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10/10/2025

Le « modèle » allemand se fissure un peu plus

par Esteban Evrard Liberté Actus

Il fut un temps où l’Allemagne était présentée comme « la force tranquille de l’Europe », avec des excédents commerciaux record et une industrie championne de l’export. Mais en août, la production industrielle a chuté de 4,3 %, son plus fort recul depuis la pandémie. L’automobile — colonne vertébrale du pays — s’est écroulée de 18,5 % en un mois. Les commandes manufacturières sont en berne, les exportations reculent, les ventes au détail se contractent. Bien plus qu’une alerte, c’est la confirmation d’une crise structurelle.

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L’Allemagne a longtemps bâti sa puissance sur trois piliers : énergie bon marché, demande mondiale, domination technologique. Ces trois fondations se dérobent. Le gaz russe n’est plus là et le chancelier Merz semble plus va-t-en-guerre que jamais ; les États-Unis taxent les produits européens à 15 % et font tout pour attirer les fleurons allemands sur leur sol ; la Chine dépasse désormais les constructeurs allemands sur le terrain qu’ils croyaient imprenable : l’automobile.

La fin d’une époque ?

Sur le front intérieur, la consommation s’étouffe. En août, les ménages ont encore réduit leurs achats. L’inflation énergétique, les incertitudes sur l’emploi et la peur de la récession poussent les familles à épargner. L’Allemagne découvre ce que vivent d’autres peuples depuis longtemps : le doute, l’angoisse du lendemain, la disparition du mythe de l’invincibilité industrielle.

Le danger dépasse ses frontières. Si l’Allemagne cale, c’est toute l’Europe qui tremble. La première économie du continent risque une récession technique, après un PIB déjà en recul de 0,3 % au printemps. Et Bruxelles, fidèle à sa doctrine, continue de compter sur Berlin pour relancer la machine… sans voir que la machine ne répond plus.

La crise allemande n’est pas conjoncturelle. Elle marque la fin d’une époque où sa puissance était fondée sur l’export et l’austérité. Elle semble incapable aujourd’hui de penser la reconversion productive. Il ne s’agit pas de se réjouir de la chute d’un voisin, mais d’en tirer une leçon : sans politique industrielle, sans protection des savoir-faire, sans maîtrise énergétique, aucun modèle ne tient. Pas même le plus sacralisé.

Beaucoup de bruit sur l’automobile

Les dirigeants allemands s’agitent. L’AfD monte un peu plus à chaque élection et le modèle politique hérité de la RFA se fissure inexorablement. Dernier épisode en date, Friedrich Merz convoque un énième « sommet automobile » à Berlin, ce jeudi 9 octobre, rassemblant constructeurs, patrons et syndicats. On y parle de 2035, de moteurs thermiques, de prolonger les hybrides… mais le pouvoir semble incapable de répondre aux attentes du pays. Plus de 50 000 emplois ont déjà disparu en un an dans l’automobile, sans alternative solide.

Politiquement, la coalition éclate. Les conservateurs veulent abandonner l’interdiction des moteurs thermiques, les Verts défendent mordicus la mesure de Bruxelles, les sociaux-démocrates promettent des aides fiscales. Chacun parle d’« avenir », mais personne ne trace de cap. Résultat : une paralysie qui ressemble à celle que Berlin imposait autrefois à l’Europe, au nom de la rigueur.

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21/09/2025

Juifs ultra-orthodoxes en Israël : l’exemption de service militaire face à l’épreuve de la guerre

Israel, religieux orthodoxes

Source The Conversation

Depuis la fondation de l’État d’Israël en 1948, les personnes qui consacrent leur vie à l’étude des textes religieux sont exemptées de l’obligation de servir sous les drapeaux. Mais la non-participation à l’effort de guerre de cette communauté, de plus en plus nombreuse (près de 13 % de la population aujourd’hui), suscite de plus en plus de tensions.


La non-conscription des Juifs ultra-orthodoxes (haredim, littéralement « ceux qui craignent Dieu ») constitue aujourd’hui l’une des fractures sociales et politiques les plus profondes d’Israël.

