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09/07/2026

D’où vient le pouvoir rafraîchissant des arbres en ville ?

Arbre en ville.jpeg

L’été, en particulier par ciel clair et vent faible, caractéristique des situations anticycloniques, la température en ville peut augmenter bien plus que dans les campagnes alentour. C’est l’effet d’« îlot de chaleur urbain ». En cause, la très faible proportion de surfaces végétalisées, la présence de bâtiments et la nature des matériaux urbains, comme le bitume noir par exemple, qui augmentent le stockage de la chaleur dans les bâtiments et le sol.

Qui n’a jamais ressenti le besoin de se réfugier dans un parc arboré en période de fortes chaleurs ? C’est parce que l’augmentation de chaleur peut être en partie contrebalancée par la végétation. Les arbres rafraîchissent l’environnement grâce aux ombres portées sur les passants et les façades, et leur capacité à maintenir une température de feuillage raisonnable, car ils régulent leur propre chaleur… en transpirant.

deux arbres en 3D
 
Modèles 3D d’un arbre, en couleurs réelles à gauche et avec la température de surface à droite. INSA Strasbourg, Fourni par l'auteur

L’arbre ne rafraîchit pas directement l’air : il empêche l’air de s’échauffer !

La transpiration est un phénomène physiologique par lequel un arbre émet de l’eau dans l’air, sous forme gazeuse, par l’intermédiaire de ses feuilles, afin de réguler sa température quand il fait chaud et pour assurer la circulation de la sève brute et minéralisée qui provient des racines en direction de tous les organes de la plante.

Ce processus demande à l’arbre un apport en eau constant et suffisant, en puisant l’eau du sol. C’est important car la photosynthèse, qui fabrique une partie des nutriments de l’arbre, ne peut avoir lieu qu’à condition que la « cavité stomatique », qui se trouve à la surface des feuilles et qui assure les échanges gazeux avec l’atmosphère, reste humide ; et c’est la transpiration qui assure cette humidité.

Toutefois, l’effet de l’environnement de l’arbre sur la transpiration des feuilles, par exemple, reste mal connu et notamment en milieu urbain.

Effet d’un arbre sur son environnement immédiat : 1. Absorption d’une partie du rayonnement solaire (infrarouge) ; 2. Évapotranspiration ; 3. Protection du vent ; 4. Ombre. Plante & Cité (VegDUD), Fourni par l'auteur

Le bénéfice rafraîchissant de l’arbre est essentiellement diurne : d’une part il fournit de l’ombre, d’autre part il transpire. Dans le cas de la transpiration, c’est l’énergie que l’évaporation de l’eau exige qui permet de réduire l’échauffement des feuilles et les maintient à une température proche de celle de l’air, ce qui réduit l’échauffement de la rue et augmente très légèrement l’humidité de l’air autour de l’arbre.

Si l’effet rafraîchissant des arbres n’est bien évidemment plus à prouver, il varie au fil de la journée (notamment la nuit) et il reste à être quantifié. Par exemple, la nuit, le feuillage forme un « écran » qui empêche la chaleur stockée dans le sol de s’échapper vers le ciel sous forme de rayonnement infrarouge, ce qui limite le refroidissement de la zone qui est directement recouverte par le feuillage.

L’étude des interactions entre les arbres et leur environnement devrait nous permettre d’identifier des méthodes de plantations pour améliorer les conditions de vie et de confort des citadins lors des épisodes de fortes chaleurs, et contribuera à répondre à une question qui commence déjà à se poser : quelle(s) espèce(s) d’arbre planter, en quelle quantité et dans quelles configurations par rapport aux bâtiments ou aux chaussées ? L’heureuse élue – ou, plus probablement, les heureuses élues – devront être capables de résister aux fortes chaleurs sans exiger trop d’eau, mais aussi de procurer de l’ombre et de la fraîcheur grâce à l’évapotranspiration.

Climatologie urbaine : suivi des arbres en ville à Strasbourg. Source : INSA Strasbourg.

