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05/11/2026

Ukraine Près de Kiev, une prison secrète et un silence gêné

Ukraine, prison

par Pablo Biancarelli pour Liberté Actus

La découverte de ce qui serait une chambre de torture dans une installation de la garde nationale ukrainienne à Petropavlivska Borshchahivka, dans la banlieue de Kiev, a suscité une vague d’indignation en Ukraine.

Cette prison secrète, comme la décrivent les manifestants et les proches des détenus, n’était pas aux mains d’une milice parallèle. Elle relevait d’une unité régulière de la Garde nationale, rattachée au 1er corps Azov, lui-même issu du régiment néofasciste qui s’est illustré par ses crimes de guerre durant la guerre du Donbass. Un corps officiel de l’État ukrainien, donc, qui s’adonnerait à des pratiques de miliciens. Les personnes détenues étaient apparemment des mobilisés et des déserteurs, comme il y en a beaucoup dans cette Ukraine où la mobilisation forcée est de plus en plus impopulaire.

Le témoignage d’un adolescent de 14 ans, qui affirme avoir été tabassé à coups de pelle et humilié par des hommes cagoulés après avoir tenté d’escalader la clôture pour appeler à libérer les détenus, a particulièrement marqué l’opinion. La Garde nationale a sa propre version : le garçon serait tombé d’un arbre, pile sur le terrain, et ses hommes l’auraient fait entrer pour le protéger. On ignorait que les arbres de la banlieue de Kiev pouvaient laisser de telles traces. Les services de sécurité ukrainiens ont affirmé avoir identifié au total une centaine de personnes rassemblés autour de cette prison secrète pour réclamer la libération des détenus, et prévoiraient de les arrêter. Les miliciens néofascistes qui auraient illégalement emprisonné et torturé des gens dans cette prison ne sont apparemment pas ciblés.

Pour ne rien arranger, le chef du Bureau du président Zelensky, Kyrylo Budanov, a admis qu’il y avait de nombreuses autres installations de ce type dans tout le pays. Il s’en est expliqué : l’armée est passée de 200 000 à un million d’hommes, et faute de casernes, 80 % des militaires n’auraient pas de lieu de stationnement permanent. C’est donc tout un réseau de lieux informels, hors de tout cadre, que le pouvoir reconnaît lui-même.

Ce scandale illustre la fracture entre le pouvoir ukrainien et une partie toujours plus importante de la population qui ne supporte plus la mobilisation forcée, la « bussification » et la brutalité des recruteurs qui la mettent en œuvre.

L’information a beaucoup circulé sur les réseaux sociaux, un certain nombre de journalistes indépendants l’ont relayé. Mais du côté des médias occidentaux, on constate un silence gêné. Certains tentent de désamorcer le scandale comme s’il s’agissait d’un non-évènement, d’autres crient à la propagande russe. Comme si la réalité du régime en place à Kiev depuis 2014 ne pouvait pas être constatée. Comme s’il était impossible de reconnaître que l’Occident s’est fourvoyé en présentant l’Ukraine comme une démocratie en devenir faisant face à une Russie qui incarnerait « le totalitarisme et le révisionnisme ».

Les éléments ne manquaient pas pourtant, depuis 2014, pour alerter sur la brutalité du régime ukrainien. Une des mesures du gouvernement ukrainien issu de Maïdan a été d’interdire le Parti communiste ukrainien en l’empêchant de brandir ses symboles et de défendre son programme. Ses militants sont pourchassés à travers le pays et contraints à la clandestinité depuis plus de 10 ans. L’héritage soviétique a été criminalisé, pendant que les nationalistes ukrainiens étaient réhabilités malgré leur participation massive à l’extermination des juifs et des Polonais pendant la seconde guerre mondiale. Et les militants néofascistes défilent tranquillement à Kiev, chaque 1er janvier, pour célébrer le jour de la naissance de Stepan Bandera, principal chef de cette mouvance notoirement reconnue pour sa proximité historique avec le nazisme.

Pendant la guerre civile ukrainienne (qui a duré de 2014 jusqu’à l’intervention russe en 2022), les milices d’extrême droite ont commis de nombreux crimes de guerre. En septembre 2014, le quotidien Newsweek allait jusqu’à comparer certains de leurs actes à ceux de l’État Islamique en Syrie. Et les victimes civiles dans le Donbass se comptaient par milliers entre 2014 et février 2022, principalement du fait des tirs des forces armées ukrainiennes.

Les auteurs du massacre d’Odessa, perpétré le 2 mai 2014 et qui a coûté la vie à une quarantaine de personnes brûlées vives (dont de nombreux communistes), n’ont jamais été poursuivis en justice. La Cour Européenne des droits de l’homme (CEDH), pourtant peu suspecte de sympathies prorusses, a officiellement condamné l’État Ukrainien pour son inaction face à ce massacre.

