24/09/2026
« La construction de grandes infrastructures d’IA ouvertes et transparentes est une urgence »

Cédric Villani, mathématicien et médaille Fields 2010, professeur des universités et membre de l’Académie des sciences, répond à nos interrogations sur les bénéfices et les risques de l’IA pour la recherche.
Comment appréhendez-vous l’IA pour la recherche scientifique ?
Cédric Vallani
Mathématicien, médaille Fields 2010, professeur des universités et membre de l’Académie des sciences
L’intelligence artificielle classe, explore, raboute, combine des éléments d’information, leur fait passer toutes sortes de filtres et d’opérations. Elle peut faire des explorations dans des corpus gigantesques, surhumains ; elle peut présenter de façon pédagogique des résultats compliqués ; le Giec ne se prive d’ailleurs pas de l’utiliser.
L’IA peut effectuer des diagnostics par rapprochement d’indices ; cela fait longtemps qu’elle excelle dans le diagnostic médical, mais elle peut aussi analyser des images satellites ou biomédicales, chercher des corrélations entre des courbes… bref, aller à la pêche à « quelque chose d’intéressant », que ce soit une irrégularité anormale ou une régularité anormale, et cela est souvent le point de départ d’une découverte ou d’une théorie scientifique.
Maintenant, l’IA peut également effectuer des vérifications dans un raisonnement, proposer des pistes, suggérer des programmes de recherche entiers, par analogie certes avec des choses déjà effectuées, mais cela déjà est énorme…
Et pour l’enseignement, quels sont les atouts et les dangers de l’IA ?
À l’élève motivé, l’IA apporte des moyens personnalisés de se développer, de se perfectionner, comme cela se fait depuis des années en langues. L’IA peut aussi fournir des références innombrables, faire des évaluations, suggérer des pistes. Se donner comme objectif de « faire mieux que l’IA » peut être motivant et intéressant.
Mais à l’élève manquant de motivation, l’IA sape la volonté et la concentration, et de façon générale sa promesse de paresse va à contre-courant de toute la philosophie de l’enseignement, où la clé est de se dépasser, d’étirer ses capacités pour se développer.
L’expérience a montré, ces deux dernières années, une augmentation en flèche du recours à l’IA pour faire les devoirs dans toutes les matières ; mais croire que l’on va progresser en dissertation en examinant le résultat proposé par l’IA, c’est un peu comme penser que l’on va progresser en course en faisant le trajet en voiture.
Est-ce que l’IA menace en profondeur les mathématiques ?
L’IA est nouvelle venue dans le champ d’application mathématique. Mais quel développement ! Il y a deux ans, c’était le niveau d’un lycéen, et à partir du printemps 2026, elle offrait des démonstrations de problèmes de recherche importants, culminant avec la publication, le 8 septembre, de la solution de deux problèmes extrêmement célèbres en mécanique des fluides.
« Le mot de cataclysme n’est pas trop fort. »
Au-delà de cet exemple historique, aujourd’hui, les logiciels commerciaux d’OpenAI et d’Anthropic produisent routinièrement, industriellement, des preuves mathématiques de bon à très bon niveau technique, et parfois avec des arguments magnifiques. Grave chamboulement sur toute la chaîne de l’évaluation.
Comment motiver les étudiants qui se disent que quelque part, quelqu’un va écrire le prompt correspondant à leur sujet et gagner tout le crédit de la découverte ? Comment recruter en sûreté ? La dévaluation de l’article par surabondance, la perte de sens derrière la multiplication foisonnante, l’érosion de l’art de la démonstration face à la puissance inhumaine de la machine…
Ce sont là des problèmes qui touchent déjà l’industrie culturelle en général, et que nous autres mathématiciens, habitués au temps très long, nous sentant à l’abri des soubresauts du monde, ne nous attendions pas du tout à vivre si tôt. Le mot de cataclysme n’est pas trop fort.
Comment faut-il réguler l’IA et à quelle échelle ?
