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12/03/2013

Mélissa Laveaux : "Cet album est sur la survie, les ruptures, le renouveau..."

: haïti,musique,concert,entretien,mélissa laveaux,ottawaIl y a dans le sens du groove et dans l’énergie déployée par Melissa Laveaux dans son deuxième album « Dying is a wild night » quelque chose du jeune Keziah Jones. Pourtant la jeune chanteuse de 28 ans se destinait plutôt à la bioéthique. Mais l’étudiante, très investie dans des associations de défense de droit des femmes ou de formations des médecins aux rapports avec leurs patients, s’est fait repérer via MySpace par un label français.

Oublié le master et Ottawa, la Canadienne s’installe à Paris. Le premier album rencontre un succès d’estime. En revanche, sa reprise très réussie de « Crazy In Love » un tube de Beyoncé, repris dans la compilation Paris Dernière, lui a permis d’élargir son public, y compris aux Etats-Unis. Spontanée, disponible et visiblement très heureuse de vivre son rêve, Melissa Laveaux évoque pour nous son parcours.

Quel est votre parcours de musicienne ?

Melissa Laveaux. J’ai commencé à jouer de la guitare à 13 ans. Mon père m’en a offert une. Je viens d’une famille antillaise où les enfants doivent jouer ou réciter un poème pendant les fêtes. Dans l’une d’elles, un très grand pianiste m’a vu jouer. Il m’a dit : « arrête, il faudrait que tu prennes des cours ». Je me suis arrêtée pendant plusieurs années. J’ai repris en terminale, en voulant composer une chanson pour ma classe. C’était mon second départ pour la musique. Je n’ai plus jamais lâché. A la fac, je faisais pas mal de bénévolat. J’ai fait beaucoup de concerts pour les associations dans lesquelles je m’impliquais. J’ai participé à des scènes ouvertes où j’ai rencontré beaucoup de gens. Je me suis très bien entendue avec un percussionniste. On a enregistré un titre. On l’a mis sur myspace. Je pensais arrêter et passer mon master de bioéthique. Un label français m’a vu sur myspace. Ils sont venus au Canada. Ils m’ont vu jouer. Le concert était pourri. Mais ils m’ont quand même signée parce qu’ils croyaient en moi. Un mois plus tard, j’étais à Paris.

Vous parlez un français parfait. Pourquoi chantez-vous exclusivement en anglais sur cet album ?

J’apprécie la musique française mais je n’ai pas vraiment grandi avec. Du coup, je n’ai pas de marqueur ou de référence. Pour cet album, on a travaillé sur 30 chansons. Certaines étaient en français, une en créole. Mais on a pris les meilleurs et elles n’ont pas été retenues.

Quels sont les artistes référents pour vous ?

J’ai grandi en étant baigné dans la musique antillaise : Tabou Combo, l’orchestre septentrionale haïtien, Martha Jean-Claude. Martha Jean-Claude est la première voix que j’ai entendue. Je l’ai appréciée toute ma vie parce qu’elle était vachement engagée. Elle a été emprisonnée enceinte pendant la dictature haïtienne. Elle s’est exilée à Cuba. Elle parlait plusieurs langues. C’est une femme du monde qui a beaucoup écrit, critiqué les régimes Duvallier tout en restant très coquine et délicate. Après ça, à l’adolescence, j’ai écouté pas mal de musique brésilienne Tropicalia : Os mutantes, Caetano Veloso. J’écoutais aussi du trip Hop, Joni Mitchell et plein d’artistes canadiens qui font de la folk. Voila mes grandes influences.

Beaucoup de français ne comprennent pas l’anglais. Quelles sont les thématiques de vos chansons ?