Et que dire de la persécution des frères Kononovich, dirigeants de la Jeunesse Communiste, emprisonnés depuis l’attaque russe de février 2022 et maltraités en prison ?

Ces éléments étaient connus depuis 2014. Les faits permettaient de comprendre que tout n’était pas tout noir ou tout blanc, et que le régime installé à Kiev avec le soutien des États-Unis n’était pas démocratique et piétinait les droits de l’homme. En France, un rapport parlementaire alertait dès 2016 en indiquant que « les ONG de défense des droits de l’homme ont documenté, dans les deux camps, des cas assez nombreux – plusieurs centaines sans doute au printemps 2014 – d’arrestations arbitraires, de mauvais traitements et de torture, de rançonnement, voire d’exécutions sommaires. »

Deux questions se posent maintenant : pourquoi les médias occidentaux, dans leur masse, ont ignoré cette réalité ? Et plus dérangeant encore, pourquoi les progressistes occidentaux ont-ils été si peu actifs pour dénoncer ces exactions et la propagande qui les justifiait ?

11:47 Publié dans Actualités, Cactus | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ukraine, prison | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!

29/10/2026

En Israël, la percée historique des communistes et des listes arabes

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Les Israéliens ont voté le 27 octobre pour renouveler la Knesset, lors d’élections législatives historiques. Premier scrutin depuis le 7 octobre 2023, il a pris des allures de référendum sur Benyamin Netanyahou. La participation a atteint 77,7 %, son plus haut niveau depuis 1999.

Netanyahou en tête, mais sans majorité

Les résultats ne sont pas encore définitifs et la Commission électorale centrale doit les arrêter au plus tard le 4 novembre. La tendance est pourtant nette. Le Likoud reste le premier parti avec 26 sièges, mais le bloc de Netanyahou n’en compte que 53, loin des 61 nécessaires pour gouverner. Le Premier ministre recule et perd sa majorité.

AG
 
En chiffres
La nouvelle Knesset
Répartition provisoire des 120 sièges, 61 nécessaires pour gouverner
 
 
 
 
Seuil de majorité, 61 sièges
 
Liste commune (Hadash, Ta’al, Balad) 12
 
Ra’am (Liste arabe unie) 7
 
Opposition (bloc Eisenkot) 48
Bloc Netanyahou 53
 
Likoud, droite nationaliste de Benyamin Netanyahou 26
 
Shas, ultraorthodoxes séfarades 7
 
Judaïsme unifié de la Torah, ultraorthodoxes ashkénazes 7
 
Sionisme religieux-Zehut, extrême droite de Bezalel Smotrich 6
 
Otzma Yehudit, extrême droite d’Itamar Ben-Gvir 7
Repères
  • Le Likoud reste le premier parti, mais le bloc qu’il forme avec les ultraorthodoxes et l’extrême droite manque la majorité de 8 sièges.
  • Les listes arabes passent de 10 à 19 sièges.
  • Participation de 77,7 %, la plus haute depuis 1999. Résultats définitifs attendus au plus tard le 4 novembre.
 
Source : Commission électorale centrale d’Israël — 28 octobre 2026

Une percée historique des listes arabes

Les listes arabes réalisent une percée importante. La Liste commune, qui rassemble Hadash, Ta’al et Balad, obtiendrait 12 sièges et Ra’am 7, soit 19 sièges contre 10 dans l’assemblée sortante. Les communistes du Hadash en décrocheraient cinq, un résultat historique.

Ce succès contrebalance les tentatives de les effacer du scrutin. Le 23 septembre, la Commission électorale centrale, composée de députés de la Knesset sortante, avait voulu disqualifier les deux listes arabes. Leurs électeurs ont répondu par une mobilisation massive. À Nazareth, la participation serait passée d’environ 48 % en 2022 à plus de 72 %.

On a voulu effacer les listes arabes du scrutin. Elles en sortent en arbitres.

Tout se jouera dans les alliances

La suite va très largement dépendre des alliances. Le bloc d’opposition emmené par Gadi Eisenkot totalise 48 sièges et ne peut atteindre la majorité sans les partis arabes. Le dirigeant des Démocrates, Yair Golan, affirme déjà que « Netanyahou a perdu », l’opposition atteignant 65 sièges avec eux. Mais une partie de ce bloc refuse de s’appuyer sur les élus arabes, et Eisenkot exclut de gouverner sous Netanyahou. Israël s’engage dans de longues négociations, voire vers un nouveau scrutin.

