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27/06/2026

LES CENTRALES NUCLEAIRES POUR LES NULS

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En ce moment nous découvrons tout un tas de nouveaux ingénieurs issus des rangs politiques qui nous informent qu’on ne refroidit pas des centrales nucléaires avec des rivières réchauffées !
Les « petits génies » de l’indépendance énergétique se feraient donc avoir par la physique de base.
 
Sauf que…
En réalité, dans un réacteur REP français :
• Il y a trois circuits bien distincts.
• Le circuit tertiaire (refroidissement) sert à condenser la vapeur du secondaire.
30 réacteurs sur 56 fonctionnent en circuit fermé avec tours aéroréfrigérantes : la chaleur part dans l’atmosphère via évaporation. Le prélèvement d’eau de rivière est minime (juste pour compenser l’évaporation). La température de la rivière ? Quasi sans effet sur la température de l’eau de rivière et indifférente au fonctionnement de la centrale.
 
Les 26 autres (mer ou grands fleuves) sont en circuit ouvert, avec des limites réglementaires strictes sur le delta T rejeté. En cas de canicule extrême, quelques-uns réduisent temporairement leur puissance. C’est encadré, connu depuis 50 ans, et ça n’empêche pas le parc nucléaire de tourner.
 
Ce n’est pas de l’improvisation : les ingénieurs ont conçu le parc en fonction des sites (Rhône, mer, tours). Pas en fonction des tweets de meeting ni des interviews !
Dire que le nucléaire est mort à cause de rivières « réchauffées », c’est du même niveau que de dire qu’on ne peut plus faire voler d’avions parce qu’il fait chaud en été. C’est de la caricature anti-industrie pour public qui n’a jamais vu une centrale.
La France produit ~70 % de son électricité grâce à cette filière décarbonée, pilotable, et avec une dépendance minime en combustible (uranium diversifié + recyclage).
 
C’est exactement l’indépendance énergétique que certains et ses amis ont passé leur vie à saboter, comme en décidant la fermeture de SuperPhenix, de Fessenheim et le sabotage du projet Astrid.
Les petits génies, ce sont ceux qui font tourner ça depuis des décennies. Pas ceux qui viennent faire la leçon de physique en ignorant le fonctionnement des centrales !
Voir moins
 
 
Christian Le Caloch
 

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Elle dispose d'une technologie unique en France: pourquoi la centrale nucléaire de Civaux peut continuer à tourner même quand il fait très chaud

La chaleur ne pose pas de problème de sécurité pour les centrales nucléaires. Mais celles-ci peuvent être arrêtées pour ne pas trop chauffer les fleuves et les rivières, sauf à la centrale de Civaux où l'eau rejetée dans la Vienne est plus froide qu'au moment où elle est prélevée.

Dans la campagne poitevine assommée par une chaleur de 42°C, les panaches blancs de la centrale de Civaux (Vienne) s'élèvent dans le ciel: malgré la canicule qui perturbe ailleurs la production nucléaire, les deux réacteurs continuent de tourner normalement, grâce à un système de refroidissement unique en France. EDF a dû cette semaine mettre à l'arrêt trois de ses réacteurs au Bugey, à Nogent-sur-Seine et à Golfech, en raison de l'élévation des températures des fleuves.

"C'est une procédure normale qui vise à protéger l'environnement", explique Pascal Aurillard, chef du projet Ambition ressource en eau à EDF, en accueillant dans cette centrale considérée comme pionnière en adaptation au changement climatique. Les fortes chaleurs ne posent "aucun problème de sûreté" aux réacteurs, insiste EDF. Les contraintes sont en fait liées à l'eau que les centrales rejettent plus chaude dans les fleuves.

Les 57 réacteurs français, qui assurent environ 70% de la production d'électricité, sont tous installés au bord d'un fleuve ou de la mer afin d'utiliser leur eau pour le refroidissement des installations nucléaires. Sur les sites fluviaux, en circuit dit "ouvert", cette eau est rejetée après utilisation directement dans le milieu naturel, en l'échauffant de 1 à 6°C. En circuit "fermé", elle est refroidie auparavant dans des tours de refroidissement, ce qui limite l'échauffement à quelques dixièmes de degré.

Des tours "aéroréfrigérantes"

Pour réduire l'impact sur les écosystèmes aquatiques, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASNR) fixe pour chaque site des limites de température et d'échauffement des cours d'eau.

"En cas de température excessive en amont, EDF doit réduire la puissance des réacteurs, voire les arrêter, pour respecter ces limites", a rappelé jeudi l'ASNR.

