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26/06/2019

Mondial 2019. Megan Rapinoe, la star qui s’oppose à la politique de Trump

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Farouchement engagée contre le président américain, la capitaine des championnes du monde, qui rencontrent l’équipe de France en quart de finale, milite également pour la cause LGBT et l’égalité hommes-femmes.

Une combattante. Sur le terrain comme en dehors, Megan Rapinoe (156e sélection, 47 buts) ne s’exprime jamais aussi bien que dans l’adversité. Auteure d’un doublé, deux penalties tirés de sang-froid en huitièmes de finale face à l’Espagne (2-1), lundi, à Reims, alors que son équipe se faisait bousculer pour la première fois du Mondial, la capitaine des États-Unis n’a pas tremblé. Habituée à montrer le chemin et à donner de la voix, la milieu offensive aux cheveux courts teintés de rose ne craint rien, ni de personne. Engagée dans de nombreux combats civiques et politiques, la joueuse de Seattle, qui a déjà inscrit 3 buts depuis le début du tournoi, sera à surveiller de près par les Bleues, vendredi, au Parc des Princes, en quart de finale de la Coupe du monde.

“Fuck you” ! adressé au gouvernement

Nul doute que les électeurs de Donald Trump auront aussi un œil sur elle. Prompts à la critiquer avant même le coup d’envoi, ils la conspuent régulièrement sur les réseaux sociaux et dans certains stades depuis 2016. En soutien au mouvement lancé par le joueur de football américain Colin Kaepernick cette année-là, pour protester contre les violences policières visant les Noirs, Megan Rapinoe pose aussi un genou à terre durant l’hymne américain. Depuis, cette diplômée en sociologie et sciences politiques, désormais debout, refuse toujours de chanter et de porter sa main sur le cœur, contrairement à ses coéquipières. « Je ne peux tout simplement pas supporter que mon pays opprime son propre peuple », a écrit récemment dans une tribune celle qui fêtera ses 34 ans, le 5 juillet. Avant la Coupe du monde, elle a précisé sa pensée : « C’est une sorte de “Fuck you” ! adressé au gouvernement. »

De tous les combats, la championne olympique 2012 et championne du monde 2015 est également à l’origine de la plainte déposée en justice par les joueuses contre la Fédération américaine, en mars, pour obtenir l’égalité salariale hommes-femmes et les mêmes conditions de travail. En 2014, l’USSF a ainsi octroyé 5,3 millions de dollars (4,7 millions d’euros) de primes à la sélection masculine pour avoir atteint les 8es de finale du Mondial au Brésil. L’année suivante, l’équipe féminine n’a reçu que 1,7 million de dollars (1,5 million d’euros) après son troisième titre mondial au Canada. Il y a quelques jours, Megan et ses coéquipières ont déjà obtenu une petite victoire avec l’annonce, selon le Wall Street Journal, d’un accord de médiation entre les deux parties pour éviter un procès.

« Je sais que cela peut me coûter cher »

L’ancienne joueuse de l’Olympique lyonnais (2013-14), qui a fait son coming out en 2012, milite aussi depuis longtemps pour les droits de la communauté LGBT. « En tant qu’homosexuelle américaine, je sais très bien ce que signifie regarder le drapeau et ne pas avoir le sentiment qu’il protège toutes vos libertés », soulignait-elle en 2016. Interrogée récemment sur le président américain, la capitaine de la Team USA a dit ce qu’elle pensait de Trump, le qualifiant de « misogyne », « sexiste » et « raciste ». « Je sais que cela peut me coûter cher, au propre comme au figuré, mais je me vois comme un porte-voix, et c’est un rôle que j’assume complètement », indique-t-elle.

