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07/09/2026

Après la Saxe-Anhalt, en finir avec l’impasse populiste

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Dimanche 6 septembre 2026, en Saxe-Anhalt, le parti AfD a obtenu près de 44% des suffrages exprimés, dans un scrutin où la participation est en très forte hausse. Des néonazis peuvent aujourd’hui envisager de pousser les portes du pouvoir en Allemagne.

Comment en est-on arrivé là ? Une analyse historique et politique singulière poussée devra permettre de connaître les raisons propres liées à l’Allemagne et en particulier à cette partie du pays réunifiée, mais aussi à des politiques austéritaires imposées par une construction européenne libérale, d’un si terrible résultat… Mais, ici comme ailleurs, le constat est amer : le populisme affaiblit la gauche et la pousse dans une impasse en la mettant en tenaille entre les différents tenants du capitalisme, entre ses courants libéraux, sociaux, autoritaires et communautaires.

Succombant d’un côté aux sirènes populistes et ralliée de l’autre côté au renoncement dicté par les thèses de la fondation Terra Nova, la gauche ne parle plus au monde du travail. Elle ne propose pas une politique de classe cohérente, un projet de société de rupture, le socialisme.

Elle est incapable de mener une alliance des classes populaires actuelles, contre l’exploitation au travail et toutes les dominations dans la société. Ainsi en Allemagne, après l’échec des coalitions sociales-libérales CDU-SPD-Verts, le seul parti qui parvenait à résister dans ce Land est-allemand à cette poussée de l’extrême droite, Die Linke, cède du terrain et se voit même concurrencé par BSW.

La conclusion saute aux yeux : avec la compromission totale de la social-démocratie au libéralisme, le populisme de gauche en tant que néo-gauchisme, s’il paraît un temps capable de rivaliser avec l’extrême droite, ne parvient pas à proposer une alternative crédible pour une majorité à gauche.

Pire, le populisme de gauche ouvre systématiquement la voie à la victoire, au mieux, d’un populisme libéral-autoritaire et au pire d’un national-populisme autoritaire. Cela s’est vérifié dans de nombreuses régions du monde. Nous vivons le temps des populismes. Partout, ils prennent le pouvoir. C’est une impasse mortifère. Le monde subit une régression sociale et démocratique, avec la menace environnementale et climatique et la multiplication de guerres mondialisées, en raison d’un capitalisme prédateur de l’humanité et de la nature. Mais alors, comment sortir de ce cycle régressif ? Que faire ?

Là encore, la réponse est peut-être sous nos yeux. Voyons ce qui se passe dans les États-Unis de Trump où les démocrates se convertissent de plus en plus au socialisme et aux politiques sociales afin de gagner les élections (et où ils sont même taxés de communistes !).

Regardons ce qui se déroule au Brésil et le combat face à Bolsonaro d’une alliance comprenant les communistes. Ou encore en Espagne (qui était pourtant le terreau d’expérimentation du populisme de gauche avec Podemos), ou encore à Graz en Autriche. L’espoir est là. Et à chaque fois, les communistes prennent leurs responsabilités. Là où ils ne tombent pas dans la facilité et les raccourcis populistes néo-gauchistes, la gauche parvient à gagner les élections et à retrouver des majorités. La réponse réside dans le rassemblement populaire majoritaire sur des bases sociales de classe et non sur des terrains identitaires qui divisent et scindent la société.

En France, ce même 6 septembre 2026, une bonne nouvelle a été annoncée : les communistes ont choisi à plus de 72% de présenter un candidat à l’élection présidentielle de 2027. Le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, portera cet espoir, celui du rassemblement populaire majoritaire.

Il est temps de sortir de cette impasse régressive populiste et de réinventer une issue progressiste et révolutionnaire de transformation sociale de classe et de dépassement du capitalisme : l’édification du socialisme et d’un développement répondant aux défis humains, sociaux, économiques et environnementaux du monde.

allemagne,populisme

« Vivre ! », lance Fabien Roussel sur son affiche. C’est l’ambition de s’adresser à nouveau aux classes laborieuses : ça vaut le coup de retrouver le chemin de la politique !