Alors que la majorité des familles – y compris les femmes et les réservistes, dont la mobilisation ne cesse de s’intensifier – participent directement à l’effort de guerre dans lequel le pays est engagé, une minorité en pleine croissance démographique continue de bénéficier d’une exemption qui fait de plus en plus polémique. Le défi est à la fois social, politique et économique.

Un défi social : la cohésion nationale mise à l’épreuve

Depuis le massacre perpétré par le Hamas, le 7 octobre 2023, Israël est plongé dans la guerre la plus longue et la plus coûteuse de son histoire récente. Vingt-trois mois plus tard, les dépenses cumulées atteignent environ 253 milliards de shekels (67 milliards de dollars). Pour 2024 seulement, les dépenses militaires représentaient déjà 8,4 % du PIB, contre 5,2 % en 2023.

Des centaines de milliers de réservistes ont été rappelés, certains plusieurs fois, imposant un poids inédit aux familles et à l’économie. Cet effort repose sur le modèle israélien de conscription universelle : hommes et femmes sont appelés à servir. La mobilisation est telle que sur certaines lignes de front, près de 25 % des effectifs sont désormais des femmes.

Dans ce contexte, l’exemption dont bénéficient les haredim apparaît comme une fracture majeure. Rappelons que les haredim sont des Juifs ultra-orthodoxes, centrés sur l’étude de la Torah et une vie religieuse séparée du monde séculier. Seule une minorité d’entre eux est antisioniste ; la majorité reconnaît l’État d’Israël et participe à sa vie politique, tout en refusant le service militaire pour préserver l’étude religieuse.

Alors que plus de 80 % des jeunes Israéliens juifs effectuent leur service, seuls 1 212 hommes haredim ont été incorporés sur 24 000 convoqués en 2024, soit environ 5 %.

Cette disparité nourrit un ressentiment profond : l’immense majorité des familles du pays envoient leurs fils et leurs pères au front, tandis qu’une minorité croissante échappe à l’effort commun. Chaque tentative de conscription déclenche des manifestations violentes dans les quartiers haredim.

Le contraste est frappant avec le cas des minorités non juives : les hommes druzes sont soumis à la conscription depuis 1956 et servent massivement ; les Bédouins et certains Arabes israéliens, bien que non obligés, choisissent volontairement de s’engager, notamment dans les patrouilles de pisteurs. Autrement dit, des groupes minoritaires, parfois marginalisés, participent activement à cet acte fondateur de cohésion et de défense collective, tandis qu’une minorité juive croissante, pour des raisons religieuses, s’en abstient.

À cette dimension morale s’ajoute une dynamique démographique préoccupante. Avec une croissance annuelle de 4 %, les haredim représentaient 13,6 % de la population en 2023 et devraient atteindre 16 % en 2030. Cette évolution rend l’exemption toujours plus insoutenable, au point de menacer le pacte social israélien.

Un nœud politique : entre impératif sécuritaire et survie gouvernementale

Ce décalage entre l’effort de guerre de la majorité et l’exemption persistante des haredim ne se limite pas à une fracture sociale : il alimente aussi une dynamique politique.

La croissance démographique de la communauté ultra-orthodoxe s’est traduite par la consolidation de partis religieux puissants comme Shas (séfarade) et Judaïsme unifié de la Torah (UTJ, ashkénaze), devenus des acteurs incontournables de la Knesset (respectivement 11 et 7 sièges sur 120 à l’issue des dernières législatives, en 2022). Leur poids politique permet de bloquer toute réforme, plaçant la conscription haredie au cœur d’un affrontement où se mêlent impératifs sécuritaires, équité sociale et survie gouvernementale.

La fracture sociale autour de la question de la conscription des haredim s’est ainsi transformée en crise politique et institutionnelle. En juin 2024, la Cour suprême israélienne a rendu un arrêt historique, mettant fin à l’exemption de facto et obligeant le gouvernement à appliquer la conscription, sous peine de couper les financements publics aux yeshivot (écoles d’enseignement religieux supérieur) accueillant des étudiants en âge de servir.

