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02/06/2026

La Marine et les peintres. Quatre siècles d’art et de pouvoir

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À l’occasion des 400 ans de la Marine, l’exposition explore, à travers près de 150 œuvres, les liens entre création artistique, pouvoir et imaginaire maritime du XVIIe au XXe siècle

Dans le cadre de l’anniversaire des 400 ans de la Marine en 2026, le musée national de la Marine invite à poser un nouveau regard sur les peintres du XVIIe au XXe siècle qui ont été les témoins de l’évolution du monde maritime et de la conquête des mers.

Ce sujet méconnu du grand public, encore peu voire jamais abordé, est traité de manière chronologique à travers près de 150 peintures et plus de 90 artistes. La scénographie se déploie depuis l’essor de la Marine sous Louis XIII jusqu’aux visions modernes du siècle dernier, en assumant des accrochages denses et de grands formats immersifs.

Ravitaillement de l'île de Ré par Claude de Razilly, 1627. Peinture de Claude Vignon (1642)
Ravitaillement de l’île de Ré par Claude de Razilly, 1627. Peinture de Claude Vignon (1642)

À partir du XVIIe siècle, l’affirmation du pouvoir souverain se manifeste aussi à travers les arts. Alors que la spécificité du genre de la peinture de marine, rattaché au paysage, insuffle une nouvelle perception de la mer, des navires et des milieux maritimes, des peintres sont mobilisés à travers les époques pour magnifier les images de la Marine et de l’univers marin : Claude Gellée dit Le Lorrain, Joseph Vernet, Théodore Gudin, Antoine-Léon Morel-Fatio, Édouard Manet, Félix Ziem, Paul Signac, Albert Marquet, Mathurin Méheut ou encore Marin-Marie.

Outre la diversité des genres, du pittoresque au drame historique, le parcours s’intéresse aux relations entre art et pouvoir, à travers la façon dont le monde militaire marin et l’Histoire navale ont été représentés. Le public est invité à comprendre les liens, parfois complexes, entre la Marine et les artistes, l’évolution de leurs rôles, la singularité de leurs parcours et la variété de leurs statuts : peintres pour les mers du roi, peintres de la Marine du roi, puis peintres inscrits en 1830 sur la liste des officiers de la Marine (on dit aussi « sur l’Annuaire de la Marine »), avant la création d’un statut de peintres du département de la Marine en 1920, préfiguration du corps des Peintres communément appelés désormais Peintres officiels de la Marine (POM), sans oublier ceux qui ont travaillé autour des institutions militaires et artistiques.

L’exposition suit une progression chrono-thématique et explore les enjeux historiques et esthétiques, selon les contextes politiques, militaires et académiques. Cette peinture de marine a connu des métamorphoses et des analyses critiques contrastées : cette expression hybride tributaire du paysage, à travers les influences nordiques et italiennes, conquiert une transcription de plus en plus sensible, impressionniste et imaginative de la mer. Elle se nourrit des codes de la peinture de bataille pour représenter les batailles navales historiques et modernes mais aussi de la rhétorique de la peinture savante qui mêle la fable et l’histoire, que ce soit pour des grands décors ou des portraits historiés.

Vue d'un port avec un navire en construction. Peinture de Jean-Baptiste de La Rose (vers 1665)
Vue d’un port avec un navire en construction. Peinture de Jean-Baptiste de La Rose (vers 1665)

L’apogée du fait moderne après la Révolution française se retrouve ainsi dans les peintures de bataille navale classique, dans le sillage du génie de Joseph Vernet au XVIIIe siècle. La bataille navale n’est pas la seule catégorie du genre naval. Le portrait de navire, la vue de port ou d’arsenal et surtout la fête maritime constituent les autres registres de ce répertoire où la Marine est célébrée ou à travers lesquels elle promeut ses équipements ou sublime les limites et les échecs du fait naval.

À partir de 1870, la peinture de genre s’intéresse davantage à la condition sociale du marin et à la sensibilité maritime et envahit la peinture d’histoire, instaurant ainsi une peinture militaire plus spécialisée et moins soucieuse des grands panoramas grand genre. Les codes de la bataille navale académique s’estompent au bénéfice d’un académisme pénétré par le genre et le renouvellement du style. N’oublions pas le portrait qui n’a de cesse, du XVIIe siècle au XXe siècle, d’exhiber la stature et l’expression des hommes de pouvoir et de commandement. Confrontée aux avant-gardes du XXe siècle, ces représentations évoluent tout en conservant leurs spécificités plastiques.