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10/10/2026

Découverte de quatre portraits de Vivaldi

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pour Diapason

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06/10/2026

Fabien Roussel présente son plan pour que permettre à chaque jeune « de se cultiver, de se former, d’être libre »


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1791303644307.jpgAvant de se rendre dans les rues de Paris pour soutenir les lycéens mobilisés, le candidat communiste à l’élection présidentielle a présenté son « Plan jeunesse 2027-2032 » qui prévoit notamment 5 milliards d’euros par an pour rénover le bâti scolaire et 3,5 milliards pour augmenter le nombre d’enseignants.

Pour un changement de cap sur l’éducation, Fabien Roussel propose un pacte. Il a présenté ce mardi 6 octobre son plan pour la jeunesse, lors d’une conférence de presse au siège du PCF à Paris, en compagnie des dirigeants de l’Union des étudiants communistes et des Jeunes communistes, Camille Mangin et Bastien Bonnargent.

« Le gouvernement fait le choix d’une répression pour faire taire la contestation », a dénoncé le secrétaire national du PCF. « Nous avons le devoir de comprendre » la colère qui s’exprime dans le mouvement lycéen, « vous comme journalistes, nous comme responsables politiques », poursuit celui qui s’apprêtait à rejoindre les élèves dans les rues de la capitale.

66 % des 15-17 ans se déclarent inquiets face à l’avenir et 70 % des jeunes considèrent le monde du travail comme plus stressant qu’épanouissant, égrène le dirigeant communiste. Il invite le gouvernement au dialogue « avec les organisations de jeunesse » qu’il souhaite voir se renforcer, au lieu de « stigmatiser » le mouvement en cours.

3,5 milliards pour embaucher 90 000 enseignants

Au cœur du « Plan Jeunesse 2027-2032 » qu’il propose : des moyens. Dans l’immédiat, il demande qu’un projet de loi de finances rectificative alloue 5 milliards d’euros à la rénovation des lycées. Pour la suite, le dirigeant communiste souhaite une « planification » afin que cinq milliards d’euros soient mobilisés tous les ans pendant cinq ans pour rajeunir le bâti scolaire. « 60 % des établissements ont été construits avant les années 1980 », dont une partie ne peut accueillir les élèves correctement dans un contexte de réchauffement climatique, soulève Fabien Roussel.

Ce dernier souhaite mobiliser 3,5 autres milliards pour embaucher les 90 000 enseignants nécessaires à la réduction du nombre d’élèves par classe, et s’assurer que chaque professeur soit remplacé « sous 24 heures ». 15 millions d’heures d’enseignement ne sont pas remplacées. Les fonds pour financer une telle ambition proviendraient d’une réallocation d’une partie des 211 milliards d’euros d’aides publiques aux entreprises sans contrepartie, mais aussi en redéployant le budget de la défense.

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Constatant que certaines revendications sont largement partagées, le dirigeant de gauche souhaite un « pacte d’urgence » partagé par toutes les forces politiques, pour inscrire, sans attendre l’élection présidentielle, dans le budget 2027 « les dépenses correspondant aux engagements sur lesquels nous nous mettons d’accord autour d’objectifs simples » tels que la rénovation du bâti, la limitation du nombre d’élèves par classe et le remplacement des enseignants.

« Ce pacte constituera la colonne vertébrale de notre action gouvernementale en matière d’éducation dans les cinq années qui viennent, explique le candidat à l’élection présidentielle. Il donnera un cap à la mobilisation générale de toutes les forces civiques de la nation », a-t-il expliqué.

D’autres mesures ont été énoncées : réorganiser le temps d’enseignement pour assurer 32 heures de cours par semaine, réparties entre 9 heures et 17 heures ; renforcer la démocratie lycéenne. Car l’objectif est de « donner à un jeune, quel que soit son milieu, les moyens de se cultiver, de se former, d’être libre et de comprendre le monde, libre de choisir sa voie, pour former une France où les femmes et hommes puissent vivre libre, affranchis de la dictature des marchés et de la loi du profit ».

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24/09/2026

« La construction de grandes infrastructures d’IA ouvertes et transparentes est une urgence »

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Cédric Villani, mathématicien et médaille Fields 2010, professeur des universités et membre de l’Académie des sciences, répond à nos interrogations sur les bénéfices et les risques de l’IA pour la recherche.

Comment appréhendez-vous l’IA pour la recherche scientifique ?

Cédric Vallani

Mathématicien, médaille Fields 2010, professeur des universités et membre de l’Académie des sciences

L’intelligence artificielle classe, explore, raboute, combine des éléments d’information, leur fait passer toutes sortes de filtres et d’opérations. Elle peut faire des explorations dans des corpus gigantesques, surhumains ; elle peut présenter de façon pédagogique des résultats compliqués ; le Giec ne se prive d’ailleurs pas de l’utiliser.