Pierre Chaillan Liberté Actus

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01/07/2026

Des soldats et civils Israéliens, barbares, violeurs et tueurs d'enfants, c'est ce que relèvent plusieurs rapports

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Assassinat ordinaire en Cisjordanie : Amir Ahmad Jawad Jaber a été fauché le 29 juin d’une balle dans la tête et d’une autre dans la poitrine par l’armée israélienne, à al-Bireh. Il avait 15 ans. Depuis le 7 octobre 2023, Tel-Aviv intensifie son entreprise de nettoyage ethnique sur ce territoire occupé et le revendique en affichant un mépris insupportable des résolutions onusiennes.

Les enfants et les adolescents payent le prix fort de ces violations généralisées et systématiques des droits humains, jusqu’au droit à la vie. Sur les 1 100 Palestiniens tués après les attaques terroristes du Hamas, 235 sont des mineurs, dénonce l’ONG israélienne B’Tselem dans un nouveau rapport. Un chiffre terrible, corroboré par le bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires.

Tirs à vue ciblés et « inconsidérés », secours entravés, dépouilles non restituées aux familles… B’Tselem documente des « massacres sans précédent » depuis la seconde Intifada (2000-2005). « Nous tuons comme nous n’avons pas tué depuis 1967 », a même osé fanfaronner le chef du commandement du centre de l’armée israélienne, Avi Bluth. Cette escalade mortifère est étroitement liée avec l’implantation record de colonies illégales encouragée par le gouvernement suprémaciste de Benyamin Netanyahou.

Elle est indissociable « des plus de 21 000 enfants palestiniens qu’Israël a tués dans le cadre de son offensive génocidaire contre la bande de Gaza », commente le rapport. La déshumanisation des Palestiniens dans l’enclave et en Cisjordanie est telle que les auteurs de ces crimes jouissent d’une impunité totale au motif fallacieux de présenter les enfants comme des « terroristes » – une allégation que réfute l’ONG.

Le secrétaire général de l’Organisation des nations unies a de nouveau tapé du poing sur la table. Dans un rapport trimestriel sur la situation en Cisjordanie, Antonio Guterres a condamné l’« expansion et l’accélération implacables » des colonies israéliennes, qui entraînent une crise sans précédent depuis la guerre de 1967. Malgré l’accumulation de faits et de preuves de l’annihilation du peuple palestinien, les puissances se vautrent dans un laisser-faire dramatique et finalement complice.

Source l'Humanité

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Colonisation israélienne : un nouveau rapport révèle des violences sexuelles « systématisées » contre les Palestiniens

Dans un rapport rendu public ce mercredi, deux ONG documentent les violences sexuelles dont sont systématiquement victimes Palestiniens et Palestiniennes, dans la logique coloniale et génocidaire du gouvernement israélien.

Un travail de recherche de plusieurs mois, conduit entre décembre 2025 et avril 2026, mené conjointement par un collectif de femmes palestiniennes (Palestinian Feminist Collective) et l’ONG Progressive International. À partir de témoignages difficiles à obtenir, de données israéliennes déclassifiées, de vidéos tournées par les soldats eux-mêmes. Mais aussi de travaux d’ONG et de rapports d’experts internationaux.

À la fin, un rapport de 180 pages intitulé « Un État prédateur », qu’on parcourt en apnée, en retenant ses larmes et sa colère. L’illustration, documentée et détaillée, d’une des composantes maîtresses de la colonisation israélienne depuis 1948 : « La systématisation des crimes sexuels dans le but de détruire le peuple palestinien », résume le rapport. En l’attaquant au plus profond de son intimité. Dans son estime de lui-même. En saccageant, par tous les moyens, les fondements même de son fonctionnement communautaire.

« La torture sexuelle » comme « arme de guerre »

Les premiers témoignages de viols remontent à la Nakba, en 1948. Dans un rapport déclassifié daté du 12 août 1949, un certain Moshe raconte avoir tué « un Arabe armé ». « J’ai pris sa femme comme prisonnière. La première nuit, mes hommes l’ont abusée et le jour suivant, j’ai fait ce qu’il fallait pour qu’elle disparaisse du monde. »

Que ce soit pendant la guerre de 1967 ou durant les intifadas qui se succèdent à partir de 1986, les témoignages de viol, de torture et de castration se multiplient, côté palestinien, notamment dans les prisons où ils sont envoyés massivement.

« La torture sexuelle devient une arme de guerre, à la fois contre les prisonniers palestiniens et contre les détenus au cours de leur interrogatoire », dénonce le rapport des ONG. En 1999, sous la pression internationale, la Cour suprême israélienne finit par limiter l’usage de la torture à l’égard des détenus palestiniens, « sauf dans certains cas exceptionnels ». Une façon comme une autre de légaliser les abus.