Comment, nous ne savons guère… mais à très grande échelle. L’AI Act européen est un bon corpus de régulation, à mettre en œuvre… mais il ne touche que l’Union européenne. Pour ce qui est des usages, nous avons besoin de temps, d’une pause pour comprendre comment faire évoluer notre pratique et continuer à cultiver nos ressources majeures : étudiants, problèmes, idées.
Mais quand les majors américaines, elles aussi prises dans une compétition épuisante, tentent de négocier une pause, le président des États-Unis les rappelle à l’ordre : elles doivent travailler jusqu’à épuisement pour garder l’avance sur les IA chinoises !
De leur côté, les Chinois se disent qu’il est hors de question de laisser les entreprises américaines seules maîtresses du jeu ; cela est d’ailleurs dit dans un émouvant texte du programmeur Liu Shengyu, mélancolique à la pensée que son grand talent en programmation ait ouvert la voie à la fin de son propre art.
Pour la communauté mathématique, passe encore que toute la discipline soit chamboulée et qu’il faille se réinventer : nous pouvons nous consoler en nous disant qu’il y aura des pépites scientifiques sur le chemin.
Mais se dire que seuls deux géants capitalistes détiennent les infrastructures dont dépend cette réorientation, et que, en prime, les mathématiciens de ces entreprises ont accès à des outils maison encore plus perfectionnés… c’est une situation de dépendance et d’inégalité contraire à tous les principes du monde universitaire.
La construction de grandes infrastructures d’IA ouvertes et transparentes, au moins à l’échelle de l’Europe, est une urgence. Il faut pour cela de l’industrie, des capitaux, de la volonté politique.

20:20 Publié dans Actualités, Economie, Entretiens, Point de vue, Science | Lien permanent | Commentaires (0) |
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21/09/2026
Pour Alain Rouy, « les questions de paix devraient être au cœur des débats politiques »
À chaque 21 septembre, journée internationale de la paix, le constat est pire que l’année précédente. À peine l’année avait-elle commencée que Washington s’en prenait au Venezuela avec une rare agressivité, puis menaçait d’envahir le Groenland avant de bombarder l’Iran pour s’enliser dans un conflit finalement perdu.
Pour faire le point sur la situation, nous avons rencontré Alain Rouy, secrétaire national du Mouvement de la Paix.
Dans un précédent entretien, tu nous disais que « l’OTAN est une alliance offensive au service des puissances occidentales, États-Unis en tête ». Mais aujourd’hui la Commission européenne semble parfois plus belliciste que l’OTAN elle-même. Est-ce que cela ajoute une dimension supplémentaire à ton analyse ? Quels risques ça fait courir à la France ?
L’Union européenne a pris conscience que pour les États-Unis, l’enjeu crucial c’est désormais l’Asie ; pour l’OTAN, la Chine est devenue le « rival systémique », en clair l’ennemi n°1. D’où la crainte, voire la peur panique chez certains Européens, de voir les USA laisser tomber l’Europe et donc la nécessité de construire à marche forcée une défense européenne autonome. En réalité, la militarisation accélérée de l’Union européenne répond aux souhaits de l’OTAN de voir les pays européens porter à 5% du PIB leurs dépenses militaires, ce qui correspond à un transfert de charges des USA vers l’Union européenne. Le discours de l’autonomie européenne n’est qu’un enfumage pour l’opinion publique, car si les USA ne financent plus, ils restent les maîtres de l’Alliance atlantique et même accroissent la dépendance des Européens qui achètent leurs armes en majeure partie aux USA, avec un contrôle technologique américain sur leur utilisation. L’UE s’en remet encore davantage aux USA et à l’OTAN pour sa défense et en plus alimente l’industrie américaine de l’armement.