: haïti,musique,concert,entretien,mélissa laveaux,ottawaJe comprends l’espagnol mais quand j’écoute des chansons dans cette langue, je n’écoute pas les paroles en premier. C’est un risque de faire un album en anglais dans un pays où les gens ne vont pas comprendre. Surtout dans un pays où la chanson et les paroles sont super importantes. On a voulu prendre ce risque. Les chansons sont sur mes expériences par rapport à mon départ. J’ai eu une énorme rupture avec ma famille. Etre au bureau de l’OFII (office français de l’immigration et de l’intégration) pour obtenir des papiers a nourri mon expérience. Je n’étais pas déprimée mais j’étais « down » (en bas NDLR). Je me retrouvais seule à devoir m’adapter à mon environnement. Je n’avais pas trop d’amis, pas trop d’argent, je n’étais pas en règle. Je n’avais même pas de numéro de sécu. D’ailleurs, j’ai souffert d’une bronchite pendant cinq semaines. Quand je me suis enfin décidé à aller voir le médecin, elle m’a dit : « Si vous étiez venue une semaine plus tard, vous auriez eu une pneumonie et votre carrière aurait été ruinée ». Cet album est sur la survie, les ruptures, le renouveau, la mort et la renaissance.

Quels sont vos rapports avec la culture haïtienne ?

Mon identité haïtienne fait partie de moi. Haïti fait partie de moi. Moins que ceux qui y ont grandi. Ce pays m’a forcément touchée. A l’extérieur, j’étais canadienne. A l’intérieur, j’étais Haïtienne. On parlait le créole à la maison. J’ai grandi et j’ai été bercé dans cela. En même temps, je ne me considère pas du tout haïtienne. Par contre, je suis créole c’est-à-dire que je suis un mélange de culture haïtienne et canadienne. Je suis très canadienne mais historiquement, dans mes choix, dans la manière dont j’ai été élevée, il reste beaucoup de mes racines haïtiennes malgré moi.

« Dying is a wild night »

  • Concerts :

Le 15 mars à Loiron (53)
Le 18 mars à Paris (Point ephémère)
Le 29 mars à Chelles (77)
Le 30 mars à Sannois (95)
Le 9 avril à Roubaix (59)
Le 19 avril à Feysin (69)
Le 20 avril à Arles (13
Le 25 avril au printemps de Bourges (18)

Entretien réalisé par Michaël Melinard pour l'Humanité

05/03/2013

Portugal: Grândola Vila Morena, l'hymne de la révolution des oeillets contre la troïka

Des centaines de milliers de portugais ont défilé ce samedi en entonnant Grândola Vila Morena, l'hymne de la révolution des oeillets en passe de devenir, quarante ans plus tard, celui de la lutte contre l'austérité.

Selon le mouvement apolitique "Que la Troïka aille se faire voir", organisateur des rassemblements à Lisbonne et dans une trentaine de ville du pays, quelque 500.000 personnes ont défilé dans la capitale où le cortège avait démarré au son de la chanson "Grândola Vila Morena", reprise en coeur par les manifestants, la voix tendue d'émotion. A la fin des manifestations (comme sur cette vidéo à Lisbonne), elle a retenti au même moment du nord au sud du pays dans toutes les villes où des rassemblements ont eu lieu: de Porto, la grande ville du nord, où selon les organisateurs 400.000 personnes ont manifesté, à Faro la station balnéaire du sud.

Cette chanson, fréquemment entonnée par des contestataires au passage de membres du gouvernement, est devenue le symbole de la contestation au Portugal après avoir été l'hymne de la Révolution des Oeillets de 1974 qui a permis l'instauration de la démocratie.

Elle fut ainsi entonnée mi-février lorsque le Premier ministre portugais présenta le nouveau plan d'austérité.

Samedi, "C'est le peuple qui est souverain", une phrase correspondant à un des vers du chanteur engagé José Afonso, créateur de la chanson "Grândola Vila Morena", était le principal mot d'ordre des rassemblements. La cible principale a été l'inspirateur des mesures d'austérité du gouvernement, c'est-à-dire la "troïka" (UE-FMI-BCE) représentant les créanciers du Portugal, actuellement à Lisbonne pour un nouvel examen des comptes du pays.