Des arbres dans les parcs

Entre 2017 à 2021, nous avons étudié le rôle des tilleuls argentés ou Tilia tomentosa dans un parc urbain, celui de l’université à Strasbourg, pour évaluer et modéliser l’évapotranspiration et l’ombrage d’une espèce d’arbre particulière en tenant compte de l’environnement du parc, par exemple l’implantation des arbres, l’emplacement des pelouses, la géométrie des bâtiments et des rues alentour.

Nous avons mesuré précisément la forme des arbres en 3D et d’autres paramètres éco-physiologiques et météorologiques. Ainsi, nous avons pu vérifier que nos modèles de microclimat urbain à l’échelle d’un quartier (LASER/F) d’une part et d’évapotranspiration à l’échelle de l’arbre individuel (RATP) d’autre part étaient adéquats. La fusion de ces deux modèles, baptisée LASER·T, nous permet de calculer les flux de chaleur et d’énergie entre les différents éléments (arbres et bâtiments par exemple), l’évapotranspiration des végétaux, les températures de surface des bâtiments et le confort thermique.

Des arbres dans les rues

Nous nous tournons aujourd’hui vers le rôle des « arbres d’alignement », ces arbres qui se suivent dans la rue et qui sont souvent de la même espèce. Ceux-ci impactent le microclimat de la rue – ombre, humidité, vent. Et vice versa, la physiologie des arbres est affectée par la géométrie des rues – largeur de la rue, hauteur des immeubles, les couleurs des murs et la qualité du sol notamment.

deux photos de la même façade
 
Une façade en couleurs réelles à gauche, et son image thermique à droite, indiquant la température en fonction de l’ombrage. INSA Strasbourg/ICube, Fourni par l'auteur

Par exemple, en été, lorsque le soleil se lève, il va d’abord chauffer les toits et les arbres. Les arbres profitent de cette chaleur pour leur photosynthèse et en même temps, ils font bouclier pour les façades, en les gardant à l’ombre des rayons grâce à leur houppier. Ainsi, un arbre feuillu à proximité d’une façade procurera un confort thermique plus important aux résidents du bâtiment. Il rafraîchira également le sol par son ombre portée. En début de soirée, le bâtiment restituera à l’ensemble de la rue et donc également à l’arbre, la chaleur qu’il a emmagasinée durant toute la journée sous forme de rayonnement infrarouge, comme évoqué ci-dessus. Ceci illustre le rôle ambivalent joué par l’arbre.

différents types de mesures des arbres et de l’environnement
 
Mesures climatiques et écophysiologiques. ICube/INRAE/Urbasense, Fourni par l'auteur

Plus il y aura d’arbres dans l’alignement, plus l’effet rafraîchissant sera remarquable en journée – la température ressentie peut être réduite de 2 °C au minimum.

Ainsi, dans le projet TIR4sTREEt (Thermal InfraRed for Street Trees) qui rassemble plus de 15 scientifiques de divers horizons, nous cherchons à reproduire l’impact physique des bâtiments et des arbres de rue sur le microclimat urbain, grâce à des mesures et des modélisations 3D du site.

Pour cela, nous avons sélectionné six arbres dans trois rues d’un quartier résidentiel de Strasbourg : des micocouliers, des platanes et des tilleuls. Nous les avons équipés de nombreux capteurs afin de suivre au fil des saisons pendant deux ans au moins leur état de santé, leur croissance, l’humidité et la température alentour, le rayonnement, leur température de surface ainsi que celle des bâtiments et voirie, etc.

Des capteurs pour mieux comprendre les arbres en ville

Comme on l’a vu, les arbres ont un effet rafraîchissant du fait de la transpiration, dont le comportement en ville est encore peu connu, et du fait de l’ombre portée au sol ou sur les façades.

En mesurant régulièrement la température de surface des arbres et des façades environnantes avec des capteurs dans l’infrarouge « thermique », nous pouvons en déduire les variations spatiales et temporelles. Des capteurs météorologiques nous donnent les variables classiques comme la température de l’air, la vitesse du vent le rayonnement solaire (etc.) qui nous permettent d’établir le microclimat qui règne dans nos sites.

Grâce à des capteurs de flux de sève, nous pouvons mesurer la vitesse de montée de la sève dans l’arbre, qui est directement corrélée à la transpiration de l’arbre. Des capteurs installés dans le sol nous fournissent l’état hydrique et la température des différents horizons jusqu’à un mètre de profondeur.