Alors que le développement de la navigation de plaisance, des stations balnéaires et des bains de mer va changer l’image des activités nautiques et de la mer, les artistes voués au théâtre de l’histoire navale et aux scènes de naufrage vont modifier aussi leur approche.

Le port de Rochefort. Peinture de Louis Garneray (1820)
Le port de Rochefort. Peinture de Louis Garneray (1820)

À cette ouverture, sur le fond comme sur la forme des techniques employées, vont s’ajouter des fractures aussi bien historiques, pendant la Seconde Guerre mondiale, et même après, qu’esthétiques, à travers des choix parfois divergents entre les différents types de réalismes et les formules abstraites. S’ajoutent aussi les dimensions documentaires, la diffusion des images, le positionnement des artistes et de l’institution ainsi que l’art comme fruit d’une expérience embarquée.

La conquête et la traversée des mers ont suscité également celle des images. Quand l’art révèle, dans la variété de ses formes et de ses moyens, la force de l’engagement et l’expérience individuelle du peintre, il offre au public ses mythes autant que sa part de transcription du réel. C’est cette part composite qu’une telle exposition hautement mémorielle entend restituer.

Renseignements pratiques
Exposition La Marine et les peintres. Quatre siècles d’art et de pouvoir
Musée national de la Marine de Paris — 17 place du Trocadéro — 75016
Jusqu’au 2 août 2026
Sites Internet : https://www.musee-marine.fr
Page Facebook : https://www.facebook.com/museemarinepar

Source La France Pittoresque

Marine, tableaux

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29/05/2026

La ministre communiste du Travail Yolanda Díaz revendique le succès du modèle social espagnol

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Confrontations avec Bruxelles, tensions avec les socialistes, résistance face à Washington… Principale figure de l’aile gauche du gouvernement de coalition, Yolanda Diaz, deuxième vice-présidente du gouvernement espagnol, ministre du Travail et de l’Économie sociale, revient sur les leçons à tirer des succès espagnols face au néolibéralisme. Entretien exclusif avec « l’Humanité magazine ».

Avec ses bons résultats macroéconomiques, l’Espagne devient une référence pour la gauche européenne. Votre gouvernement est-il en train de démontrer que la croissance peut aller de pair avec davantage de droits et de progrès sociaux pour les travailleurs et les travailleuses, à contre-courant des politiques promues par l’UE ?

Yolanda Diaz

Ministre du Travail et de l’Économie sociale

Les néolibéraux ont un adage qui dit – depuis plus de trente ans – que si l’on protège trop il ne peut y avoir ni croissance ni efficacité économique. Le succès espagnol, résultat en très grande partie des politiques que nous avons conçues dans ce ministère, démontre que cette affirmation est scientifiquement fausse.

L’échec de la réponse néolibérale de l’Europe face à la crise financière de 2008, avec ses politiques d’austérité, avait déjà constitué une leçon.

Les technocrates de Bruxelles, « les hommes en noir » de la troïka, avec leurs coupes budgétaires brutales, n’ont fait qu’aggraver les problèmes. Il n’y a eu aucune efficacité économique, et les effets sociaux ont été terribles. Ici, c’était la droite – le Parti populaire (PP) – qui dirigeait le pays à cette époque, et le résultat de ses politiques a été plus de déficit public, moins de services publics, un chômage à 27 %…

C’est clairement une autre voie que l’Espagne suit aujourd’hui…

Nous suivons le chemin totalement opposé, qui s’est avéré fructueux, en nous appuyant principalement sur deux leviers. D’une part, l’augmentation du salaire minimal, avec une hausse de 66 %. Et ses résultats actent la défaite du néolibéralisme, car tout le monde – les experts, les banques centrales… – disait qu’avec cette stratégie nous allions détruire des emplois.

Non seulement cela n’a pas été le cas, mais aujourd’hui l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), le FMI (Fonds monétaire international) et même la Commission européenne elle-même soulignent justement que le succès espagnol est largement obtenu grâce à l’augmentation du salaire minimal. L’autre pièce maîtresse est notre réforme du travail adoptée en 2022.

