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18/02/2026

Le pangolin, un animal au cœur des enjeux de biodiversité et de lutte contre le trafic

Pergolin.jpg

Le pangolin, reconnaissable à ses écailles de kératine et à sa capacité à se rouler en boule pour se défendre, est victime d’un trafic massif. Sa viande est consommée dans certaines régions, et ses écailles sont utilisées dans des pratiques de médecine traditionnelle, notamment en Asie. Malgré les interdictions, les réseaux criminels organisés alimentent un commerce illégal qui menace directement sa survie.

Aujourd’hui, les huit espèces sont classées comme vulnérables, en danger ou en danger critique d’extinction par l’UICN. La destruction des habitats naturels, liée à la déforestation et à l’expansion agricole, aggrave la situation.

À l’avenir, la protection du pangolin passera par un renforcement des contrôles douaniers, une coopération internationale accrue et un travail d’éducation auprès des populations locales. La sensibilisation du grand public est essentielle, car la demande alimente le trafic. La Journée mondiale du pangolin joue donc un rôle stratégique en donnant une visibilité mondiale à une espèce longtemps méconnue.

Pangolin.jpgLa Journée mondiale du pangolin est célébrée chaque année le troisième samedi du mois de février. Elle a été lancée en 2014 par l’ONG internationale Annamiticus, spécialisée dans la protection des pangolins en Asie du Sud-Est. Cette initiative est née d’un constat alarmant : le pangolin est considéré comme le mammifère le plus braconné au monde.

Il ne s’agit pas d’une journée officielle des Nations unies, mais d’une journée mondiale portée par des organisations de conservation et relayée dans de nombreux pays d’Afrique et d’Asie, où vivent les huit espèces de pangolins. La mobilisation est particulièrement forte en Vietnam, en Chine, au Cameroun et en Afrique du Sud.

Toutes les espèces de pangolins sont aujourd’hui inscrites à l’Annexe I de la CITES (Convention sur le commerce international des espèces menacées), interdisant leur commerce international. Cette journée s’inscrit dans la même dynamique que la Journée mondiale de la vie sauvage, célébrée le 3 mars, qui vise également à sensibiliser à la protection des espèces menacées.

Il indique qu’il existe 8 espèces parmi lesquelles 4 en Asie du Sud-Est, à savoir :

  • Manis pentadactyla (P. à courte queue vivant
    en Chine),
  • M. crassicaudata (Pangolin indien),
  • M. javanica (Pangolin de Malaisie : arboricol)
  • M. culionsis (P. de Philippine) ;

Et 4 en Afrique:

  • Manis (Smutsia) temminckii (P.de temminck),
  • M. (Smutsia) gigantea (P.géant),
  • M.(Phantaginus) tricuspis (P.à ventre blanc),
  • M. (Uromanis) tetradactyla (P.à ventre noir).

Les 3 dernières espèces sont rencontrées dans les forêts et savanes de basses altitudes de la RDC.

Tous les pangolins sont insectivores. Ils se nourrissent essentiellement des fourmis et thermites.

11:00 Publié dans Connaissances, Planète | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pangolin | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!

15/02/2026

Chroniques du monde d’après « L’internationale réactionnaire », l’extraordinaire fortune du prêt-à-penser en politique

France, International

À l’occasion du grand rendez-vous de la diplomatie française, le camp européiste et libéral achève d’imposer les bonnes formules de « la diplomatie de l’esbroufe » dans les discours progressistes ou contestataires.

Nous sommes il y a tout juste un an, le 6 janvier 2025. Le président de la République française, Emmanuel Macron, s’apprête à donner une allocution devant les ambassadeurs. L’allocution, très attendue par la presse, succède à un climat d’anticipation devenu caractéristique de la communication présidentielle, habituée à ménager ses effets d’annonce et à événementialiser les déclarations officielles. L’allocution du 6 janvier 2025 se présente comme un « exercice rare » pour un Président de la République, dont la presse et les médias se font allègrement l’écho. Il s’agit en réalité de rendez-vous annuels, se tenant au mois d’août de chaque année depuis 1994, lorsqu’ils ont vu le jour à l’initiative d’Alain Juppé.

