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12/09/2026

Ian Brossat : « La gauche doit recréer une conscience de classe »

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Ian Brossat, sénateur de Paris et porte-parole du Parti communiste, détaille les messages portés par son parti à la Fête de l’Humanité, occasion du lancement de campagne de Fabien Roussel.

La Marseillaise : La Fête de l’Humanité arrive ce week-end, l’occasion de lancer officiellement la campagne présidentielle de Fabien Roussel (PCF). Quels messages allez-vous porter ?

Ian Brossat : D’abord, c’est une rentrée qui se fait dans un climat particulier avec une question du pouvoir d’achat qui revient de manière très puissante. Différents éléments y contribuent : l’explosion du prix des carburants, une inflation galopante, l’augmentation du prix de l’alimentation et des difficultés accrues pour le monde du travail. Tout ça sur fond de salaires qui stagnent et une rémunération du travail qui ne permet pas du tout de faire face à l’augmentation des prix. Ça, c’est sur le plan social. Sur le plan environnemental, nous sortons d’un été qui a été meurtrier avec des incendies monstrueux, qui ont ravagé l’équivalent de 4 fois la surface de Marseille. La canicule a fait 8 000 morts, ce qui est absolument considérable. C’est l’équivalent de ce qui s’est passé lors de la canicule de 2003. Tout ça mis bout à bout, avec une crise écologique et une crise sociale qui prennent une dimension très forte, appelle une rupture majeure en matière de politique publique. Il y a besoin de changements radicaux par rapport à ce qu’on a connu au cours des dix dernières années avec Macron. C’est ce que nous voulons porter avec la candidature de Fabien Roussel.

La lutte contre l’extrême droite doit aussi être abordée ce week-end. Comment la combattre ?

I.B. : Je dirais de deux manières. Premièrement, en dénonçant les impostures de l’extrême droite. L’extrême droite veut nous faire croire qu’elle propose des solutions à ceux qui n’arrivent pas aujourd’hui à boucler leur fin de mois. La réalité, c’est que le RN, dans les institutions où il siège, est l’ennemi des travailleurs. L’extrême droite vote main dans la main avec la macronie contre l’augmentation du SMIC, contre le rétablissement de l’impôt de solidarité sur la fortune, contre les prélèvements sur les milliardaires. En réalité, il y a une grande duplicité de l’extrême droite qui veut nous faire croire qu’elle est l’amie des travailleurs et qui, dans les institutions, se comporte en pur valet du capital. Ça, c’est la première chose. La deuxième, c’est que pour faire reculer l’extrême droite, il faut que la gauche redonne espoir et surtout qu’elle recrée de la conscience de classe. La réalité, c’est que - et ce sera le message que Fabien Roussel portera tout au long de la campagne - pour gagner le monde du travail, la classe travailleuse doit être unie, par-delà les différences de couleur de peau ou de religion. Ce qui doit nous unir, ce sont nos intérêts communs. Et pour faire triompher nos intérêts communs, il ne faut pas laisser s’installer le venin de la division, ce que l’extrême droite fait matin, midi et soir.

La candidature de Fabien Roussel a été pointée par certains comme pouvant entraîner une division des voix à gauche.

Que répondez-vous ?

I.B. : Dans la Ve République, la gauche n’a jamais gagné avec un candidat unique au premier tour. Elle a eu un candidat unique à deux reprises, en 1965 et en 1974. Dans les deux cas, cela s’est traduit par un échec. Lorsque la gauche a gagné, elle a pu s’appuyer sur des candidats divers au premier tour qui lui ont assuré la victoire au second tour grâce à un total des voix de gauche plus conséquent. Notre candidature n’est pas là pour affaiblir la gauche ou pour concurrencer d’autres candidats de gauche. Elle vise à élargir le socle de la gauche et à faire en sorte qu’on soit plus fort au second tour, pour battre la droite et l’extrême droite. Ensuite, parmi les différents candidats de gauche qui se présentent, il y a des propositions différentes qui sont faites. Ça ne serait pas honnête de les passer sous silence et de faire semblant qu’on est d’accord sur tout. Prenons l’exemple très concret du nucléaire. Si nous voulons diminuer notre empreinte carbone, ce qui est fondamental, il faut diminuer nos importations et donc réindustrialiser notre pays. Or, pour développer une industrie propre, une industrie verte, il faut qu’on puisse s’appuyer sur des énergies décarbonées. C’est la raison pour laquelle nous sommes favorables à un mix énergétique nucléaire renouvelable. Nous sommes d’ailleurs le seul parti politique à gauche à défendre le nucléaire, non pas comme une obsession, mais simplement parce que c’est une condition indispensable pour réindustrialiser notre pays.

Source La Marseillaise

ian brossat,pcf

11:00 Publié dans Actualités, Fête Humanité, Point de vue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ian brossat, pcf | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!