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14/11/2023

Violeur de la Sambre, témoignage d'Annick Mattighello, Maire communiste de Louvroil

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En 2002, j'ai simplement voulu prévenir les femmes. On m'a dit Il n'y a pas mort d'hommes"

C’est une personnalité politique du Val de Sambre qui a accepté de revenir avec nous sur cette affaire du Violeur de la Sambre. Annick Mattighello, maire de Louvroil entre 2001 et 2017, Médaillée d’Officier de l’Ordre National du Mérite, confie avoir la « boule au ventre » avant le début de ce procès, ce vendredi 10 juin.

Il faut dire que cette ancienne secrétaire du syndicat CGT chez Thomson, n’a toujours pas digéré l’année 2002. À l’époque, elle convoque la presse pour évoquer la présence d’un prédateur sexuel … uniquement dans sa commune de Louvroil : « Trois employées avaient été violées, agressées, dans ma commune. Je me suis sentie responsable de prévenir la population. Cela n’a pas été pris au sérieux. On me disait : « Il n’y pas mort d’hommes ». On m’a accusé de faire entrave à l’enquête publique, alors que l’homme sévissait depuis plus de 30 ans ! »

Le suspect présumé arrêté en février 2018, Dino Scala, se rendait régulièrement dans la commune en tant qu’entraîneur et Président du club de football de Pont-sur-Sambre : « Parait-il qu’il y avait un portrait-robot. Avec ça, dans le milieu du sport, on l’aurait reconnu. Et des dizaines de victimes auraient pu être épargnées. »

À l’approche du verdict de cette affaire hors norme, où Dino Scala répondra des faits d’agressions sexuelles, viols, sur 56 femmes, Annick Mattighello espère que ce procès aidera « les femmes qui se sentent coupables, portent la honte en elles. Des maris, Des familles, des maires de communes demandent à ces victimes de se taire. De ne pas aller plus loin C’est un moment de vérité »

Podcast de son interview}}}

Source Canal FM

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Le « violeur de la Sambre » et la maire héroïque

Dans son enquête, « Sambre, radioscopie d’un fait divers », Alice Géraud raconte comment, pendant trente ans, l’inefficacité de la police et de la justice a permis à Dino Scala de continuer à sévir. Ce récit revient aussi sur le combat de l’ancienne édile de Louvroil Annick Mattighello en faveur des victimes.

Le vendredi 1er juillet 2022, Dino Scala, 61 ans, a été reconnu coupable par la cour d’assises du Nord de 54 agressions sexuelles et viols entre 1988 et 2018 – il est soupçonné d’en avoir commis davantage. Condamné à vingt ans de réclusion criminelle, le « violeur de la Sambre » a fait appel et un nouveau procès doit se tenir en 2024.

Dans son magistral livre Sambre, radioscopie d’un fait divers (JC Lattès), Alice Géraud, ancienne journaliste de Libération et du site Les Jours, retrace cette affaire vertigineuse et livre le résultat de quatre années d’investigations sur un mystère : comment cet homme a-t-il pu agresser et violer des dizaines de femmes pendant trente ans, le long d’une même route, sans être inquiété ? Comment a-t-il pu échapper à la justice malgré les dizaines de plaintes déposées dans les commissariats et gendarmeries de ce territoire minuscule du val de Sambre (Nord) ?

Son enquête a été adaptée en série par Jean-Xavier de Lestrade, et est diffusée actuellement sur France 2 sous le titre Sambre, elle est accablante pour l’institution policière et judiciaire, inefficace face aux violences sexuelles, indifférente et parfois cruelle à l’égard des victimes. De ce désastre émergent quelques figures ­lumineuses et héroïques : des proches de victimes, des policiers et des médecins. Parmi elles, l’ancienne maire de Louvroil (Nord) Annick Mattighello, aujourd’hui âgée de 72 ans.

Source Le Monde

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16/10/2023

Fabien Roussel : « Nous appelons à tourner la page de la Nupes »

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Le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, estime que la Nupes est dans l’impasse. Il appelle à construire une nouvelle union « plus claire, plus large, et plus utile aux combats » des progressistes.

Le conseil national du PCF a adopté à 92,8 % des voix une résolution estimant que la Nupes « est devenue une impasse » et appelle à ouvrir « une nouvelle page du rassemblement de la gauche et des écologistes ». L’objectif est de constituer un « nouveau front populaire » capable d’être majoritaire. Le PCF a également adopté trois résolutions concernant les élections européennes, la situation en Israël-Palestine et l’attentat qui a coûté la vie à un professeur dans un lycée d’Arras.

Le PCF estime que la gauche n’est pas à la hauteur de ses responsabilités. Pourquoi ?