Depuis 2017 et l’élection d’Emmanuel Macron, il est devenu presque étrange de se rappeler que la conférence des ambassadeurs avait initialement pour ambition de permettre à la diplomatie française de se confronter à un certain « regard nouveau » à porter sur le monde d’après la dissolution de l’URSS et la chute du mur de Berlin. En effet, depuis ces dix dernières années, la diplomatie française observe, quelque peu médusée, le renoncement de la quasi-intégralité de la classe politique française à donner la partition de la politique étrangère de la France.

Grand orchestre de faux-semblants

Après avoir été annulée en 2024 (en raison des JOP), la Conférence des Ambassadeurs bénéficie d’un rebranding de circonstance, changeant de nom (pour inclure le féminin). Elle se tient finalement de nouveau le 6 et 7 janvier 2025, avec le désormais traditionnel discours-fleuve présidentiel (et quelques ateliers thématiques). Elle réunit quelque 200 chefs de mission diplomatique en attente d’une feuille de route.

Au fil d’un discours-fleuve truffé de petites formules, Emmanuel Macron décline un langage où les observateurs peinent à identifier « les linéaments d’une politique étrangère cohérente et structurée autour de quelques priorités claires ». La classe politique — de la droite à la gauche, en passant par toutes les nuances du centre — demeure pourtant toujours aussi sensible à son langage.

Une fois de plus, la communication présidentielle a le sens du timing. L’allocution présidentielle offre à Emmanuel Macron l’occasion de réagir aux tentatives du milliardaire américain Elon Musk de « s’immiscer dans la vie politique européenne » au service de ce que la classe politique française qualifie désormais « d’internationale réactionnaire ». La formule, reprise par le président de la République dans son allocution, a imprégné les discours de la gauche durant toute l’année 2024 (et depuis). On la retrouve au fil des tweets et des déclarations publiques chez Olivier Faure (Parti socialiste), Raphaël Glucksmann (PS-Place publique), ou encore Thomas Portes (France insoumise). On la retrouve jusque dans la communication officielle de la Marche des Fiertés, qui aurait fait l’objet de vifs débats « en interne ».

L’origine de ce bon mot de la communication présidentielle serait à chercher dans les prises de position publiques de Pascal Canfin, candidat sur la liste LREM aux élections européennes de 2019, derrière Nathalie Loiseau. Ce qui s’exprime, à travers cette formule, le 6 janvier 2025 dans l’allocution présidentielle, c’est bien « la voix autorisée » du gouvernement et du chef de la diplomatie française sur le positionnement de la France dans le monde.

La diplomatie française au rendez-vous du « monde d’après »

Dans un billet de blog consacré à cette Conférence 2.0, un ancien diplomate et haut fonctionnaire français évoque avec amertume les excès du langage présidentiel, avec son goût de « la formule choc, au détriment du raisonnement structuré ».

Il déplore également l’absence de « discussions libres sur les sujets sensibles » et un certain « conformisme de la pensée ambiante », un discours présidentiel « sans priorités claires, manquant de profondeur stratégique, de clairvoyance » allant de pair avec « le choix de la diplomatie des apparences, de la diplomatie de “l’esbroufe” ». Les voix de la diplomatie française s’élèvent désormais dans la presse, pour souligner le « peu d’égards » avec lequel le Président de la République semble traiter les quelques 200 diplomates aguerris auxquels il semble « faire la leçon ».

En 2022, dans le sillage de la réforme de la Fonction publique, le gouvernement avait déjà acté la suppression en bonne et due forme du corps diplomatique français. Une décision contre laquelle le Parti communiste français avait été peut-être le seul à gauche à protester avec quelque conviction.

La conférence des ambassadrices et des ambassadeurs, édition 2025 (et 2026), aura néanmoins servi à révéler une chose. C’est qu’en se faisant l’écho du langage présidentiel, dont elle ne cherche plus guère à se distinguer, au moins sur les affaires internationales, la classe politique de gauche se met spontanément au service de la communication présidentielle, à laquelle la « grand-messe » de la diplomatie française offre désormais le prétexte opportun.

Les implications des convergences d’idées qui rassemblent si largement la classe politique — de la France insoumise au Parti socialiste en passant par la République en marche — au fil de l’actualité internationale ont de quoi susciter de légitimes interrogations. En sautant les deux pieds joints dans le vacarme médiatique orchestré par la communication présidentielle, une grosse partie de la gauche française accompagne un tournant qui pourrait bien marquer la fin de l’histoire de la diplomatie française.