Celle-ci va aussi à contre-courant de la « flexibilité » tant louée par les libéraux, et la Commission européenne a été obligée de reconnaître ses mérites ; elle vient d’ailleurs de publier un nouveau rapport élogieux sur la transformation structurelle du marché du travail que nous menons.

Nous avons établi un cadre qui donne plus de stabilité aux travailleurs et travailleuses, plus de pouvoir de négociation, plus de force aux syndicats. De nouvelles règles qui incluent des mécanismes protégeant à la fois l’emploi et le salaire, empêchant leur dévaluation. Le résultat saute aux yeux, avec des chiffres que personne ne peut nier : plus d’emplois, un record de cotisations sociales, une augmentation des recettes fiscales…

Ainsi, par les faits, nous démontrons que la thèse néolibérale est fondamentalement fausse et que c’est en protégeant et en donnant plus de droits aux travailleurs et travailleuses que l’économie croît. Notre succès ne réside pas seulement dans les chiffres, mais dans le fond théorique qui les soutient. Les néolibéraux sont vaincus intellectuellement, il reste maintenant à les vaincre politiquement, démocratiquement.

La leçon, pour les voisins européens, c’est qu’il faut oser aller à l’affrontement avec Bruxelles ?

Absolument. La réforme du travail que j’ai impulsée depuis ce ministère a impliqué un duel avec les technocrates de Bruxelles – qui sont ceux qui orientent réellement les décisions.

Nous avons dû négocier durement. J’ai eu plus de 60 réunions avec eux, ce fut difficile mais à la fin nous avons gagné, et nous avons pu mettre en œuvre une réforme novatrice à bien des égards.

La leçon à tirer est donc que, oui, il faut se battre pour le modèle social que nous voulons, et je m’inquiète de voir le chemin opposé que beaucoup suivent en Europe : régression sociale, dérégulation, austérité… L’Espagne prouve que la voie progressiste peut être une réussite.

Mener à bien cette réforme a aussi impliqué une lutte interne : tout le monde n’y était pas favorable au sein du gouvernement…

Effectivement, ce fut une bataille qui a également impliqué de vives discussions au sein du gouvernement, qui a failli éclater car le Parti socialiste (PSOE) ne voulait pas de cette réforme. Disons les choses clairement : l’Espagne avait déjà connu 52 réformes du travail, toutes menées par le PSOE ou le PP, et toujours dans la même direction.

La seule visant un progrès social et qui s’avère réellement efficace pour résoudre nos problèmes est la nôtre, et je crois que nous pouvons dire, en toute humilité et honnêteté, que les grands changements réalisés récemment dans notre pays, et les succès dont se targue aujourd’hui le président du gouvernement Pedro Sanchez, viennent de Sumar (le parti politique qui représente la gauche du gouvernement – NDLR).

En ce moment même, nous avons une grande discussion au sein du gouvernement concernant un des principaux problèmes auquel l’Espagne fait face : celui du logement. De notre côté, nous considérons que l’État a l’obligation d’intervenir sur les prix des loyers, en considérant le logement comme un droit fondamental.

Malgré toutes ces tensions internes, quelle a été la recette du succès pour maintenir ce gouvernement de coalition ?

Nous gardons les idées claires sur ce que nous voulons faire. Pour ma part, je viens au gouvernement pour représenter les travailleurs et les travailleuses de mon pays, et je suis très fière d’être la première ministre à descendre dans la rue pour manifester chaque 1er-Mai.

C’est aussi la première fois que nous avons un ministère du Travail qui n’est pas sous la tutelle du ministère de l’Économie. Ma mission est limpide. Partant de là, il n’y a pas d’autre voie que de négocier…

Avec les partenaires sociaux, avec les autres membres de la coalition, avec le patronat… C’est très dur mais nécessaire, et notre détermination est totale car nous sommes animés par l’objectif de faire avancer les droits sociaux de la population.

Il est clair que ce gouvernement, et particulièrement son aile gauche, s’efforce de faire des droits sociaux les piliers de ses politiques, et que ses résultats sont probants. Cependant, nous constatons que la droite et l’extrême droite continuent de se renforcer en Espagne, malgré le fait qu’elles ont un agenda antisocial. Comment l’expliquer ?