Les projets industriels européens d’avion et de char du futur sont abandonnés, au grand dam des industriels français en particulier, au moment où le président français se veut le champion de l’autonomie européenne. Inféodée à l’UE et à l’OTAN, la France est en train de perdre toute autonomie et pour cacher ce désastre, Macron joue sur la seule carte qui lui reste : l’arme nucléaire. Son nouveau concept encore très flou et élaboré dans l’urgence de « dissuasion avancée » impliquant d’autres pays européens qui bénéficieraient du parapluie atomique français est une nouvelle tentative de s’assurer un leadership européen en matière de défense. Sauf que cette nouveauté paraît aux militaires eux-mêmes incompatible avec la doctrine française actuelle de la dissuasion.
Les États-Unis initient des conflits qu’ils ne maîtrisent visiblement plus, l’Iran en premier lieu. On peine à comprendre leurs objectifs stratégiques. Comment expliques-tu cet acharnement ?
L’obsession de Trump, c’est la concurrence de la Chine qui met en cause la domination qu’il voudrait sans partage des USA. Les objectifs stratégiques, c’est d’avoir la main sur les ressources naturelles (Venezuela, Moyen-Orient) et maintenant sur les terres rares, c’est de contrôler les routes stratégiques (les détroits, Panama, le Groenland, la mer de Chine) et c’est de renforcer la présence militaire américaine dans le monde (Moyen-Orient, Asie, Amérique latine). Il s’agit de la vieille politique de la force qui croit pouvoir résoudre tous les problèmes à coups d’interventions militaires et de sanctions économiques. Les États-Unis n’ont pas tiré les leçons de leurs échecs, ils continuent de sous-estimer la capacité de résistance et de résilience des peuples et surtout ils se montrent incapables de réagir aux mutations géopolitiques en cours, à l’émergence des pays du Sud global qui refusent l’alignement et, comme les BRICS, refusent la domination du dollar sur l’économie mondiale et les diktats du G7 ou du Forum de Davos. Les partisans d’un nouvel ordre mondial souhaitent revitaliser l’ONU et pratiquer un multilatéralisme qui mette tous les pays à égalité. C’est tout ce qu’ont toujours combattu les États-Unis et leur acharnement est le signe de leur faiblesse, et en même temps une menace pour le monde en cas de fuite en avant comme on le voit au Proche et Moyen-Orient et comme on peut le craindre dans d’autres parties de la planète.
La situation ukrainienne se dégrade ces dernières semaines, notamment sur le plan économique avec la paralysie des exportations depuis Odessa. Si cette dégradation devait précipiter un effondrement, crains-tu une fuite en avant occidentale, un refus de négocier avec Moscou jusqu’au bout ?
Beaucoup dépendra des États-Unis, pour qui l’Ukraine n’est pas la priorité, contrairement aux dirigeants de l’Union européenne qui ne font rien pour favoriser une issue diplomatique au conflit. L’UE a torpillé les premières possibilités de faire cesser la guerre deux mois après l’invasion russe alors que les bases d’un accord, reprenant les accords de Minsk jamais appliqués, étaient sur la table. Les quatre ans d’une guerre qui s’est intensifiée et transformée sur le plan technologique avec les drones et les missiles montrent assez qu’il n’y aura pas de solution militaire et qu’à la fin, il y aura des négociations.
Chacun cherche à gagner du temps pour bénéficier d’un rapport de forces plus favorable et Poutine joue des différences d’intérêts entre Trump et les Européens. En attendant, ce sont les peuples, russe et ukrainien, qui paient les surenchères bellicistes, mais ce sont aussi tous les peuples d’Europe qui sont entraînés dans cette spirale de la militarisation à outrance. Les guerres de propagande par médias interposés étouffent les voix des pacifistes qui continueront jusqu’au bout à prôner les cessez-le-feu, les négociations, le règlement pacifique des conflits selon le principe de l’autodétermination des populations. Le camp de la paix reste beaucoup trop faible au niveau international ; les issues qu’il propose n’en restent pas moins les seules viables pour l’avenir.