Nous nous sommes posé cette question : est-ce que la gauche est à la hauteur des défis, de la situation internationale extrêmement grave et de la montée de l’extrême droite, des intégrismes et des fascismes en France ? Et, malheureusement, la réponse est non. La Nupes est dans l’impasse.

Nous appelons à tourner la page et à construire une nouvelle union, une force progressiste, de gauche, anticapitaliste, écologiste, républicaine, radicale, en lien avec les organisations syndicales, le mouvement associatif et les citoyens. Nous voulons construire un rassemblement très large pour la paix, contre la vie chère, et capable d’être majoritaire demain.

De quoi souffre la Nupes ? Êtes-vous d’accord avec Marine Tondelier, secrétaire nationale d’EELV, qui a estimé samedi que Jean-Luc Mélenchon « ôtait toute crédibilité à la coalition de gauche », quand Olivier Faure, premier secrétaire du PS, a appelé jeudi à « rompre avec la méthode Mélenchon » ?

Nous aurions pu faire la liste des problèmes qui ont affaibli et discrédité la Nupes depuis sa création, avec l’affaire Quatennens, le non-respect des syndicats de la part de la FI pendant le mouvement sur les retraites, le refus des insoumis de condamner les violences urbaines après la mort de Nahel ou encore ces dernières semaines les insultes de la FI comparant le PCF à des dirigeants nazis et son refus de qualifier le Hamas d’organisation terroriste.

« Nous voulons construire un rassemblement respectueux de chacun, apaisé, sans hégémonisme, dans lequel nous voulons pouvoir dire ce qui nous rassemble et débattre sereinement de ce qui nous distingue »

Fabien Roussel

Tout cela nous empêche d’être à la hauteur des défis. Cela nous empêche d’être aussi forts que la gauche pourrait l’être concernant le combat social. Cela nous empêche de lutter efficacement contre l’extrême droite en banalisant le nazisme. Et cela nous empêche de construire les rassemblements dont nous aurions besoin pour exiger la paix au Proche-Orient. C’est pourquoi nous appelons à un nouveau rassemblement à gauche plus large, plus clair, et plus utile à nos combats communs.

Quel serait le cadre ? Avec qui élargir le rassemblement alors même que la Nupes se divise ?

Nous sommes persuadés qu’il y a une forte attente à construire une gauche authentique, plus claire sur ses combats et ses valeurs, ayant vocation à rassembler beaucoup plus largement que ce que la Nupes fait aujourd’hui. C’est le chantier que nous allons ouvrir. Nous allons rencontrer chacune des forces politiques de gauche.

Surtout, nous voulons construire un rassemblement respectueux de chacun, apaisé, sans hégémonisme, dans lequel nous voulons pouvoir dire ce qui nous rassemble et débattre sereinement de ce qui nous distingue. Et nous voulons le faire pas seulement avec les dirigeants et les militants de parti, mais avec tous nos concitoyens.

Comment le PCF entend-il intervenir pour améliorer le quotidien des Français dans l’urgence, et comment construire une victoire en 2027 alors que la gauche ne part pas favorite face à la droite et l’extrême droite ?

Franchement, pendant les deux jours de débat que nous avons eu au PCF, personne n’a parlé de 2027, car nous sommes surtout préoccupés de ce qui se passe en ce moment avec la montée de l’extrême droite et de la barbarie en France et dans le monde. Et c’est justement parce qu’il y a cette situation grave que nous appelons à un sursaut à gauche. Nous aurons bien le temps de parler de 2027 plus tard.

Aujourd’hui, nous avons une responsabilité vis-à-vis de nos concitoyens, c’est d’être clairs dans la condamnation du terrorisme et des crimes de guerre, et d’être efficaces dans le combat que nous menons contre l’inflation et les bas salaires. C’est pourquoi nous appelons à un grand rassemblement le 18 novembre, devant Bercy, pour amplifier notre campagne contre la vie chère.

Le PCF a également adopté une résolution concernant la situation en Israël-Palestine. Quelle devrait être la voix de la France ?

Bien sûr, nous devons condamner avec la plus grande fermeté la barbarie du Hamas, organisation terroriste qui veut imposer un califat en Palestine et refuse une solution à deux États. Nous appelons aussi à libérer les otages, à ne plus commettre de crimes de guerre, à stopper les bombardements israéliens alors que plus de 2 900 personnes dont 700 enfants sont déjà morts à Gaza. Nous appelons à un cessez-le-feu et à la fin du blocus contre la population palestinienne. Nous appelons à des rassemblements pour la paix, à la fin de l’occupation et une solution à deux États.