Comme je le mentionnais antérieurement, le néolibéralisme est intellectuellement vaincu, mais le défi, désormais, pour nous les gens de gauche, est de vaincre ses représentants dans les urnes. C’est un sujet très complexe. L’extrême droite, ici et ailleurs, a su profiter politiquement du mal-être social existant, en le canalisant à travers une lecture simplifiée – et manipulatrice – de la réalité.

D’un point de vue global, nos sociétés se trouvent dans un moment non seulement terrible à cause des guerres, mais aussi marqué par une grande incertitude. Nous vivons un changement d’époque avec de profonds bouleversements technologiques, climatiques… Quand on interroge les Espagnols sur les réformes menées par ce ministère, nous constatons que nos mesures sont très positivement évaluées, par tous les électeurs, de manière transversale.

Alors, comment est-il possible que des personnes – des jeunes, des migrants, des travailleurs – qui sont agressées par les politiques défendues par les extrêmes droites puissent voter pour elles ? Il y a là un grand défi pour les gauches, mais il m’apparaît clair qu’en tant qu’acteurs politiques nous devons transformer les politiques publiques en actions avec des résultats qui améliorent concrètement la vie des citoyens, en réfutant par les faits les discours manipulateurs des droites.

Vous mentionnez le contexte international. Votre gouvernement et vous-même directement avez adopté une position ferme face au président des États-Unis. L’Espagne est-elle en train de montrer au reste de l’Europe qu’il est possible de dire non à Washington ?

Dire non à Washington est non seulement possible, mais aussi impératif, et cela relève d’un impératif démocratique majeur. Nous ne sommes pas les vassaux de Trump, et personne sur ce continent ne devrait accepter la façon dont la Commission européenne s’est conduite.

Le comportement de soumission qu’a adoptée Mme von der Leyen face au président des États-Unis devrait être inacceptable pour l’Union européenne.

Nous sommes un poumon, un espace politique, économique et social de première importance dans le monde. Pour notre part, nous n’acceptons aucune attitude de vassal.

Il est impossible de ne pas parler de la Palestine. Votre gouvernement a adopté des positions particulièrement courageuses face à Israël, se distinguant une fois de plus au niveau européen… Qu’est-ce qui vous pousse à agir de la sorte, presque en solitaire ?

N’oublions pas que nous – Sumar – avions incorporé la question de la reconnaissance de l’État palestinien, après d’intenses négociations avec le PSOE, dans les discussions qui ont permis l’accord de gouvernement de juillet 2023, c’est-à-dire avant la guerre criminelle débutée en octobre de cette année-là.

Partant de là, nous avons continué à gagner du terrain. La première étape a été de reconnaître que nous étions face à un génocide. La deuxième a été de nous joindre à la plainte déposée par l’Afrique du Sud devant la Cour pénale internationale.

Nos voisins auraient-ils oublié que Benyamin Netanyahou fait l’objet d’un mandat d’arrêt international ? La semaine dernière, nous avons de nouveau reçu la rapporteuse des Nations unies, Francesca Albanese, et nous étions d’accord sur le fait qu’il ne pouvait exister, au niveau international et lorsqu’on parle de sanctions, de deux poids deux mesures.

Nous devons rompre radicalement les relations commerciales avec Israël. D’ailleurs, depuis le ministère des Droits sociaux et de la Consommation que dirige Pablo Bustinduy, nous faisons pression et nous sanctionnons les entreprises espagnoles qui commercent avec Israël, car ce pays viole le droit international.

Pedro Sanchez promeut l’annulation de l’accord commercial entre Israël et l’Union européenne…

Évidemment, et s’il n’y parvient pas, nous le pousserons à prendre des mesures unilatérales. Nous continuerons à pousser les socialistes et le président à être à l’avant-garde sur le dossier palestinien. Il n’y a d’ailleurs rien de révolutionnaire dans ce que nous faisons : nous défendons simplement la légalité internationale.

L’histoire nous jugera tous. Le peuple palestinien se fait massacrer, des enfants continuent de mourir chaque jour, les fonctionnaires de l’ONU sont maltraités. Israël commet ce que nous n’aurions jamais imaginé voir au XXIe siècle. Face à cela nous aimerions faire encore beaucoup plus. Mais la véritable question devrait être : pourquoi les autres n’agissent-ils pas ?

