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14/03/2026

George Sand, écologiste et entrepreneuse à l'avant garde

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Cent cinquante ans après sa mort, George Sand reste encore mal connue dans un pan entier de son existence. L’autrice de la Petite Fadette ou de l’Homme de neige fut aussi une militante qui investit dans un projet original d’imprimerie. Son promoteur, le socialiste Pierre Leroux, en fit une des premières coopératives, à rebours du capitalisme moderne. C’est à Boussac, dans la Creuse, que l’utopie prit forme et vie.


Alors que la dermatose nodulaire bovine est le dernier épisode en date de la crise agricole française, avec pour conséquence inattendue une exclusion des bovins du Salon de l’agriculture de Paris en 2026, il convient de relire le regard que pose sur l’économie rurale la romancière George Sand (1804-1876), dont nous célébrons le cent cinquantième anniversaire de la disparition cette année. Inspirée par les idées de Pierre Leroux (1797-1871) en matière d’écologie, elle défend la justice et la solidarité, ancrée dans une foi en l’égalité progressive de l’humanité.

Née à Paris le 1er juillet 1804, c’est au domaine de Nohant-Vic (Indre) que George Sand a vécu l’essentiel de sa vie et qu’elle s’est éteinte le 8 juin 1876, faisant venir autour d’elle les plus grands artistes de son temps (Chopin, Liszt…). Femme de lettres avant-gardiste, elle a abordé des thématiques qui résonnent encore aujourd’hui : la démocratie, le féminisme, l’écologie.

Un soutien essentiel

Une dimension moins connue de l’autrice mérite d’être rappelée. George Sand s’intéressait aux problèmes économiques et sociaux de son époque et s’y investit personnellement. Ainsi, elle soutint la création d’une imprimerie à Boussac (Creuse) par le socialiste Pierre Leroux, qui d’octobre 1845 à février 1848, fait figure à maints égards d’ancêtre lointain des sociétés coopératives contemporaines.

Petit retour en arrière, en novembre 1841. Pierre Leroux vient d’achever avec Jean Reynaud l’Encyclopédie nouvelle et fonde la Revue indépendante avec George Sand et Louis Viardot. L’idée et le nom de la revue viennent du refus de l’éditeur de la Revue des Deux Mondes, François Buloz, de publier en l’état Horace, et veut lui imposer une autocensure. Ce roman de George Sand est jugé socialement trop audacieux de par ses positions de défense du peuple et de critique de la bourgeoisie et des institutions.

Après Horace publié en 1842, la Revue indépendante publiera Consuelo, roman de l’émancipation et de la liberté de George Sand directement inspiré de la pensée de Leroux. De son côté, les premiers articles que ce dernier publia dans la revue sont des reprises très enrichies d’Aux philosophes et De la philosophie et du christianisme.

Difficultés financières pour la presse

La création et les débuts de ce périodique illustrent les difficultés financières inhérentes à l’entreprise journalistique. Lorsque George Sand et Pierre Leroux le fondent, ils ne peuvent se rémunérer et doivent publier à intervalles irréguliers dans l’attente de fonds suffisants. Même si les articles publiés remportent un succès certain, George Sand se désengage de l’aventure à partir de 1843. Elle lui reproche notamment son excès d’idéalisme, son manque d’efficacité pratique, et la fragilité de son organisation. Elle continue cependant de le soutenir en y publiant encore deux textes entre octobre et novembre 1843, Fanchette, lettre de Blaise Bonnin à Claude Germain.

Cette initiative éditoriale trouve rapidement ses limites, George Sand percevant la nécessité de communiquer les faits au niveau local, par le biais d’un journal d’opposition. Ainsi, en 1844 George Sand publie Jeanne en feuilleton dans le Constitutionnel, journal d’opposition libéral, bonapartiste et anticlérical. Elle continue toutefois à aider financièrement Pierre Leroux à installer son imprimerie à Boussac. Dans ce roman, George Sand explore l’égalité morale et sociale entre les êtres, la dignité de la vie rurale, la critique du capitalisme prédateur, la valorisation de la fraternité et de la solidarité. Ces thèmes sont au cœur du socialisme associationniste de Leroux.