À partir de ce tournant : dans le sillage du président de la République, la classe politique française s’attache tout entière à la « défense des démocraties » (libérales, s’entend), qui trouvent leur parfaite incarnation dans les valeurs de l’Union européenne, contre « l’internationale réactionnaire » de Donald Trump et consort. L’allocution présidentielle à la Conférence ne nous apprend rien, cependant, de la spécificité de la politique étrangère de la France, qui ne semble plus guère occuper le centre de la discussion.

Pour la diplomatie française, le monde d’après ressemble désormais à un théâtre d’ombres où « la morale remplace le réel », où « l’émotion » se substitue à la « raison », et où, pour finir, « l’incantation remplace l’action ». Cette fois, comme presque toujours, les dessous de l’affaire sont peut-être à chercher dans une certaine formule du bonheur à l’européenne.

Source Camo pour Liberté Actus

19:35 Publié dans Actualités, Connaissances, Point de vue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : france, international | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!

12/02/2026

Incroyable, le requin du Groenland ne pourrait pas procréer avant l’âge de 150 ans

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C’est l’un des animaux à la longévité la plus longue de la planète. Heureusement pour lui, car il doit attendre plus d’un siècle et demi après sa naissance pour s’accoupler avec l’un de ses congénères. C’est le requin du Groenland.

Quand on a l’espérance de vie la plus longue du monde océanique, et que l’on est assez gros pour n’avoir aucun prédateur naturel, on prend son temps pour vivre. C’est peut-être ce que pense le requin du Groenland, qui ne semble guère pressé dès lors qu’il s’agit de reproduction. Il attend tranquillement plus d’un siècle pour achever sa puberté et commencer à procréer. Des chercheurs du monde entier tentent encore de comprendre pourquoi cela lui prend autant de temps.

Poids, taille, habitat et alimentation : quelles sont les caractéristiques du requin du Groenland ?

Le requin du Groenland (Somniosus microcephalus) est le plus grand poisson de l’Arctique. Il peut mesurer jusqu’à 7 mètres de long, et peser plus d’une tonne même si, en moyenne, sa morphologie le situe entre 2,5 m et 4,5 m pour 400 kg à 1 000 kg. Contrairement à ce que son nom laisse penser, Somniosus microcephalus ne vit pas qu’au Groenland. S’il a majoritairement été observé dans les eaux glaciales des océans Arctique et Atlantique nord, l’animal pourrait être présent partout ailleurs jusqu’à 2 200 mètres de profondeur. Ce géant des mers à l’allure paisible (il ne dépasse guère les 1,6 km/h) serait plus un charognard qu’un prédateur redoutable. Dans son ventre ont déjà été retrouvés des restes de poissons, d’animaux marins, d’oiseaux, de calamars ; mais aussi de phoques, de baleines, de chevaux, de chiens, de rennes, d’élans et d’ours polaires.

500 ans, l’espérance de vie hors norme de Somniosus microcephalus

requin du Groeland.jpgDe par son habitat, le requin du Groenland est difficile à étudier. Mais les quelques spécimens observés au fil du temps ont révélé sur lui un secret étonnant : il possède l’espérance de vie la plus élevée du monde sous-marin, uniquement dépassée par celle de la praire d’Islande. 500 ans, c’est la possible longévité du requin du Groenland, selon les scientifiques. En 2016, des chercheurs de l’Université de Copenhague ont analysé le cristallin de 28 femelles pêchées par accident. Leur découverte fut saisissante, car les deux plus grandes d’entre elles avaient respectivement 335 et 392 ans. Un record que l’animal semble devoir à son métabolisme extrêmement lent. Problème, ce développement peu rapide lui demande d’attendre longtemps avant d’atteindre sa maturité sexuelle.

Le plus grand requin de l’Arctique n’atteint sa maturité sexuelle qu’à 150 ans

Le métabolisme du requin du Groenland est lent, très lent. Dans les années 50, un animal pêché deux fois à seize années d’écart n’avait grandi que de six centimètres dans l’intervalle. Ce qui a conduit les chercheurs à déterminer que sa croissance varie de 0,5 à 2 centimètres par an seulement. Or, pour se reproduire, Somniosus microcephalus doit attendre de mesurer quatre mètres de longueur. Et pour atteindre ces quatre mètres, il lui faut 150 ans (à plus ou moins vingt ans près). Cette lenteur à la reproduction, associée à une pêche intensive de l’animal jusque dans les années 1960, place l’espèce sur la liste des animaux menacés de l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature).