Une situation qui n'arrive jamais à Civaux, en raison d'un dispositif qui améliore le refroidissement des eaux. Cette spécificité, prévue dès la conception du site, a été imposée par le lieu d'implantation de cette centrale mise en service entre 1997 et 1999. C'est la seule en France située au bord d'une rivière, la Vienne, qui connaît des débits très bas, ce qui la rend plus sensible aux rejets d'eau chaude.

Ce système "permet de rejeter l'eau de la Vienne à une température inférieure à celle à laquelle nous la prélevons", souligne Laurent Leloup, directeur Prévention des risques environnement à Civaux.

Comment? Les deux grandes tours de refroidissement visibles de loin avec leur panache de vapeur sont complétées par quatre petites tours "aéroréfrigérantes" à proximité, qui abaissent encore la température de l'eau de 3 à 7°C, précise Laurent Leloup. Résultat: même lorsque la Vienne dépasse 25°C, seuil au-delà duquel EDF ne peut plus la réchauffer, la centrale rejette une eau plus fraîche que celle prélevée.

Illustration avec les mesures en temps réel: en cette journée caniculaire, la température de la Vienne est mesurée en amont à 28,49°C. "Là, on rejette l'eau à 24,65°C", et "en aval, on la mesure à 27,93°C", signale Deborah, technicienne en environnement devant son écran de contrôle.

La technique doit être répliquée au Bugey

Dans un contexte de réchauffement climatique, EDF envisage de répliquer ce dispositif jugé "efficace" dans d'autres centrales fluviales. À ce stade, "il est prévu que les deux futurs réacteurs EPR2 au Bugey (en) seront équipés", indique Pascal Aurillard. Outre la température des cours d'eau, leur débit est un autre enjeu. À Civaux, lorsque celui de la Vienne passe sous 20 m³/s, comme depuis début juin, les effluents chimiques et faiblement radioactifs de la centrale ne doivent pas être rejetés.

Ils sont alors stockés dans six réservoirs d'une contenance totale équivalente à 150 camions-citernes de lait, parfois pendant 4 à 6 mois, le temps que le niveau de la Vienne remonte. Un septième réservoir sera bientôt opérationnel afin de faire face à des étiages plus longs. Et EDF étudie la possibilité d'en ajouter ailleurs en France.

Ces adaptations deviennent stratégiques pour le groupe, alors que la France mise sur la relance du nucléaire pour électrifier son économie. Sans elles, l'effet des restrictions environnementales pourrait représenter 1,4% de la production nucléaire annuelle dès 2035, contre 0,3% aujourd'hui, selon l'électricien, qui compte investir 8,7 milliards d'euros d'ici à 2040 pour adapter ses installations. "On est tout à fait conscients que si on ne faisait rien pour s'adapter, cet impact sur la production irait grandissant avec les effets du changement climatique", relève Pascal Aurillard.

Source BFM Buisness

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21/06/2026

Comment le génie de George Sand a été minimisé par l’histoire littéraire

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Rares sont les écrivaines qui furent aussi célèbres que George Sand de leur vivant. Autrice de plus de 90 œuvres, de plus de 400 articles, de milliers de lettres, connue dans toute l’Europe, la « bonne dame de Nohant », née Aurore Dupin, ne peut être effacée de l’histoire littéraire du XIXᵉ siècle. Mais son apport a tout de même été largement atténué par la critique. Elle n’a été réhabilitée que dans les années 1970-1980, par le biais des études féministes.


L’année 2026 marque le cent cinquantième anniversaire de la mort de George Sand (1804-1876). La relire, c’est redécouvrir son apport artistique et intellectuel, mais aussi comprendre comment le génie féminin a été systématiquement dénié par un canon littéraire reléguant les femmes à la portion congrue.

Quand on ne peut nier une autrice reconnue, il reste une solution pour en effacer l’importance : minimiser son apport. Joanna Russ répertorie ces techniques dans Comment torpiller l’écriture des femmes ?.

Une femme scandaleuse ? Non, un bourreau de travail et une amie fidèle

L’exposition « Caricaturer George Sand. De la satire à l’égérie républicaine », qui se tient en ce moment aux Archives départementales de l’Indre déplie toute l’ampleur des attaques et des caricatures qu’elle a subies au cours de sa vie.

Pour Baudelaire, Nissart ou les frères Goncourt,

« Le génie est mâle. L’autopsie de Mme Stael ou de Mme Sand aurait été curieuse : elles doivent avoir une construction un peu hermaphrodite. »

Le pseudonyme d’Aurore Dupin, « George Sand », est né d’une stratégie d’éditeur. Son premier roman, écrit avec Jules Sandeau, Rose et Blanche : ou la comédienne et la religieuse (1831) connaît le succès. Il est signé J. Sand pour un « Jules Sand » inventé de toutes pièces. Pour les écrits qu’elle produit seule, ils créent le pseudo George Sand. George signifie étymologiquement « celui qui travaille la terre », et George Sand est une grande travailleuse, aimant la terre.

