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13/08/2026

La France brûle et l’État regarde ailleurs

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Des incendies comme un révélateur d’un changement climatique en mode accéléré avec, en face, des pompiers démunis. Ces « héros » qui sont en grève et manifestent ce jeudi 13 août ont avant tout besoin qu‘au-delà du constat, on tire les leçons de la catastrophe pour enfin passer à l’action.

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24/07/2026

Fabien Roussel (PCF) : « Profits de guerre, il est temps de nationaliser TotalEnergies ! » Tribune

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La multinationale engrange des profits sur les guerres et les crises. Parce que l’énergie doit devenir un bien commun, le PCF lance une pétition.

Fabien Roussel essence.jpgPar Fabien Roussel, Secrétaire national du PCF.

Comme je l’avais annoncé, TotalEnergies enregistre un chiffre record de bénéfice avec 11,2 milliards de dollars en seulement six mois, soit une hausse de 72 % en un an. Au deuxième trimestre, son bénéfice a doublé par rapport à l’année précédente. Et les actionnaires vont encore être récompensés par un acompte sur dividende en hausse de 5,9 %.

Alors que la guerre au Moyen-Orient fait des milliers de victimes, déstabilise l’économie mondiale et entraîne une nouvelle flambée des prix de l’énergie, TotalEnergies transforme cette crise en gigantesque machine à profits. L’envolée du prix du pétrole a largement compensé les pertes de production du groupe dans la région et gonflé ses résultats.

Le rétablissement du plafond du prix du carburant dans les stations TotalEnergies, décidé la veille de ces annonces, vise à faire croire à nos concitoyen·nes qu’il y a un partage des profits avec eux. Il n’en est rien car ces prix, 1,99 euro pour l’essence et 2,25 euros pour le gasoil, sont non seulement bien plus élevés que les prix moyens pratiqués ces dernières années mais sont de plus une arme commerciale pour augmenter massivement les volumes au détriment des autres stations et augmenter encore les profits du groupe.

Reprendre démocratiquement le pouvoir sur nos choix énergétiques

Ce système est profondément injuste et dangereux. L’énergie est trop essentielle à la vie quotidienne, à notre industrie, à notre souveraineté et à la lutte contre le dérèglement climatique pour rester soumise aux intérêts financiers d’une multinationale et de ses actionnaires. Nous le disons clairement : TotalEnergies doit être nationalisée.

Nous ne proposons pas seulement de changer le propriétaire d’une entreprise. Nous voulons reprendre démocratiquement le pouvoir sur nos choix énergétiques.

Avec TotalEnergies et Engie nationalisées, aux côtés d’EDF, la France pourrait constituer un véritable pôle public de l’énergie, capable de produire et fournir l’énergie en fonction des besoins de la population et du pays plutôt que de la rentabilité financière.

Ce pôle public permettrait de garantir des prix justes pour les ménages et les entreprises, de reconquérir notre souveraineté énergétique, de planifier les investissements nécessaires et d’organiser démocratiquement la sortie progressive des énergies fossiles. Les salarié·es et les citoyens doivent disposer de nouveaux pouvoirs d’intervention dans les choix stratégiques de ces entreprises.

C’est précisément le projet que nous défendrons lors de l’élection présidentielle. La France dispose de compétences industrielles, de travailleurs hautement qualifiés et d’entreprises énergétiques parmi les plus importantes du monde. Mettons cette puissance au service de la Nation, du climat et des besoins humains plutôt qu’au service de quelques grands actionnaires.

Après 11,2 milliards de dollars de bénéfices en six mois, personne ne peut sérieusement prétendre que nous devrions continuer comme avant.

Assez de profits sur la guerre et sur la crise. L’énergie doit devenir un bien commun. Nationalisons TotalEnergies et construisons un grand pôle public de l’énergie avec EDF et Engie.

Nous appelons toutes les Françaises et tous les Français à se saisir de cette bataille et à signer massivement la pétition pour la nationalisation de TotalEnergies : https://www.pcf.fr/nationalisation_total

Fabien Roussel, Total

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18/07/2026

Faut-il esquiver le débat ? Nationaliser pour mieux liquider ? Le projet insoumis pour la sidérurgie française basé sur la décroissance, la desintrualisation et un chômage massif

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La nationalisation d’ArcelorMittal a été adoptée à l’Assemblée nationale grâce au vote des députés de gauche et à l’abstention des députés RN, à la faveur d’une « niche parlementaire » du groupe GDR où siègent les députés communistes. Les députés de gauche ont donc voté ensemble, mais les positions sont-elles les mêmes quant à l’avenir de la sidérurgie française ?