S’appuyant notamment sur les travaux du Comité public contre la torture en Israël (PCATI), le rapport évoque le cas de plusieurs détenues qui, en 2002, sont placées à l’isolement, forcées de rester dénudées des jours durant, menacées de viol.

Derrière les barreaux, les enfants palestiniens ne sont pas non plus épargnés. Dès 2010, l’association Defense for Children-Palestine saisit le rapporteur spécial de l’ONU de menaces et d’agressions sexuelles perpétrées sur 14 enfants. Onze ans plus tard, la même association décrit les tortures et le viol d’un garçon de 15 ans, au cours d’un interrogatoire. Parfois, c’est au moment de l’arrestation que les soldats se déchaînent.

Sous la menace d’un chien tenu en laisse, une Palestinienne de 25 ans est ainsi forcée par une soldate de se dévêtir devant ses quatre enfants. « Je n’ai pas eu le choix, j’ai tout enlevé en pleurant. La soldate m’a ordonné de défiler ainsi devant mes enfants, incapables d’arrêter de pleurer et tremblants de peur. »

Des abus qui sont tous commis, selon PCATI, par des agents de l’État israélien : police, services secrets, soldats et surveillants de prisons. Parfois filmés, ils sont alors utilisés comme moyen de chantage à l’encontre de leurs victimes.

Dans les prisons, une « vengeance industrialisée »

Dans les prisons israéliennes, « la situation avant la guerre était très mauvaise, mais elle est incomparable avec ce qui se passe depuis le 7-Octobre », indique Yigal Dotan, l’avocat d’un enfant autiste abusé en prison, dont le témoignage est cité dans le rapport des ONG.

Depuis le 7 octobre 2023, les prisons « sont devenues les sites d’une vengeance industrialisée », poursuit-il. La preuve publique en est donnée en août 2024, lorsque fuite une vidéo tournée à la prison militaire de Sde Teiman. On y voit une dizaine de soldats, armés d’un objet pointu et de plusieurs bâtons, s’acharner sur un Palestinien aux yeux bandés – il sera hospitalisé pour une déchirure anale.

Cinq d’entre eux sont d’abord poursuivis – une première en Israël – avant d’être mis hors de cause. « Insérer un bâton dans le rectum d’une personne, est-ce légitime ? » demande à la Knesset le député arabe Ahmad Tibi. « Oui, tout est légitime (si cette personne appartient au Hamas). Tout », lui répond alors un membre du Likoud. C’est finalement Yifat Tomer-Yerushalmi, major général de l’armée ayant fait fuiter la vidéo, qui sera arrêtée et emprisonnée.

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01/05/2026

Les enfants de Gaza, ils apprennent même par terre sans chaises et sans tables ni tableaux, ils apprennent avec détermination, volonté et courage

 
Malgré une situation dramatique et tragique et malgré le manque de classes et de matériel éducatif dans une région dévastée, les enfants de Gaza apprennent même par terre sans chaises et sans tables ni tableaux.
 
Ils apprennent avec volonté et insistance, avec détermination et courage
L'apprentissage pour eux est sacré en dépit de leur contexte très difficile
C'est un signe positif pour l'avenir
 
Ces enfants motivés gardent espoir pour l'avenir
Bravo à ces enfants palestiniens courageux.
 
Des enfants horrifiés , angoissés et effrayés mais patients
Des enfants malheureux, mais qui continuent d' apprendre avec le soutien de leurs familles et l'encadrement de leurs enseignants
 
Des enfants privés de tout mais confiants
Des enfants tristes mais vivants
Des enfants qui aiment la vie tout simplement.
 

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(1) Ziad Medoukh est directeur du département français de l’université Al-Aqsa de Gaza.
Amoureux de la langue française qu’il considère comme « la langue de la paix et de l’espoir, la langue du témoignage et de la résistance », il a poursuivi ses études supérieures en France, obtenant un doctorat en didactique des langues à l’Université Paris viii.
 
Écrivain et poète, il a notamment publié en 2012 Gaza, Terre des oubliés, Terre des vivants, un recueil de poésies sur sa ville natale et l’amour de sa patrie.
 
