18/11/2014
Johnny Hallyday : "Je suis plus proche des gens"
Johnny avait envie d’ouvrir son cœur et de parler de son nouvel album, Rester vivant, dont il est extrêmement fier.
Rendez-vous pris dans un grand hôtel parisien au décor feutré, il arrive, visage buriné et regard de loup cerné, à peine remis des concerts des Vieilles Canailles avec ses potes Eddy Mitchell et Jacques Dutronc.
Il tire quelques bouffées de sa cigarette électronique, entre deux questions. La voix est ferme et douce, l’homme émouvant et d’une incroyable simplicité, à la hauteur de sa légende.
Alors, on est forcément impressionné.
Rencontre.
Rester vivant, c’est vivre le temps présent à fond ?
Johnny Hallyday : C’est surtout faire les choses qu’on rêve de réaliser, être libre dans sa tête. Cet album, c’est un peu sur le temps qui passe pour moi, comme pour tout le monde.
Pourquoi avoir voulu l’enregistrer à Los Angeles ?
Johnny Hallyday : J’ai été très heureux de travailler avec Don Was (réalisateur du disque). Il m’a apporté ce que je voulais en termes de son. Cette couleur du sud des États-Unis mêlée à la sonorité de la Californie. Une couleur proche des années 1970, une époque musicale que j’adorais.
Évoquer le temps qui passe, c’est aussi faire un peu le bilan d’une vie, non ?
Johnny Hallyday : Je ne fais pas de bilan. Il n’y a pas d’amertume dans tout cela, pas de regrets. Comment dire ? Je suis passé à deux doigts de la mort après avoir été dans le coma pendant trois semaines. Quand je suis sorti du coma, j’ai vu la vie différemment.
Je pense plus aux autres. Je suis plus proche des gens. Plus proche de ma famille. Ça m’a apporté plein de choses positives plutôt que négatives. C’est un peu ça « rester vivant » ! (rires). Il y a aussi le thème de la solitude au travers d’une belle chanson, Seul.
Pourtant, on imagine mal que quelqu’un d’aussi populaire que vous puisse se sentir seul…
Johnny Hallyday : On a tous des moments de solitude. On vit avec, sauf que par moments elle est plus présente. La solitude fait partie de chacun de nous. La chanson est sur un homme qui se retrouve seul parce que sa nana s’est cassée. Ce qui arrive de temps en temps ! (rires). Une Lettre à l’enfant que j’étais est très émouvante.
Êtes-vous resté fidèle aux rêves du gamin de la Trinité ?
Johnny Hallyday : Oui, je crois. Je n’ai jamais vraiment grandi. Je suis resté aussi con qu’avant ! (rires). Je pense que je suis fidèle à celui que j’étais quand j’étais petit et à ce que l’on m’a inculqué, sur la droiture, les choses positives de la vie, sur l’honnêteté. C’est ce que j’essaie d’inculquer à mes enfants. Il faut avoir une parole et, pour moi, c’est quelque chose de très important.
Vous dites souvent que la musique vous a sauvé. Vous a-t-elle rendu heureux ?
Johnny Hallyday : Elle m’a rendu malheureux et elle m’a rendu heureux ! Cela dépend des moments. Quand je faisais des choses qui ne me plaisaient pas, ça me rendait très malheureux. Quand on est dans des grosses maisons de disques, c’est compliqué. Il y a toujours des pressions.
Il faut faire l’album, il faut qu’il y ait des tubes, que ça marche. Alors quelquefois on me forçait à faire des chansons que je n’avais pas vraiment envie de chanter, trop variétés à mon goût. Mais je les ai faites. C’est quelque chose dont je ne veux plus.
Je ne veux plus me forcer à des choses que je n’ai pas envie de faire. C’est une des raisons pour laquelle j’ai quitté mon ancienne maison de disques, d’ailleurs (Universal). Aujourd’hui, je suis très heureux d’être chez Warner. Ils me laissent faire exactement ce que j’aime et ce dont j’ai envie. Il n’y a pas d’obligation. Si je me trompe, c’est moi, et non la maison de disques ! (rires).