Voyons ce qu’il en est pour la force qui domine la gauche, La France insoumise. Son programme parle de « mesures antidumping » pour la sidérurgie. Soit, mais il faut bien répondre à la question : a-t-on besoin d’acier, et à quel niveau ? La réponse à cette question ne figure pas dans le programme de La France insoumise, qui ressemble un peu à un contrat d’assurance, où des points décisifs sont cachés ailleurs dans des annexes ou des codicilles. En l’occurrence, le codicille, c’est un document du département de planification écologique de l’organisme créé par LFI pour affiner son projet, ses propositions, l’Institut La Boétie, que préside Jean-Luc Mélenchon.

Dans cette note intitulée « Gouverner le système énergétique par les besoins » et destinée aux cadres et aux militants de LFI, il est préconisé de diviser par 2 la production française d’acier. Cet objectif de réduction drastique de la production est cohérent avec les propositions de planification contenues dans ce document, qui préconise notamment de construire moins de logements qu’actuellement, de produire moins de véhicules automobiles. Autant de débouchés en moins pour la production d’acier. Nationaliser pour diviser par 2 la production d’acier, cela rappellera aux anciens les nationalisations partielles ou complètes opérées sous Giscard et Mitterrand qui se sont soldées par la liquidation de la plus grande partie de la sidérurgie lorraine, faute de politique industrielle.

Quant au Parti communiste français, il considère qu’il y a besoin de construire plus de logements, de plus de moyens de transports, qu’il y a besoin de réindustrialiser le pays, en appui sur un mix électrique basé sur le nucléaire et les renouvelables. Et pour faire tout cela, qu’il y a besoin d’acier. S’il y a concordance avec LFI sur l’idée de nationaliser, l’objectif de la nationalisation pour les députés communistes est donc radicalement différent.

Il n’y a rien d’infamant à confronter publiquement ces positions respectives de LFI et du PCF. La tromperie, ce serait plutôt d’esquiver ce débat. Les sidérurgistes, les citoyens ont droit à la clarté, pour procéder en toute connaissance de cause aux choix démocratiques. Leur refuser ce droit, ce serait contraire à la volonté affichée par la gauche de faire progresser la démocratie, de considérer les travailleurs et les travailleuses comme des citoyens à part entière.

Source Eric Le Lann pour Liberté Actus

économie, sidérurgie, Melenchon, LfI

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15/07/2026

« Ils ont tout perdu en quelques heures » : les agriculteurs livrés à eux-mêmes face aux incendies et à la sécheresse. Julien Brugerolles député communiste propose une refonte : la création d’un régime public d’assurance et de prévention

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Face aux incendies et à la sécheresse, les agriculteurs sinistrés dénoncent les failles de l’assurance-récolte privée et le désengagement de l’État. Le député Julien Brugerolles propose une refonte : la création d’un régime public d’assurance et de prévention face au réchauffement climatique.

En pleine troisième canicule, la France traverse une sécheresse historique. Les feux ravagent plusieurs départements. En quelques heures, les agriculteurs voient leurs cultures et le travail d’une vie partir en fumée. Rien n’échappe au feu.

Dans les Pyrénées-Orientales, l’heure est au recensement des dégâts pour la Confédération paysanne. Certains bâtiments agricoles et des cultures ont été réduits en cendres. « Les agriculteurs sont désemparés. Ils ont tout perdu en quelques heures, déplore François Douville, porte-parole départemental du syndicat. On se dit que demain ça sera peut-être mon tour, qu’on peut disparaître d’un moment à l’autre. »

« Plus rien n’est sous contrôle, tout brûle »

Touché de plein fouet par ces crises cumulées, le monde agricole subit une période d’une « gravité exceptionnelle », confirme Frédéric Mazer, coprésident du syndicat agricole et des exploitations agricoles, le Modef. Au-delà de l’urgence immédiate, c’est la récurrence de ces catastrophes qui inquiète. « Les mesures du gouvernement vont à l’encontre des recommandations du GIEC, estime François Douville, de la Confédération paysanne. Dès l’année prochaine, ces canicules n’auront plus rien d’exceptionnel. »

En déplacement début juillet, la ministre de l’agriculture, Annie Genevard, a pourtant assuré que face à cette crise « l’État a été au rendez-vous du premier jour au dernier hectare » et que « la situation est sous contrôle ». Une affirmation contestée par le Modef : « Plus rien n’est sous contrôle, tout brûle ».