Cette décision s’est aussitôt heurtée à un blocage parlementaire. La coalition de Benyamin Nétanyahou dépend du soutien de Shas et de l’UTJ, et perdre ces alliés reviendrait à perdre sa majorité, au moment même où la guerre devient de plus en plus impopulaire parmi les familles d’otages et une large partie de l’opinion. Shas et l’UTJ ont soutenu la guerre à Gaza, en insistant tout particulièrement sur l’obligation religieuse de tout faire pour obtenir la libération des otages. Ils ont affirmé qu’aucune mitsva (prescription) n’était plus importante que le « rachat des captifs » et ont appuyé les propositions de trêve ou d’accord allant dans ce sens.

En juillet 2025, l’UTJ a annoncé son retrait du gouvernement pour protester contre l’absence de législation garantissant une exemption claire pour les étudiants en yeshivot. Quelques jours plus tard, le Shas a à son tour retiré ses ministres, tout en restant formellement dans la coalition. Ces départs ont réduit la majorité de Nétanyahou à la Knesset à une seule voix, fragilisant encore la position du premier ministre.

La contestation s’est aussi déplacée sur le terrain religieux. Fin juillet 2025, le rabbin Dov Lando, figure du courant lituanien (une branche haredi non hassidique centrée sur l’étude intensive de la Torah et du Talmud dans les yeshivot), a dénoncé « une guerre de l’État contre les étudiants de yeshivot », promettant « une lutte mondiale sans précédent ». Certains de ses proches ont même évoqué une désobéissance civile silencieuse – boycotts économiques, retraits bancaires massifs…

Cette impasse illustre une crispation institutionnelle sans précédent : exécutif paralysé, pouvoir judiciaire exigeant l’égalité et opinion publique de plus en plus hostile au statu quo. Les sondages montrent un soutien massif, dans toutes les composantes du public non-haredi, à l’imposition de sanctions économiques sévères à l’encontre des réfractaires.

Le prix économique de l’exemption

L’exemption haredie représente aussi un coût économique majeur pour l’État. Le taux d’emploi des hommes haredim stagne à 54 %, contre plus de 85 % chez les non-haredim. Les femmes haredies sont plus actives (environ 80 %), mais souvent dans des secteurs peu productifs. Cette disparité réduit l’assiette fiscale, accroît la dépendance aux transferts sociaux et freine la croissance


L’absence de service militaire aggrave encore la situation. L’armée est, pour la majorité des Israéliens, un sas d’intégration vers le marché du travail, en offrant des compétences et des réseaux professionnels dont les haredim restent exclus, ce qui pèse sur la compétitivité nationale

Le coût macroéconomique est estimé à 8,5 milliards de shekels par an, soit environ 1,7 % du PIB. Le ministère des finances a mis en garde contre le prix « très élevé » du maintien de l’exemption, tandis que la Banque d’Israël souligne l’incertitude budgétaire que celle-ci engendre.

03/07/2025

Des millions de morts en perspective avec Donald Trump

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Ces coupes budgétaires de Trump à l’international vont faire des millions de morts, selon une étude

Jusqu’à 14 millions de décès d’ici 2030, dont plus de 4,5 millions d’enfants de moins de cinq ans, voilà ce que risquent d’entraîner les coupes budgétaires de l’administration Trump.

Source Huffpost

INTERNATIONAL - Plus de 14 millions de morts supplémentaires d’ici 2030 parmi les plus vulnérables. Voilà ce qu’une projection publiée ce mardi 1er juillet dans The Lancet anticipe comme principale conséquences de l'effondrement des financements américains dédiés à l'aide internationale, décidé par l’administration de Donald Trump

« Elles risquent d’interrompre brutalement, voire d’inverser, deux décennies de progrès pour la santé des populations vulnérables. Pour de nombreux pays à revenu faible ou intermédiaire, le choc qui en résulterait serait d’une ampleur comparable à celle d’une pandémie mondiale ou d’un conflit armé majeur », a d’ailleurs commenté Davide Rasella, co-auteur de l’étude et chercheur au Barcelona Institute for Global Health, cité dans un communiqué. « C’est le moment d’augmenter, pas de réduire » l’aide.

La publication de cette étude dans la prestigieuse revue médicale coïncide d’ailleurs avec une conférence sur le financement du développement réunissant en Espagne des dirigeants du monde entier. Mais où les États-Unis figurent parmi les grands absents. Cette rencontre se tient dans un contexte particulièrement sombre pour l’aide au développement, touchée de plein fouet par la coupe massive du financement décidée par Donald Trump depuis son retour à la Maison blanche en janvier.