Le rock’n roll, ça reste votre adrénaline ?
Johnny Hallyday : Le rock’n roll d’aujourd’hui n’est plus le même qu’avant. Maintenant, j’ai une influence beaucoup plus country, R’n’B et rock.
Pour moi, le vrai rock’n roll est mort en 1965. Aujourd’hui, on accole le mot à trop de choses qui ne sont pas finalement le rock’n roll. C’est devenu un mot, ce n’est plus une musique, un genre musical. Mais, personnellement, je fais une variante entre la country, le blues et la soul music.
Une musique que j’adore. Pour moi, ce mélange fait que ça reste fidèle au rock’n roll tel que je l’ai aimé.
Vous chantez On s’habitue à tout . Est-ce qu’on s’habitue aux mauvais coups ?
Johnny Hallyday : Oui. On finit par s’habituer à tout. Ce n’est pas pour ça qu’on aime les mauvais coups, mais ça fait partie de la vie.
Vous avez fêté en juin vos soixante et onze ans. Comment vous sentez-vous physiquement ?
Johnny Hallyday : Je me sens en pleine forme. On ne peut pas se sentir malade toute sa vie ! (rires).
Vous êtes une force de la nature !
Johnny Hallyday : J’ai effectivement cette chance. C’est vrai que je fais beaucoup de sport pour me maintenir en forme.
Tous les matins, je fais beaucoup d’exercices pendant une heure et demie avec mon coach.
Je fais pas mal de vélo pour le souffle. C’est vrai aussi que je bois beaucoup moins qu’avant. Je fais plus attention. Je ne fume plus, hormis ces conneries, les cigarettes électroniques.
Quand j’ai envie de fumer, j’en prends, et ça me coupe l’envie parce ce que c’est tellement mauvais ! *
À part ça, je vis tout à fait normalement. J’ai une vie de famille, j’aime voir mes enfants grandir. J’ai une femme merveilleuse. Ça me stabilise et ça me rend très heureux.
Plus ça va, plus votre voix est puissante. La travaillez-vous ?
Johnny Hallyday : Non. Je n’ai jamais travaillé ma voix. Ça vient peut-être aussi du fait que je ne bois plus, ou je bois moins, et que je ne fume plus.
Il faut une force pour interpréter les chansons comme vous le faites…
Johnny Hallyday : Vous savez, les paroles d’une chanson, si on ne les interprète pas comme un acteur, que ce soit pour une scène à jouer au théâtre ou au cinéma, c’est juste chanter des mots sur de la musique.
La personne qui m’a le plus inspiré dans ma vie pour l’interprétation des chansons, pour communiquer, envoyer les émotions et que les gens les reçoivent, c’est Jacques Brel. Pour moi, il aurait pu être un chanteur de blues dans la façon qu’il avait d’interpréter ses chansons. Jacques Brel m’a fait pleurer quand je l’ai vu sur scène par la façon qu’il avait d’envoyer les mots, parfois durs.
Amsterdam, c’est une sublime chanson, c’est émouvant. On ne peut pas y rester insensible.
Et Elvis, il vous a ému aussi ?
Johnny Hallyday : Pas de la même façon. Elvis, j’étais amoureux de sa voix, une voix de velours. J’ai aimé Elvis jusqu’à l’armée, jusqu’au service militaire, après, un peu moins, quand il a commencé à faire tous ses trucs sur Hawaï. Mais il reste à jamais.
Elvis est irremplaçable. On ne remplace jamais quelqu’un, de toute façon.
Vous allez partir pour une longue tournée, avec près de 50 concerts. La scène, c’est définitivement votre raison de vivre ?
Johnny Hallyday : C’est mon moteur. J’adore partir en tournée. Je vis avec mes musiciens et je travaille avec eux sur scène comme si on était un groupe. J’ai toujours été habitué depuis mon enfance à être trimballé à droite, à gauche.
J’ai été élevé par une famille de danseurs. J’ai vécu un peu partout quand j’étais môme, au Danemark, en Finlande, en Espagne, en Allemagne, en Italie. Je suis habitué à bouger, à ne jamais rester en place. La vie de tournée me convient très bien. Tous les soirs, on rencontre un public différent, et ça, c’est formidable.