L’autrice se fait remarquer en portant parfois le pantalon alors interdit aux femmes, et en fumant comme ses amis écrivains. Divorcée et indépendante, elle gagne sa vie dans un monde d’hommes. Elle écrit la nuit, en fumant et en buvant du café.

« Le cigare et le café ont pu seuls soutenir ma pauvre verve à 200 francs la feuille », déclare-t-elle.

La presse s’intéresse à ses relations avec des célébrités – l’actrice Marie Dorval, Alfred de Musset à Venise, Frédéric Chopin à Majorque –, et condamne la femme volage. Il est moins souvent question de son soutien professionnel à Musset à qui elle offre le canevas de sa pièce historique devenue Lorenzaccio, ou de Chopin malade qu’elle soutient et de leur commune passion de la création.

Après une enfance divisée entre une grand-mère d’origine aristocrate, un père révolutionnaire et une mère couturière, elle fut une épouse malheureuse, trompée par un mari buveur et joueur. Sand se bat pour obtenir le divorce et la garde de ses enfants. Les « injures, sévices et mauvais traitements » reconnus par la justice lui permettent de gagner son procès. Infatigable, elle écrit dans les journaux, publie ses romans tout en gérant sa maison. Elle accueille à Nohant (Indre) Delacroix, Chopin, Balzac, Flaubert, faisant de sa maison une résidence d’artistes.

À l’image de l’utopie socialiste du phalanstère de Charles Fourier, sa maison est un « familistère » qui abolit les hiérarchies domestiques. Elle réunit artistes et paysans autour d’une vie coopérative, dans les années 1840, testant la garde partagée des enfants, l’éducation pour tous, éduquant sa servante Marie.

Bien sûr, avec ses limites. Lorsque son fils met enceinte la servante, celle-ci doit quitter la maison.

On évoque peu la relation amoureuse stable qu’elle vécut à la fin de sa vie pendant quinze ans avec Alexandre Manceau (1817-1865), graveur de treize ans plus jeune qu’elle, avec lequel elle a voyagé en Italie, en Auvergne, et vécu heureuse à Gargilesse, dans la vallée de la Creuse. Le Dernier Amour (1867) est écrit en mémoire de Manceau.

Présenter systématiquement George Sand comme scandaleuse visait à empêcher que d’autres la prennent pour modèle.

Une autrice de romans sentimentaux ? Non, une écrivaine féministe

En décrivant Sand comme l’autrice de romans sentimentaux, on réduit l’enthousiasme des lectrices pour celle qui a dénoncé dès son premier roman (Indiana, 1832) la condition des femmes dans le cadre du mariage et les violences patriarcales.

Dans la Mare au diable (1846), elle privilégie une peinture positive des paysans, contre les stéréotypes misérabilistes. Néanmoins, elle aborde le harcèlement sexuel de la petite Marie que son patron fermier tente de violer et poursuit à cheval.

Dans Mauprat (1837), c’est la brutalité des hommes qui complotent un guet apens et un viol collectif qui est relaté. Dans le Secrétaire intime (1834), elle évoque le dénigrement constant des femmes en politique à travers la princesse Quintilia, une dirigeante d’exception qui est constamment la cible d’insultes sexistes. Avec Consuelo (1842-1844), elle fait le portrait d’une grande musicienne dans l’Europe du XVIIIᵉ siècle, égale des hommes, jalousée pour ses qualités. Dans André (1835), c’est le droit des filles à l’instruction, avec une grisette de talent qui s’éveille à la culture, mais une grisette cultivée n’a pas de place dans la société.

Elle est aussi l’autrice d’essais comme son Essai sur le drame fantastique. Goethe – Byron – Mickiewicz (1839), largement invisibilisé par rapport à ceux de Walter Scott ou de Charles Nodier sur le même thème. Journaliste, elle contribue à créer des titres de presse, tel l’Éclaireur de l’Indre en 1843 ou la Cause du peuple en 1848. Elle écrit plus de 400 articles pour les périodiques les plus variés (la Revue des deux mondes, l’Illustration, le Courrier français…), sur tous les sujets : l’art, la peinture, la musique, la philosophie, la société, de façon très moderne. La série « Autour de ma table », commandée par Delphine de Girardin, évoque la variété des débats qui ont lieu chez elle.