La France s’honorerait à exprimer publiquement la dénonciation de ce qui se passe à Gaza. Combien d’enfants devront encore mourir sous les bombes pour que l’ensemble de la communauté internationale appelle à un cessez-le-feu ? Nous appelons à coordonner nos moyens pour traquer les terroristes du Hamas, à s’attaquer à ceux qui les financent et les soutiennent, et nous dénonçons la punition collective et la vengeance aveugle que le gouvernement israélien abat sur le peuple palestinien. La justice, ce n’est pas la vengeance.

L’extrême droite et une partie de la droite accusent plusieurs organisations, dont le PCF, de s’être mobilisées contre l’expulsion de la famille de l’assassin de Dominique Bernard, à Arras. Or ce terroriste n’avait qu’une dizaine d’années à l’époque. Que répondez-vous ?

C’est honteux face à un tel drame d’ouvrir une polémique à l’encontre d’associations qui au quotidien œuvrent pour protéger des enfants. C’est indigne à l’heure où tout doit être fait pour unir les Français contre le terrorisme, l’obscurantisme et les fanatismes religieux. Nous avons, au PCF, condamné à l’unanimité l’acte terroriste islamiste ayant provoqué un mort et trois blessés. Il s’agit d’un crime odieux commis contre l’école de la République, lieu où justement nous luttons contre l’obscurantisme par l’accès à la connaissance et au savoir.

ARTICLE PUBLIE PAR L'HUMANITE

10:25 Publié dans Actualités, Entretiens, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pcf, nupes, fabien roussel | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!

18/01/2022

André Chassaigne : « Il est illusoire d’espérer être au second tour »

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ENTRETIEN. Le député communiste refuse de céder aux sirènes de la candidature unique et appelle la gauche à se recentrer sur ses fondamentaux.

Voilà bientôt vingt ans qu’André Chassaigne promène sa silhouette et sa moustache blanche dans les travées de l’Assemblée nationale. À la tête du groupe de la Gauche démocrate et républicaine depuis 2012, le député communiste du Puy-de-Dôme, qui se représentera en juin, affiche aussi un long parcours d’élu local commencé en 1977 à la mairie de Saint-Amant-Roche-Savine.

En vieux briscard, cet ancien professeur d’histoire-géographie, qui a été candidat à la présidentielle en 2012 face à Jean-Luc Mélenchon, porte un regard acéré sur le paysage politique national. Et s’il regrette l’état dans lequel gît aujourd’hui la gauche, il se félicite du discours parfois décapant du candidat de son cher Parti communiste, Fabien Roussel.

Le Point : Le climat général de la France n’est pas au beau fixe. On sent une défiance généralisée vis-à-vis des élus, vis-à-vis des institutions et même de la communauté scientifique. Comment analysez-vous cette séquence ?

André Chassaigne : Le rejet de la parole politique, qui se double d’un manque de confiance dans la parole scientifique, est un phénomène ancien. Cela vient du fait que la politique a perdu de son éthique. Trop souvent la politique est faite de promesses, notamment pendant les campagnes électorales, de petites phrases et de choix à court terme. Elle ignore les fondamentaux qui consistent à répondre aux besoins des gens. La parole politique ne se concrétise plus par des actes qui prennent en compte les réalités du quotidien. C’est ce qui s’est manifesté, en particulier avec le mouvement des Gilets jaunes, qui est l’expression d’une souffrance du quotidien, et qui témoigne aussi d’une blessure, car une partie de la population se sent méprisée et rejetée.

Pourquoi la gauche n’arrive-t-elle pas à apporter une réponse politique à cette colère et à cette défiance ?

Parce que la gauche a oublié ses fondamentaux. Entre 2012 et 2017, avec la loi El Komry et aussi la loi Macron, François Hollande a conduit une politique à contresens de celle qu’il avait annoncée. Et ça, cela laisse des traces. C’est rédhibitoire. Alors qu’il avait dit qu’il lutterait contre la finance, il a mené une politique qui ne se différencie guère de celle qu’auraient pu conduire des libéraux s’ils avaient été aux manettes.

L’union de la gauche est-elle possible à nouveau ?

Je vais séparer deux choses pour ne pas tomber dans le piège de la question. Il y a d’abord la présidentielle, et ensuite les législatives. Il faut comprendre que le système de la Ve République avec son élection présidentielle suivie des élections législatives entraîne une personnalisation du pouvoir forte. Résultat, le parti qui ne participe pas à la course présidentielle disparaît du paysage politique. L’élection présidentielle, c’est une trappe à petits partis, c’est aussi une trappe à idées qui ne peuvent pas être défendues sous le prétexte de vote utile.

Il était donc impensable, cette fois-ci, de ne pas avoir de candidat communiste comme en 2012 et 2017… Vous regrettez ces choix ?