Vous vous êtes produit trois fois à la Fête de l’Humanité en 1966, 1985 et 1991. Quels souvenirs gardez-vous de ces concerts ?
Johnny Hallyday : J’aimais beaucoup Georges Marchais et j’ai même été assez ami avec lui. Moi, je m’en fous un peu, quel que soit le parti politique. Simplement, le public de la Fête de l’Humanité est un public super chaleureux.
J’ai toujours été traité formidablement bien quand j’ai fait mes spectacles là-bas. Grands Prix de la Sacem.
La Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique distingue chaque année la carrière des artistes dont les œuvres ont marqué la création dans tous les répertoires. Après Serge Lama (2013), Catherine Ringer (2012), Jean-Louis Aubert (2011) et Gaëtan Roussel (2010), Johnny Hallyday va recevoir le prix spécial de la Sacem.
Une distinction particulière pour l’un de ses membres choisi par le conseil d’administration. Pascal Obispo, Ibrahim Maalouf, Rokia Traore, Ayo, Élie Semoun, Féloche, Martin Solveig ou Lilly Wood & The Prick comptent parmi les autres lauréats de cette 6e édition des grands prix de la Sacem qui aura lieu lundi 24 novembre, à l’Olympia. Entre chanson et son venu du sud des États-Unis. Plus que jamais en forme après des années de rock, de fiesta et de déglingue, Johnny revient avec Rester vivant (chez Warner Music), son 49e album studio.
Un disque enregistré à Los Angeles, réalisé par Don Was (producteur de certains albums des Rolling Stones ou de Bob Dylan), au son de guitares très sudiste, teinté d’ambiances rock, country et R&B. Depuis toujours, il y a deux Johnny.
Le rocker à la voix tout en puissance, capable de déplacer les stades et de mettre le feu à la tour Eiffel. Et le Johnny crooner, bouleversant interprète de ballades qui vont droit au cœur.
Une synthèse entre l’Amérique et la grande chanson française que l’on retrouve ici : « Johnny, c’est l’enfant de Brel, Brassens, Piaf, Bécaud, Aznavour, confie Bertrand Lamblot, son directeur artistique. Il vient de là et de l’Amérique, du rock’n roll et de la musique américaine. »
Michel Boue : -: http://www.humanite.fr/johnny-plus-que-jamais-vivant-557777?destination=node/557777#sthash.hKqLAJxF.dpuf
19:52 Publié dans ACTUSe-Vidéos, Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : johnny hallyday, musique |
|
del.icio.us |
Imprimer |
|
Digg |
Facebook | |
08/06/2014
Flavia Coelho, l’astre solaire du Brésil
Flavia Coelho : Je le vis comme un album brésilien, en fait. Nous, cela fait longtemps qu’on se mélange, qu’on fait des folies en mêlant le hip-hop, le reggae, la salsa, le calypso. Souvent, tout ce que les gens connaissent de la musique brésilienne, ce sont les grands maîtres, Chico Buarque, Caetano Veloso, etc…- See more at: http://www.humanite.fr/flavia-coelho-lastre-solaire-du-bresil-540465#sthash.x7lFsQxu.dpuf
09:19 Publié dans ACTUSe-Vidéos, Arts, Connaissances, Entretiens, Musique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : flavia coelho, chanteuse, brésilienne |
|
del.icio.us |
Imprimer |
|
Digg |
Facebook | |
07/05/2014
Catherine Ringer : « le tango, ça swingue, ça tangue... »
C’est une véritable fête latino-américaine qui attend le Printemps de Bourges durant trois soirs. Une fête du tango avec dans le rôle de la diva argentine la prêtresse rock Catherine Ringer. Eduardo Makaroff et Christoph Müller, deux des membres fondateurs du Gotan Project, ont imaginé un écrin à sa mesure et ont fait appel à elle pour interpréter les chansons qu’ils ont composées tout spécialement pour l’album Plaza Francia. Ils forment un trio en totale osmose, réunis autour d’une seule cause, le tango, entre bandonéon, guitares jazzy, ambiances électro-pop et voix magistrale de la chanteuse des Rita Mitsouko, qu’on n’aurait jamais imaginée à ce point pétrie de culture sud-américaine même si son interprétation de Marcia Baila pouvait laisser envisager le meilleur. Catherine Ringer a tout ce qu’il faut, la gouaille, l’accent argentin, l’autorité et le tempérament, pour se glisser dans la peau de la chanteuse de tango. Après la mort du guitariste et compositeur Fred Chichin en 2007, son compagnon avec qui elle a créé les Rita Mitsouko, elle a poursuivi sa route en solo. La voici émouvante et troublante reine de la milonga. Une nouvelle aventure et un répertoire qui lui vont comme un gant. La promesse d’un concert magnifique au Théâtre Jacques-Cœur.