Une romancière rustique ? Non, une femme politique engagée

Engagée pour le peuple, et notamment celui de sa région du Berry, socialiste, elle défend la république en 1848. Elle prône la solidarité des femmes et des ouvriers, soutient et conseille les poètes prolétaires combattant avec passion pour l’égalité. Des journaux féministes la présentent comme une candidate politique, mais elle refuse – le droit de vote des femmes n’est pas son combat. Elle est déjà caricaturée en « cigogne politique » en 1848, à la suite de son engagement dans la vie publique, et dérange beaucoup en partageant ses réflexions politiques.

Marcheuse infatigable et cavalière, elle est aussi une pionnière de l’écologie, engagée pour défendre la forêt. En 1872, alors que le gouvernement d’Adolphe Thiers projette de supprimer une partie de la forêt de Fontainebleau, elle écrit un plaidoyer de 12 pages faisant appel à la biologie, à la géologie, à l’entomologie ainsi qu’aux sciences de l’ingénieur demandant l’abandon du projet, publié successivement dans le journal le Temps (en 1872) sous le titre « La forêt, plaidoyer pour les arbres » puis repris dans son recueil Impressions et souvenirs en 1873.

Elle écrit ainsi :

« Irons-nous chercher tous nos bois de travail en Amérique ? Mais la forêt vierge va vite aussi et s’épuisera à son tour. Si on n’y prend garde, l’arbre disparaîtra et la fin de la planète viendra par dessèchement sans cataclysme nécessaire, par la faute de l’homme. »

Lanceuse d’alerte, elle participe à créer une des premières réserves naturelles.

Quand certains la verraient bien à l’Académie française, elle rédige « Pourquoi les femmes à l’Académie ? » (1863).

Évoquant les barrières sociales limitant l’accès et la reconnaissance du savoir féminin, elle plaide pour l’ouverture des institutions littéraires aux femmes au nom de la liberté et de la justice. Dans son autobiographie Histoire de ma vie (1854-1855) un modèle d’auto-validation, elle invite toutes les femmes à quitter le silence pour donner leur propre vision du monde et de ce qu’elles sont vraiment :

« Écrivez votre histoire, vous tous qui avez compris votre vie et sondé votre cœur. »

george sand

Elle se fait photographier par le célèbre Félix Nadar choisissant elle-même son image pour la postérité.

Relire George Sand aujourd’hui revient donc à redécouvrir l’ampleur de son œuvre et à lui ôter les étiquettes réductrices apposées par une histoire littéraire écrite avec les biais de son époque. Le canon littéraire du XIXᵉ siècle s’est construit en privilégiant les récits masculins nationalistes, rejetant en marge le féminin et le régionalisme.

Rétablir le matrimoine consiste à remettre les femmes à leur place dans l’histoire des lettres et des sciences, mais aussi redonner toute leur envergure à celles dont on a voulu réduire l’aura. Ainsi, une pétition demande son entrée au Panthéon en 2026 aux côtés de ses amis Balzac et Hugo, qui saluaient son immense talent.

« Je pleure une morte, je salue une immortelle », disait Balzac tandis que Hugo, dans son éloge funèbre, vantait son génie :

« George Sand a dans notre temps une place unique. D’autres sont les grands hommes ; elle est la grande femme. Dans ce siècle qui a pour loi d’achever la Révolution française et de commencer la révolution humaine, l’égalité des sexes. »

Source The Conversation

George Sand

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17:24 Publié dans Arts, Connaissances, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : george sand | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!

12/06/2026

Florian Gulli « Le combat antiraciste doit converger avec les autres luttes des classes populaires »

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gulli-f68b4.jpgPhilosophe et adhérent de la section PCF de Besançon, Florian Gulli est l’auteur du livre « L’antiracisme trahi, Défense de l’universel » [1]. Il nous livre son analyse marxiste de la lutte contre le racisme et son regard sur l’actualité.

Liberté Actus : Racisme ordinaire, racisme politique. L’actualité nous donne de nombreux indices d’une droitisation de la société. Qu’en pensez-vous ?

Florian Gulli : En tant que philosophe, je travaille plutôt sur la question des concepts. Mais si j’écoute ce que disent les sociologues, j’ai envie de m’arrêter sur le récent livre de Vincent Tiberj, « La droitisation française, mythe et réalités » [2]. Il explique que sur la longue durée, il n’y a pas de droitisation en bas. Même, il y a une évolution vers des valeurs de tolérance, de coopération, de rejet de la compétition. En revanche, il pointe une droitisation de la scène politique et médiatique, très visible à travers les nouveaux médias et les chaînes d’information continue. Cette analyse me paraît assez convaincante.

