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31/03/2026

« No Kings », la rue américaine teste les limites du pouvoir

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Ce 28 mars, des manifestations baptisées « No Kings » ont rassemblé plusieurs millions de personnes à travers les États-Unis, selon diverses estimations militantes et médiatiques.

Ce mouvement, né de l’opposition à la présidence de Donald Trump, semble désormais dépasser la seule contestation partisane pour exprimer une inquiétude plus large face à la guerre, à l’économie et à la concentration du pouvoir exécutif. Derrière les slogans, c’est la stabilité politique américaine qui se trouve mise à l’épreuve.

 

Une mobilisation massive, mais aux chiffres encore débattus

La journée du 28 mars 2026 s’inscrit dans une séquence de protestations amorcée en 2025. Les organisateurs évoquent une participation de plusieurs millions de personnes réparties dans des milliers de villes américaines, ce qui en ferait l’une des mobilisations les plus importantes de ces dernières décennies. Toutefois, comme souvent dans ce type d’événements, les estimations varient fortement selon les sources et doivent être interprétées avec prudence.

Des rassemblements significatifs ont été signalés dans des métropoles comme New York, Washington, San Francisco ou Minneapolis. Des personnalités politiques et culturelles y ont pris la parole, dénonçant ce qu’elles perçoivent comme une dérive autoritaire du pouvoir exécutif et une politique étrangère jugée risquée.

Le slogan « No Kings » — littéralement « Pas de rois » — renvoie explicitement à l’héritage de la Révolution américaine et à l’idée que le président ne doit pas concentrer un pouvoir excessif. Cette référence historique vise à inscrire le mouvement dans une tradition civique plutôt que révolutionnaire.

 

Guerre, inflation et immigration : les moteurs d’une colère diffuse

Au-delà de la contestation personnelle du président, plusieurs facteurs structurels semblent alimenter la mobilisation. Le premier concerne la politique étrangère. L’engagement militaire américain contre l’Iran, coûteux et incertain, a ravivé le spectre des guerres longues et impopulaires. Les manifestants soulignent le contraste entre les dépenses militaires et les difficultés économiques des ménages américains.

Le second facteur est économique. L’augmentation des prix de l’énergie, de l’alimentation et du logement pèse sur les couches moyennes, traditionnellement pilier de la stabilité politique américaine. Cette pression sociale contribue à élargir la base des manifestants au-delà des milieux militants habituels.

Enfin, la politique migratoire. Les opérations menées par les services fédéraux d’immigration sont dénoncées par les organisations de défense des droits civiques, qui y voient une militarisation de l’espace intérieur.

 

Au-delà de la rue, un signal politique

L’importance réelle du mouvement « No Kings » ne se mesure pas uniquement au nombre de manifestants, mais à ce qu’il révèle de l’état de la société américaine. Depuis plusieurs années, les États-Unis connaissent une polarisation politique importante, marquée par une défiance envers les institutions, une fragmentation médiatique et une montée des tensions sociales.

L’histoire américaine montre que les manifestations de masse — contre la guerre du Vietnam, pour les droits civiques ou lors de la crise financière de 2008 — ont souvent précédé des réajustements politiques importants.

La question n’est donc pas seulement de savoir combien de personnes sont descendues dans la rue, mais si cette mobilisation traduit un malaise durable capable d’influencer les élections, la politique étrangère et l’équilibre institutionnel du pays.

Source Liberté Actus

 

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29/03/2026

Qualité de l'air dans le monde : seuls 13 pays respirent encore normalement

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À peine plus d’une dizaine de pays dans le monde se situent encore sous les seuils de l’OMS pour les particules fines. Un chiffre qui dit tout d’un basculement silencieux : respirer un air sain devient l’exception, pas la norme. Et l’Europe n’est pas épargnée.