Il est le premier citoyen palestinien à avoir obtenu, en 2011, la distinction de chevalier de l’Ordre des Palmes académiques de la République française. Il a remporté le premier prix du concours Europoésie en 2014 et le prix de la poésie francophone pour ses œuvres poétiques en 2015.

Mais Ziad Medoukh est aussi un artisan de paix et un militant de la non-violence. Fondateur en 2004 du Centre de la paix, au sein de son université, il est convaincu de l’importance de l’éducation et de la non-violence comme formes de résistance.
 
Il organise régulièrement des rencontres et des formations sur les droits humains, la démocratie, la non-violence, la tolérance et la paix, particulièrement pour les enfants et les familles, durement touchés par les bombardements depuis des années.
 
En 2014, après la sanglante offensive militaire israélienne contre la bande de Gaza, il crée une cellule de soutien psychologique pour les enfants traumatisés, qui intervient dans les écoles, les jardins d’enfants, les centres d’accueil…
 

12:11 Publié dans Actualités, International, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gaza, enfants | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!

31/03/2026

« No Kings », la rue américaine teste les limites du pouvoir

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Ce 28 mars, des manifestations baptisées « No Kings » ont rassemblé plusieurs millions de personnes à travers les États-Unis, selon diverses estimations militantes et médiatiques.

Ce mouvement, né de l’opposition à la présidence de Donald Trump, semble désormais dépasser la seule contestation partisane pour exprimer une inquiétude plus large face à la guerre, à l’économie et à la concentration du pouvoir exécutif. Derrière les slogans, c’est la stabilité politique américaine qui se trouve mise à l’épreuve.

 

Une mobilisation massive, mais aux chiffres encore débattus

La journée du 28 mars 2026 s’inscrit dans une séquence de protestations amorcée en 2025. Les organisateurs évoquent une participation de plusieurs millions de personnes réparties dans des milliers de villes américaines, ce qui en ferait l’une des mobilisations les plus importantes de ces dernières décennies. Toutefois, comme souvent dans ce type d’événements, les estimations varient fortement selon les sources et doivent être interprétées avec prudence.

Des rassemblements significatifs ont été signalés dans des métropoles comme New York, Washington, San Francisco ou Minneapolis. Des personnalités politiques et culturelles y ont pris la parole, dénonçant ce qu’elles perçoivent comme une dérive autoritaire du pouvoir exécutif et une politique étrangère jugée risquée.

Le slogan « No Kings » — littéralement « Pas de rois » — renvoie explicitement à l’héritage de la Révolution américaine et à l’idée que le président ne doit pas concentrer un pouvoir excessif. Cette référence historique vise à inscrire le mouvement dans une tradition civique plutôt que révolutionnaire.

 

Guerre, inflation et immigration : les moteurs d’une colère diffuse

Au-delà de la contestation personnelle du président, plusieurs facteurs structurels semblent alimenter la mobilisation. Le premier concerne la politique étrangère. L’engagement militaire américain contre l’Iran, coûteux et incertain, a ravivé le spectre des guerres longues et impopulaires. Les manifestants soulignent le contraste entre les dépenses militaires et les difficultés économiques des ménages américains.

Le second facteur est économique. L’augmentation des prix de l’énergie, de l’alimentation et du logement pèse sur les couches moyennes, traditionnellement pilier de la stabilité politique américaine. Cette pression sociale contribue à élargir la base des manifestants au-delà des milieux militants habituels.

Enfin, la politique migratoire. Les opérations menées par les services fédéraux d’immigration sont dénoncées par les organisations de défense des droits civiques, qui y voient une militarisation de l’espace intérieur.

 

Au-delà de la rue, un signal politique

L’importance réelle du mouvement « No Kings » ne se mesure pas uniquement au nombre de manifestants, mais à ce qu’il révèle de l’état de la société américaine. Depuis plusieurs années, les États-Unis connaissent une polarisation politique importante, marquée par une défiance envers les institutions, une fragmentation médiatique et une montée des tensions sociales.

L’histoire américaine montre que les manifestations de masse — contre la guerre du Vietnam, pour les droits civiques ou lors de la crise financière de 2008 — ont souvent précédé des réajustements politiques importants.

La question n’est donc pas seulement de savoir combien de personnes sont descendues dans la rue, mais si cette mobilisation traduit un malaise durable capable d’influencer les élections, la politique étrangère et l’équilibre institutionnel du pays.