Eduardo Makaroff Plus qu’une idée, c’est l’impulsion, le désir de continuer à faire évoluer le travail sur le tango que l’on fait avec Christoph. Après avoir travaillé sur le tango électronique, nous avions envie d’aller vers le tango-chanson. On a eu la chance de rencontrer Catherine Ringer pour interpréter ces chansons.
Christoph Müller Quand on a commencé à écrire, elles étaient destinées à plusieurs interprètes. Quand est apparu le nom de Catherine, on a pensé que ce serait fantastique. Aujourd’hui, cela paraît évident, mais au début c’était juste une idée mise sur le papier. Personne ne savait que ça pourrait donner ça.
Catherine Ringer Moi non plus ! (rires). J’ai reçu un coup de téléphone d’Eduardo qui me demandait si je voulais participer au projet. Je lui ai demandé de m’envoyer les chansons, pour voir. Comme ça me plaisait beaucoup, on a fait un essai. On s’est tout de suite bien entendu. Je crois qu’ils ont été charmés par mon interprétation et l’idée est née dans leur cœur et leur âme de musiciens que ça pourrait être moi qui fasse toutes les chansons. J’ai toujours considéré la musique comme un travail d’équipe et j’étais ravie de pouvoir faire partie de cette équipe.
Catherine Ringer Je suis connue pour mon expérience rock, mais ce que l’on sait moins, c’est que je suis une chanteuse qui travaille sur des tas de choses. Quand j’ai commencé à chanter professionnellement à l’âge de dix-sept ans, je chantais de la musique contemporaine. J’ai chanté des comédies musicales, du Bertolt Brecht. Après, j’ai rencontré Fred (Chichin) à l’âge de vingt et un ans. On s’est mis à composer des chansons ensemble, ce que je ne savais pas faire. Il m’a appris. Quand on m’a proposé de chanter du tango, ça ne m’a pas paru quelque chose d’impossible. D’autant plus que la voix, quand j’interprète de vieilles chansons françaises, de Fréhel ou de Piaf, ce n’est pas très éloigné du timbre du tango. Ce qu’il fallait voir surtout, c’est comment ça sonne.
Catherine Ringer J’ai appris, comme tous les interprètes lorsqu’ils travaillent une partition. Il arrive aux chanteurs d’opéra de chanter en latin, en allemand, en italien, en français sans forcément parler la langue. On peut apprendre une chanson de trois minutes avec un refrain qui se répète, trois couplets, faire la traduction de manière à bien saisir le sens de chaque mot. Ce n’est pas comme toute une pièce de théâtre. Ce sont des poésies courtes, qu’on peut apprendre par cœur pour bien s’imprégner du texte. Mon défi, c’est aussi de pouvoir faire écouter ces chansons sans nécessairement que les gens comprennent les paroles. Le tango, c’est une sensation, une impression.
Catherine Ringer Le tango est une musique universelle qui s’est baladée à travers le monde. À Paris, où il est très présent, il est arrivé au début du siècle dernier. Je suis née dans les années 1950, et j’ai assisté à l’essor du rock, du yé-yé, des musiques qu’on entendait partout mais il y a toujours eu énormément de chansons à base de tango en France. J’ai écouté Astor Piazzolla que j’aimais beaucoup, Carlos Gardel. Peut-être suis-je capable de me plonger dans d’autres univers parce que j’aime le voyage musical.