Respirer. Un geste banal, automatique, invisible. Et pourtant, en 2025, il est devenu un luxe. Selon le dernier rapport mondial d’IQAir, seuls 13 pays dans le monde respectent les recommandations sanitaires de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en matière de particules fines (PM2,5). Cela signifie que 91 % des pays dépassent les seuils jugés sûrs.

Et que, derrière chaque inspiration, se cachent des particules capables de traverser les poumons, d’atteindre le sang, et d’augmenter les risques de maladies cardiovasculaires, respiratoires ou encore de cancer. Le constat est brutal, mais surtout révélateur d’un phénomène plus large : l’air que nous respirons devient instable. Non pas seulement à cause des activités humaines classiques – transports, industrie, chauffage – mais aussi sous l’effet d’un climat qui se dérègle.

Un air de plus en plus imprévisible

En 2025, les feux de forêt ont joué un rôle majeur dans la dégradation de la qualité de l’air à l’échelle mondiale. Le rapport évoque des émissions record liées à la combustion de biomasse, avec environ 1 380 mégatonnes de carbone relâchées dans l’atmosphère.

À cela s’ajoutent les tempêtes de poussière, les sécheresses, les vagues de chaleur. Autant de phénomènes amplifiés par le changement climatique… qui viennent à leur tour dégrader l’air. Une boucle de rétroaction redoutable. Résultat : seulement 14 % des villes dans le monde respectent aujourd’hui les seuils de l’OMS, contre 17 % un an plus tôt, en 2024.

L’europe respire, mais difficilement

On pourrait croire l’Europe relativement épargnée… Elle ne l’est pas. En 2025, seuls trois pays européens – l’Islande, l’Estonie et Andorre – respectent les recommandations de l’OMS pour les PM2,5. Tous les autres dépassent les seuils. Et la situation se tend. Sur le continent, 23 pays ont vu leur pollution augmenter, parfois fortement. En Suisse et en Grèce, les concentrations ont bondi de plus de 30 %, notamment sous l’effet combiné des fumées de feux de forêt nord-américains et des poussières sahariennes. Pour la France, la hausse est légère entre 2024 et 2025 (contre un recul de la pollution pour 18 pays européens). En matière de qualité de l’air, notre pays se situe dans le “ventre mou” du classement européen. Mais avec une moyenne nationale de 9,6 µg/m³ de PM2,5, elle atteint presque le double de la recommandation OMS (5 µg/m³).

Même les grandes capitales restent au-dessus des seuils. Paris, par exemple, affiche une concentration moyenne autour de 10,3 µg/m³, soit plus du double de la recommandation de l’OMS fixée à 5 µg/m³. Loin d’être un problème local, la pollution de l’air en Europe est transfrontalière. Elle circule avec les vents, les saisons, les pratiques agricoles (notamment les émissions d’ammoniac liées aux engrais), et les épisodes météorologiques stagnants.

Ces 13 pays où l’air reste respirable

Ils sont une poignée. Treize exactement. Treize pays et territoires dans le monde où l’air respecte encore les recommandations de l’OMS pour les particules fines (PM2,5), fixées à 5 µg/m³. Une exception plus qu’une norme.

Islande, Estonie, Andorre en Europe. Puis, ailleurs, une géographie presque insulaire : Australie, Barbade, Bermudes, Polynésie française, Grenade, Nouvelle-Calédonie, Panama, Porto Rico, La Réunion et les îles Vierges américaines.

Des territoires souvent peu densément peuplés, éloignés des grandes zones industrielles, ou bénéficiant de conditions climatiques favorables. À l’échelle mondiale, ils dessinent une carte rare : celle d’un air encore respirable.

Une géographie mondiale de l’injustice

Si l’air est devenu un enjeu global, il reste profondément inégal. Les pays les plus touchés se concentrent en Asie du Sud et en Afrique. Le Pakistan, le Bangladesh ou encore le Tadjikistan affichent des niveaux de pollution jusqu’à 13 fois supérieurs aux recommandations sanitaires…

17:19 Publié dans Actualités, Connaissances, International, Planète | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : planete, respirer | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!