Le ministère a annoncé une série de mesures d’urgence et d’anticipations, notamment des prêts pour aider les éleveurs à adapter leurs bâtiments aux fortes chaleurs. « Cela concerne l’élevage intensif, mais pas les petits éleveurs », regrette François Douville. Les ministères de l’Économie et de l’Agriculture ont également réuni début juillet les assureurs pour accélérer les procédures d’indemnisation. Pour les syndicats, ces mesures sont insuffisantes face à un système à bout de souffle.

L’assurance-récolte : un système inefficace

Face aux pertes matérielles et au risque de faillite, les paysans se retrouvent seuls. « L’État se désengage et renvoie les agriculteurs vers les assurances privées », dénonce un adhérent de la Confédération paysanne.

Depuis 2023, le dispositif des calamités agricoles a été remplacé par l’assurance-récolte multirisque climatique. La gestion des risques est déléguée aux assurances privées en incitant les agriculteurs à s’assurer. Pourtant, sur le terrain ce système patine. La Confédération paysanne affirme que seulement « 18 % des fermes sont couvertes par l’assurance-récolte en France ».

En cause, des contrats trop chers ou inadaptés. C’est une double peine pour les petits producteurs. « La valeur des cultures retenue par les assureurs se base sur les barèmes d’une agriculture standardisée et productiviste », explique Johann Lecocq, maraîcher et viticulteur dans l’Aude, qui a perdu une vigne et 200 oliviers début juillet. « Je vais perdre entre cinq à dix années de récoltes et il est difficile de prouver le sinistre climatique auprès des assureurs. »

Nombre d’exploitants agricoles engagent leurs propres experts pour décrypter les contrats d’assurances. Ulrike Erdmann, vigneronne, a perdu plus de huit hectares de vignes lors du mégafeu d’août 2025 dans le massif des Corbières (Aude). Son expert a chiffré les pertes à 285 000 euros, avant qu’elle ne découvre que ses parcelles n’étaient en réalité pas couvertes. Depuis un an, elle dénonce un défaut de conseil et bataille avec son assureur – un grand groupe qui s’affiche premier assureur pour les agriculteurs – pour obtenir une indemnisation.

Pour les cultures non assurées, l’État verse une Indemnisation de Solidarité Nationale (ISN), mais le déclenchement est soumis à des seuils stricts (à partir de 30 % de pertes pour l’arboriculture et 50 % pour les grandes cultures). L’an dernier, le gouvernement a débloqué 8 millions d’euros pour soutenir les agriculteurs sinistrés dans les Corbières. « Les annonces d’aides exceptionnelles tiennent de l’effet d’annonce, il n’y a pas de réel soutien derrière », estime Johann Lecocq.

Pour les sinistrés, la priorité doit changer de cible. « Si l’État ne veut pas payer les dégâts, il doit au moins les prévenir », s’insurge un paysan de l’Aude. Manu, une éleveuse locale sinistrée, abonde : « Les Canadairs coûtent plus cher que la prévention ».

Vers une refonte du système d’assurance ?

Face à ce constat, le député (PCF) du Puy-de-Dôme, Julien Brugerolles va déposer une proposition de loi la semaine prochaine à l’Assemblée nationale visant à refondre le système. Il prône la création d’un régime public d’assurance et de prévention des risques climatiques. Ce fonds serait financé par des cotisations obligatoires et par la contribution sur les revenus financiers des grands groupes agroalimentaires et des assureurs. L’objectif est d’adapter « un système qui ne répond pas aux enjeux face à la multiplication des risques climatiques », explique-t-il.

De son côté, la Confédération paysanne réclame un retour à l’élevage extensif et au pastoralisme notamment dans les friches abandonnées pour limiter les incendies. « C’est l’agriculture paysanne qui va protéger des incendies à venir, explique François Douville, porte-parole du syndicat, il faudrait des troupeaux dans chaque village. » En nettoyant les sous-bois, les bêtes éliminent la matière inflammable. Intégrer les paysans et le pastoralisme dans la politique de prévention permettrait de créer des pare-feu naturels. Ces propositions alternatives à l’agriculture intensive pourraient être une solution d’avenir.

agriculture,sécheresse

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09/07/2026

D’où vient le pouvoir rafraîchissant des arbres en ville ?