Question rituelle pour un 21 septembre, mais avec la présidentielle en ligne de mire : comment le Mouvement de la Paix envisage-t-il le développement d’une mobilisation pacifiste dans les mois qui viennent ? On sait que la France est relativement à la traîne sur ce point, par rapport à ses voisins.
Ce que nous craignons, c’est qu’une nouvelle fois les candidats fassent l’impasse sur les questions de paix alors qu’elles devraient être au cœur des débats politiques. Comment parler de pouvoir d’achat si l’on ne remet jamais en cause l’accroissement considérable des dépenses militaires de notre pays ? Comment parler d’investissements dans la transition énergétique si l’on s’acharne à promouvoir une économie de guerre ? Comment fermer les yeux sur les dangers de l’intelligence artificielle utilisée en matière d’armes nucléaires ? Comment parler d’autonomie de la France en pratiquant le suivisme permanent sur l’UE, l’OTAN et les USA ?
Le Mouvement de la Paix ne manquera pas d’interpeller les candidats sur toutes ces questions et sur bien d’autres ; il utilisera toutes les opportunités pour faire la lumière sur les choix actuels en matière de défense et de politique étrangère et sur la nécessité de changer de paradigmes. Le 21 septembre verra toutes sortes d’événements dans tout le pays, des marches, des rassemblements, des fêtes de la paix, des concerts… Le 26 septembre, journée de l’ONU pour l’élimination des armes nucléaires mais aussi journée des marches pour le climat, on se mobilisera dans plusieurs villes de France. En novembre à New York aura lieu la première conférence d’examen du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) : interpellons nos dirigeants pour que la France y assiste, aux côtés d’une centaine de pays dont plusieurs pays européens, au moins à titre d’observateur. D’ici là aura commencé la discussion budgétaire : allons à la rencontre des parlementaires pour discuter des dépenses militaires en hausse à l’heure où il n’est question que d’économies sur tous les autres secteurs, la santé, le social, l’éducation. Avec les syndicats, avec l’ensemble de la société civile, avec les forces spirituelles comme le pape dans sa récente encyclique, posons la question de l’utilisation de l’argent au profit des œuvres de paix. Nous ne serons jamais assez nombreux pour faire évoluer les consciences.
Source Liberté Actus
19:08 Publié dans Actualités, Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paix 2026 |
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12/09/2026
Ian Brossat : « La gauche doit recréer une conscience de classe »
Ian Brossat, sénateur de Paris et porte-parole du Parti communiste, détaille les messages portés par son parti à la Fête de l’Humanité, occasion du lancement de campagne de Fabien Roussel.
La Marseillaise : La Fête de l’Humanité arrive ce week-end, l’occasion de lancer officiellement la campagne présidentielle de Fabien Roussel (PCF). Quels messages allez-vous porter ?
Ian Brossat : D’abord, c’est une rentrée qui se fait dans un climat particulier avec une question du pouvoir d’achat qui revient de manière très puissante. Différents éléments y contribuent : l’explosion du prix des carburants, une inflation galopante, l’augmentation du prix de l’alimentation et des difficultés accrues pour le monde du travail. Tout ça sur fond de salaires qui stagnent et une rémunération du travail qui ne permet pas du tout de faire face à l’augmentation des prix. Ça, c’est sur le plan social. Sur le plan environnemental, nous sortons d’un été qui a été meurtrier avec des incendies monstrueux, qui ont ravagé l’équivalent de 4 fois la surface de Marseille. La canicule a fait 8 000 morts, ce qui est absolument considérable. C’est l’équivalent de ce qui s’est passé lors de la canicule de 2003. Tout ça mis bout à bout, avec une crise écologique et une crise sociale qui prennent une dimension très forte, appelle une rupture majeure en matière de politique publique. Il y a besoin de changements radicaux par rapport à ce qu’on a connu au cours des dix dernières années avec Macron. C’est ce que nous voulons porter avec la candidature de Fabien Roussel.
La lutte contre l’extrême droite doit aussi être abordée ce week-end. Comment la combattre ?