Le Mondial 2019 peut-il améliorer la condition féminine ? « Faire changer les choses petit à petit n’est pas suffisant. Je voudrais un changement de paradigme, une remise en plat, explique cette militante. (…) Il va falloir beaucoup de temps pour déconstruire des systèmes qui sont ancrés dans notre culture et notre société depuis des centaines d’années. » Si les États-Unis devaient aller au bout de la compétition et conserver leur titre, Megan Rapinoe a déjà annoncé dans le magazine Sports Illustrated qu’elle ne se rendra pas à la Maison-Blanche : « Je ne vais pas faire des courbettes devant le président qui, clairement, est contre tout ce en quoi je crois. »

12:42 Publié dans Actualités, International, Sport | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : megan rapinoe, foot, mondial, trump | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!

16/07/2018

Un joueur est toujours l’ambassadeur de son pays 

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Entretien publié par le journal l'Humanité

Au-delà des enjeux sportifs, la Coupe du monde draine des enjeux politiques. Pascal Boniface, directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques et auteur de plusieurs livres sur le football (1), nous détaille ces liens.

Selon vous, football et géopolitique ont un lien très fort. Pourquoi ?

Pascal Boniface Parce que c’est le sport universel par excellence, connu de tous et qui se pratique partout. Chaque nation est représentée par son équipe de football. Quelque part, le prestige d’un pays se mesure également à la qualité de son équipe et au parcours de celle-ci. Par ailleurs, dans la mesure où les symboles sont très forts, il peut y avoir des rapprochements ou des affrontements qui viennent se superposer sur un match de football.

Il y a eu des audiences record lors de cette Coupe du monde. Le football a-t-il gagné la bataille de la mondialisation ?

Pascal Boniface Il est complètement mondialisé, dans la mesure où l’on y joue partout et que les Coupes du monde ont été organisées sur tous les continents. En même temps, il n’est pas encore multipolarisé, parce qu’il est toujours dominé par les pays européens et sud-américains. Sur les 16 huitièmes de finalistes, il y avait dix pays européens, quatre sud-américains et seulement le Mexique et le Japon pour compléter le tableau. En termes de résultats, le football reste relativement oligarchique.

Le footballeur est-il aussi devenu un objet politique sans le savoir ?

Pascal Boniface Oui, dans la mesure où il a une telle exposition mondiale que la compétition devient un enjeu politique pour ceux qui y participent, ou ceux qui l’organisent, en l’occurrence Vladimir Poutine, qui voulait montrer un autre visage de la Russie. Le joueur est toujours, qu’il le veuille ou non, l’ambassadeur en short de son pays. Il l’incarne, et ses compatriotes se sentent incarnés par lui. La définition classique de l’État, c’est : un gouvernement, une population, un territoire. Et on pourrait ajouter : une équipe nationale de football.

Vladimir Poutine a-t-il réussi sa Coupe du monde ?

Pascal Boniface Il a marqué des points par rapport à sa population, mais beaucoup moins par rapport aux Occidentaux, qui restent réservés. Avant la compétition, il y avait plusieurs enjeux : le hooliganisme, le racisme dans les stades et les risques d’attentats. Rien de tout cela n’a eu lieu. Cerise sur le gâteau, l’équipe russe a finalement réussi un beau parcours.

Vous avez dit dans l’un de vos livres que le football pouvait atténuer les conflits. Ce n’est pas toujours le cas…

Pascal Boniface Certes, le football peut être utile pour réconcilier les communautés, mais il peut aussi être utilisé. On l’a constaté à deux reprises lors de cette Coupe du monde, avec ce qu’on peut qualifier de provocations inutiles : les deux joueurs suisses d’origine kosovare qui ont eu des gestes anti-Serbes ; et aussi ce joueur croate qui a évoqué le conflit russo-ukrainien en rendant hommage à l’Ukraine après le match contre l’équipe russe.

Les plus méprisants disent que la Coupe du monde est l’opium du peuple. Quelle est votre opinion ?

Pascal Boniface C’est une parenthèse de quelques semaines, mais dont le souvenir positif dure longtemps. Nous sommes encore marqués par ce 12 juillet 1998. Mais le football n’occulte pas tout et n’empêche absolument pas d’avoir une conscience politique, une fois le match terminé. Dire du football qu’il est l’opium du peuple, j’y vois surtout le mépris de certains intellectuels.

Parlons équipe de France. Est-elle le reflet de la France d’aujourd’hui ?