L’IA peut effectuer des diagnostics par rapprochement d’indices ; cela fait longtemps qu’elle excelle dans le diagnostic médical, mais elle peut aussi analyser des images satellites ou biomédicales, chercher des corrélations entre des courbes… bref, aller à la pêche à « quelque chose d’intéressant », que ce soit une irrégularité anormale ou une régularité anormale, et cela est souvent le point de départ d’une découverte ou d’une théorie scientifique.

Maintenant, l’IA peut également effectuer des vérifications dans un raisonnement, proposer des pistes, suggérer des programmes de recherche entiers, par analogie certes avec des choses déjà effectuées, mais cela déjà est énorme…

Et pour l’enseignement, quels sont les atouts et les dangers de l’IA ?

À l’élève motivé, l’IA apporte des moyens personnalisés de se développer, de se perfectionner, comme cela se fait depuis des années en langues. L’IA peut aussi fournir des références innombrables, faire des évaluations, suggérer des pistes. Se donner comme objectif de « faire mieux que l’IA » peut être motivant et intéressant.

Mais à l’élève manquant de motivation, l’IA sape la volonté et la concentration, et de façon générale sa promesse de paresse va à contre-courant de toute la philosophie de l’enseignement, où la clé est de se dépasser, d’étirer ses capacités pour se développer.

L’expérience a montré, ces deux dernières années, une augmentation en flèche du recours à l’IA pour faire les devoirs dans toutes les matières ; mais croire que l’on va progresser en dissertation en examinant le résultat proposé par l’IA, c’est un peu comme penser que l’on va progresser en course en faisant le trajet en voiture.

Est-ce que l’IA menace en profondeur les mathématiques ?

L’IA est nouvelle venue dans le champ d’application mathématique. Mais quel développement ! Il y a deux ans, c’était le niveau d’un lycéen, et à partir du printemps 2026, elle offrait des démonstrations de problèmes de recherche importants, culminant avec la publication, le 8 septembre, de la solution de deux problèmes extrêmement célèbres en mécanique des fluides.

« Le mot de cataclysme n’est pas trop fort. »

Au-delà de cet exemple historique, aujourd’hui, les logiciels commerciaux d’OpenAI et d’Anthropic produisent routinièrement, industriellement, des preuves mathématiques de bon à très bon niveau technique, et parfois avec des arguments magnifiques. Grave chamboulement sur toute la chaîne de l’évaluation.

Comment motiver les étudiants qui se disent que quelque part, quelqu’un va écrire le prompt correspondant à leur sujet et gagner tout le crédit de la découverte ? Comment recruter en sûreté ? La dévaluation de l’article par surabondance, la perte de sens derrière la multiplication foisonnante, l’érosion de l’art de la démonstration face à la puissance inhumaine de la machine…

Ce sont là des problèmes qui touchent déjà l’industrie culturelle en général, et que nous autres mathématiciens, habitués au temps très long, nous sentant à l’abri des soubresauts du monde, ne nous attendions pas du tout à vivre si tôt. Le mot de cataclysme n’est pas trop fort.

Comment faut-il réguler l’IA et à quelle échelle ?

Comment, nous ne savons guère… mais à très grande échelle. L’AI Act européen est un bon corpus de régulation, à mettre en œuvre… mais il ne touche que l’Union européenne. Pour ce qui est des usages, nous avons besoin de temps, d’une pause pour comprendre comment faire évoluer notre pratique et continuer à cultiver nos ressources majeures : étudiants, problèmes, idées.

Mais quand les majors américaines, elles aussi prises dans une compétition épuisante, tentent de négocier une pause, le président des États-Unis les rappelle à l’ordre : elles doivent travailler jusqu’à épuisement pour garder l’avance sur les IA chinoises !

De leur côté, les Chinois se disent qu’il est hors de question de laisser les entreprises américaines seules maîtresses du jeu ; cela est d’ailleurs dit dans un émouvant texte du programmeur Liu Shengyu, mélancolique à la pensée que son grand talent en programmation ait ouvert la voie à la fin de son propre art.

Pour la communauté mathématique, passe encore que toute la discipline soit chamboulée et qu’il faille se réinventer : nous pouvons nous consoler en nous disant qu’il y aura des pépites scientifiques sur le chemin.

Mais se dire que seuls deux géants capitalistes détiennent les infrastructures dont dépend cette réorientation, et que, en prime, les mathématiciens de ces entreprises ont accès à des outils maison encore plus perfectionnés… c’est une situation de dépendance et d’inégalité contraire à tous les principes du monde universitaire.

La construction de grandes infrastructures d’IA ouvertes et transparentes, au moins à l’échelle de l’Europe, est une urgence. Il faut pour cela de l’industrie, des capitaux, de la volonté politique.

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