Source Liberté Actus

 

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29/03/2026

Qualité de l'air dans le monde : seuls 13 pays respirent encore normalement

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À peine plus d’une dizaine de pays dans le monde se situent encore sous les seuils de l’OMS pour les particules fines. Un chiffre qui dit tout d’un basculement silencieux : respirer un air sain devient l’exception, pas la norme. Et l’Europe n’est pas épargnée.

Respirer. Un geste banal, automatique, invisible. Et pourtant, en 2025, il est devenu un luxe. Selon le dernier rapport mondial d’IQAir, seuls 13 pays dans le monde respectent les recommandations sanitaires de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en matière de particules fines (PM2,5). Cela signifie que 91 % des pays dépassent les seuils jugés sûrs.

Et que, derrière chaque inspiration, se cachent des particules capables de traverser les poumons, d’atteindre le sang, et d’augmenter les risques de maladies cardiovasculaires, respiratoires ou encore de cancer. Le constat est brutal, mais surtout révélateur d’un phénomène plus large : l’air que nous respirons devient instable. Non pas seulement à cause des activités humaines classiques – transports, industrie, chauffage – mais aussi sous l’effet d’un climat qui se dérègle.

Un air de plus en plus imprévisible

En 2025, les feux de forêt ont joué un rôle majeur dans la dégradation de la qualité de l’air à l’échelle mondiale. Le rapport évoque des émissions record liées à la combustion de biomasse, avec environ 1 380 mégatonnes de carbone relâchées dans l’atmosphère.

À cela s’ajoutent les tempêtes de poussière, les sécheresses, les vagues de chaleur. Autant de phénomènes amplifiés par le changement climatique… qui viennent à leur tour dégrader l’air. Une boucle de rétroaction redoutable. Résultat : seulement 14 % des villes dans le monde respectent aujourd’hui les seuils de l’OMS, contre 17 % un an plus tôt, en 2024.

L’europe respire, mais difficilement

On pourrait croire l’Europe relativement épargnée… Elle ne l’est pas. En 2025, seuls trois pays européens – l’Islande, l’Estonie et Andorre – respectent les recommandations de l’OMS pour les PM2,5. Tous les autres dépassent les seuils. Et la situation se tend. Sur le continent, 23 pays ont vu leur pollution augmenter, parfois fortement. En Suisse et en Grèce, les concentrations ont bondi de plus de 30 %, notamment sous l’effet combiné des fumées de feux de forêt nord-américains et des poussières sahariennes. Pour la France, la hausse est légère entre 2024 et 2025 (contre un recul de la pollution pour 18 pays européens). En matière de qualité de l’air, notre pays se situe dans le “ventre mou” du classement européen. Mais avec une moyenne nationale de 9,6 µg/m³ de PM2,5, elle atteint presque le double de la recommandation OMS (5 µg/m³).

Même les grandes capitales restent au-dessus des seuils. Paris, par exemple, affiche une concentration moyenne autour de 10,3 µg/m³, soit plus du double de la recommandation de l’OMS fixée à 5 µg/m³. Loin d’être un problème local, la pollution de l’air en Europe est transfrontalière. Elle circule avec les vents, les saisons, les pratiques agricoles (notamment les émissions d’ammoniac liées aux engrais), et les épisodes météorologiques stagnants.

Ces 13 pays où l’air reste respirable

Ils sont une poignée. Treize exactement. Treize pays et territoires dans le monde où l’air respecte encore les recommandations de l’OMS pour les particules fines (PM2,5), fixées à 5 µg/m³. Une exception plus qu’une norme.

Islande, Estonie, Andorre en Europe. Puis, ailleurs, une géographie presque insulaire : Australie, Barbade, Bermudes, Polynésie française, Grenade, Nouvelle-Calédonie, Panama, Porto Rico, La Réunion et les îles Vierges américaines.

Des territoires souvent peu densément peuplés, éloignés des grandes zones industrielles, ou bénéficiant de conditions climatiques favorables. À l’échelle mondiale, ils dessinent une carte rare : celle d’un air encore respirable.

Une géographie mondiale de l’injustice

Si l’air est devenu un enjeu global, il reste profondément inégal. Les pays les plus touchés se concentrent en Asie du Sud et en Afrique. Le Pakistan, le Bangladesh ou encore le Tadjikistan affichent des niveaux de pollution jusqu’à 13 fois supérieurs aux recommandations sanitaires…

17:19 Publié dans Actualités, Connaissances, International, Planète | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : planete, respirer | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!