Source CaMinteresse

16:38 Publié dans Connaissances, Planète | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : requin du groeland | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!

24/01/2026

Quels animaux ont survécu aux dinosaures ?

dinausore

Bien que les dinosaures aient disparu il y a environ 66 millions d’années, certains animaux ont survécu à la catastrophe planétaire qui a mis fin à leur règne. Ces espèces, parfois méconnues, peuplent encore aujourd’hui la Terre, rappelant un lointain passé préhistorique.

uand on évoque la disparition des dinosaures, on pense souvent à une extinction totale de la vie sur Terre. Pourtant, de nombreuses espèces ont résisté à cette crise majeure et certaines existent toujours à l’heure actuelle. Quels animaux ont survécu à l'extinction des dinosaures ? Pourquoi ces espèces ont-elles pu continuer à évoluer quand tant d'autres ont disparu ? Enfin, quelles sont les caractéristiques qui leur ont permis de franchir cet événement apocalyptique ? Voici un tour d’horizon fascinant des survivants de la Préhistoire.

Quels sont les animaux qui ont survécu à l'extinction des dinosaures ?

dinausore

Contrairement à ce que l’on imagine, tous les dinosaures ne se sont pas éteints lors de la fameuse extinction massive survenue à la fin du Crétacé. En réalité, leurs descendants directs, les oiseaux, sont les derniers représentants de ce groupe. Ainsi, lorsque l’astéroïde a frappé la Terre, de nombreuses espèces d’oiseaux ont réussi à survivre, notamment celles vivant au sol ou possédant une alimentation variée. Mais les oiseaux ne sont pas les seuls rescapés. Les crocodiles, déjà présents avant l’apparition des dinosaures, ont traversé les âges grâce à leur adaptation à des milieux aquatiques et leur métabolisme lent. Les requins, apparus bien avant les dinosaures, ont aussi survécu aux extinctions massives, tout comme certaines espèces de poissons osseux. Parmi les invertébrés, les nautiles, ces mollusques marins à coquille spiralée, et les limules, ces "fossiles vivants", sont également les témoins d’une époque révolue. Enfin, les tortues, présentes depuis plus de 200 millions d'années, ont franchi cette crise majeure grâce à leur carapace protectrice et leur capacité d’adaptation.

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Comment certains oiseaux ont-ils survécu quand les dinosaures ont disparu ?

Les oiseaux sont les véritables héritiers des dinosaures. Si la majorité des espèces s’est éteinte lors de l’impact cataclysmique, certaines ont réussi à passer entre les mailles du filet. Selon les chercheurs, leur survie s’explique par plusieurs facteurs. D’abord, les oiseaux qui ont échappé à l’extinction étaient de petite taille, ce qui leur permettait de trouver plus facilement des abris et de limiter leurs besoins alimentaires dans un monde dévasté. Ensuite, ces oiseaux auraient été omnivores, capables de manger tout ce qu'ils trouvaient (graines, insectes, petits animaux), ce qui leur a donné un avantage certain quand la végétation et de nombreuses proies ont disparu. Leur capacité de vol a également été un facteur clé : en pouvant se déplacer sur de longues distances, ils ont pu atteindre des zones moins touchées. Enfin, leur reproduction rapide a sans doute contribué à maintenir leurs populations. Ainsi, les oiseaux modernes, des moineaux aux autruches, sont les témoins vivants de cette incroyable résilience.

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Le takahé un oiseau préhistorique toujours vivant

Pourquoi les crocodiles ont-ils réussi à survivre à l'extinction des dinosaures ?

Les crocodiles sont apparus il y a environ 240 millions d'années, bien avant les grands dinosaures, et ils ont survécu à toutes les grandes extinctions, y compris celle de la fin du Crétacé. Leur mode de vie semi-aquatique les a probablement protégés des pires effets de la catastrophe : en passant une grande partie de leur temps dans l'eau, ils étaient moins exposés aux incendies, chutes de températures ou perturbations atmosphériques. De plus, leur métabolisme lent, qui leur permet de rester longtemps sans se nourrir, a été un atout majeur quand la nourriture est devenue rare. Ils peuvent aussi réguler leur température corporelle en fonction de leur environnement, une capacité appelée ectothermie, qui les aide à survivre dans des conditions extrêmes. Enfin, leur régime alimentaire opportuniste (mangeant poissons, charognes, mammifères, etc.) leur a donné plus de chances de trouver de quoi se nourrir, même après la disparition des espèces dominantes.