Pascal Boniface C’est surtout un exact reflet de la France que l’on voudrait avoir. Une France qui réussit, une France qui gagne, une France joyeuse, qui travaille ensemble, qui est collective. Disons que c’est un reflet amélioré de la réalité. On voit la joie qu’elle a pu apporter aux Français. Certains considèrent avec mépris ces débordements, mais que le peuple soit joyeux n’est pas forcément une mauvaise chose. Il n’y a pas beaucoup d’occasions pour qu’il le soit. ça ne veut pas dire qu’ensuite ces gens seront oublieux de leurs combats et de leurs causes. Ce sont deux choses bien distinctes. Cette équipe a aussi retrouvé un contact avec les Français car, au-delà de ses performances, elle est aussi extrêmement sympathique. Elle a le sourire, elle ne met pas une distance entre elle et le public. Et puis, le grand mérite de Didier Deschamps, c’est que l’on voit qu’il y a des vedettes dans cette équipe, mais qu’elles se mettent toutes au service du collectif. Le groupe l’emporte, sans pour autant étouffer les stars.

Est-ce que la France est devenue un pays de football ?

Pascal Boniface Non, toujours pas. Les Français se passionnent en premier lieu pour la victoire, pas pour la Coupe du monde. On voit qu’il faut toujours attendre un certain niveau dans la compétition pour que les gens se mobilisent. Dans un pays comme l’Angleterre, si une équipe est reléguée dans une division inférieure, les gens continueront à la soutenir, à suivre ses résultats. C’est moins le cas en France, excepté certaines villes. Malgré tout, on peut quand même dire que la France se « footballise ». On voit maintenant que, toutes générations confondues, tous sexes confondus, on se passionne pour le football.

(1) L’Empire foot. Comment le ballon rond a conquis le monde (Armand Colin) et Planète football, avec David Lopez (BD aux éditions Steinkis).
 

17/06/2016

Pourquoi je déteste le foot.

Sur le boulevard d’Athènes à Marseille, au bas duquel on voit les escaliers de la gare Saint Charles, j’ai mes petites habitudes dans un café. On ne peut pas faire plus central, et c’est un quartier foisonnant de diversité, de parfums, d’épices mais aussi de misère.

Entres les bars et leurs terrasses, il y a aussi les bureaux d’associations d’aide aux demandeurs d’asiles, des campements précaires de Roms, le consulat de Tunisie, le marché de Noailles, la Fac de Droit et l’ESPE, des prostituées aussi et tout cela dans un tout petit périmètre.

Le samedi, c’est noir de monde, les gens sortent faire leurs courses ou flâner au soleil en sirotant un Gambetta Limonade, une boisson typique d’ici. Tout ce joyeux bazar fonctionne toute l’année. Sans heurts, sans violence. Et, j’ai l’habitude tous les matins de prendre mon café dans l’une ces terrasses au croisement de la Canebière et du boulevard d’Athènes, comme je l’ai fait hier au milieu de la matinée. En descendant depuis le cours Julien, je constate l’arrivée massive de supporters anglais et russes. S’il est vrai que ce quartier n’est pas épargné par le problème du harcèlement de rue et qu’il m’est arrivée de me faire alpaguer dans la rue, hier je n’ai jamais rien vécu de tel. Sur les 400m qui séparent mon domicile du café, j’ai pu dénombrer une bonne dizaine d’accostage intempestifs : sifflements, des mots inaudibles d’un argot anglais que je n’ai pas cherché à comprendre mais aussi d’autres qui sont venus « m’inviter à boire une bière ». Il était 11 heures du matin.

J’arrive tant bien que mal à mon café pour travailler et trouve le café bondé, avec des supporters déjà bien éméchés avec des pintes face à eux. J’arrive tout de même à trouver une place à l’extérieur. Je constate que je suis la seule femme, et que tous les regards sont tournés vers moi. J’assiste aussi à de curieuses scènes où ces mêmes plaisantins ivres vont aborder les femmes du campement Rom et les prostituées. Je fais abstraction et continue de préparer mon intervention de l’après midi à une cinquantaine de mètres de là, à la Cité des Associations. La thématique ? Le vivre ensemble…

Face à moi, la rue continuait de devenir de plus en plus bondée, et je sentais déjà la tension monter entre l’alcool et les regards noirs que se lançaient anglais et russes lorsqu’ils se croisaient.