Tous ces dispositifs nous donnent une vision assez complète du continuum plante-atmosphère et ils alimentent une base de données qui servira à étayer nos analyses. A moyen terme, ce projet permettra de guider les décideurs dans le choix des espèces d’arbres et des scénarios de plantation les plus adaptés.


Le projet Modélisation des arbres de rue pour la micro-climatologie urbaine – TIR4sTREEt est soutenu par l’Agence nationale de la recherche (ANR), qui finance en France la recherche sur projets. Elle a pour mission de soutenir et de promouvoir le développement de recherches fondamentales et finalisées dans toutes les disciplines, et de renforcer le dialogue entre science et société. Pour en savoir plus, consultez le site de l’ANR.

Source The Conversation

arbre en ville, canicule

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16:39 Publié dans Connaissances, Planète, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : arbre en ville, canicule | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!

01/07/2026

Des soldats et civils Israéliens, barbares, violeurs et tueurs d'enfants, c'est ce que relèvent plusieurs rapports

Israel enfants.jpg

Assassinat ordinaire en Cisjordanie : Amir Ahmad Jawad Jaber a été fauché le 29 juin d’une balle dans la tête et d’une autre dans la poitrine par l’armée israélienne, à al-Bireh. Il avait 15 ans. Depuis le 7 octobre 2023, Tel-Aviv intensifie son entreprise de nettoyage ethnique sur ce territoire occupé et le revendique en affichant un mépris insupportable des résolutions onusiennes.

Les enfants et les adolescents payent le prix fort de ces violations généralisées et systématiques des droits humains, jusqu’au droit à la vie. Sur les 1 100 Palestiniens tués après les attaques terroristes du Hamas, 235 sont des mineurs, dénonce l’ONG israélienne B’Tselem dans un nouveau rapport. Un chiffre terrible, corroboré par le bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires.

Tirs à vue ciblés et « inconsidérés », secours entravés, dépouilles non restituées aux familles… B’Tselem documente des « massacres sans précédent » depuis la seconde Intifada (2000-2005). « Nous tuons comme nous n’avons pas tué depuis 1967 », a même osé fanfaronner le chef du commandement du centre de l’armée israélienne, Avi Bluth. Cette escalade mortifère est étroitement liée avec l’implantation record de colonies illégales encouragée par le gouvernement suprémaciste de Benyamin Netanyahou.

Elle est indissociable « des plus de 21 000 enfants palestiniens qu’Israël a tués dans le cadre de son offensive génocidaire contre la bande de Gaza », commente le rapport. La déshumanisation des Palestiniens dans l’enclave et en Cisjordanie est telle que les auteurs de ces crimes jouissent d’une impunité totale au motif fallacieux de présenter les enfants comme des « terroristes » – une allégation que réfute l’ONG.

Le secrétaire général de l’Organisation des nations unies a de nouveau tapé du poing sur la table. Dans un rapport trimestriel sur la situation en Cisjordanie, Antonio Guterres a condamné l’« expansion et l’accélération implacables » des colonies israéliennes, qui entraînent une crise sans précédent depuis la guerre de 1967. Malgré l’accumulation de faits et de preuves de l’annihilation du peuple palestinien, les puissances se vautrent dans un laisser-faire dramatique et finalement complice.

Source l'Humanité

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Colonisation israélienne : un nouveau rapport révèle des violences sexuelles « systématisées » contre les Palestiniens

Dans un rapport rendu public ce mercredi, deux ONG documentent les violences sexuelles dont sont systématiquement victimes Palestiniens et Palestiniennes, dans la logique coloniale et génocidaire du gouvernement israélien.

Un travail de recherche de plusieurs mois, conduit entre décembre 2025 et avril 2026, mené conjointement par un collectif de femmes palestiniennes (Palestinian Feminist Collective) et l’ONG Progressive International. À partir de témoignages difficiles à obtenir, de données israéliennes déclassifiées, de vidéos tournées par les soldats eux-mêmes. Mais aussi de travaux d’ONG et de rapports d’experts internationaux.