Quels autres animaux préhistoriques vivent encore aujourd'hui ?

Au-delà des oiseaux et des crocodiles, d'autres espèces considérées comme des "fossiles vivants" ont traversé les âges. C’est le cas des requins, qui existent depuis plus de 400 millions d'années. Certains, comme le requin du Groenland, peuvent vivre plusieurs siècles. Les limules, vieilles de 450 millions d’années, ont survécu grâce à leur carapace rigide et leur capacité à vivre dans des environnements variés. Les nautiles, avec leur coquille caractéristique, ont peu changé depuis l’époque des dinosaures. Ils vivent toujours dans les profondeurs des océans pacifiques. Parmi les poissons, le cœlacanthe, longtemps considéré comme éteint avant sa redécouverte en 1938, est un exemple marquant de ces espèces préhistoriques toujours présentes. Enfin, les tortues marines et terrestres, dont certaines lignées datent de plus de 200 millions d’années, témoignent elles aussi d’une époque lointaine. Ces animaux nous rappellent que la vie a une capacité de résilience extraordinaire, et que malgré les cataclysmes, certaines espèces trouvent toujours le moyen de survivre et de s’adapter.

Source CaMinteresse

11:13 Publié dans Connaissances, Science | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dinausore, préhistoire | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!

15/01/2026

Des applications d'IA sur un smartphone. L’IA est en plein essor, mais une grande partie des investissements relève de la spéculation. La bulle de l’IA n’a rien de nouveau : Karl Marx en a expliqué les mécanismes

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L’explosion des investissements dans l’intelligence artificielle révèle, comme l’avait décrit Marx, d’une difficulté structurelle du capitalisme à absorber ses propres excédents, au prix d’une financiarisation accrue et de fragilités économiques croissantes.


Lorsque Sam Altman, patron d’OpenAI, a déclaré plus tôt cette année à des journalistes à San Francisco que le secteur de l’intelligence artificielle (IA) était en train de former une bulle, le marché technologique états-unien a réagi presque instantanément. Combinée au fait que 95 % des projets pilotes en IA échouent, sa remarque a été perçue par les traders comme un signal d’alerte plus large. Même si Altman visait spécifiquement les start-ups non cotées plutôt que les grands groupes en Bourse, certains semblent y avoir vu une évaluation de l’ensemble du secteur.

Le milliardaire de la tech Peter Thiel (NDT : un proche de Donald Trump) a par exemple vendu ses actions Nvidia, tandis que l’investisseur américain Michael Burry – rendu célèbre par The Big Shorta parié des millions de dollars sur une baisse de la valeur de ce fabricant de puces mais également de l’éditeur américain de logiciels d’analyse data Palantir.


À lire aussi : Pourquoi la hausse du prix des mémoires vives informatiques est une menace pour l’économie européenne


Au fond, le propos d’Altman ne met pas seulement en lumière la fragilité de certaines sociétés, mais une tendance plus profonde qu’avait anticipée Karl Marx : le problème du capital excédentaire, qui ne parvient plus à trouver de débouchés rentables dans la production.

La théorie marxiste des crises

L’avenir de l’IA n’est pas en cause. Comme Internet après l’éclatement de la bulle de 2001, la technologie est appelée à durer. Ce qui pose question, en revanche, c’est la destination du capital une fois que les actions liées à l’IA ne fourniront plus les rendements spéculatifs promis ces dernières années.

Cette interrogation nous ramène directement à l’analyse marxienne des crises liées à la suraccumulation. Marx soutenait qu’une économie devient instable lorsque la masse de capital accumulé ne peut plus être réinvestie de manière rentable.

Les investissements technologiques masquent la faiblesse économique

Des années de taux d’intérêt bas et de liquidités abondantes durant la pandémie ont gonflé les bilans des entreprises. Une large part de ces liquidités s’est dirigée vers le secteur technologique, en se concentrant sur ce que l’on appelle les « Sept Magnifiques » – Amazon, Alphabet, Meta, Apple, Microsoft, Nvidia et Tesla. Sans ces entreprises, la performance des marchés serait négative.