05/03/2026

Guerre en Iran : « L’Europe n’envisage même pas de jouer un rôle diplomatique réel », analyse Marc Botenga, eurodéputé la Gauche

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Après Gaza, Bruxelles s’aligne de nouveau sur les buts de guerre des belligérants états-uniens et israéliens en Iran. Quitte à enterrer toute crédibilité sur la scène internationale, rappelle Marc Botenga, eurodéputé la Gauche.

 

Comment analysez-vous la position de l’Europe au cinquième jour de la guerre contre l’Iran ?

Marc Botenga

Eurodéputé du Parti du travail de Belgique au sein du groupe la Gauche

La majorité des dirigeants et pays européens, Allemagne en tête, ont pris des positions extrêmement choquantes. Ils n’ont pas voulu condamner la guerre d’agression menée par les États-Unis et Israël. Ils ont préféré tancer la réplique iranienne.

C’est une inversion des responsabilités. Ils n’ont même pas mentionné la frappe contre une école de filles dont le bilan dépasse les 160 morts. Ils envisagent d’entraîner l’Europe dans la guerre. C’est un grand contraste avec les discours que l’on entend sur l’Ukraine : le droit international doit prévaloir, l’Ukraine a le droit de se défendre, il faut sanctionner la Russie et livrer des armes à l’Ukraine… Ici, aucune menace de sanctions envers les États agresseurs. L’Europe n’envisage même pas de jouer un rôle diplomatique réel.

Le fait que le chancelier allemand Friedrich Merz acquiesce, depuis la Maison-Blanche, aux sanctions contre l’Espagne pour avoir refusé que Washington utilise ses bases, constitue-t-il une fissure dans le projet européen ?

Cela illustre les limites des discours sur l’autonomie stratégique. Qu’il s’agisse d’Ursula von der Leyen (la présidente de la Commission – NDLR) ou de Friedrich Merz, les dirigeants européens se vautrent devant Donald Trump y compris pour attaquer les pays européens qui font le choix de porter une position politique différente.

Ce refus de l’Espagne révèle-t-il que l’Europe dispose de leviers pour faire pression ?

L’Union européenne (UE) souhaite-t-elle porter une politique indépendante, sans regarder par qui le droit international et la paix sont violés ? Ou alors, souhaite-t-elle se mettre à la remorque des États-Unis dans un bloc impérialiste occidental ? Malheureusement, l’Europe, malgré ses leviers, est en train d’opter pour la seconde option. On parle toujours de l’Otan comme d’un cadeau que les États-Unis feraient à l’UE.

Ce n’est pas du tout le cas. C’est une alliance militaire dans le cadre de laquelle l’Europe accomplit des tâches au service de l’impérialisme états-unien. Toute une série d’opérations américaines au Moyen-Orient seraient beaucoup plus complexes si l’Europe ne prêtait pas ses bases. Nous disposons d’outils pour jouer un rôle sur la scène globale. Nous ne sommes pas faibles. Ce qui manque, c’est la volonté politique pour agir.

L’UE ne cesse de recevoir des coups de Donald Trump. Comment expliquer qu’elle refuse de vouloir incarner un acteur global et indépendant ?

Cela s’explique par l’influence politique, économique et financière dont dispose Washington sur l’UE depuis des décennies. Il y a une forme de soumission aux intérêts états-uniens. Il existe également une différence par rapport à la guerre en Irak de 2003. À l’époque, l’élargissement était tout frais.

Les positions critiques vis-à-vis des États-Unis portaient davantage. On constate cependant qu’il existe une volonté populaire de changer de voix. Si l’Europe enterre le droit international, elle actera un monde de chaos, de guerre de tous contre tous, dans lequel notre continent sera forcément perdant.

Quel est le poids de ce rééquilibrage vers l’est dans les débats actuels ?