"Bandits"

"La troïka et le gouvernement dehors", "le Portugal aux urnes", "élections maintenant", "démocratie participative", pouvait-on lire sur les banderoles portées par les manifestants. "Qui s'endort dans la démocratie, se réveille dans la dictature", "Bandits, rendez-nous notre argent" clamait de petites affiches. "Aujourd'hui je suis dans la rue, demain ce sera toi", lisait-on sur une autre à côté d'un portrait du Premier ministre de centre-droit, Pedro Passos Coelho.

"Cette manifestation est un signal clair que "la troïka" et le gouvernement sont de trop dans ce pays", a estimé de son côté le chef du Bloc de gauche (extrême-gauche) Joao Semedo. A Lisbonne, le défilé a été d'autant plus important que de nombreux militants du principal syndicat portugais, la CGTP, y ont participé. Même des militaires se sont joints au défilé qui s'est terminé vers 18H30 GMT face au Tage, sur la majestueuse et monumentale Place du Commerce, noire de monde.

Grândola, ville brune, Terre de fraternité, Seul le peuple ordonne, En ton sein, ô cité, En ton sein, ô cité, Seul le peuple ordonne, Terre de fraternité, Grândola, ville brune, À chaque coin un ami, Sur chaque visage, l’égalité, Grândola, ville brune, Terre de fraternité, Terre de fraternité, Grândola, ville brune, Sur chaque visage, l’égalité, Seul le peuple ordonne, À l’ombre d’un chêne vert, Dont je ne connaissais plus l'âge, J’ai juré d’avoir pour compagne, Grândola, ta volonté, Grândola, ta volonté, J’ai juré de l'avoir pour compagne, À l’ombre d’un chêne vert, Dont je ne connaissais plus l'âge

18/11/2012

Johnny, retour gagnant, contre toute attente

musique, rock, johnny hallydayJohnny Hallyday sort l’Attente. Un très bel album pop-rock puissant et sensible, marqué par la plume de Christophe Miossec.

Il y a Marie, l’une des plus belles chansons de son répertoire. Il y aura désormais l’Attente, appelée à devenir un de ses grands classiques. Le titre, qui donne son nom au nouvel album de Johnny, ressemble à une prière. Celle d’un homme qui aimerait que l’amour revienne. Comment ne pas y voir un parallèle avec notre ­Johnny Hallyday national, adulé et controversé ces dernières années. Johnny est un artiste impressionnant. Alors qu’on le pensait perdu entre ennuis de santé, procès et difficultés à remplir les stades, il revient plus en forme que jamais, physiquement et artistiquement. Après son déroutant disque Jamais seul, il renoue avec les vraies grandes chansons qui lui correspondent. À travers l’Attente, il remet sa vie en jeu avec l’espoir de Refaire l’histoire. Il chante la vie, l’amour, le temps qui passe avec la même fougue qu’à ses débuts. Bien sûr, le poids des ans se fait sentir, mais sa grande force est d’assumer son âge. Christophe Miossec, qui signe sept chansons sur les onze de l’album, a bien compris la personnalité du Johnny d’aujourd’hui. Il lui a ainsi écrit Vingt ans, morceau émouvant dans lequel le chanteur a ces mots : « Dis-moi que la vie est encore plus belle quand on n’a plus vingt ans/Est-ce qu’on peut encore toucher le ciel quand on n’a plus vingt ans ? »

Des textes ouverts sur la vie

Ce qui arrive à Johnny tient du miracle. Cela fait longtemps, peut-être depuis Sang pour sang — un album référent dans sa carrière, écrit et composé par son fils David —, qu’il n’avait pas trouvé autant de chansons à sa mesure. La raison ? On a trop souvent écrit des titres centrés sur le rockeur, lui dressant un piédestal. Avec l’Attente, il retrouve des textes ouverts sur la vie, dans lesquels il peut laisser parler ses sentiments. Johnny les sert avec majesté, démontrant une fois encore sa dimension d’immense interprète. Car, on l’avait un peu oublié, Johnny est un très grand chanteur, lequel renaît sous la plume de Miossec : « C’est le plus bel auteur qu’on a en France », confie Bertrand Lamblot, directeur artistique de l’album. Enregistré entre Bruxelles, Saint-Barthélemy et Los Angeles, il bénéficie de la réalisation d’Yvan Cassar, avec lequel le chanteur n’avait pas travaillé depuis le Cœur d’un homme, et de la participation de quatre autres auteurs, Isabelle Bernal, Marie-Laure Douce, Emmanuelle Cosso et Benoît Carré.