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01/05/2026

Les enfants de Gaza, ils apprennent même par terre sans chaises et sans tables ni tableaux, ils apprennent avec détermination, volonté et courage

 
Malgré une situation dramatique et tragique et malgré le manque de classes et de matériel éducatif dans une région dévastée, les enfants de Gaza apprennent même par terre sans chaises et sans tables ni tableaux.
 
Ils apprennent avec volonté et insistance, avec détermination et courage
L'apprentissage pour eux est sacré en dépit de leur contexte très difficile
C'est un signe positif pour l'avenir
 
Ces enfants motivés gardent espoir pour l'avenir
Bravo à ces enfants palestiniens courageux.
 
Des enfants horrifiés , angoissés et effrayés mais patients
Des enfants malheureux, mais qui continuent d' apprendre avec le soutien de leurs familles et l'encadrement de leurs enseignants
 
Des enfants privés de tout mais confiants
Des enfants tristes mais vivants
Des enfants qui aiment la vie tout simplement.
 

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(1) Ziad Medoukh est directeur du département français de l’université Al-Aqsa de Gaza.
Amoureux de la langue française qu’il considère comme « la langue de la paix et de l’espoir, la langue du témoignage et de la résistance », il a poursuivi ses études supérieures en France, obtenant un doctorat en didactique des langues à l’Université Paris viii.
 
Écrivain et poète, il a notamment publié en 2012 Gaza, Terre des oubliés, Terre des vivants, un recueil de poésies sur sa ville natale et l’amour de sa patrie.
 
Il est le premier citoyen palestinien à avoir obtenu, en 2011, la distinction de chevalier de l’Ordre des Palmes académiques de la République française. Il a remporté le premier prix du concours Europoésie en 2014 et le prix de la poésie francophone pour ses œuvres poétiques en 2015.

Mais Ziad Medoukh est aussi un artisan de paix et un militant de la non-violence. Fondateur en 2004 du Centre de la paix, au sein de son université, il est convaincu de l’importance de l’éducation et de la non-violence comme formes de résistance.
 
Il organise régulièrement des rencontres et des formations sur les droits humains, la démocratie, la non-violence, la tolérance et la paix, particulièrement pour les enfants et les familles, durement touchés par les bombardements depuis des années.
 
En 2014, après la sanglante offensive militaire israélienne contre la bande de Gaza, il crée une cellule de soutien psychologique pour les enfants traumatisés, qui intervient dans les écoles, les jardins d’enfants, les centres d’accueil…
 

12:11 Publié dans Actualités, International, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gaza, enfants | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!

11/04/2026

Industrie et paix, rencontre avec Pierre Bell-Lloch Maire communiste de Vitry sur Seine, de grands projets pour développer sa ville

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Le maire communiste de Vitry-sur-Seine n’est pas peu fier de sa victoire. En réunissant 46,7% des voix au second tour, Pierre Bell-Lloch et sa liste ont transformé l’essai de 2020 et se sont donné les moyens d’engager la transformation de la ville. Nous l’avons rencontré.

Avec quelque 2 680 voix d’avance sur le candidat de la France insoumise Hocine Timini, Pierre Bell-Lloch fait preuve de son ancrage et d’un bilan apprécié par la population. Le dernier mandat municipal fut mouvementé dans tout le pays, puisqu’il fut entamé pendant la pandémie du Covid-19. Mais à Vitry-sur-Seine, les six dernières années ont été encore plus chahutées, en raison d’une opposition farouche de la part de la France insoumise et d’anciens élus de la majorité communiste, depuis en désaccord avec les décisions majoritaires de leur Parti.

Mais rien n’y fait. La nouvelle majorité municipale, forte de son bilan, a proposé un programme ambitieux aux Vitriots. Sur une trentaine de pages, elle n’aligne pas moins de 94 propositions « pour changer la ville et la vie ». C’est peut-être ce qui a permis au Maire sortant d‘obtenir un tel résultat. Une vision de long terme et la promesse de « Bâtir le Vitry de demain ».