Mon intervention portait donc sur le bilan quant au vivre ensemble et pendant deux heures j’ai animé un débat sur les constats et les solutions pour mieux le faire tous les jours. Je sors satisfaite de mon après-midi et de mon intervention, avec le sentiment d’avoir été à cet instant précis une pépiniériste d’idées face à des parents (pour la plupart) désireux de faire et d’inventer. Arrivée dans le hall, j’entends des bruits d’hélicoptères, des sirènes, des cris et lorsque je sors enfin à l’extérieur en faisant quelques mètres en direction du Vieux-Port, là… je n’ai même pas les mots pour le décrire. Du sang par terre, pas un petit mètre carré sans dépris de bouteilles d’alcool, des gens qui courent dans tous les sens, des bouteilles de bières qui volent dans tous les sens et qu’on entends se briser à peu près partout. Certains bars commençaient à fermer, les promeneurs et vendeurs du vide-grenier hebdomadaire pliaient bagage et rentraient se mettre à l’abri. Qu’on se le dise c’était le chaos. Moi qui venait de parler pendant deux heure de paix et de société apaisée, j’assiste à une scène de guerre.

La peur me prend au ventre, mais c’est ensuite la colère qui me saisit. Je hais le foot. j’abhorre le culte du ballon rond. J’abomine ce fascisme footbalistique. La mafia qu’il y a derrière me répugne. J’ai à ce moment là tout un tas de phrases que j’ai entendues ou lues qui me reviennent à l’esprit et qui résonnent péniblement. « Cette coupe d’Europe sera une manne financière pour tout le monde », « nous exhortons les manifestant à s’abstenir d’aller dans la rue pour ne pas mettre en danger les supporters étrangers », « quoi…? accueillir des réfugiés qui fuient la guerre et la misère, mais ça va pas, ces décérébrés venus d’outre Méditerranée vont mettre le pays à feu et à sang, violer nos femmes et nos filles ».

Frénésie de l’argent, des millions qui flambent pour de la pacotille, blanchiment, exploitation sexuelle à l’ombre des matchs ces joueurs se croyant tout puissants, exploitation des ouvriers qui fabriquent tous les goodies vendus à des décérébrés inconscients dont le maillot aura été fabriqué par un gamin de 12 ans auquel il n’aura été rétrocédé pas plus de 60 centimes… Et surtout, la folie violente et inconsciente que j’ai vu hier dans les rues dans lesquelles j’ai plaisir à me promener tous les jours. L’autre chose que je me suis demandée, c’est : « mais où sont les flics…? »

faujour-el-khomri.jpgDepuis plusieurs semaines, chaque fois que j’allais manifester contre la loi travail, cela terminait mal. Nous étions pourchassés comme des rats, les CRS formaient régulièrement des murailles humaines le long du kilomètre de trottoir que compte la Canebière et hier… de l’ordre du ridicule.
Tout le monde savait que ce match était sous haute tension, la veille déjà des heurts avaient eu lieu, comment peut on croire à un tel manque d’organisation concernant un événement international que nous savons tous synonyme de violence et d’alcool. Tandis que face à cela, les personnes qui bloquent les usines sont des terroristes, faire avancer le débat, c’est mal et manifester met en danger les gentils supporters venus en France pour l’UEFA. J’ai même vus des gens se faire arrêter car ils se sont rendus à la plage et que des galets étaient restés dans leur sac. C’est certain que c’est super dangereux face aux bouclier et au bombes de désencerclement…

Alors maintenant, que l’on arrête de se voiler la face, hier il ne s’agissait pas du tout des terroristes grévistes musulmans coupeurs de tête entrés en France illégalement et venus mettre en péril cette pauvre race blanche chrétienne. Et malheureusement hier, ce que j’ai vu c’est le deux poids deux mesures. Sauf qu’en l’occurrence, ce qui s’est passé dans mon quartier est inadmissible et je voudrais pointer du doigt la mise en danger d’autrui. Hier plus que jamais je ne me suis pas sentie en sécurité, pas sentie protégée dans une scène d’émeute. Le ministère de l’intérieur a fait une faute grave dans la considération de cette manifestation et dans celle de la censure du droit de grève.