Johnny, c’est notre Amérique à nous. On a donc convoqué les guitares à la AC/DC, les ballades blues-folk ou les hymnes pop-rock taillés pour la scène. Parmi les titres marquants, il y a Un tableau d’Hopper, qui fait écho à Quelque chose de Tennessee, N’en vouloir à personne, l’Amour à mort, Un nouveau jour, Devant toi, À l’abri du monde ou L’amour peut prendre froid, en duo avec Céline Dion. Un album puissant et sensible où Johnny, toujours debout, dit sa vérité avec sincérité. De vraies retrouvailles.

Victor Hache, l'Humanité

14:52 Publié dans Actualités, Musique, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : musique, rock, johnny hallyday | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!

17/08/2012

Les Pussy Riot comdamnées à deux ans de prison

russie,femmes,religion,rock,prison,concerts,pussy riotLes trois jeunes femmes musiciennes et militantes du groupe de punk russe Pussy Riot ont été reconnues "coupables de hooliganisme" et d’"incitation à la haine religieuse". Le verdict est tombé ce vendredi après midi, elles sont condamnées à 2 ans de prison.

Nadejda Tolokonnikova, 22 ans, d'Ekaterina Samoutsevitch, 30 ans, et de Maria Alekhina, 24 ans, toutes trois membres du groupes Pussy Riot, avaient chanté en février une "prière punk" dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou, demandant à la Sainte Vierge de "chasser Poutine" du pouvoir. Pour cette raison elles ont été condamnées à 2 années de prison chacune. Le parquet avait requis 3 ans. La juge a souligné qu'il n'y avait pas eu de "repentir" des accusées, malgré leurs excuses répétées et qu'elles avaient "violé l'ordre public" et "offensé les sentiments (religieux) des croyants".
L'avocate des musiciennes a annoncé qu’elle ferait appel, y compris devant les instances internationales.

"Sainte Marie mère de Dieu, deviens féministe"

Le texte de la prière incriminée n’est effectivement pas qu’anti-Poutine, il est aussi féministe. Il accuse la religion d’être misogyne, tout comme il accuse le patriarche orthodoxe accusé de "croire en Poutine plus qu’en dieu". Ce qui motive, outre l’aspect sacrilège de jouer du rock dans une église, la condamnation pour "incitation à la haine religieuse".

Les Pussy Riot ne sont pas des inconnues en Russie. Depuis plusieurs mois, elles multiplient les performances autant militantes qu’artistiques, pour défendre la cause des femmes, des homosexuels, la liberté sexuelle et contre la « routine » en général. Leurs actions sont généralement à forte connotation sexuelle, dans le but de secouer la société patriarcale et traditionnelle russe. Leurs performances classiques sont les concerts sauvages et les dessins de sexes géants sur les symboles phallocrates. Plus original, les membres du groupe tentent aussi d’embrasser sur la bouche des policiers du même sexe.

Procès perdu mais victoire au moins médiatique

Les membres du groupe ont réussi à émouvoir partout dans le monde. Des manifestations de soutien ont lieu ce vendredi dans de nombreuses villes, y compris à Paris. Et les jeunes artistes ont aussi ému de nombreuses stars qui se sont exprimés en leur faveur : Madonna, Sting, Red Hot Chili Peppers, Faith No More, Franz Ferdinand, Anti-Flag, Pete Townshend des Who, Jarvis Cocker de Pulp, Neil Tennant des Pet Shop Boys), Johnny Marr des Smiths), ou encore les acteurs Danny DeVito et Stephen Fry.