 

Dans le programme, il y a la création d’une régie publique pour l’insertion professionnelle. Au-delà de ce projet, on voit qu’une importance particulière est portée à l’emploi et au développement économique. Quels sont les grands axes, les grands projets qui vont structurer les sept prochaines années sur cette question ?

Notre pays connaît depuis des décennies maintenant un taux de chômage structurel important, malgré une légère amélioration après le confinement. À Vitry-sur-Seine, le chômage est de 7,5% et il touche particulièrement notre jeunesse. Cette régie publique permettra un meilleur accompagnement des précaires et des jeunes vitriots parfois en manque de repères face au marché du travail. Nous avons d’ailleurs déjà mis en place un forum pour l’emploi.

Pour le mandat qui s’annonce nous prévoyons d’accueillir 1 000 nouveaux emplois sur la ville, dans le transport et la logistique notamment. L’ouverture de la nouvelle Gare des Ardoines et la rénovation du centre-ville tracent des perspectives importantes en termes d’emploi.

Comme l’ensemble de la petite couronne, notre ville a été marquée par la casse industrielle. Nous avons connu le départ d’entreprises importantes. Les libéraux voudraient nous résoudre à accepter des emplois peu qualifiés et mal payés. Je pense au contraire que l’industrie a un avenir. Si le gouvernement s’en donnait les moyens nous pourrions former des centaines de milliers d’ingénieurs et d’ouvriers qualifiés à des postes mieux payés et plus productifs. Par ailleurs, sans tissu industriel, nous le savons, aucun service public n’est possible.

 

Vitry profite de l’arrivée d’une nouvelle ligne de métro. C’est, on l’imagine, une excellente nouvelle. Mais on imagine aussi que cela nécessitera de nouvelles infrastructures (notamment la réhabilitation de la passerelle reliant Alfortville à Vitry). C’est une véritable transformation de la ville qui est prévue, et cela devrait augmenter sensiblement le nombre d’habitants dans les prochaines années, non ?

L’arrivée de la ligne de métro 15 est en effet une excellente nouvelle pour notre ville. Cela permettra d’accroître la mobilité des Vitriots et de renforcer l’attractivité de notre ville, malgré le retard pris. Un grand plan de rénovation du cœur de Vitry-sur-Seine est par ailleurs en cours, avec pour objectif de permettre aux habitants d’aujourd’hui, en logement social, de continuer à y vivre, car la modernité doit profiter à toutes et tous indépendamment des revenus !

000 nouveaux logements de tous types seront construits lors du prochain mandat. Vitry va s’agrandir tout en restant une ville équilibrée.

 

« Une ville de résistance, protectrice face à un monde devenu insensé. Une ville qui lutte pour la paix entre les peuples ». C’est dans cette veine qu’est prévue la création de la Maison de la Paix et de la solidarité internationale. C’est une première. Cette maison promet de « faire vivre la culture de Paix ». Concrètement, en quoi cela consiste ?

Nous vivons une période dangereuse. La remise en cause de l’hégémonie américaine sur le monde entraîne un redoublement de l’agressivité de Washington. La guerre commerciale, l’enlèvement de Nicolás Maduro et de son épouse, l’aggravation du blocus contre Cuba, les bombardements sur l’Iran et le soutien à la politique colonialiste israélienne sont autant de menaces pour la paix mondiale. Situation d’autant plus inquiétante que notre gouvernement semble prompt à s’aligner sur les positions étatsuniennes. On parle même de la nécessité de « sacrifier nos enfants ».

À Vitry nous refusons les logiques de guerre. Nous sommes nés du refus de la guerre après la boucherie de 14-18. Il est pour nous impensable de plonger dans un nouveau carnage sans réagir. Cette Maison de la Paix et de la solidarité internationale aura pour but de promouvoir la culture de paix et la solidarité entre les peuples. Les associations joueront un rôle central de promotion de leurs actions, nous avons besoin de plus de bénévoles, de militants engagés pour les droits et la paix.

 

Un dernier mot sur cette victoire, malgré cette campagne difficile ?

Cette campagne n’a pas eu la hauteur que j’aurais souhaité pour les habitants de Vitry. Nous n’avons, en réalité, que trop peu débattu de nos projets pour l’avenir de la ville. L’opposition a en effet décidé de jouer sur les peurs au lieu de s’adresser à l’intelligence des électeurs. Presque toute la communication des listes d’opposition s’est concentrée sur le fait de dénoncer un projet d’incinérateur qui n’existe pas.