Je ne me reconnais plus dans cette France qui cautionne le consumérisme financier et sexuel, les trafics en tous genre et la violence portée par ce sport soi-disant populaire qu’est le foot alors que l’on brime ceux qui ont pour seul tort de s’insurger contre la casse de nos conquis sociaux.

Ma sécurité de l’emploi se fait prendre en otage par mon Etat et mon doux et bel été se fait polluer par des personnes faisant l’apologie de l’abrutissement par un loisir violent et obsolète.

Non, la France ne va pas bien du tout, et il faudrait sérieusement se mettre à se poser les bonnes questions.

04/03/2010

Discriminations à la fédération de foot

foot1.JPGPlus de six cents enfants n’ont pu s’inscrire dans un club à cause des critères de nationalité imposés par la fédération française.

Halte là, vos papiers  ! Vous êtes mineur, vous êtes étranger, vous voulez jouer dans un des clubs affiliés à la Fédération française de football (FFF)  ? Passez votre chemin. La 3F ne veut plus de vous. Depuis le 20 novembre dernier, la vénérable institution fait du zèle. Cette association, qui est pourtant porteuse d’une délégation de service public, a singulièrement verrouillé toutes les délivrances de nouvelle licence, dès lors qu’il s’agit d’une première inscription dans un de ses clubs affiliés. Avant le 20 novembre, obtenir ce sésame était un jeu d’enfant. Il fallait juste fournir une copie de justificatif d’identité et les championnats organisés par la FFF s’ouvraient à tout un chacun. Depuis deux mois et demi, tout s’est compliqué. L’identité a fait place à la nationalité. Pas de problème pour les Dupont et Durand. En revanche, les footballeurs en herbe étrangers ou même français nés de parents étrangers doivent montrer patte blanche.

En plus d’un justificatif d’identité, il leur est demandé de prouver qu’ils résident bien sur le territoire national depuis au moins cinq ans. Ce qui peut vite virer au cauchemar. Ainsi, la ligue de Paris Île-de-France vient de demander à un adolescent de seize ans une « justification d’activité professionnelle pour au moins l’un des parents (contrat de travail ou attestation d’employeur), un permis de travail d’au moins un des parents (carte de séjour…), un justificatif officiel de résidence d’au moins un des parents (quittance loyer, EDF…), un justificatif d’identité et de nationalité des parents du joueur (carte d’identité, passeport…) », enfin, « un justificatif du lien de filiation (extrait d’acte de naissance…) ». Même dans leurs espoirs les plus fous, les ministères de l’Intérieur ou de l’Immigration n’auraient pas rêvé meilleurs supplétifs. Voilà plus de six cents jeunes refoulés aux frontières du foot tricolore  ! Et encore, ils auraient été bien plus nombreux si le nouveau règlement était entré en vigueur en septembre, début d’année sportive.

Pour expliquer la situation, la FFF pointe du doigt la Fifa. Pour éviter la traite de jeunes joueurs étrangers, notamment africains, la fédération internationale interdit tout transfert international de mineur, sauf si ce dernier est résident depuis cinq ans dans le pays du club convoité. Mais la Fifa parle là de transferts de joueurs pros ou appelés à l’être. Pas des autres, soit 99 % des amateurs du ballon rond.

Alertée, la Ligue des droits de l’homme s’est saisie de cette infraction à la Convention des droits de l’enfant. Elle entend « obtenir l’annulation de ces décisions discriminantes et humiliantes ».

Stéphane Guérard, l'Humanité

10:50 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sport, foot, discriminations, jeunes | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!