L.A. : Oui, mais il importe de tenir compte du rôle des réseaux sociaux. Quand on voit les réactions -racistes- après l’élection de Miss Nord – Pas-de-Calais, quand on se souvient des commentaires et des attaques contre la chanteuse Aya Nakamura, avant, pendant et après la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques, à quoi rattachez-vous ces phénomènes ?

F.G. : En tous les cas, il existe bien un racisme en France. C’est évident. Mais, par exemple, concernant la cérémonie d’ouverture des JO, j’ai relevé deux sondages indiquant que 85 % des Français l’avaient appréciée. Y compris sans doute des gens qui votent Rassemblement national. Alors, il y a du racisme, bien sûr, mais la question de savoir si cela évolue vers le pire demeure posée. Il est très difficile d’évaluer la tendance. Vincent Tiberj avance plutôt l’idée que sur le temps long, il y a quand même un recul du racisme. Même si les événements dont vous parlez sont bien réels et violents.

L.A. :Vous dites que l’on a tourné le dos à l’universel. Cela veut-il dire que les mouvements antiracistes se trompent depuis 40 ans ? Et cette erreur a-t-elle tendance à persister ?

F.G. : Le mot « universel » est devenu une sorte de totem. Il est utilisé par la droite pour dénoncer, entre autres, les revendications antiracistes ou féministes et dire qu’elles n’ont pas lieu d’être. Parce qu’elles seraient anti-universalistes. De l’autre côté, il existe des courants anti-racistes (pas tous) qui jettent l’universalisme à la poubelle en disant que c’est une sorte de masque de la domination des blancs ou de la domination de l’occident.

L.A. :Donc, vous voulez réhabiliter cette notion d’universel en affirmant que l’antiracisme n’a rien à gagner en la rejetant ?

F.G. : Cela veut d’abord dire que la conquête de droits égaux est une question décisive (même si elle n’est jamais suffisante) : les militants afro-américains ou sud-africains des années 1960 en savent quelque chose. D’autre part, cela veut dire concrètement que le combat antiraciste, sans sacrifier les différences, doit insister sur les points communs entre les différentes fractions des classes populaires. Il faut montrer, dans cette perspective, qu’il y a un destin commun et des contraintes communes qui pèsent sur les vies, même s’il existe des différences entre les fractions de classe. L’idée de la défense de l’universel, c’est de dire que nous avons des besoins et des intérêts communs, des aspirations communes, et il ne faut pas opposer les fractions des classes populaires les unes aux autres. Bien sûr, le champion du discours qui oppose les fractions est le Rassemblement national. Mais il y a aussi à gauche des discours de ce type.

L.A. :Vous pouvez développer concernant ce discours à gauche ?

F.G. : Oui, il y a à gauche, de temps à autre, ce type de discours disant que finalement les classes populaires blanches seraient intrinsèquement et irrémédiablement racistes. Cela conduit à diviser définitivement.

L.A. :On sait pourtant bien que la question n’est pas réglée. Elle ne l’est pas au sein des entreprises, ni au sein des syndicats.

F.G. : L’unité des différentes fractions des classes populaires n’est pas une donnée de départ et ne l’a jamais été. C’est une réalité à construire, un horizon, mais il est le seul possible. Cette lutte contre le racisme est fondamentale. Parce que tant que le racisme est fort, on ne peut rien faire. Il paralyse l’unité et la convergence. Il faut donc mener cette lutte en permanence. Elle doit être menée de front avec toutes les autres luttes avec cet objectif en tête de réunir les différences fractions des classes populaires.

L.A. :C’est en quelque sorte la différence entre la lutte antiraciste marxiste et l’antiracisme bourgeois ?

F.G. : Notre objectif, en tant que marxistes, en tant que communistes, c’est l’unité des classes populaires. À l’inverse, le combat antiraciste des libéraux consiste à diversifier les élites, à faire en sorte qu’il y ait un peu plus de personnes appartenant à des minorités dans les conseils d’administration ou à l’Assemblée nationale. Je ne dis pas que c’est un mal, mais ce n’est pas la priorité des marxistes. De même, certains courants antiracistes prétendent qu’il faut organiser la communauté des non-blancs, ou que sais-je. Ce n’est pas non plus notre perspective.

L.A. :Comment faut-il faire, concrètement ? Aller davantage sur le terrain, par exemple ?

F.G. : Lénine disait qu’il faut critiquer l’opportunisme et le gauchisme, sinon on glisse d’un côté ou de l’autre. Nous devons critiquer prioritairement l’extrême droite. Mais nous devons aussi, au Parti communiste, nous opposer à certains discours antiracistes contre-productifs et qui, d’une certaine manière, ne font qu’alimenter l’extrême droite. Sur le plan pratique, si le but est de faire converger les différentes fractions populaires, il nous faut des actions mettant en lumière leurs points communs. Les points communs entre les classes populaires des quartiers, des banlieues et cités, et les classes populaires des campagnes. Il faut trouver les mille et une manières de les réunir dans mille et une activités syndicales, politiques, sportives, etc.