Les débats restent dirigés par la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne même si cette dernière ne fait plus partie de l’UE. Dans leur déclaration commune, les trois puissances parlaient déjà d’aller protéger nos alliés dans la région. De qui parle-t-on ? D’Israël ? Ce serait déjà une menace d’entrée en guerre.

Il est vrai que la tendance pro-américaine, le fait d’acheter des armes états-uniennes, de s’intégrer dans l’espace américain, est très forte dans les pays de l’Est. Sur le plan idéologique, il y a évidemment le premier ministre hongrois d’extrême droite, Viktor Orban.

Mais cette tendance est également présente dans les pays Baltes ou en Pologne, qui fait clairement le choix de l’atlantisme en matière d’armement. On le voit également en Allemagne qui nourrit une ambition impérialiste propre en souhaitant se doter de l’armée la plus puissante d’Europe.

Comment la Gauche entend-elle se faire entendre en tant que groupe au Parlement européen lors du débat en plénière qui aura lieu la semaine prochaine ?

Nous condamnons évidemment cette guerre et des mobilisations vont se mettre en place un peu partout. Au sein du Parlement, nous avons déjà eu l’occasion de constater, en juin dernier, lors de la précédente guerre contre l’Iran, qu’il existe une tendance consistant à condamner les répliques iraniennes sur Israël.

Nous vivons au sein de cet hémicycle une situation de totale déconnexion par rapport à la réalité où le Parlement est utilisé par la majorité comme un outil de propagande. Le challenge pour la Gauche est de casser ce narratif propagandiste.

Après Gaza, après l’Iran, que vaudra la parole de l’Europe dans les années à venir vis-à-vis de ses partenaires du Sud global qui dénoncent le double standard ?

Le ministre belge de la Défense et Friedrich Merz insinuent que le droit international est dépassé et qu’il ne fonctionne plus. Le droit international fonctionne quand les États le respectent. Dans leur esprit, tout se passe comme si le droit international manquait d’efficience car il ne permet pas de faire la guerre. La crédibilité européenne dans le monde diminue depuis au moins vingt ans.

Quand l’Europe s’aligne totalement sur les États-Unis, il n’y a plus de raison de venir lui parler. Pourquoi Vladimir Poutine viendrait négocier avec les Européens quand les décisions sont prises à Washington ? Le retrait d’Afghanistan s’est opéré sans que les Vingt-Sept soient au courant.

On ne peut plus parler de droits humains après avoir cautionné les massacres à Gaza. Cela donne une image de faiblesse. Non seulement, l’Europe n’a plus de crédibilité à tenir le langage du droit mais elle s’enterre comme acteur potentiellement autonome sur la scène internationale.

11:06 Publié dans Actualités, Histoire, International, Point de vue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : marc botenga, iran | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!

12/01/2026

Un point de vue sur la situation en Iran par Dominique Watrin, ancien Sénateur PCF

 

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Au moment où la tension mondiale s’intensifie suite à l’agression US contre le Venezuela et à l’enlèvement, en dehors de toute légalité internationale, de son Président, beaucoup tournent leur regard vers l’Iran. Certains osent affirmer, avec les mêmes prétextes, que les USA et/ou leur vassal Israël seraient légitimes à y intervenir militairement !

Moi qui ai vécu la révolution iranienne de 1978/1979 dans la ville de Mashhad (Nord-Est du pays), où j’enseignais le français au titre de la coopération, j’attire l’attention des divers interprètes du mouvement populaire en cours sur un point qui me paraît essentiel : nul ne peut analyser la situation actuelle sans la relier à cette révolution d’il y a 50 ans qui a poussé progressivement dans la rue toute la population du pays. Jusqu’à 500 000 manifestants dans cette ville où j’habitais, devenue depuis la deuxième ville du pays !