En 2012, j’étais favorable au Front de gauche et à la candidature unique de Jean-Luc Mélenchon. Je me suis présenté contre lui car je ne voulais pas d’un candidat autoproclamé. Mais on était dans une dynamique et je l’ai soutenu. En 2017, je me suis battu au sein du Parti communiste pour qu’il y ait un candidat communiste. Le vote interne a choisi de soutenir une fois encore Jean-Luc Mélenchon. Ce soutien s’est fait sans programme commun. Résultat : aux élections législatives, l’une des priorités de La France insoumise a été de plumer la volaille communiste. Leur objectif était qu’il y ait le moins de députés communistes possible. Voilà pourquoi je considère qu’en 2017, c’était une erreur de ne pas avoir de candidat qui porte nos orientations politiques, qui sont différentes de celles des socialistes et des Insoumis. L’élection présidentielle est un canal pour développer nos idées, essayer de mettre des graines dans les consciences afin de permettre une transformation de la société.

Vous n’êtes donc pas favorable à une candidature unique de la gauche pour la présidentielle ?

Je considère comme illusoire, trompeur, artificiel de dire que l’on peut avoir une candidature unique de la gauche. Pourquoi ? Parce que cela reposerait sur une personnalité et pas sur un programme. Aussi même s’il y avait l’espoir de gagner, ce qui n’est pas le cas, ce serait pour faire quelle politique ? Je sais qu’il y a une demande du peuple de gauche pour une candidature unique. Mais même si on y arrivait et si on gagnait, ça pourrait avoir des effets à moyen terme et à long terme désastreux. Notamment si nous n’étions pas capables de mettre en œuvre une politique de transformation de la société. Le deuxième élément, c’est que la gauche est aujourd’hui tellement affaiblie qu’il est illusoire d’espérer être au second tour. Le fait de se rassembler n’y changera rien.

Ne serait-il pas urgent de préparer l’Union pour les législatives pour avoir une opposition capable de faire entendre sa voix ?

Je le crois. Le conseil national du parti a pris la décision de travailler à un socle de propositions. Il y a déjà des contacts qui sont pris. Passée la présidentielle, il va falloir qu’on réfléchisse, car quel que soit le président ou la présidente de la République élu(e), tout ne sera pas joué. La gauche peut retrouver des forces au niveau du Parlement. Je ne suis pas pour un accord national, mais il serait pertinent d’en nouer sur certains territoires pour être au second tour et pour avoir une chance de gagner des circonscriptions.

D’où viendra alors le salut de la gauche ?

Il faut aller chercher ceux qui s’abstiennent et ceux qui votent en faveur de l’extrême droite. Or, on n’ira pas chercher cet électorat-là en se contentant d’avoir une candidature de rassemblement, surtout si elle apparaît artificielle. Pour aller le chercher, il faut des organisations politiques avec des candidats qui développent leurs propres thèses. Ainsi et seulement ainsi, on pourra reconquérir l’électorat populaire qui est parti.

Comment le Parti communiste a laissé s’échapper cet électorat populaire ? Et comment le Rassemblement national, lui, s’est-il imposé auprès de lui ?

Il faut que je pèse mes mots. Je suis obligé de me censurer un peu. On a abandonné, au nom d’une forme de boboïsation intellectuelle, ce que j’appelle nos fondamentaux. Le Parti communiste a perdu ses bases ouvrières parce qu’il a délaissé la valeur travail. Comme nous avons participé à la création de la sécurité sociale en 1946, il nous faut aujourd’hui défendre la mise en œuvre d’une sécurité du travail. L’idée est de garantir un travail ou une formation rémunérée à toute personne qui rentre dans la vie active, et cela jusqu’à la retraite. Nous défendons aussi l’idée que le revenu du travail soit plus élevé que les aides sociales. Et ça, c’est un discours qui décape. Mais je pense que le peuple comprend ça. Le travail a été délaissé par les communistes : on était plus sur une posture sociétale.

Est-ce la seule erreur commise par les communistes, qui ont du mal à dépasser la barre des 5 % aux élections ?

Nous n’avons pas eu le courage politique de porter des propositions qui pouvaient heurter une majorité de citoyens. Ainsi, pendant plusieurs années, on a pris des gants pour dire qu’on était favorable à l’énergie nucléaire. Parce que s’était développé dans le pays un mouvement qui consistait à dire que c’était assassin d’être favorable à l’énergie nucléaire. Aujourd’hui, Fabien Roussel dit clairement que l’énergie nucléaire est indispensable pour notre développement économique. Bien sûr, nous sommes favorables aux énergies renouvelables, mais par pitié arrêtons de créer une illusion avec ces dernières : on ne pourra pas mettre des éoliennes, des panneaux photovoltaïques et de la géothermie partout.

