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07/10/2012

En Allemagne, l’espérance de vie des plus pauvres a reculé d’au moins deux ans depuis 2001

allemagne.jpgL’espérance de vie des plus pauvres – ceux qui ne disposent que des trois-quarts du revenu moyen – recule en Allemagne. Pour les personnes à bas revenus, elle est tombée de 77,5 ans en 2001 à 75,5 ans en 2011 selon les chiffres officiels. Dans les Lander de l’Est du pays c’est encore pire : l’espérance de vie est passée de 77,9 ans à 74,1 ans.

Ces chiffres ont été fournis au député Matthias Birkwald (Die Linke) en réponse à une question écrite, interpellation qui oblige le gouvernement à répondre à en fournissant toutes les données officielles.
Matthias Birkwald est un spécialiste des retraites et son interpellation éclaire d’un jour nouveau la réforme intervenue dans le système allemand de retraites. Le parlement a en effet adopté en 2007 – le gouvernement de l’époque rassemblait sociaux-démocrates du Spd et conservateurs de la Cdu – un report graduel de l’âge de la retraite à 67 ans justifié (comme en France) par l’allongement de l’espérance de vie...

Le pays est souvent montré en exemple pour son taux d’emploi des plus de 60 ans. Dans les faits, montrent les chiffres livrés hier, leur situation les expose souvent à la pauvreté.
En mars 2011, seulement 26,4 % des 60-64 ans occupaient un emploi “normal”, soumis à cotisations sociales. Et moins de 19 % de ces actifs seniors avaient un travail à temps plein.

allemagne,espérance de vie,diminution,pauvresQu’en sera-t-il demain ? Il n’y a pas de salaire minimum garanti en Allemagne et 7,6 millions de personnes ne disposent que d’un “emploi atypique”. Environ 5 millions des quelques 30 millions de travailleurs allemands sont à temps partiel.
En 2009, 2,5 millions de travailleurs – dont 600 000 retraités – étaient en contrat “mini job” payé environ 400 euros (sans cotisations patronales, sans assurance-maladie, sans droits à la retraite...).
Autant de formes de travail qui font (et feront) des retraités pauvres, premières victimes de ce recul de l’espérance de vie.

Article publié dans Viva

03/10/2012

Procès de la Tunisienne violée : l’indignation enfle

tunisie, manifestations, violences faites aux femmes, femmeUne Tunisienne violée par des policiers est accusée, par ses violeurs, pour atteinte à la pudeur. Son cas suscite une forte émotion, le ministère des Affaires Etrangères français se saisi aujourd’hui de la question.

La France réclame que les charges d'"atteinte à la pudeur" pesant à l'encontre de la victime soient abandonnées, selon le ministère des Affaires étrangères. Et le porte-parole du ministère modère quelque peu son exigence : "Il faut se garder de faire la leçon et garder en tête cette perspective : que les pays des printemps arabes aient cet objectif de respect des droits fondamentaux. Cela ne nous empêche pas chaque fois qu'un problème surgit, et notamment celui de cette jeune femme, de rappeler à ces pays quel est, selon nous, le chemin qui doit être emprunté pour atteindre cet objectif. On ne devient pas un pays démocratique exemplaire du jour au lendemain. C'est un processus qui est long, complexe, difficile".

Le parti au pouvoir en Tunisie s’embourbe terriblement. Après avoir, heureusement, fait marche arrière sur inscription dans la nouvelle Constitution la "complémentarité" des sexes et non l'égalité, Ennahdha joue à nouveau avec le feu. Le premier parti de Tunisie tente d’expliquer que ce n’est pas parce que l’accusée est victime de viol, qu’elle n’est pas coupable d’atteinte à la pudeur. Et ce sont les violeurs qui en témoignent.

Le procès de la honte

La Tunisienne de 27 ans aurait été surprise « en position immorale » avec son fiancé dans la voiture de ce dernier par 3 policiers. Deux d’entre eux ont alors conduit la jeune femme dans leur véhicule où ils l'ont violée pendant qu'un troisième tentait d'extorquer de l'argent au jeune homme. La victime accusée par ses bourreaux a été entendue par un juge ce mardi, qui doit prendre, ou non, la décision de classer l’affaire.
Les manifestations de soutien sont de plus en plus nombreuses, y compris à l’internationale. "J'ai dit au juge qu'il avait une responsabilité historique. Le monde entier, les médias, les jeunes de Tunisie attendent sa décision qui sera décisive pour l'instauration de l'Etat de droit" a justement expliqué l’avocate de l’accusée.
Plusieurs centaines de personnes ont par ailleurs manifesté mardi en soutien à la victime devant le tribunal, brandissant des pancartes proclamant "Révolution volée, femme voilée, petite fille violée" ou encore "Violée ou voilée, faut il choisir?".

Publié par l'Humanité