, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : maurice gouiran |
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11/09/2024
Fête de l’Humanité 2024 : les dix auteurs en lice pour le premier prix du polar l'Humanité
Le premier prix du polar l’Humanité sera décerné à l’issue d’un procès. Un jury populaire composé de lectrices et lecteurs de notre journal départagera les dix auteurs en lice.
Accusés, levez-vous ! Le premier prix du polar l’Humanité sera décerné, samedi 14 septembre, à partir de 17 h 30, à l’espace débats du Village du livre. Créé en partenariat avec le Syndicat des avocats de France (SAF) et le Syndicat de la magistrature (SM), le prix sera remis à l’occasion d’un faux procès d’assise. Les dix auteurs, cinq hommes et cinq femmes, en lice s’assoiront sur le banc des accusés.
Le romancier Gilles Del Pappas, qui présidera le tribunal, explique : « On leur reproche d’avoir commis des polars au sens que donnait Jean-Patrick Manchette. » Pour l’écrivain et spécialiste du genre, aujourd’hui disparu, « polar signifie roman noir et violent » et « tandis que le roman policier à énigme de l’école anglaise voit le mal dans la nature humaine – mauvaise –, le polar voit le mal dans l’organisation sociale transitoire ». Tous les styles de polar sont représentés : politique, historique, régional, social ou encore d’anticipation. Tous les romans sélectionnés ne sont pas de cette rentrée littéraire mais pour cette première édition « nous avons aussi souhaité distinguer certains auteurs pour l’ensemble de leur œuvre », poursuit le président du tribunal.
Les magistrats du SM prononceront les réquisitoires, les avocats du SAF assureront la défense des accusés. Après un dernier mot de leurs clients, le jury composé de lectrices et lecteurs du journal et qui a mis à profit l’été pour se plonger dans les romans, rendra son verdict. Il désignera également la meilleure plaidoirie.

Laurence Biberfeld : « Grain d’Hiver » (éditions In8)
Longtemps institutrice, Laurence Biberfeld manie la plume depuis l’enfance. Poèmes, contes, romans… elle finit par quitter l’éducation nationale en 1999 pour se consacrer à l’écriture. Elle publie son premier polar, la B.A. de Cardamone, en 2002.
En 2009, l’autrice qui se revendique de l’anarchie, est impliquée dans l’aventure du Poulpe avec On ne badine pas avec les morts.
Avec Grain d’hiver, elle nous raconte l’histoire d’Edoyo, accusée d’avoir assassiné son conjoint, et de sa grand-mère Gafna. La violence, les exils, la nature outragée, les liens du sang, l’amour sans condition sont au cœur de ce nouveau roman.

Antoine Blocier : « Sidéral » (les éditions du Horsain)
Antoine Blocier a fait ses classes dans l’action socioculturelle, bénévole et salariée, avant de bifurquer dans la fonction publique territoriale.
L’homme se dit « auteur du dimanche » mais compte à son actif quelques polars dont une aventure mémorable au Poulpe, Templiers.com, ou encore des nouvelles.
Militant politique, il est l’auteur de plusieurs pamphlets. Avec Sidéral, où il fait le récit d’une enquête sur la mort suspecte de deux spationautes, il signe un roman inclassable, à la fois polar, anticipation, réflexion philosophique et plaidoyer pour un autre monde.

Florence Bremier : « Les héros sont fatiguant » (éditions Grrr… art)
Dans une vie précédente, Florence Bremier était comptable après avoir poursuivi des études littéraires. Autant dire qu’elle sait brouiller les pistes. Après un grave accident de ski, en 1998, elle délaisse définitivement les chiffres pour les lettres et la danse.
Elle publie son premier roman en juillet 2007, De mémoire d’assassin. Les Héros sont fatigants ! est son deuxième roman, publié en janvier 2009 aux éditions Grrr… art. Ce polar antique et humoristique (sélectionné pour le prix marseillais du polar 2009) lève le voile sur la vie cachée des personnages de l’Odyssée.