Enfin, nous avons délaissé la qualité de la vie et du quotidien des gens. Je suis issu d’un territoire rural et j’ai découvert les difficultés du quotidien dans la ville en arrivant à l’Assemblée nationale en 2002. J’ai été effaré quand les députés m’ont raconté qu’il y avait des quartiers entiers qui étaient abandonnés. Cela pour vous dire que par rapport aux questions de sécurité, nous n’avons pas été assez fermes dans nos propos, comme si nous étions gênés, voire tétanisés, de parler de cela. Les élus de terrain dans ces quartiers difficiles ont fait le boulot, mais je pense que dans nos propositions nationales, nous n’avons pas été suffisamment offensifs en défendant une politique plus sécuritaire. Et dire qu’il faut plus de force de police, une police de proximité, qu’il faut mettre les moyens par rapport à ça, ce n’est pas être fasciste.

Qu’est-ce que c’est qu’être un communiste en 2022 ?

Je suis fils d’ouvrier et j’ai le sens des choses. Pour moi, être communiste, ce n’est pas admirer le modèle soviétique – ça l’a été quand j’étais jeune, je ne veux pas le nier car il y avait ce regard admiratif sur ce système alimenté par une propagande vantant les évolutions industrielles, la culture, la démocratie et les kolkhozes. Mais tout ça a volé en éclat rapidement. Être communiste, c’est se battre pour plus de justice sociale et faire que les gens vivent mieux. C’est en finir avec l’argent roi et cette financiarisation scandaleuse et excessive qui fait que certains vivent sur un tas d’or et que d’autres à côté n’arrivent pas à vivre dignement. Je pense qu’il faut transformer la société. Notre difficulté est qu’on a du mal à montrer ce que serait la société que nous défendons. Ça a tellement été un gâchis dans les pays dits socialistes qu’aujourd’hui cette perspective d’une autre société, plus juste, plus humaine, on a du mal à la faire imaginer.

Fabien Roussel ne décolle pas dans les sondages. Comment expliquez-vous cela ?

Même si cela ne se traduit pas encore dans les enquêtes, les remontées que j’ai sur le terrain au sujet de sa campagne sont bonnes. On me dit qu’il parle clairement et simplement.

Certes… Mais il reste en dessous des 3 %…

Fabien Roussel est un député de terrain, qui est dans la vraie vie. Il n’a pas une approche idéologique et intellectuelle, il part du concret. En plus, il a une personnalité séduisante. La question qui se pose, c’est comme pour une imprimante : quand on met le papier, est-ce que cela va imprimer ou pas ? Même si cela ne se traduit pas dans les sondages, je suis assez optimiste sur le fait qu’il va y avoir un décollage. Ce n’est pas de la méthode Coué. Car au-delà de sa personnalité, les gens commencent à dire que les idées qu’il défend ne sont pas celles des autres candidats de gauche… Ce qui peut imprimer, c’est son courage de porter des idées contraires à l’air du temps, avec transparence et clarté.

Est-ce que vous craignez la primaire populaire ?

Fabien Roussel n’a pas été retenu, mais je ne la crains pas car elle n’a de sens que si elle s’appuie sur un programme, sur des objectifs partagés.

Et la candidature de Christiane Taubira ?

J’ai beaucoup d’estime pour Christiane Taubira. C’est quelqu’un que j’apprécie. Mais là, elle débarque à un mois de l’officialisation des candidatures, sans programme, uniquement sur la base de sa personnalité… Sa candidature ne va pas résoudre les difficultés. Cela va juste amener une candidate de plus.

Quels sont vos points de divergence avec La France insoumise et avec la candidature de Jean-Luc Mélenchon ?

On a des différences au niveau des idées notamment sur le nucléaire et sur le rapport au travail. Nous ne sommes pas pour le revenu universel. Mais aussi sur la façon de faire. Je vous donne un exemple : les Insoumis ont porté une proposition de loi pour arrêter l’utilisation du glyphosate au 1er janvier prochain. Nous sommes évidemment d’accord, mais nous avons conscience que cela ne peut pas se faire d’un coup de baguette magique et qu’il faut accompagner les agriculteurs. Souvent, ils ont une approche idéologique qui est à l’opposé de notre culture. Ils ne tiennent pas compte des réalités du terrain. Ils sont dans une logique tribunitienne, ils vont préférer d’emblée rejeter un texte alors que nous, nous aurons tendance à vouloir le discuter pour l’amender. Leur discours ne s’adresse pas à ceux qui sont dans l’hémicycle mais à ceux qui sont à l’extérieur. C’est leur parti pris. Nous sommes moins dans la violence verbale et l’attaque. Je me sentirais mal dans leur groupe. Nous ne visons pas seulement la prise de pouvoir, nous cherchons aussi à être utiles aux gens que nous représentons. Cela se voit aussi sur le terrain, lors des grèves, on essaie d’accompagner les gens pour trouver des solutions concrètes. Jamais je ne suis allé devant une usine avec un mégaphone pour gueuler et lever le drapeau rouge. Je préfère demander à rencontrer le chef d’entreprise et essayer de faire avancer les choses.