Eduardo Makaroff C’est plus que ça ! C’est la deuxième capitale historique du tango. Il est né du côté du rio de la Plata à Buenos Aires et à Montevideo mais très vite, il est devenu à la mode à Paris, puis est revenu et accepté par l’establishment argentin. Il y a bien sûr eu Carlos Gardel, Astor Piazzolla, qui a développé sa carrière ici, et beaucoup d’autres. Des paroliers, des danseurs, des réalisateurs de cinéma, comme Pino Solanas, etc. À la brasserie La Coupole, il y a eu un orchestre de tango depuis les années 1920 qui a duré quatre-vingts ans.
Christoph Müller Elle a la gouaille. C’est ce que l’on sent aussitôt. Par rapport à ce qu’on voulait faire, c’est devenu l’idéal. Elle a une supervoix, une oreille extraordinaire. Catherine n’a pas que le tempérament du tango, elle a du tempérament tout court ! (rires). On a fait appel à elle en pensant à son passé de musicienne et de chanteuse des Rita Mitsouko que nous connaissions. Le résultat a largement dépassé ce que nous pouvions imaginer. Elle s’est révélée être une chanteuse de tango !
Catherine Ringer C’est vrai que c’est une belle aventure. Je me sens bien avec cet univers. Eduardo et Christoph sont des musiciens merveilleux. Ca swingue, ça tangue ! C’est émotionnel, on peut faire des variations. Il n’y a pas de raison que l’ennui me guette. J’espère pouvoir interpréter ces chansons durant un bon moment. Surtout que ce sont des auteurs-compositeurs prolifiques. Je suis sûre d’ailleurs qu’ils vont encore amener très rapidement de nouvelles chansons ! (rires).
Entretien réalisé par Victor Hache pour l'Humanité
17:30 Publié dans Actualités, Entretiens, Musique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : catherine ringer, tango, musique |
|
del.icio.us |
Imprimer |
|
Digg |
Facebook | |
07/03/2014
Sortie de "The Last Ship", dernier album de Sting
Après une dizaine d'années d'errances musicales moyenâgeuses ("If on a Winter's Night") ou symphoniques ("Symphonicities") plus ou moins heureuses, Sting revient enfin avec un recueil de nouvelles chansons. "The Last Ship" (le dernier navire), est un album concept, hommage aux anciens chantiers navals de Newcastle, ville où il a grandi. Le disque fera, à ce titre, l'objet d'une comédie musicale l'année prochaine.
L'océan est depuis longtemps une source d'inspiration pour le compositeur anglais et les amateurs auront d'ailleurs noté le parallèle avec "The Soul Cages", son album le plus personnel, le plus touchant sinon le plus beau, sorti en 1991. Mais "The Last Ship" explore aussi une multitude de thèmes universels, que ce soit la complexité des relations ("I Love Her But She Loves Someone Else"), le passage du temps ("August Winds"), les transgressions et la rédemption ("So to Speak").
Ce qui frappe d'emblée est une production très épurée sinon minimaliste et une quasi absence de section rythmique: Sting renoue ici avec ses vieilles amours jazzy ("Practical Arrangement") ou bossa-nova ("And Yet"). Cela ne surprendra que ceux qui n'auront pas écouté les différents extraits distillés depuis deux mois sur le net. Les fans du Sting période Police ou immédiatement post Police, en revanche, en seront pour leurs frais...
Mais une évidence s'impose assez vite: c'est aussi, et surtout, un recueil de douze très belles chansons tendres et mélancoliques, aux textes magnifiques qui riment, d'ailleurs, pour la plupart, ce qui est suffisamment rare en 2013 pour être applaudi. On est touché par la délicatesse de "The Night the Pugilist Learned How to Dance" qui narre les efforts d'un jeune boxeur pour apprendre à danser et séduire la femme qu'il aime. On est ému par le bilan lucide et poignant (autobiographique?) que dresse un homme sur sa vie ("I Love Her But She Loves Someone Else").