Source Liberté Actus

Gulli, antiracisme

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11:33 Publié dans Actualités, Cactus, Connaissances, Livre, Planète | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gulli, antiracisme | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!

10/06/2026

Affaire Lyhanna, quand la colère populaire accuse l’effondrement judiciaire

Affaire Lyhanna

L’affaire Lyhanna n’est pas un simple fait divers tragique. Après la mort de cette collégienne de 11 ans dans le Gers, la colère populaire enfle, portée par des manifestations massives et un sentiment grandissant d’échec de l’État protecteur. Comment un homme déjà signalé à plusieurs reprises a-t-il pu demeurer hors du radar judiciaire jusqu’au drame ? En refusant de faire du manque de moyens un facteur explicatif, Emmanuel Macron est en complet décalage avec une colère que le pouvoir semble encore sous-estimer.

À Fleurance, dans le Gers, le meurtre de Lyhanna, 11 ans, a provoqué une onde de choc bien au-delà du territoire où vivait l’enfant. Dès les jours suivant la découverte de son corps, des milliers de personnes ont participé à des marches blanches, rassemblements silencieux et manifestations de colère. Dans le Gers, mais aussi sur les réseaux sociaux et dans le débat public national, le sentiment d’un drame évitable domine largement.

Une tragédie devenue symbole national

Ce qui nourrit cette indignation n’est pas seulement l’horreur du crime. C’est surtout la révélation progressive d’un passé de signalements et de plaintes visant Jérôme Barella, mis en examen dans cette affaire. Selon les éléments rendus publics, l’homme avait déjà fait l’objet d’accusations concernant des violences sexuelles présumées sur mineures. Une plainte déposée en 2025 pour des faits présumés de viol sur une enfant de 12 ans, accompagnée d’éléments médicaux alarmants, n’aurait débouché ni sur une audition rapide ni sur une réponse judiciaire immédiate avant le drame.

D’autres alertes existaient. « Elle aurait dû être protégée. » C’est la phrase qui domine les cortèges. Derrière l’émotion, il y a la conviction grandissante que Lyhanna n’a pas seulement été victime d’un individu, mais aussi des lenteurs et des angles morts d’un système incapable d’agir à temps. Macron face à une colère qu’il semble ne pas mesurer

C’est ici que le drame devient politique. Emmanuel Macron et le ministre de la Justice Gérald Darmanin ont rapidement dénoncé des « défaillances extrêmement graves », tout en refusant de faire du manque de moyens une explication centrale. Pour l’exécutif, les recrutements engagés et la hausse du budget de la Justice depuis 2017 suffiraient à démontrer qu’il ne s’agit pas d’un problème structurel mais d’erreurs individuelles.

Une position qui heurte de nombreux magistrats, greffiers et enquêteurs. Car sur le terrain, tous décrivent une institution saturée, entre explosion des plaintes pour violences sexuelles, stocks de procédures qui s’accumulent, manque de personnels spécialisés, logiciels inadaptés et transmissions parfois d’une lenteur sidérante. Au nom de quoi le chef de l’État refuse-t-il d’interroger la question des moyens lorsqu’une partie du corps judiciaire décrit lui-même un système proche de la rupture ? D’autant que la France demeure parmi les pays européens les moins dotés en procureurs rapportés à la population.

Mais le problème dépasse sans doute le seul budget. L’affaire Lyhanna met aussi en lumière une justice devenue, selon ses critiques, excessivement corsetée entre une bureaucratie paralysante, une accumulation de procédures et une culture du traitement des flux plutôt que de l’anticipation du danger. Une institution qui administre des dossiers.

Source Liberté Actus

affaire lyhanna

Les propositions du Parti Communiste Français, Une société se juge à la manière dont elle protège ses enfants. Lorsque les alertes s'accumulent, lorsque les institutions manquent de moyens, lorsque la protection des enfants n'est plus assurée : nous sommes face à un échec qui appelle des réponses politiques à la hauteur.

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Le risque politique pour l’exécutif est peut-être là. Dans les manifestations en hommage à Lyhanna, beaucoup ne demandent déjà plus seulement une condamnation judiciaire. Ils demandent que soit reconnu un échec plus vaste, celui d’un État qui, malgré les alertes, n’a pas empêché l’irréparable.

12:25 Publié dans Actualités, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : affaire lyhanna | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!

