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28/08/2026

A Trappes, une vente solidaire avec le PCF, la CGT et le MODEF pour garantir des prix accessibles et une rémunération juste aux producteurs

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À Trappes, la vente solidaire co-organisée par le Modef, la CGT et le PCF a attiré une foule nombreuse venue acheter des fruits et légumes à des prix abordables. Sous les barnums installés devant la gare, producteurs et consommateurs se sont retrouvés autour d’une même exigence : accéder à une alimentation de qualité sans sacrifier le revenu des agriculteurs.

Trappes (Yvelines), envoyée spéciale.

« Je n’ai jamais vu tant de monde à une opération de vente solidaire, c’est un vrai succès ! », s’exclame Raymond Girardi. Tandis que ses collègues venus du Lot-et-Garonne, du Puy-de-Dôme et de l’Ardèche s’affairent à décharger des cageots de tomates, de melons et de nectarines, le maraîcher et secrétaire général du Modef ne regrette pas sa nuit blanche passée dans le camion pour convoyer les fruits et légumes depuis la région de Marmande jusqu’à Trappes.

À la sortie de la gare de cette ville populaire des Yvelines, deux barnums aux couleurs de la CGT ont été installés, sous lesquels s’affairent les vendeurs et vendeuses, déjà débordés avant même le début officiel de l’opération de vente à prix juste de fruits et légumes et de produits fermiers.

Une initiative conjointe du Modef, de la CGT et du PCF

« L’objectif de l’initiative du Modef aujourd’hui, c’est de venir rencontrer les consommateurs pour échanger avec eux, pour leur montrer notre volonté à nous, agriculteurs familiaux, de produire suffisamment pour nourrir l’ensemble des citoyens et, en même temps, d’avoir une juste rémunération. Aujourd’hui, cette vente n’est pas un cadeau, ce n’est pas à prix coûtant puisque nous avons intégré, en plus des coûts de production, des frais de conditionnement, des frais de transport », explique le maraîcher.

Effectivement, les nectarines sont vendues 4 euros le kilo, tandis que les tomates et les pommes affichent 3 euros le kilo, et qu’à la pièce les melons coûtent respectivement 3 et 1 euros.

« Cela reste moins cher que dans la grande distribution, » explique un producteur du Limousin. « Surtout, nos produits vendus en direct ne sont pas importés de pays où ils sont arrosés de pesticides nocifs et interdits en France, ils n’ont pas été cueillis verts, passés des semaines en chambre froide et ne pourriront pas avant d’avoir mûri. Ce que vous avez ici, c’est du premier choix ; des nectarines de cette qualité sont vendues au moins 7 euros en grandes surfaces », détaille un autre producteur.

Une foule attirée par les prix et le soutien aux paysans

Dans la file compacte, composée de mères de famille, d’hommes et de femmes sortant du travail, d’étudiants et de retraités, portant sacs à roulettes ou cabas, qui s’étire jusque dans la rue adjacente, personne ne s’y trompe. « C’est tellement cher au supermarché… J’ai eu l’information par un papier dans ma boîte aux lettres alors je suis venu espérant faire le plein de fruits à moindre coût », confie Jean-Pierre, venu accompagné de ses deux jeunes enfants.

« Je voulais aussi savoir si la sécheresse de cet été avait réellement provoqué une pénurie de fruits et légumes ou si la détresse des paysans était un prétexte pour augmenter les prix dans la grande distribution. Les maraîchers m’ont confirmé que les prix à la vente avaient explosé sans commune mesure avec leur rémunération… », poursuit le père de famille trappiste.

Même attention pour les producteurs de la part de Marion, Babette et Selma, trois copines quadragénaires qui se sont donné rendez-vous sur place après avoir repéré la vente sur les réseaux sociaux. Elles habitent différentes communes des Yvelines et c’est « la solidarité envers les paysans » qui les a décidées à venir. Même démarche pour Vanessa, étudiante qui a fait le déplacement depuis la Seine-Saint-Denis pour « court-circuiter la grande distribution » et « entendre de (ses) propres oreilles les problèmes des paysans ».

Une belle démonstration de convergence des luttes

« À cette vente, il y a des gens des pavillons, des quartiers, de partout », résume Mathieu Bolle-Reddat, secrétaire général de l’Union départementale des Yvelines qui coorganise l’évènement. « C’est important pour nous, les syndicats ouvriers, de rencontrer des représentants de syndicats paysans progressistes car on se rend compte que nous, dans nos banlieues, on est face aux déserts médicaux, à la casse des services publics, de la même manière qu’ils le sont, eux, en milieu rural. On subit, nous aussi, la paupérisation et la vie chère à cause des vampires de l’industrie agroalimentaire et de la grande distribution », constate le cégétiste qui voit dans cette initiative une belle démonstration de convergence des luttes.

Pour Catherine Chabay, présidente élue PCF à la mairie de Trappes, « c’est important que les habitants de la troisième ville la plus pauvre du département ne se résignent pas à mal manger. Des repas équilibrés avec de la nourriture au plus près de la production ne devraient pas être un luxe. »

C’est pourquoi, avec son camarade Thibaut Defleury-Fanière, co-responsable départemental du Parti communiste, ils sont allés distribuer des flyers dans toute la ville pour faire la promotion de cette vente dont le succès n’a même pas été démenti par les torrents de pluie qui ont déferlé peu après son démarrage. « Avec le Parti communiste, on va essayer de faire un peu plus régulièrement ces ventes comme ça… et peut-être même en faisant venir des producteurs de viande », assure l’élue de la majorité municipale.

La grande distribution représente 80 % de la consommation française

Mais se réapproprier les circuits de distribution n’est pas une mince affaire, particulièrement en ce qui concerne les fruits et légumes. « Il faut comprendre que quand on a ramassé les légumes, il faut que, dans les trois jours, ça soit vendu. Donc même si les agriculteurs du Modef préfèrent vendre sur les marchés, à un moment donné, ils sont obligés de s’adresser à la grande distribution qui représente 80 % de la consommation française. Cette position dominante nous oblige à accepter leurs conditions », explique Frédéric Mazer, coprésident du Modef.

Outre les ventes solidaires, le Modef réclame, pour sensibiliser les consommateurs, la transparence sur les marges de la grande distribution, avec un double affichage des prix (celui payé au producteur, le prix de vente final) ainsi que le respect d’un « coefficient multiplicateur » légal de manière à limiter le taux de marge des distributeurs. « Cette mesure, inscrite dans le code rural, est un outil très efficace pour éviter les situations dans lesquelles les producteurs sont obligés de travailler à perte, mais elle est activable à la discrétion du gouvernement qui a l’oreille des lobbys de la grande distribution », regrette Christian Reige, agriculteur retraité du Limousin.

C’est avant tout de la justice et de la transparence que réclament les paysans venus vendre leurs produits et échanger avec la population. Car, comme le fait remarquer Christian Reige, pointant la coresponsabilité des gouvernements et de la grande distribution : « Pour éviter de répondre aux revendications salariales du monde ouvrier, on comprime les prix de l’alimentation à grands coups de communication et de promotions en en faisant payer le prix aux paysans. »

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19:47 Publié dans Actualités, Planète | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : trappes, vente solidaire | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!