LIRE AUSSI:
On frémit à l'écoute de "Ballad of the Great Eastern", chanson terriblement sombre, hantée par les fantômes de ce riveteur et son fils dont les cadavres seront retrouvés enlacés, lors du démantèlement d'un navire maudit...Bref, on est transporté par chacune de ces douze petites histoires. L'album est aussi truffé de clins d'œil à "The Soul Cages" tant au niveau des paroles ("Language of Birds" qui s'enchaînerait d'ailleurs parfaitement avec "The Wild Wild Sea") que de l'instrumentation et réjouira les amoureux de ce disque dont The Last Ship s'inscrit comme une suite logique, à la fois très personnelle et inspirée.
Les arrangements sont discrets et raffinés (les cordes et les chœurs de "The Last Ship", l'accordéon de "The Night the Pugilist Learned How to Dance", l'harmonica de "Dead Man's Boots", la cornemuse de "Ballad of the Great Eastern"...) et l'ensemble est joliment produit.
S'il y a fort à parier que "The Last Ship" ne rencontre pas le succès commercial de ces prédécesseurs à cause d'une absence criante de singles, il creuse néanmoins le sillon d'un jazz rock mâtiné de bossa-nova et d'influences celtiques, à la fois élégant, raffiné, remarquablement écrit et arrangé. Les nostalgiques du Sting des débuts passeront leur chemin, les autres savoureront chacune des 45 minutes de ce très, très beau disque.
Publié par Hffpost
Retrouvez les articles du HuffPost sur la Facebook.
19:53 Publié dans Actualités, ACTUSe-Vidéos, Musique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : sortie de "the last ship", dernier album de sting |
|
del.icio.us |
Imprimer |
|
Digg |
Facebook | |
21/02/2014
HK : LES DESERTEURS
Apparu en 2011 avec l'album Citoyen du Monde, le collectif HK et les Saltimbanks est une émanation d'un autre groupe, le Ministère des Affaires Populaires, dont le dénominateur commun est le leader Kadour Haddadi alias HK. Deux ans après la sortie du deuxième album des Saltimbanks, Les Temps Modernes, HK rebaptise son groupe Les Déserteurs et livre un nouvel album.
Constitué de quinze chansons, HK présente Les Déserteurs sera disponible le 17 février prochain. Le style musical du projet qui mêle allègrement la chanson d'inspiration musette et le chaâbi, la chanson populaire algérienne richement orchestrée. Au programme, HK et les Déserteurs reprennent quinze classiques de la chanson française en compagnie de musiciens comme P'tit Moh de Gnawa Diffusion, Rafah Khelifa, accompagnateur de Souad Massi et d'autres proches du collectif de la région lilloise.
Parmi les titres revisités à la sauce HK figurent aussi bien des refrains lointains comme « Sous le ciel de Paris », « Les Vieux amants » ou « Vesoul » et « Le Plat pays » de Jacques Brel et « Les P'tits papiers » de Serge Gainsbourg que des créations plus récentes tel le « Demain demain » des Fabulous Trobadors, « Dès que le vent soufflera » de Renaud ou « Né quelque part » de Maxime Le Forestier.
Publié par Music Story
Entretien accordé par l'Humanité
Dans HK et les Déserteurs, vous reprenez quinze classiques de la chanson française que vous mêlez aux sonorités chaâbi. «Les Déserteurs», au fond, c’est quoi? Un voyage imaginaire et fraternel entre l’Algérie et la France?
Kaddour Haddadi. Exactement. Il y a aussi dans cet album la reprise du Déserteur, de Boris Vian. Contrairement à une idée de plus en plus répandue dans nos grands médias (le choc des cultures, l’impossible cohabitation…), ces deux cultures que je porte en moi ne demandent qu’à vivre et avancer ensemble : imaginer, construire et créer ensemble.
19:18 Publié dans ACTUSe-Vidéos, Entretiens, Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : hk, les déserteurs |
|
del.icio.us |
Imprimer |
|
Digg |
Facebook | |