08/06/2026

Hydrocarbures Interdire l’exploitation du pétrole guyanais tout en important celui des États-Unis ?

petrole, Guyane

Deux députés de la Guyane, Jean-Victor Castor et Davy Rimane, du groupe Gauche démocratique et républicaine (GDR), celui des députés communistes, viennent d’annoncer leur « rupture avec la gauche française » dont ils dénoncent « la bien-pensance » après le rejet, en commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale, de la proposition de loi sur l’exploitation pétrolière en outre-mer, proposition de loi qui vise à lever l’interdiction de recherche et d’exploitation des hydrocarbures dans les territoires ultramarins votée en 2017.

Leur colère s’explique par l’alliance des députés LFI, écologistes et socialistes avec les députés macronistes, qui a permis le rejet de ce texte en commission. « Le cœur de la gauche est populaire, soutenir les plus précaires est son leitmotiv. Par conséquent, le vote à 28 contre 18 pour la suppression de l’article 1er est un choc », ont-ils déclaré. « La précarité extrême de la Guyane, maintenue dans une situation de sous-développement et d’abandon organisé, justifie le vote de ce texte ». Ils dénoncent un débat confisqué par une lecture « dogmatique et hors-sol » (des enjeux climatiques). « Nous parlons de souveraineté, de développement, de dignité, de la capacité de la Guyane à sortir de la situation dans laquelle elle est maintenue ». Pour Jean-Victor Castor, rapporteur du texte lors de la commission, ce texte est une question d’égalité territoriale.

Il rappelle la situation socio-économique de la Guyane : 400 kilomètres de route nationale, 7 communes sur 22 enclavées et 53 % de la population vivant sous le seuil de pauvreté. « La transition écologique est une nécessité, mais elle ne peut être pensée sans les populations concernées. Elle ne peut se construire au prix du maintien de la pauvreté, du retard d’équipement ou du renoncement au développement ». Le rapporteur du texte dénonce aussi une contradiction : la France interdit aux Guyanais « même la connaissance de leur sous-sol », tout en continuant à importer massivement des hydrocarbures. « La France a importé en 2024 près de 58 milliards d’euros d’hydrocarbures. Les recettes fiscales, les investissements et les retombées économiques se développent ailleurs, tandis que nos territoires continuent d’accumuler les retards de développement ».

Jean-Victor Castor cite notamment l’exemple du Guyana, où l’exploitation pétrolière a profondément transformé l’économie avec la création d’un fonds souverain qui garantit les investissements publics : « À quelques kilomètres de la Guyane, un pays autrefois considéré comme l’un des plus pauvres d’Amérique du Sud connaît désormais une transformation économique sans précédent ».

Pour justifier leur rejet du texte, les députés macronistes, LFI, écologistes et socialistes l’ont présenté comme une menace pour le climat, face aux députés de Guyane qui seraient donc, même à leur corps défendant, des adversaires de la lutte contre le changement climatique.

Cette position révèle une méconnaissance profonde des accords internationaux sur le climat et des scénarios du GIEC.

Ce que dit la convention climat de Rio

À la base de l’architecture des accords sur le climat, en 1992, la Convention de Rio sur le climat a distingué les pays développés des autres : « Notant que la majeure partie des gaz à effet de serre émis dans le monde par le passé et à l’heure actuelle ont leur origine dans les pays développés, que les émissions par habitant dans les pays en développement sont encore relativement faibles et que la part des émissions totales imputable aux pays en développement ira en augmentant pour leur permettre de satisfaire leurs besoins sociaux et leurs besoins de développement. »

La convention stipulait ensuite : « Les mesures prises pour parer aux changements climatiques doivent être étroitement coordonnées avec le développement social et économique afin d’éviter toute incidence néfaste sur ce dernier, compte pleinement tenu des besoins prioritaires légitimes des pays en développement, à savoir une croissance économique durable et l’éradication de la pauvreté. » Et plus loin : « Pour progresser vers cet objectif, les pays en développement devront accroître leur consommation d’énergie en ne perdant pas de vue qu’il est possible de parvenir à un meilleur rendement énergétique et de maîtriser les émissions de gaz à effet de serre d’une manière générale et notamment en appliquant des technologies nouvelles dans des conditions avantageuses du point de vue économique et du point de vue social. » La formule utilisée dans la convention pour résumer cette stratégie : « responsabilités communes mais différenciées ».

Sans doute la Guyane est-elle institutionnellement dans les pays développés, le « Nord » comme on dit souvent, puisqu’elle fait partie de la France, mais comment ne pas constater, comme les députés de Guyane, que sa situation la ramène, par beaucoup d’aspects, à un territoire du Sud ?