L’urgence climatique est là et elle est visible. Comment les communistes y répondent-ils ?

La priorité, c’est de suivre les recommandations du Giec. Il s’agit d’une urgence absolue pour la planète et les humains, car c’est une question de vie ou de mort à moyenne échéance. Aussi la mesure prioritaire est évidemment de décarboner l’économie. C’est d’ailleurs un argument supplémentaire en faveur du nucléaire. Un autre domaine sur lequel il faut mettre les moyens : la rénovation énergétique des logements. Il faut aller plus loin que ce qui se fait aujourd’hui. Il ne faut pas opposer la lutte contre le changement climatique et la question sociale. Il y a de gros investissements à faire dans le public, sur le transport, sur les logements. J’ai défendu une proposition de loi qui visait à sortir du déficit toutes les dépenses faites pour lutter contre le réchauffement climatique. Ça a été recalé, mais l’idée fait son chemin. Pendant la crise sanitaire, on a laissé de côté le Pacte de stabilité. Je dis : faisons de même pour la crise écologique.

La gauche n’est-elle pas gênée avec le discours des Verts sur la sobriété et la décroissance ?

Aujourd’hui, on considère que les réponses aux problèmes de la planète relèvent des comportements individuels. Je ne dis pas qu’il ne faut pas changer nos habitudes, mais il faut aussi des actions politiques fortes sur l’obsolescence des produits, sur le recyclage… Notre mode de vie doit évoluer, mais la sobriété ne s’accompagne pas forcément d’une décroissance, car il y a des besoins à satisfaire au niveau de la population.

Il y a un autre sujet de fracture à gauche, c’est tout ce qui concerne la cancel culture… Le wokisme a tendance à prendre le pas sur la lutte sociale…

Pendant toute une période, le Parti communiste a été sur des luttes spécifiques : les sans logement, les sans-papiers, les sans travail, les exclus, les femmes… Je ne dis pas qu’il ne faut pas défendre ces causes, mais cela entraîne une fragmentation des messages. Je suis convaincu qu’il faut qu’on ait une approche globale en considérant que tous ces problèmes sont les conséquences d’un système libéral où l’argent l’emporte sur tout.

Quel bilan faites-vous de cette mandature ?

Je déplore les effets néfastes d’une majorité pléthorique. Le Parlement ne remplit pas son rôle car il est à la solde de l’exécutif. On a besoin d’un Parlement plus frondeur. Quand je les vois se lever comme un seul homme pour applaudir un ministre qui dit des contre-vérités ou qui fait de la communication, je me dis : mais qu’est-ce que c’est que ce Parlement ? Les mardis après-midi, c’est terrible : on a affaire à des ministres qui ne reconnaissent aucune erreur. Sauf, parfois, Jean Castex. Ils nous chantent tous la même chanson : « Tout va très bien, madame la Marquise… » Ils ont la queue du renard qui sort de la gueule, mais ils assurent qu’ils ne l’ont pas croqué. Olivier Véran est le spécialiste : on peut lui donner la Légion d’honneur dans ce domaine. Quand j’étais député sous une majorité de droite, et que je portais un amendement, s’il était correct, il était retenu. Aujourd’hui, aucun respect de l’opposition. Vous présentez un amendement, ils le récupèrent et le recyclent pour qu’il leur soit attribué.

La victoire d’Emmanuel Macron est-elle inéluctable ?

Autant je le croyais, il y a un an, autant je ne le crois absolument plus. Même lui doute… Ce n’est pas pour rien qu’il a fait sa sortie dans Le Parisien : il essaye d’alimenter les clivages pour redonner du souffle à l’extrême droite. Il avait beaucoup misé sur un second tour avec Marine Le Pen, mais, aujourd’hui, il a compris qu’il pourrait se trouver face à un autre candidat. Et là qui peut prédire le résultat ? Personne ! Les jeux sont beaucoup plus ouverts.

Est-ce que vous serez candidat aux élections législatives ?

Oui. Je ne suis pas tout jeune, mais j’aime le travail que je fais à l’Assemblée et j’ai envie de continuer. J’avais un suppléant qui aurait dû prendre ma suite, mais il est devenu conseiller départemental et ça lui plaît. Je vais donc me représenter avec un nouveau suppléant plus jeune qui j’espère un jour me succédera. J’attends avec gourmandise de faire campagne électorale. Parce que depuis deux ans, on n’est plus en lien avec la population comme avant. Moi, j’étais toutes les fins de semaine sur le terrain dans les communes, les manifestations et sur les marchés… Cela me manque énormément.