Raison pour laquelle cette étude s’est penchée sur les conséquences de ces coupes budgétaires désastreuses. Et en examinant les données de 133 pays, l’équipe internationale de chercheurs a estimé rétrospectivement que les programmes financés par l’USAID (Agence des États-Unis pour le développement international) ont permis d’éviter 91 millions de décès dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire entre 2001 et 2021.

Mais, selon leur modélisation, la coupe de 83 % du financement américain − chiffre annoncé par le gouvernement américain début 2025 − pourrait entraîner plus de 14 millions de décès supplémentaires d’ici à 2030, dont plus de 4,5 millions d’enfants de moins de cinq ans, soit environ 700 000 décès d’enfants supplémentaires par an. Avant la taille dans son financement, l’USAID représentait 0,3 % des dépenses fédérales américaines.

« Une si petite contribution peut être efficace »

« Les citoyens américains versent environ 17 cents par jour à l’USAID, soit environ 64 dollars par an. Je pense que la plupart des gens soutiendraient le maintien du financement de l’USAID s’ils savaient combien une si petite contribution peut être efficace pour sauver des millions de vies », a déclaré James Macinko, co-auteur de l’étude et professeur à l’université de Californie (UCLA).

Il faut en effet rappeler que les programmes soutenus par l’USAID ont été liés à une diminution de 15 % des décès, toutes causes confondues, ont calculé ces chercheurs. Pour les enfants de moins de cinq ans, la baisse des décès a même été deux fois plus importante (32 %).

L’impact le plus fort de cette aide a été observé pour des maladies évitables. La mortalité due au VIH/SIDA a ainsi été réduite de 74 %, celle du paludisme de 53 % et celle des maladies tropicales négligées de 51 % dans les pays bénéficiaires du niveau d’aide le plus élevé par rapport à ceux avec peu ou pas de financement de l’USAID, toujours selon l’étude.

Autre source de préoccupation : d’autres donneurs internationaux majeurs, principalement Européens, comme l’Allemagne, la Grande-Bretagne, ont aussi annoncé des coupes dans leurs budgets d’aide étrangère dans le sillage des États-Unis. La France ne fait d’ailleurs pas exception. Cela risque d’« entraîner encore plus de décès dans les années à venir », a prévenu Caterina Monti, autre co-autrice de l’étude chercheuse à l’ISGlobal.

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01/07/2025

Israël, chasse aux députés communistes pour avoir accusé l’armée israélienne de crimes de guerre.

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14 voix contre 2. La commission parlementaire réunie ce lundi 30 juin à la Knesset a approuvé à une large majorité le passage à l’étape supérieure dans la procédure d’exclusion qui vise Ayman Odeh, un élu arabe au parlement israélien et président du parti politique communiste Hadash (littéralement Front démocratique pour la paix et l’égalité). 

Par l’Agence Média Palestine, le 30 juin 2025

Aujourd’hui avait lieu la deuxième étape dans la procédure d’éviction du député communiste israélien Ayman Odeh. Après une première audition la semaine dernière, les membres de la commission parlementaire se sont réunis pour voter et ont consacré sans surprise la légitimité de cette procédure, grâce au soutien de la coalition majoritaire au pouvoir.

Des accusations aux allures de prétexte 

Les éléments invoqués pour justifier cette procédure exceptionnelle sont pourtant plutôt faibles. En cause, un post du député Ayman Odeh sur les réseaux le 19 janvier dernier : “Je suis satisfait de la libération des otages et des prisonniers. D’ici nous devons libérer les deux peuples du joug de l’occupation. Nous sommes tous nés libres”. Il exprime dans cette phrase son approbation quant à la libération et l’échange d’otages israéliens contre des prisonniers palestiniens. Un processus pourtant entériné par le gouvernement de Netanyahu lui-même, et partie intégrante des accords de cessez-le-feu signés au début de l’année. 