Pour les années à venir, la municipalité sera chargée à travers des consultations citoyennes de faire vivre le débat de fond sur les projets structurants de notre ville. Entre l’ouverture de nouvelles salles des fêtes, la mise en place d’une équipe de médiateurs et la rénovation des logements, les sujets ne manqueront pas, tous au service des Vitriots et de la transformation sociale et écologique.

Le résultat des urnes est venu récompenser une campagne qui s’est refusée à jouer sur les peurs ou à alimenter des polémiques stériles. Je voudrais donc conclure par une note positive en vous disant que le travail collectif et la lutte peuvent payer ! À Vitry nous continuerons à nous y employer tout au long de ce mandat.

Source Liberté Actus

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31/03/2026

« No Kings », la rue américaine teste les limites du pouvoir

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Ce 28 mars, des manifestations baptisées « No Kings » ont rassemblé plusieurs millions de personnes à travers les États-Unis, selon diverses estimations militantes et médiatiques.

Ce mouvement, né de l’opposition à la présidence de Donald Trump, semble désormais dépasser la seule contestation partisane pour exprimer une inquiétude plus large face à la guerre, à l’économie et à la concentration du pouvoir exécutif. Derrière les slogans, c’est la stabilité politique américaine qui se trouve mise à l’épreuve.

 

Une mobilisation massive, mais aux chiffres encore débattus

La journée du 28 mars 2026 s’inscrit dans une séquence de protestations amorcée en 2025. Les organisateurs évoquent une participation de plusieurs millions de personnes réparties dans des milliers de villes américaines, ce qui en ferait l’une des mobilisations les plus importantes de ces dernières décennies. Toutefois, comme souvent dans ce type d’événements, les estimations varient fortement selon les sources et doivent être interprétées avec prudence.

Des rassemblements significatifs ont été signalés dans des métropoles comme New York, Washington, San Francisco ou Minneapolis. Des personnalités politiques et culturelles y ont pris la parole, dénonçant ce qu’elles perçoivent comme une dérive autoritaire du pouvoir exécutif et une politique étrangère jugée risquée.

Le slogan « No Kings » — littéralement « Pas de rois » — renvoie explicitement à l’héritage de la Révolution américaine et à l’idée que le président ne doit pas concentrer un pouvoir excessif. Cette référence historique vise à inscrire le mouvement dans une tradition civique plutôt que révolutionnaire.

 

Guerre, inflation et immigration : les moteurs d’une colère diffuse

Au-delà de la contestation personnelle du président, plusieurs facteurs structurels semblent alimenter la mobilisation. Le premier concerne la politique étrangère. L’engagement militaire américain contre l’Iran, coûteux et incertain, a ravivé le spectre des guerres longues et impopulaires. Les manifestants soulignent le contraste entre les dépenses militaires et les difficultés économiques des ménages américains.

Le second facteur est économique. L’augmentation des prix de l’énergie, de l’alimentation et du logement pèse sur les couches moyennes, traditionnellement pilier de la stabilité politique américaine. Cette pression sociale contribue à élargir la base des manifestants au-delà des milieux militants habituels.

Enfin, la politique migratoire. Les opérations menées par les services fédéraux d’immigration sont dénoncées par les organisations de défense des droits civiques, qui y voient une militarisation de l’espace intérieur.

 

Au-delà de la rue, un signal politique

L’importance réelle du mouvement « No Kings » ne se mesure pas uniquement au nombre de manifestants, mais à ce qu’il révèle de l’état de la société américaine. Depuis plusieurs années, les États-Unis connaissent une polarisation politique importante, marquée par une défiance envers les institutions, une fragmentation médiatique et une montée des tensions sociales.

L’histoire américaine montre que les manifestations de masse — contre la guerre du Vietnam, pour les droits civiques ou lors de la crise financière de 2008 — ont souvent précédé des réajustements politiques importants.

La question n’est donc pas seulement de savoir combien de personnes sont descendues dans la rue, mais si cette mobilisation traduit un malaise durable capable d’influencer les élections, la politique étrangère et l’équilibre institutionnel du pays.

Source Liberté Actus

 

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