D’ailleurs, on peut relever qu’une différence de situation est déjà reconnue pour les « pays et territoires d’outre-mer » (par exemple la Nouvelle-Calédonie), qui ont des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre différents de ceux de la France hexagonale et qui ne relèvent pas des engagements de l’Union européenne.

Les scénarios du GIEC

Les scénarios du GIEC ne tablent pas sur l’arrêt total de la production d’hydrocarbures. Ainsi, le scénario qui permettrait de limiter le réchauffement à 2 degrés prévoit une réduction de 63 % des émissions de CO2 en 2050 par rapport à 2019. Ce qui est déjà un extraordinaire défi par rapport à la tendance actuelle. Et conformément à la Convention de Rio, les scénarios du GIEC prévoient que les pays ayant les plus fortes émissions par habitant fassent le plus d’efforts.

Il faudra parvenir à faire baisser la consommation et la production des hydrocarbures, c’est vital. Mais se pose aussi la question de qui va produire ces hydrocarbures. De ce point de vue, la situation mondiale est claire : avant même Trump, les États-Unis sont devenus le principal producteur et exportateur d’hydrocarbures. Cela même alors que ce pays est le principal responsable historique des émissions de gaz à effet de serre en termes d’émissions cumulées et par habitant. C’est là un problème majeur.

Cette superpuissance, qui aspire à continuer à dominer le monde, joue le rôle de locomotive de la production de pétrole, et il faudrait imposer à d’autres pays ou territoires moins développés de renoncer à la production pétrolière ? Ce n’est pas sérieux. Les « responsabilités différenciées » imposent une politique différenciée.

La seule attitude responsable en ce domaine, c’est d’agir pour que la France et l’Union européenne s’opposent à la politique des États-Unis au lieu de l’accepter au nom de la solidarité occidentale. Pourquoi faudrait-il continuer à imposer à la Guyane de renoncer à l’exploitation des hydrocarbures, alors que la France importe 22 % de son pétrole des États-Unis en 2025 selon l’Insee ? Quant au gaz, toujours selon l’Insee, les importations françaises viennent principalement de Norvège (40 %), des États-Unis (21 %), puis de la Russie et de l’Algérie.

Dans ces conditions, continuer à défendre l’interdiction de l’exploration et de l’exploitation pétrolière dans les départements d’outre-mer adoptée en 2017, c’est un peu se donner bonne conscience sur le dos de la Guyane.

Montrer l’exemple ?

Pour les partisans de la loi de 2017, sa suppression aurait valeur de mauvais exemple.

Cet argument est surprenant venant de partis politiques qui, à des degrés divers, se sont tous prononcés pour la sortie du nucléaire. Car si la France est en meilleure position que les autres pays développés comparables, elle le doit à son électricité décarbonée fondée principalement sur le mix nucléaire-hydraulique.

L’Allemagne, le mauvais exemple de l’Union européenne, émet deux fois plus de CO2 que la France du fait d’un choix politique inverse. Si l’Allemagne avait réduit en priorité le charbon, au lieu de sortir du nucléaire, 3,3 milliards de tonnes de CO2 auraient pu être évitées, soit cinq années d’émissions de ce pays, selon un calcul déjà ancien qui serait donc à réévaluer.

Ce qui permettrait vraiment à la France de montrer l’exemple, c’est d’aller vers une énergie décarbonée en 2050 sans régression sociale, ce qui est possible avec le plan Empreinte 2050 du PCF (plan qui, au passage, ne se permet pas de dicter la politique à mener en ce domaine aux territoires et départements d’outre-mer, qui sont chacun dans une situation très spécifique).

Conclusion

Grâce à une « niche » parlementaire du groupe GDR, la proposition de loi défendue par Jean-Victor Castor et Davy Rimane va être débattue en séance plénière jeudi 11 juin. Elle n’est peut-être pas parfaite. On pourrait comprendre que des députés cherchent à l’améliorer par des amendements. Par exemple pour des garanties quant aux conditions d’exploitation et d’utilisation des profits. Pourquoi ne pas imaginer aussi que le groupe Total nationalisé ait un rôle à jouer pour faire que, s’il y a découverte d’hydrocarbures, ces ressources soient réservées aux pays qui en ont un besoin incontournable ? Tout cela mérite d’être débattu.

Mais s’opposer purement et simplement à cette proposition de loi, c’est se cacher les véritables dominations qui empêchent la réponse de l’humanité au dérèglement climatique, c’est isoler la France des peuples qui exigent le droit au développement. C’est le crash-test de la solidarité effective avec les peuples du Sud.

Source Liberté Actus

petrole, Guyane

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12:21 Publié dans Actualités, Economie, Point de vue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : petrole, guyane | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!