Jeanne Desaubry : « Poubelle’s Girls » (éditions Lajouanie)
De son propre aveu, l’envie d’écrire la taraudait depuis l’âge de 7 ans, mais avant de se consacrer à l’écriture, Jeanne Desaubry a connu plusieurs vies : étudiante, cadre hospitalier, puis institutrice. Désormais, elle ne vit plus que pour le roman noir, comme éditrice et autrice. Dans Poubelle’s Girls, elle nous conte la folle histoire d’Élisabeth et de Paloma.
La première élève seule son enfant et exerce des petits boulots, la seconde squatte les bancs publics. Pour en finir avec les fins de mois difficiles, les deux pétroleuses se lancent dans le braquage. Un roman noir revendicatif…

Maurice Gouiran : « On n’est pas sérieux quand on a 17 ans » (M + Éditions)
Docteur en mathématique, spécialiste mondial en informatique de la gestion des incendies de forêt, Maurice Gouiran a visiblement besoin d’échapper aux chiffres et aux modèles.
En 2000, il publie la Nuit des bras cassés, le premier d’une série de polars originaux et engagés où l’intrigue se mêle aux tragédies du XXe siècle. On n’est pas sérieux quand on a 17 ans s’inscrit dans cette veine. À l’été 1961, Bro, un jeune Polonais, s’est installé à Lovère, un village près de Marseille. Il y a trouvé un travail et une amoureuse, mais nourrit une drôle d’obsession. Chaque soir, il se rend au bar pour suivre les retransmissions du procès Eichmann.

Nicolas Jaillet : « La Maison » (éditions Milady)
Nicolas Jaillet a l’habitude de brûler les planches. Comédien et auteur de théâtre, il a participé à plusieurs compagnies. Ami d’Alexis HK, avec qui il écrit des chansons, boit et fume comme il le confesse lui-même sur son blog, il s’est aussi essayé au cinéma expérimental et a même repris des études.
Ce touche-à-tout s’est donc lancé dans le roman. Avec la Maison, polar psychologique, il raconte l’histoire d’une femme qui épouse un homme qu’elle n’aime pas. Pendant des années, elle élève leur enfant et souffre en silence de la violence de son conjoint, mais prépare son évasion…

Louise Oligny : « Colère chronique » (le Livre de poche)
La Québécoise Louise Oligny, installée en France depuis 1989, travaille comme photographe-reporter pour de nombreux titres de la presse parisienne. Elle mène également de nombreux projets artistiques mêlant photographie, vidéo et musique.
Avec Colère chronique, elle livre un premier polar social féroce et déjanté : quand le directeur de l’hebdo qui l’a licenciée abusivement, quelques mois auparavant, est tué dans un attentat, les émotions de Diane oscillent entre joie et angoisse. Ne serait-elle pas pour quelque chose dans cette disparition ?

Michèle Pedinielli : « Sans collier » (éditions de l’Aube)
Journaliste de formation reconvertie dans la conception éditoriale Web et le communication digitale, Michèle Pedinielli est l’autrice de nouvelles et de plusieurs polars. Avec Sans collier, elle conte une nouvelle enquête menée Ghjulia Boccanera, dite Diou.
Cette fois-ci, la quinquagénaire part à la recherche d’un jeune ouvrier moldave mystérieusement disparu sur un chantier de construction à Nice alors qu’au même moment son patron est victime d’une crise cardiaque. La coïncidence n’en est pas une. Les disparitions s’accumulent, l’histoire se mêle à celle des années de plomb de la proche Italie…

Gérard Streiff : « Le Sosie » (la Déviation)
Les lecteurs de l’Humanité sont nombreux à connaître Gérard Streiff, qui fut correspondant du journal à Moscou et qui intervient régulièrement dans nos colonnes.
Auteur prolifique, il s’est lancé dans la littérature à la fin des années 1990 et a publié une trentaine d’ouvrages dont la récente biographie, Missak et Mélinée Manouchian : un couple dans la résistance (éditions de l’Archipel). Avec le Sosie, la nouvelle enquête de Chloé Bourgeade nous plonge dans les années 1970, la guerre froide, les dessous du Parti communiste français et les secrets de l’un de ses dirigeants, Jean Kanapa.

Pascal Thiriet : « Vos entrailles à nos chiens » (Jigal éditions)
Ancien autostoppeur aux États-Unis et au Guatemala, où il effectua un bref séjour en prison, Pascal Thiriet fonde à son retour en France une communauté situationniste. Tour à tour fabriquant de santons, convoyeur de bateaux, garagiste, typographe et professeur de math, il publie son premier roman J’ai fait comme elle a dit, en 2013.
Dans Vos entrailles à nos chiens, il est question du retour de Lydia dans son village, dans des circonstances quelque peu sanglantes puisque quelqu’un n’a rien trouvé de mieux que de suspendre des corps de touristes éviscérés dans les arbres de la forêt toute proche…
11:41 Publié dans Actualités, Connaissances, Livre, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : polar, prix humanité |
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Le podcast de cette biographie diffusée d'après le livre, 125 Vies pour l'Humanité à écouter ici en cliquant sur cette ligne]]]