I.B. : Je dirais de deux manières. Premièrement, en dénonçant les impostures de l’extrême droite. L’extrême droite veut nous faire croire qu’elle propose des solutions à ceux qui n’arrivent pas aujourd’hui à boucler leur fin de mois. La réalité, c’est que le RN, dans les institutions où il siège, est l’ennemi des travailleurs. L’extrême droite vote main dans la main avec la macronie contre l’augmentation du SMIC, contre le rétablissement de l’impôt de solidarité sur la fortune, contre les prélèvements sur les milliardaires. En réalité, il y a une grande duplicité de l’extrême droite qui veut nous faire croire qu’elle est l’amie des travailleurs et qui, dans les institutions, se comporte en pur valet du capital. Ça, c’est la première chose. La deuxième, c’est que pour faire reculer l’extrême droite, il faut que la gauche redonne espoir et surtout qu’elle recrée de la conscience de classe. La réalité, c’est que - et ce sera le message que Fabien Roussel portera tout au long de la campagne - pour gagner le monde du travail, la classe travailleuse doit être unie, par-delà les différences de couleur de peau ou de religion. Ce qui doit nous unir, ce sont nos intérêts communs. Et pour faire triompher nos intérêts communs, il ne faut pas laisser s’installer le venin de la division, ce que l’extrême droite fait matin, midi et soir.
La candidature de Fabien Roussel a été pointée par certains comme pouvant entraîner une division des voix à gauche.
Que répondez-vous ?
I.B. : Dans la Ve République, la gauche n’a jamais gagné avec un candidat unique au premier tour. Elle a eu un candidat unique à deux reprises, en 1965 et en 1974. Dans les deux cas, cela s’est traduit par un échec. Lorsque la gauche a gagné, elle a pu s’appuyer sur des candidats divers au premier tour qui lui ont assuré la victoire au second tour grâce à un total des voix de gauche plus conséquent. Notre candidature n’est pas là pour affaiblir la gauche ou pour concurrencer d’autres candidats de gauche. Elle vise à élargir le socle de la gauche et à faire en sorte qu’on soit plus fort au second tour, pour battre la droite et l’extrême droite. Ensuite, parmi les différents candidats de gauche qui se présentent, il y a des propositions différentes qui sont faites. Ça ne serait pas honnête de les passer sous silence et de faire semblant qu’on est d’accord sur tout. Prenons l’exemple très concret du nucléaire. Si nous voulons diminuer notre empreinte carbone, ce qui est fondamental, il faut diminuer nos importations et donc réindustrialiser notre pays. Or, pour développer une industrie propre, une industrie verte, il faut qu’on puisse s’appuyer sur des énergies décarbonées. C’est la raison pour laquelle nous sommes favorables à un mix énergétique nucléaire renouvelable. Nous sommes d’ailleurs le seul parti politique à gauche à défendre le nucléaire, non pas comme une obsession, mais simplement parce que c’est une condition indispensable pour réindustrialiser notre pays.
11:00 Publié dans Actualités, Fête Humanité, Point de vue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ian brossat, pcf |
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07/09/2026
Après la Saxe-Anhalt, en finir avec l’impasse populiste
Dimanche 6 septembre 2026, en Saxe-Anhalt, le parti AfD a obtenu près de 44% des suffrages exprimés, dans un scrutin où la participation est en très forte hausse. Des néonazis peuvent aujourd’hui envisager de pousser les portes du pouvoir en Allemagne.
Comment en est-on arrivé là ? Une analyse historique et politique singulière poussée devra permettre de connaître les raisons propres liées à l’Allemagne et en particulier à cette partie du pays réunifiée, mais aussi à des politiques austéritaires imposées par une construction européenne libérale, d’un si terrible résultat… Mais, ici comme ailleurs, le constat est amer : le populisme affaiblit la gauche et la pousse dans une impasse en la mettant en tenaille entre les différents tenants du capitalisme, entre ses courants libéraux, sociaux, autoritaires et communautaires.