Témoin de ces événements et parfois acteur (même involontaire), j’affirme ici que je ne peux, même un instant, croire que le peuple iranien souhaiterait le retour de la dynastie Pahlavi ! Celle-ci est à jamais discréditée par la répression sanglante infligée à « son » peuple qu’elle prétendait pourtant servir. Celle-ci est pour toujours discréditée par son alignement inconditionnel sur les USA, qui en avaient fait le gendarme du Moyen-Orient. Le peuple n’oublie pas si facilement la trahison, par les Pahlavi, des liens historiques et fraternels de l’Iran avec son environnement arabo-musulman, au seul profit des intérêts coloniaux d’Israël et de l’impérialisme US.

Ce que beaucoup ne semblent pas vouloir voir, c’est que les dernières mobilisations héroïques, en particulier des jeunes et des ouvriers (compte tenu des risques vitaux encourus), s’inscrivent dans le prolongement de la révolution de 78/79. Les réduire, comme le font certains, notamment à la France insoumise, à un mouvement « contre la vie chère », est un coup de poignard porté dans le dos de toutes celles et tous ceux qui (dans leur diversité comme en 78-79) continuent à se battre, notamment sous la bannière « Femme - Vie - Liberté ». Cet aveuglement (volontaire ou pas) gomme de fait la dimension historique de ce mouvement et sa nature politique : « ni dictature du Chah ni régime terroriste des mollahs » !

À l’autre bout de l’échiquier politique travaillent d’autres forces pour nous persuader (et se persuader elles-mêmes) que le fruit serait mûr pour le retour de « REZA II » sur le trône déchu de la dynastie Pahlavi. Il est certes tout à fait exact que Trump et Netanyahou, sous prétexte de programme nucléaire iranien et de démocratie (sic !), travaillent à une nouvelle intervention qui ramènerait le futur monarque dans leurs fourgons. Une situation déjà vécue en 1953, quand la CIA avait remis sur le trône le Chah en exil et chassé du pouvoir le Premier ministre légal Mossadegh. Ce dernier avait eu l’outrecuidance de nationaliser le pétrole. On y revient toujours !

Mais faire croire que ce serait répondre à une demande du peuple n’est que pure manipulation. Il est si facile de « truander » les vidéos, d’y ajouter certains slogans ou de faire croire à la présence massive de l’ancien drapeau royaliste.

La vraie nouveauté du mouvement révolutionnaire actuel est le lâchage du régime des mollahs par les commerçants religieux et conservateurs qui avaient joué un rôle déterminant dans leur installation au pouvoir début 1979.

L’Iran est un pays pluraliste, la révolution de 1978-79 l’était aussi (y participèrent toutes les forces de gauche durant un an avant d’en être de fait exclues). L’avenir de l’Iran passe par l’instauration d’une république pluraliste, démocratique, sociale et laïque.

Source Liberté Actus

12:07 Publié dans Actualités, Connaissances, International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : iran | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!

26/12/2025

Quand les « Noël rouges » irriguaient la France

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Non, il ne s’agit pas d’une ode à la trop célèbre marque du soda américain qui fixa la couleur rouge du Père Noël en 1930 à des fins mercatiques. Les Noël rouges furent, pendant les années de l’entre guerres, la création, par des communistes, de fêtes solidaires et culturelles dégagées de la religion.

Ces fêtes naquirent sous l’impulsion d’une organisation libre penseuse proche du Parti communiste qui vit le jour quelques années après le congrès de Tours sous le nom d’Union fédérale des libres penseurs révolutionnaires (UFLPPR) transformée en 1932 en une Association des travailleurs sans Dieu (ATSD).

Des « fêtes enfantines »

L’idée était, par une sécularisation des fêtes de fin d’années, de créer une convivialité destinée à mener « La Lutte antireligieuse et sociale » conformément au titre de la revue des travailleurs sans Dieu.