Pour appuyer la demande d’ouverture de cette procédure d’expulsion, le député du Likoud Avichai Boaron a mis en avant ce qu’il considère être une attitude inacceptable de la part du député communiste : “Tout au long des discussions, il n’a exprimé aucun regret, n’a retiré aucune de ses déclarations — au contraire, il les a répétées. Il refuse de reconnaître le Hamas et le Hezbollah comme des organisations terroristes. Dans ce contexte, ses propos ne peuvent être dissociés de leur portée politique, et je suis convaincu que la Knesset votera largement en faveur de son exclusion ». 

Il a appuyé sa récolte de signatures pour ouvrir la procédure sur cet argument : “quiconque plante un couteau dans le dos des soldats de Tsahal et de l’État d’Israël ne peut siéger à la Knesset”. Dans la droite ligne de l’extrême-droite sioniste israélienne, le député du Likoud a pu compter sur le soutien du président de la commission Ofir Katz (Likoud), qui n’est autre que le chef de la coalition majoritaire à la Knesset. Ce dernier a accusé à plusieurs reprises Ayman Odeh d’être un “terroriste”  qui ne “cesse d’affaiblir l’Etat d’Israël, de le discréditer, de le saper et de renforcer ses ennemis.”. 

La volonté politique de museler l’opposition au génocide 

Le véritable but de cette procédure vise le baillonement de l’opposition politique israélienne au génocide. Ce n’est pas un  hasard si le député visé, Ayman Odeh, est à la tête de la coalition électorale de gauche antisioniste à la Knesset. Même si leur poids politique concret est plutôt faible (cinq sièges depuis les dernières législatives), la coalition d’extrême-droite au pouvoir fait tout pour limiter les capacités d’expression et de nuisance de ses opposants politiques. 

Hadash se définit en effet comme un parti qui soutient l’évacuation de toutes les colonies israéliennes ou bien encore le retrait total d’Israël de tous les territoires occupés après la guerre des Six Jours. Des revendications qui font grincer des dents à la Knesset, très orientée à droite.  Ayman Odeh n’est d’ailleurs pas la seule victime de cette chasse aux sorcières menée par les sionistes au pouvoir :  Ofer Cassif, un autre député-membre de Hadash, avait été suspendu pendant six mois en novembre 2024 par le comité éthique de la Knesset, pour avoir critiqué la politique coloniale d’Israël. 

La loi d’expulsion de 2016 

Dans la droite ligne de ces cabales contre les opposants politiques au sionisme, la loi d’expulsion a été votée en 2016. Cette loi permet d’ouvrir une procédure de destitution à l’encontre d’un membre de la Knesset sur deux fondements : “l’incitation au racisme et le soutien à l’opposition armée contre l’Etat d’Israël” d’après Adalah, l’organisation de soutien légal aux droits des minorités arabes en Israël.

Une fois que les 70 signatures nécessaires à l’ouverture de la procédure de destitution parlementaire sont réunies, la commission de la Knesset doit se prononcer sur l’expulsion du député visé. C’est cette étape qui a été franchie aujourd’hui. Désormais, la Knesset a trois semaines pour se prononcer définitivement sur la question, par la mise en place d’un vote à la majorité des trois quarts. Plus de 90 députés devront donc voter favorablement pour son expulsion en séance plénière afin que la procédure aboutisse. 

Cette issue apparaît peu probable pour Adalah. En effet, pour que le député soit exclu, il faut que “le soutien à la lutte armée” soit caractérisé : “la Cour suprême israélienne a déjà tranché sur la question, un positionnement favorable à la libération de prisonniers palestiniens ne constitue pas un soutien à la lutte armée.” L’organisation poursuit : “il faut également une masse conséquente de preuves pour justifier l’expulsion alors qu’un seul post sera ici pris en compte.”

AIDA.jpgPour Adalah aussi toutes ces procédures s’apparentent à “une campagne plus large pour silencier et persécuter les élus arabes palestiniens”. La semaine dernière, une autre sanction a été prononcée par le comité d’éthique de la Knesset à l’encontre d’Odeh et d’une de ses collègues députée du même groupe, Aida Touma-Sliman . Il leur est interdit de siéger à la Knesset pendant respectivement deux semaines et trois jours, pour avoir accusé l’armée israélienne de crimes de guerre. 