À la fin, un rapport de 180 pages intitulé « Un État prédateur », qu’on parcourt en apnée, en retenant ses larmes et sa colère. L’illustration, documentée et détaillée, d’une des composantes maîtresses de la colonisation israélienne depuis 1948 : « La systématisation des crimes sexuels dans le but de détruire le peuple palestinien », résume le rapport. En l’attaquant au plus profond de son intimité. Dans son estime de lui-même. En saccageant, par tous les moyens, les fondements même de son fonctionnement communautaire.

« La torture sexuelle » comme « arme de guerre »

Les premiers témoignages de viols remontent à la Nakba, en 1948. Dans un rapport déclassifié daté du 12 août 1949, un certain Moshe raconte avoir tué « un Arabe armé ». « J’ai pris sa femme comme prisonnière. La première nuit, mes hommes l’ont abusée et le jour suivant, j’ai fait ce qu’il fallait pour qu’elle disparaisse du monde. »

Que ce soit pendant la guerre de 1967 ou durant les intifadas qui se succèdent à partir de 1986, les témoignages de viol, de torture et de castration se multiplient, côté palestinien, notamment dans les prisons où ils sont envoyés massivement.

« La torture sexuelle devient une arme de guerre, à la fois contre les prisonniers palestiniens et contre les détenus au cours de leur interrogatoire », dénonce le rapport des ONG. En 1999, sous la pression internationale, la Cour suprême israélienne finit par limiter l’usage de la torture à l’égard des détenus palestiniens, « sauf dans certains cas exceptionnels ». Une façon comme une autre de légaliser les abus.

S’appuyant notamment sur les travaux du Comité public contre la torture en Israël (PCATI), le rapport évoque le cas de plusieurs détenues qui, en 2002, sont placées à l’isolement, forcées de rester dénudées des jours durant, menacées de viol.

Derrière les barreaux, les enfants palestiniens ne sont pas non plus épargnés. Dès 2010, l’association Defense for Children-Palestine saisit le rapporteur spécial de l’ONU de menaces et d’agressions sexuelles perpétrées sur 14 enfants. Onze ans plus tard, la même association décrit les tortures et le viol d’un garçon de 15 ans, au cours d’un interrogatoire. Parfois, c’est au moment de l’arrestation que les soldats se déchaînent.

Sous la menace d’un chien tenu en laisse, une Palestinienne de 25 ans est ainsi forcée par une soldate de se dévêtir devant ses quatre enfants. « Je n’ai pas eu le choix, j’ai tout enlevé en pleurant. La soldate m’a ordonné de défiler ainsi devant mes enfants, incapables d’arrêter de pleurer et tremblants de peur. »

Des abus qui sont tous commis, selon PCATI, par des agents de l’État israélien : police, services secrets, soldats et surveillants de prisons. Parfois filmés, ils sont alors utilisés comme moyen de chantage à l’encontre de leurs victimes.

Dans les prisons, une « vengeance industrialisée »

Dans les prisons israéliennes, « la situation avant la guerre était très mauvaise, mais elle est incomparable avec ce qui se passe depuis le 7-Octobre », indique Yigal Dotan, l’avocat d’un enfant autiste abusé en prison, dont le témoignage est cité dans le rapport des ONG.

Depuis le 7 octobre 2023, les prisons « sont devenues les sites d’une vengeance industrialisée », poursuit-il. La preuve publique en est donnée en août 2024, lorsque fuite une vidéo tournée à la prison militaire de Sde Teiman. On y voit une dizaine de soldats, armés d’un objet pointu et de plusieurs bâtons, s’acharner sur un Palestinien aux yeux bandés – il sera hospitalisé pour une déchirure anale.

Cinq d’entre eux sont d’abord poursuivis – une première en Israël – avant d’être mis hors de cause. « Insérer un bâton dans le rectum d’une personne, est-ce légitime ? » demande à la Knesset le député arabe Ahmad Tibi. « Oui, tout est légitime (si cette personne appartient au Hamas). Tout », lui répond alors un membre du Likoud. C’est finalement Yifat Tomer-Yerushalmi, major général de l’armée ayant fait fuiter la vidéo, qui sera arrêtée et emprisonnée.

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17:37 Publié dans Actualités, International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : israel, viol, assassinat | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!