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L’été, en particulier par ciel clair et vent faible, caractéristique des situations anticycloniques, la température en ville peut augmenter bien plus que dans les campagnes alentour. C’est l’effet d’« îlot de chaleur urbain ». En cause, la très faible proportion de surfaces végétalisées, la présence de bâtiments et la nature des matériaux urbains, comme le bitume noir par exemple, qui augmentent le stockage de la chaleur dans les bâtiments et le sol.

Qui n’a jamais ressenti le besoin de se réfugier dans un parc arboré en période de fortes chaleurs ? C’est parce que l’augmentation de chaleur peut être en partie contrebalancée par la végétation. Les arbres rafraîchissent l’environnement grâce aux ombres portées sur les passants et les façades, et leur capacité à maintenir une température de feuillage raisonnable, car ils régulent leur propre chaleur… en transpirant.

deux arbres en 3D
 
Modèles 3D d’un arbre, en couleurs réelles à gauche et avec la température de surface à droite. INSA Strasbourg, Fourni par l'auteur

L’arbre ne rafraîchit pas directement l’air : il empêche l’air de s’échauffer !

La transpiration est un phénomène physiologique par lequel un arbre émet de l’eau dans l’air, sous forme gazeuse, par l’intermédiaire de ses feuilles, afin de réguler sa température quand il fait chaud et pour assurer la circulation de la sève brute et minéralisée qui provient des racines en direction de tous les organes de la plante.

Ce processus demande à l’arbre un apport en eau constant et suffisant, en puisant l’eau du sol. C’est important car la photosynthèse, qui fabrique une partie des nutriments de l’arbre, ne peut avoir lieu qu’à condition que la « cavité stomatique », qui se trouve à la surface des feuilles et qui assure les échanges gazeux avec l’atmosphère, reste humide ; et c’est la transpiration qui assure cette humidité.

Toutefois, l’effet de l’environnement de l’arbre sur la transpiration des feuilles, par exemple, reste mal connu et notamment en milieu urbain.

Effet d’un arbre sur son environnement immédiat : 1. Absorption d’une partie du rayonnement solaire (infrarouge) ; 2. Évapotranspiration ; 3. Protection du vent ; 4. Ombre. Plante & Cité (VegDUD), Fourni par l'auteur

Le bénéfice rafraîchissant de l’arbre est essentiellement diurne : d’une part il fournit de l’ombre, d’autre part il transpire. Dans le cas de la transpiration, c’est l’énergie que l’évaporation de l’eau exige qui permet de réduire l’échauffement des feuilles et les maintient à une température proche de celle de l’air, ce qui réduit l’échauffement de la rue et augmente très légèrement l’humidité de l’air autour de l’arbre.

Si l’effet rafraîchissant des arbres n’est bien évidemment plus à prouver, il varie au fil de la journée (notamment la nuit) et il reste à être quantifié. Par exemple, la nuit, le feuillage forme un « écran » qui empêche la chaleur stockée dans le sol de s’échapper vers le ciel sous forme de rayonnement infrarouge, ce qui limite le refroidissement de la zone qui est directement recouverte par le feuillage.

L’étude des interactions entre les arbres et leur environnement devrait nous permettre d’identifier des méthodes de plantations pour améliorer les conditions de vie et de confort des citadins lors des épisodes de fortes chaleurs, et contribuera à répondre à une question qui commence déjà à se poser : quelle(s) espèce(s) d’arbre planter, en quelle quantité et dans quelles configurations par rapport aux bâtiments ou aux chaussées ? L’heureuse élue – ou, plus probablement, les heureuses élues – devront être capables de résister aux fortes chaleurs sans exiger trop d’eau, mais aussi de procurer de l’ombre et de la fraîcheur grâce à l’évapotranspiration.

Climatologie urbaine : suivi des arbres en ville à Strasbourg. Source : INSA Strasbourg.

Des arbres dans les parcs

Entre 2017 à 2021, nous avons étudié le rôle des tilleuls argentés ou Tilia tomentosa dans un parc urbain, celui de l’université à Strasbourg, pour évaluer et modéliser l’évapotranspiration et l’ombrage d’une espèce d’arbre particulière en tenant compte de l’environnement du parc, par exemple l’implantation des arbres, l’emplacement des pelouses, la géométrie des bâtiments et des rues alentour.