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23/05/2025

Fabien Roussel réclame la reconnaissance de l’État de Palestine

Fabien Roussel chasse 500.jpg« Emmanuel Macron devrait se tenir aux côtés de l’OLP » : Fabien Roussel réclame la reconnaissance de l’État de Palestine et appelle à un rassemblement le 26 mai

Face au génocide en cours, le PCF appelle à un rassemblement ce lundi 26 mai à 19 heures place du Trocadéro à Paris. Puis, le 4 juin, le parti coorganisera une conférence avec l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) pour pousser la France à reconnaître l’État de Palestine. Entretien avec le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel.

La pression internationale peut-elle faire plier Benyamin Netanyahou ? Fabien Roussel appelle les gouvernements occidentaux à « prendre les mesures contraignantes », alors que l’armée israélienne a lancé une nouvelle phase dans la guerre à Gaza, aggravant le génocide et visant l’occupation totale de l’enclave palestinienne.

« La France peut faire le choix de cesser l’ensemble de ses relations commerciales avec Israël et de rappeler son ambassadeur », mesure le secrétaire national du PCF, qui appelle par ailleurs les forces progressistes à un rassemblement lundi 26 mai au Trocadéro, sous le slogan « Stop aux massacres, la paix maintenant, reconnaissance de l’État de Palestine ».

La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a annoncé que l’UE allait réexaminer son accord d’association avec Israël face aux agissements du gouvernement de Netanyahou à Gaza. Est-ce suffisant ?

Face aux atrocités commises à Gaza, les réponses doivent être fortes. Suite aux attaques terroristes du Hamas le 7 octobre 2023, plus de 52 000 Gazaouis sont morts sous une pluie de bombes israéliennes, dont plus de 15 000 enfants. Nous assistons à un véritable nettoyage ethnique. Désormais, une famine est délibérément organisée par le gouvernement de Benyamin Netanyahou, et utilisée comme arme de guerre.

Il s’agit d’un génocide : les intentions sont clairement affichées par les responsables du gouvernement israélien qui prônent l’anéantissement et l’effacement du peuple palestinien et l’extension de la colonisation. En comparaison de leur fermeté affichée à l’égard de la Russie, les chefs d’État européens se terrent dans un deux poids, deux mesures. La diplomatie française demeure dans une inaction très grave, se contentant de postures déclaratives, sans prendre les mesures contraignantes qui s’imposent à l’encontre d’Israël.

Lesquelles ?

Il faut de la fermeté et du concret ! L’Union européenne déclare qu’elle va seulement commencer à étudier éventuellement l’accord d’association avec Israël. Stop, il faut le remettre en cause maintenant. Les dirigeants européens savent aller vite contre Poutine mais ils sont extrêmement lents pour mettre des mesures en place contre Netanyahou. La France peut faire le choix de cesser l’ensemble de ses relations commerciales avec Israël et rappeler son ambassadeur.

Benyamin Netanyahou et ses ministres doivent comparaître devant la Cour pénale internationale. Je me suis aussi adressé aux 4 000 Français binationaux engagés dans l’armée israélienne. Je leur demande d’interroger leur conscience et de déposer les armes. Comme d’autres soldats israéliens l’ont fait, ils peuvent refuser d’être complices de la première entreprise génocidaire du XXIe siècle. Sinon, ils devront en répondre devant la justice française et internationale.

Le PCF appelle à un rassemblement ce lundi 26 mai, au Trocadéro à Paris, à 19 heures. Quels sont les contours de cette initiative ?

Les peuples du monde entier sont horrifiés par les images qui nous parviennent de Gaza. Mais, l’incertitude demeure sur les modes d’actions permettant d’agir pour mettre un terme à ces crimes de guerre. Le PCF propose aux Français, aux forces progressistes, aux associations, aux syndicats, de se mobiliser derrière un slogan commun : « Stop aux massacres, la paix maintenant, reconnaissance de l’État de Palestine ». Je souhaite que ce rassemblement soit large. Nous devons faire converger les forces progressistes de tous bords.

Comment accroître la pression pour obtenir, au minimum, un cessez-le-feu ?