Cela ne traduit pas un véritable dynamisme technologique ; c’est le signe d’un capital concentré dans une poignée d’actifs surévalués, fonctionnant comme de l’« argent jeté dans la circulation sans base matérielle dans la production », qui circule sans ancrage dans l’activité économique réelle.

La conséquence est qu’une part moindre de l’investissement atteint l’« économie réelle », ce qui alimente la stagnation économique et la crise du coût de la vie – deux phénomènes largement masqués par l’indicateur du PIB.

Comment l’IA est devenue le dernier palliatif

Le géographe de l’économie David Harvey prolonge l’intuition de Marx avec la notion de « spatio-temporal fix », qu’on pourrait traduire par « correctif spatio-temporel », qui désigne la manière dont le capital résout provisoirement la stagnation en repoussant l’investissement dans le temps ou en s’étendant vers de nouveaux territoires.

La suraccumulation produit des excédents de travail, de capacités productives et de capital financier, qui ne peuvent être absorbés sans pertes. Ces excédents sont alors redirigés vers des projets de long terme, ce qui repousse les crises vers de nouveaux espaces et ouvre de nouvelles possibilités d’extraction.

Le boom de l’IA fonctionne à la fois comme un correctif temporel et un correctif spatial. Sur le plan temporel, il offre aux investisseurs des droits sur une rentabilité future qui pourrait ne jamais se matérialiser – ce que Marx appelait le « capital fictif ». Il s’agit d’une richesse qui apparaît dans les bilans alors qu’elle repose peu sur l’économie réelle, ancrée dans la production de biens.

Sur le plan spatial, l’extension des centres de données, des sites de fabrication de puces et des zones d’extraction minière nécessite des investissements matériels considérables. Ces projets absorbent du capital tout en dépendant de nouveaux territoires, de nouveaux marchés du travail et de nouvelles frontières de ressources. Mais comme le suggère l’aveu de Sam Altman, et alors que les mesures protectionnistes du président américain Donald Trump compliquent le commerce mondial, ces débouchés atteignent leurs limites.

Le coût du capital spéculatif

Les conséquences de la suraccumulation dépassent largement le seul monde des entreprises et des investisseurs. Elles se vivent socialement, et non de manière abstraite. Marx expliquait qu’une surproduction de capital correspond à une surproduction des moyens de production et des biens de première nécessité qui ne peuvent être utilisés aux taux d’exploitation existants.

Autrement dit, l’affaiblissement du pouvoir d’achat – ironiquement accéléré par l’essor de l’IA – empêche le capital de se valoriser au rythme auquel il est produit. Lorsque la rentabilité recule, l’économie résout ce déséquilibre en détruisant les moyens de subsistance des travailleurs et des ménages dont les retraites sont liées aux marchés financiers.

L’histoire offre des exemples frappants. L’éclatement de la bulle Internet a ruiné de petits investisseurs et concentré le pouvoir entre les mains des entreprises survivantes. La crise financière de 2008 a chassé des millions de personnes de leur logement tandis que les institutions financières étaient sauvées. Aujourd’hui, de grands gestionnaires d’actifs se couvrent déjà contre de possibles turbulences. Vanguard, par exemple, a opéré un net déplacement vers les obligations.

La spéculation comme moteur de la croissance

La bulle de l’IA est avant tout le symptôme de pressions structurelles, plus que le simple produit d’une dynamique technologique. Au début du XXᵉ siècle, l’économiste marxiste Rosa Luxemburg s’interrogeait déjà sur l’origine de la demande sans cesse croissante nécessaire à la reproduction élargie du capital.

Sa réponse fait écho à celles de Marx et de Harvey : lorsque les débouchés productifs se raréfient, le capital se déplace soit vers l’extérieur, soit vers la spéculation. Les États-Unis optent de plus en plus pour cette seconde voie. Les dépenses des entreprises dans les infrastructures d’IA contribuent désormais davantage à la croissance du PIB que la consommation des ménages, une inversion sans précédent qui montre à quel point la croissance actuelle repose sur l’investissement spéculatif plutôt que sur l’expansion productive.

Cette dynamique tire vers le bas le taux de profit et, lorsque le flux spéculatif s’inversera, la contraction suivra.

Source The Conversation

12:31 Publié dans Connaissances, Economie, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : karl marx, ia | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!