Nous avons mesuré précisément la forme des arbres en 3D et d’autres paramètres éco-physiologiques et météorologiques. Ainsi, nous avons pu vérifier que nos modèles de microclimat urbain à l’échelle d’un quartier (LASER/F) d’une part et d’évapotranspiration à l’échelle de l’arbre individuel (RATP) d’autre part étaient adéquats. La fusion de ces deux modèles, baptisée LASER·T, nous permet de calculer les flux de chaleur et d’énergie entre les différents éléments (arbres et bâtiments par exemple), l’évapotranspiration des végétaux, les températures de surface des bâtiments et le confort thermique.

Des arbres dans les rues

Nous nous tournons aujourd’hui vers le rôle des « arbres d’alignement », ces arbres qui se suivent dans la rue et qui sont souvent de la même espèce. Ceux-ci impactent le microclimat de la rue – ombre, humidité, vent. Et vice versa, la physiologie des arbres est affectée par la géométrie des rues – largeur de la rue, hauteur des immeubles, les couleurs des murs et la qualité du sol notamment.

deux photos de la même façade
 
Une façade en couleurs réelles à gauche, et son image thermique à droite, indiquant la température en fonction de l’ombrage. INSA Strasbourg/ICube, Fourni par l'auteur

Par exemple, en été, lorsque le soleil se lève, il va d’abord chauffer les toits et les arbres. Les arbres profitent de cette chaleur pour leur photosynthèse et en même temps, ils font bouclier pour les façades, en les gardant à l’ombre des rayons grâce à leur houppier. Ainsi, un arbre feuillu à proximité d’une façade procurera un confort thermique plus important aux résidents du bâtiment. Il rafraîchira également le sol par son ombre portée. En début de soirée, le bâtiment restituera à l’ensemble de la rue et donc également à l’arbre, la chaleur qu’il a emmagasinée durant toute la journée sous forme de rayonnement infrarouge, comme évoqué ci-dessus. Ceci illustre le rôle ambivalent joué par l’arbre.

différents types de mesures des arbres et de l’environnement
 
Mesures climatiques et écophysiologiques. ICube/INRAE/Urbasense, Fourni par l'auteur

Plus il y aura d’arbres dans l’alignement, plus l’effet rafraîchissant sera remarquable en journée – la température ressentie peut être réduite de 2 °C au minimum.

Ainsi, dans le projet TIR4sTREEt (Thermal InfraRed for Street Trees) qui rassemble plus de 15 scientifiques de divers horizons, nous cherchons à reproduire l’impact physique des bâtiments et des arbres de rue sur le microclimat urbain, grâce à des mesures et des modélisations 3D du site.

Pour cela, nous avons sélectionné six arbres dans trois rues d’un quartier résidentiel de Strasbourg : des micocouliers, des platanes et des tilleuls. Nous les avons équipés de nombreux capteurs afin de suivre au fil des saisons pendant deux ans au moins leur état de santé, leur croissance, l’humidité et la température alentour, le rayonnement, leur température de surface ainsi que celle des bâtiments et voirie, etc.

Des capteurs pour mieux comprendre les arbres en ville

Comme on l’a vu, les arbres ont un effet rafraîchissant du fait de la transpiration, dont le comportement en ville est encore peu connu, et du fait de l’ombre portée au sol ou sur les façades.

En mesurant régulièrement la température de surface des arbres et des façades environnantes avec des capteurs dans l’infrarouge « thermique », nous pouvons en déduire les variations spatiales et temporelles. Des capteurs météorologiques nous donnent les variables classiques comme la température de l’air, la vitesse du vent le rayonnement solaire (etc.) qui nous permettent d’établir le microclimat qui règne dans nos sites.

Grâce à des capteurs de flux de sève, nous pouvons mesurer la vitesse de montée de la sève dans l’arbre, qui est directement corrélée à la transpiration de l’arbre. Des capteurs installés dans le sol nous fournissent l’état hydrique et la température des différents horizons jusqu’à un mètre de profondeur.

Tous ces dispositifs nous donnent une vision assez complète du continuum plante-atmosphère et ils alimentent une base de données qui servira à étayer nos analyses. A moyen terme, ce projet permettra de guider les décideurs dans le choix des espèces d’arbres et des scénarios de plantation les plus adaptés.


Le projet Modélisation des arbres de rue pour la micro-climatologie urbaine – TIR4sTREEt est soutenu par l’Agence nationale de la recherche (ANR), qui finance en France la recherche sur projets. Elle a pour mission de soutenir et de promouvoir le développement de recherches fondamentales et finalisées dans toutes les disciplines, et de renforcer le dialogue entre science et société. Pour en savoir plus, consultez le site de l’ANR.

Source The Conversation

arbre en ville, canicule

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