Il s’agissait de poursuivre, au sein du mouvement communiste français, les démarches lancées autour de la SFIO et de la franc-maçonnerie du Grand Orient de France par Marcel Sembat avec son Comité central des Fêtes et Cérémonies civiles de l’Ordre et sa publication de son organe, « les Annales des Fêtes et Cérémonies civiles ».

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C’est le jeune Louis Aragon qui propose dans « La Lutte » un manifeste proposant une ligne pour les Noël Rouges : « L’athéisme est en effet seul compatible avec la théorie révolutionnaire qui est propre au prolétariat. La croyance en l’existence d’un dieu est une croyance contre-révolutionnaire, car les dieux ne sont pas au ciel mais sur la terre, et ils ne sont pas autre chose que des machines intellectuelles pour la préservation de l’État capitaliste. […] Reprenons le nom d’athées que les curés nous jettent à la face avec une sainte horreur […] et marquons par là ce qui nous distingue particulièrement des social-démocrates qui ont abandonné les fondements matérialistes du capitalisme et qui prétendent qu’on peut être socialiste à la fois et spiritualiste ou idéaliste, voire chrétien ».

Un « rapport sur le travail du Parti dans les organisations de Libre Pensée » établi en 1931 par le secrétariat du Parti (agit-prop) estimait le nombre des libres penseurs révolutionnaires à 3 000 ; 2 000 adhérents, est-il précisé, étaient dans les départements du Nord et du Pas-De-Calais, qui possédait une cinquantaine de sections locales.

Pour «  arracher l’enfance des sales pattes des corbeaux », les Sans-Dieu organisaient des fêtes pour enfants ; en 1932, une séance récréative fut assurée pour les enfants des écoles d’Ivry, le clou en fut une pièce antireligieuse intitulée La tyrannie des prêtres. À Roncq, le 7 juin 1931, « une fête enfantine » rassembla 300 enfants de grévistes qui, après avoir défilé quatre par quatre en chantant l’Internationale et en criant « du pain pour les enfants, du plomb pour les patrons », reçurent du vin, des biscuits et des gâteaux.

On célébrait des « Noëls rouges enfantins »  ; le 24 décembre 1934, le Groupe Octobre anima un « Noël rouge » organisé pour les enfants des militants emprisonnés et des réfugiés politiques ; un orateur du Secours rouge international vint expliquer aux jeunes spectateurs que Noël était «  une vieille fête païenne que les hommes célébraient vingt mille ans avant l’ère chrétienne » et que l’histoire du Christ n’était qu’une légende inventée pour « détourner les malheureux de toute envie et les empêcher de recourir à la violence pour sortir de misère ».

Nicolas Pommies pour Liberté Actus

 

Karl Marx en père Noël

jc noel.jpgComme chaque année, les jeunes communistes du Val-de-Marne organisent leur « Noël Rouge ». Un Noël qui met au cœur de tout la solidarité et le partage, à l’heure où la situation sociale est de plus en plus compliquée pour les familles et que les prix augmentent. L'idée de cette action solidaire est simple : récolter des cadeaux devant les magasins puis, par la suite, les redistribuer aux enfants des familles en difficulté.

Le Noël Rouge ne s'arrête pas à une simple action de charité dépolitisée. Bien au contraire, à travers nos récoltes et nos distributions nous voulons dénoncer une aggravation de la précarité, notamment dans le Val-de-Marne. La sobriété, tant prônée par le gouvernement, est déjà subie depuis longtemps par les Val-de-Marnais·se·s les plus précaires qui se privent tout au long de l’année. Noël Rouge, c’est revendiquer un droit au bonheur de toutes et tous !

Cette action prend aussi tout son sens dans une période où la majorité départementale LR détruit le bouclier social val-de-marnais construit par les communistes, notamment à travers la suppression du chèque solidarité, de la fête de la solidarité, à travers une économie d’un million sur le budget solidarité et d’un futur projet d’attaque du RSA.

Henri Chassagne et Ignacio Franzone

Mouvement Jeunes communistes de France du Val-de-Marne

 

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