Source le Point

 

15/12/2021

Jean-Claude Gayssot : « La haine nourrie par l’extrême droite gangrène la République »

jean claude gayssot

L’ancien député et ministre communiste estime que la loi de 1990 qui porte son nom devrait être « universalisée », tout en rappelant que la lutte contre le racisme se gagne aussi par la bataille des idées.

La loi contre le racisme, l’anti­sémitisme et la xénophobie qui porte son nom s’est récemment invitée dans le débat public à l’occasion de l’examen à l’Assemblée nationale d’une résolution défendue par Fabien Roussel. L’ancien ministre et député communiste Jean-Claude Gayssot, qui soutiendra le candidat PCF à la présidentielle, revient sur la genèse de cette loi qui avait suscité de vifs débats et sur la surenchère haineuse à laquelle se livrent actuellement la droite et l’extrême droite.

Vous qui êtes à l’origine de la loi Gayssot de 1990, comment réagissez-vous à la résurgence du racisme et du négationnisme dans le débat public ?

Jean-Claude Gayssot Cette loi porte mon nom parce que j’étais le premier signataire de la proposition déposée par le groupe communiste, lors des élections législatives de 1988, suite à la demande de plusieurs associations de renforcer les lois existantes, notamment la loi Pleven de 1972. J’ai été réélu dans la circonscription de Bobigny-­Drancy en Seine-Saint-Denis, puis Michel Rocard, devenu premier ministre, a accepté qu’elle soit débattue et votée. Concernant le négationnisme, un article a été ajouté par la commission des Lois et le gouvernement socialiste. Nous étions alors en pleine poussée du révisionnisme : Le Pen père qualifiait la Shoah de « détail de l’histoire » et ce farfelu d’historien Faurisson niait même l’existence des chambres à gaz. Aujourd’hui, une haine est en train de grandir à l’égard des réfugiés de la guerre, de la répression et de la misère. Elle pousse à la division, à la confrontation entre les Français et les immigrés même s’ils sont en situation régulière, même s’ils sont réfugiés. L’extrême droite est dangereuse, elle mine notre pays, notre démocratie. Et la droite pour obtenir une place au second tour de la présidentielle reprend ces thèmes. Cette haine gangrène la République.

Le candidat communiste à la présidentielle, Fabien Roussel, a récemment défendu à l’Assemblée nationale une résolution pour une application plus stricte des dispositions d’inéligibilité à l’égard des condamnés pour incitation à la haine ou à la discrimination. Cela peut-il permettre de lutter contre cette surenchère que vous dénoncez ?

Jean-Claude Gayssot Dans la dernière période, Fabien Roussel a donné le la face aux propos de l’extrême droite contre les musulmans, face à Zemmour qui justifie Pétain, la collaboration et les rafles des dizaines de milliers d’enfants, de mamans, de vieillards, d’adultes qui partirent de Drancy dans des wagons plombés. Qu’on ait pu tuer des gens pour la seule raison qu’ils étaient nés, c’est l’abomination de l’abomination. Face à la haine que l’extrême droite dirige aujourd’hui contre les musulmans, il faut appliquer cette loi, qui a été validée par le Conseil constitutionnel, dans toute sa dimension et dans toute sa rigueur. Elle permet en effet l’inéligibilité. Il faudrait aussi l’universaliser afin qu’elle soit utile, y compris sur les réseaux sociaux où se déverse le racisme, et que les responsables puissent être condamnés. Elle est plus que jamais d’actualité.

Dans ce combat, les dispositions législatives n’ont-elles pas leur limite ?

Jean-Claude Gayssot Quand Nelson Mandela est venu en France rencontrer François Mitterrand, il a tenu à passer au siège du Parti communiste. Il nous a alors parlé de sa loi qu’il avait réussi à faire adopter pour garantir le principe « une personne, une voix » et mettre un terme à l’apartheid. Il nous a aussi dit, à cette occasion, qu’aucune loi ne suffira jamais pour faire disparaître les a priori bornés, les préjugés et toutes les formes d’intégrisme. Il faut mener la bataille d’idées et le combat pour l’éducation, la formation… C’est tout le rôle du militantisme et des rencontres avec les citoyens. Les porteurs de haine sont les faiseurs de violence et les fossoyeurs du vivre-ensemble. Plus la gauche et les progressistes porteront ce message, mieux ce sera.

Que répondez-vous à ceux qui arguent de la liberté d’expression ? Cela fait-il écho au fort débat qui avait entouré l’adoption de votre loi ?