Succombant d’un côté aux sirènes populistes et ralliée de l’autre côté au renoncement dicté par les thèses de la fondation Terra Nova, la gauche ne parle plus au monde du travail. Elle ne propose pas une politique de classe cohérente, un projet de société de rupture, le socialisme.
Elle est incapable de mener une alliance des classes populaires actuelles, contre l’exploitation au travail et toutes les dominations dans la société. Ainsi en Allemagne, après l’échec des coalitions sociales-libérales CDU-SPD-Verts, le seul parti qui parvenait à résister dans ce Land est-allemand à cette poussée de l’extrême droite, Die Linke, cède du terrain et se voit même concurrencé par BSW.
La conclusion saute aux yeux : avec la compromission totale de la social-démocratie au libéralisme, le populisme de gauche en tant que néo-gauchisme, s’il paraît un temps capable de rivaliser avec l’extrême droite, ne parvient pas à proposer une alternative crédible pour une majorité à gauche.
Pire, le populisme de gauche ouvre systématiquement la voie à la victoire, au mieux, d’un populisme libéral-autoritaire et au pire d’un national-populisme autoritaire. Cela s’est vérifié dans de nombreuses régions du monde. Nous vivons le temps des populismes. Partout, ils prennent le pouvoir. C’est une impasse mortifère. Le monde subit une régression sociale et démocratique, avec la menace environnementale et climatique et la multiplication de guerres mondialisées, en raison d’un capitalisme prédateur de l’humanité et de la nature. Mais alors, comment sortir de ce cycle régressif ? Que faire ?
Là encore, la réponse est peut-être sous nos yeux. Voyons ce qui se passe dans les États-Unis de Trump où les démocrates se convertissent de plus en plus au socialisme et aux politiques sociales afin de gagner les élections (et où ils sont même taxés de communistes !).
Regardons ce qui se déroule au Brésil et le combat face à Bolsonaro d’une alliance comprenant les communistes. Ou encore en Espagne (qui était pourtant le terreau d’expérimentation du populisme de gauche avec Podemos), ou encore à Graz en Autriche. L’espoir est là. Et à chaque fois, les communistes prennent leurs responsabilités. Là où ils ne tombent pas dans la facilité et les raccourcis populistes néo-gauchistes, la gauche parvient à gagner les élections et à retrouver des majorités. La réponse réside dans le rassemblement populaire majoritaire sur des bases sociales de classe et non sur des terrains identitaires qui divisent et scindent la société.
En France, ce même 6 septembre 2026, une bonne nouvelle a été annoncée : les communistes ont choisi à plus de 72% de présenter un candidat à l’élection présidentielle de 2027. Le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, portera cet espoir, celui du rassemblement populaire majoritaire.
Il est temps de sortir de cette impasse régressive populiste et de réinventer une issue progressiste et révolutionnaire de transformation sociale de classe et de dépassement du capitalisme : l’édification du socialisme et d’un développement répondant aux défis humains, sociaux, économiques et environnementaux du monde.
« Vivre ! », lance Fabien Roussel sur son affiche. C’est l’ambition de s’adresser à nouveau aux classes laborieuses : ça vaut le coup de retrouver le chemin de la politique !
18:56 Publié dans Actualités, Economie, International, Point de vue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : allemagne, populisme |
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28/08/2026
A Trappes, une vente solidaire avec le PCF, la CGT et le MODEF pour garantir des prix accessibles et une rémunération juste aux producteurs
À Trappes, la vente solidaire co-organisée par le Modef, la CGT et le PCF a attiré une foule nombreuse venue acheter des fruits et légumes à des prix abordables. Sous les barnums installés devant la gare, producteurs et consommateurs se sont retrouvés autour d’une même exigence : accéder à une alimentation de qualité sans sacrifier le revenu des agriculteurs.
19:47 Publié dans Actualités, Planète | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : trappes, vente solidaire |
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