J’ai en mémoire l’immense campagne contre l’Apartheid. Il a fallu des mobilisations dans l’ensemble des capitales pour obtenir la chute du régime raciste d’Afrique du Sud, ainsi que la libération de Nelson Mandela. Aujourd’hui, Benyamin Netanyahou se sent non seulement impuni, mais soutenu par Donald Trump et une partie des États européens. La pression populaire doit s’accroître sur ces gouvernements. La jeunesse ne doit pas craindre de s’engager. Pour notre part, le Parti communiste français a lancé différentes initiatives de solidarité concrète, dont celle d’une campagne de collecte pour planter un million d’oliviers dans les territoires palestiniens.

Le PCF organise en lien avec l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) une conférence le 4 juin prochain. Quels en sont les objectifs ?

L’OLP a demandé au PCF de coorganiser une conférence pour réclamer la reconnaissance d’un État de Palestine, aux côtés de celui d’Israël, dans les frontières de 1967. Nous avons immédiatement répondu favorablement et nous planchons avec l’Autorité palestinienne depuis plusieurs mois sur cette journée. Des dirigeants de l’OLP feront le déplacement. Des représentants de pays européens et arabes seront présents, ainsi que des ambassadeurs, des responsables politiques et syndicaux français.

Une conférence le 4 juin pour la reconnaissance

En cours de finalisation, la conférence coorganisée le 4 juin par le PCF et l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) verra les interventions de membres du comité exécutif de l’OLP désignés par le président Mahmoud Abbas, notamment celle d’Ahmed Saïd Al Tamimi, président du Conseil palestinien des droits de l’homme, et de Faysal Aranki, président du département des Affaires des expatriés. Des figures palestiniennes, dont Munib Rashid Al Masri, seront également présentes, place du Colonel-Fabien à Paris, ainsi que le président du Parti de la gauche européenne Walter Baier. Des représentants d’ambassades en France ainsi que des représentants politiques, syndicaux et associatifs, et des universitaires, dont Jean-Paul Chagnollaud pour l’iReMMo, tous et toutes engagés pour la reconnaissance de l’État de Palestine, prendront part aux travaux.

L’ex-président de la République François Hollande et l’ancien ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine ont confirmé leur participation. Je suis en contact avec l’Élysée sur ce dossier car cette conférence se tiendra à la veille de l’initiative de la France à l’ONU à la mi-juin. Il est temps que la France prenne ses responsabilités en reconnaissant l’État de Palestine. Le rapport de force à l’encontre du gouvernement israélien doit s’intensifier, notamment au travers des diplomaties internationales. Il faut aussi mettre dans les discussions la fin de la colonisation en Cisjordanie et dans les territoires occupés. En dépit des résolutions de l’ONU, les implantations de colonies israéliennes se sont intensifiées, parallèlement aux massacres commis à Gaza.

L’Espagne a non seulement reconnu l’État de Palestine, mais est aussi revenue sur des contrats d’armement avec le gouvernement israélien. La France a-t-elle tenu son rang ?

À l’image de Jacques Chirac, d’anciens chefs d’État ont été plus respectueux des peuples. Nous sommes passés d’une France de l’action à celle des communiqués. Auparavant, par notre indépendance diplomatique et les valeurs que nous portions, nous étions un pays respecté à l’international, y compris par les États-Unis. Lorsque la France a dit non à la guerre en Irak en 2003, nos concitoyens étaient rassemblés derrière cet objectif. Aujourd’hui, par son attentisme, Emmanuel Macron ne rassemble pas les Français.

Israël interdit depuis le 2 mars l’accès des convois humanitaires à Gaza. Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne, dénonce l’utilisation de cette aide « comme une arme et un outil politique pour atteindre ses objectifs illégitimes ». Partagez-vous cette analyse ?

Oui. Après les destructions des logements, des hôpitaux, des écoles, des réseaux d’eau, des tirs de snipers contre des enfants, la famine est imposée aux Gazaouis. Mais en réalité, l’utilisation de l’aide alimentaire comme une arme de guerre n’est pas nouvelle.

En mars 2024, lorsque j’ai conduit une délégation du PCF en Cisjordanie, des ONG nous alertaient des mesures mises en place par Israël pour affamer des quartiers. Ces crimes sont désormais commis à l’échelle entière de la bande de Gaza. Ce sont des crimes contre l’humanité avérés. L’ensemble des pays devraient dénoncer ce massacre. Ne rien faire c’est être complice.

11:03 Publié dans Actualités, Entretiens, International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fabien roussel, palestine | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!