Jean-Claude Gayssot La liberté d’expression, j’y tiens par-dessus tout. Mais le racisme, l’antisémitisme, la xénophobie sont des délits, ce ne sont pas des opinions comme les autres. La diffamation est condamnable, tout le monde le comprend bien et est d’accord. Le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie constituent une forme de diffamation collective qui peut conduire au pire. À l’époque de l’examen de la loi, c’est l’extrême droite qui a été la plus virulente : Le Pen père assistait même aux débats à l’Assemblée nationale parce qu’il se sentait menacé, vu ses déclarations. Mais il existait également un vrai débat avec des historiens, des gens compétents, qui craignaient que ce soit la loi qui écrive l’histoire. Je les ai rencontrés, Pierre Vidal-Naquet, Madeleine Rebérioux… Je ne dis pas que je suis contre les lois mémorielles, mais la loi Gayssot n’en est pas une. Si elle fait référence à Nuremberg et au tribunal de Londres, c’est parce que cela définit le crime contre l’humanité qu’est la Shoah, et comme l’ONU considère le négationnisme comme un vecteur majeur de l’antisémitisme, il est passible de condamnation. C’est essentiel pour comprendre.

L’immigration est au cœur de cette surenchère haineuse. En 2018, comme président du port de Sète, vous vous êtes dit prêt à accueillir l’ Aquarius bloqué en Méditerranée. Depuis, les drames se sont poursuivis, comme fin novembre, dans la Manche. Quel rôle devrait jouer la France pour l’accueil des migrants ?

Jean-Claude Gayssot Quand j’ai pris cette décision, cela a fait couler beaucoup d’encre. Des centaines d’hommes, de femmes, d’enfants étaient dans le bateau de sauvetage de SOS Méditerranée, et personne ne voulait les accueillir. En tant que président du port, avec ma sensibilité humaniste, je ne pouvais que mobiliser pour qu’on mette l’humain par-dessus tout et pas par-dessus bord. Lorsque j’ai fait cette proposition, on m’a dit à l’Élysée que le président Macron faisait tout pour que Malte les accueille. C’est ce qui s’est passé quarante-huit heures après. L’honneur de la France et de l’Europe avait été sauvé lui aussi. Désormais, la condamnation des passeurs fait l’unanimité. Et il faut vraiment en finir avec ces exploiteurs de la misère et de l’oppression. Mais si on se contente de cela, sans réponse réelle à l’échelle européenne, les drames se poursuivront. Il s’agit de passer au concret pour l’accueil des réfugiés, et de passer également de l’aide à la coopération, notamment avec les pays d’Afrique.

Cette semaine est aussi celle de l’anniversaire de la loi SRU que vous avez portée au début des années 2000 et que la loi 3DS, en cours d’examen, modifie. Alors que des communes ne respectent pas le taux de logements sociaux prévu, faut-il désormais aller plus loin ?

Jean-Claude Gayssot J’ai été à l’initiative de cette loi avec le gouvernement Jospin, celui de la gauche plurielle. Elle permet que près de 70 % des ménages français puissent accéder à un moment de leur vie à un loyer modéré. Il ne s’agit donc pas d’y concentrer uniquement les plus pauvres, mais de permettre la mixité. Dès l’origine, l’obligation de 20 % de logements sociaux dans les villes de plus de 1 500 habitants en région parisienne et de plus de 3 500 en province a été contestée par la droite. Et elle a, par la suite, failli arriver à ses fins. S’il n’y avait pas eu l’abbé Pierre, Xavier Emmanuelli (fondateur du Samu social – NDLR) et Claude Chirac auprès de son père, cette disposition aurait été supprimée par amendement sous le gouvernement Raffarin. Quant à ces maires qui refusent d’appliquer cette disposition uniquement parce qu’ils ne veulent pas « de ces gens-là », je suis favorable à ce que la loi soit renforcée pour permettre de les poursuivre et que leur éligibilité puisse être contestée.

Au-delà du logement, le quinquennat Macron est marqué par les inégalités. Comment s’y opposer au printemps prochain ?

Jean-Claude Gayssot Le combat contre les inégalités et les injustices est celui de toute ma vie. Ce combat du pouvoir d’achat et des salaires doit mobiliser sans attendre les échéances électorales. Fabien Roussel porte cette lutte, je le soutiens et le soutiendrai au printemps prochain. Il n’empêche que, dès aujourd’hui, nous devrions travailler avec les autres forces de gauche pour construire un projet qui vise à éradiquer non seulement la misère, mais qui s’attaque sérieusement et efficacement aux trois dérèglements majeurs que notre pays, l’Europe et la planète connaissent : dérèglements climatique, démocratique et social.

Julia Hamlaoui, l'Humanité

19:09 Publié dans Entretiens | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jean claude gayssot | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!