Leroux, un saint-simonien qui a pris ses distances

Pour comprendre le projet d’imprimerie à Boussac, il faut revenir sur l’itinéraire de Pierre Leroux. Issu d’un milieu populaire, il devient après des études secondaires philosophe et entrepreneur. Il se trouve à la tête de quatre grands journaux : le Globe, organe du saint-simonisme (1824 1832), la Revue encyclopédique (à partir de 1832), l’Encyclopédie nouvelle (à partir de 1834), la Revue indépendante (1841‑1848).

Ayant participé à l’aventure saint-simonienne de 1830-1831, il fut le premier à pointer le danger du collectivisme. Pour cela, il combattit dans ses entreprises les inégalités de classes, de race et de sexe. Aussi, Leroux ne reste guère plus d’un an à la direction de la Revue indépendante. Le dernier texte qu’il y publia en janvier 1843 « D’une nouvelle typographie » témoigne de la renaissance chez lui (qui fut un temps ouvrier-typographe et correcteur, ndlr) du désir de réaliser la machine à composer, un projet qu’il avait lancé dès 1822 et qui avait échoué. Il obtint un brevet et les fonds d’un financier, mais la tentative échoue une seconde fois. Leroux fit alors le projet de quitter Paris et de fonder une imprimerie.

Il choisit Boussac dans la Creuse, à proximité de Nohant (le « fief » de George Sand), où il séjourna de 1845 à 1848. L’aide financière de George Sand fut la condition de l’entreprise. Une colonie s’organisa qui regroupa jusqu’à 80 personnes autour de Pierre Leroux, de ses trois frères et de leurs familles. La journaliste féministe Pauline Roland (1805-1852) fut responsable de l’école de la communauté. La Revue sociale y fut créée en 1845.

Imprimerie et agriculture circulaire

Installée dans un ancien hospice, l’imprimerie de Boussac, est une expérience d’envergure qui mobilise un collectif de 80 personnes comprenant la famille, les amis et les disciples de Pierre Leroux. L’imprimerie étant implantée dans une ferme, elle intégrait des travaux agricoles partagés. Des cultures et des animaux de basse cour étaient exploités collectivement dans une esprit d’autosubsistance.

Leroux y met en œuvre les principes qu’il a développés dans son œuvre, notamment le circulus, une vision avant-gardiste de l’économie circulaire, en opposition au paradigme productiviste de l’agriculture, promu par Chaptal, Liebig et la chimie agricole. La communauté de Boussac, en suivant les principes de Leroux, atteindra l’autosuffisance alimentaire.

Par ailleurs, Leroux met au point le « pianotype », un nouveau procédé de composition typographique. Cette entreprise n’est pas seulement un journal ; elle est l’expression d’une communion dans la religion de l’humanité se fondant sur l’unité de l’expérience humaine, une religion d’inspiration saint-simonienne, qui s’étend de Boussac à Paris, jusqu’à Limoges et d’autres villes, et relie entre eux tous les disciples de sa « Doctrine de l’humanité ».

Tous les participants à la coopérative recevaient un salaire égal et tous les bénéfices étaient réinvestis dans l’entreprise. Dans les années 1995 à 2000, on y verra les prémices des sociétés coopératives et participatives (Scop) et d’une économie sociale et solidaire pour qui, face à la crise des solidarités abstraites, l’émergence de nouvelles solidarités concrètes de ce type permet de ne pas revenir à des solidarités « héritées ».

La révolution de 1848 sonnera le glas de cette communauté. Pierre Leroux devient maire de Boussac, puis député de la Seine et quitte la Creuse. Quant à George Sand, elle a géré sa carrière de manière très professionnelle et ne s’est pas contentée de vivre de ses rentes. Elle a été également une entrepreneuse, créatrice et directrice de journaux, qui prenait des risques. Tout en entretenant son image de marque personnelle, elle a financé et encouragé l’entreprise communautaire de Pierre Leroux qui aurait difficilement existé sans son soutien.

Source The Conversation

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11/03/2026

Comment savoir si je parle à un chatbot ?

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GPT-4.5 a réussi à convaincre 73 % des évaluateurs qu’il était humain lors d’un test rigoureux en mars 2025. Or, savoir à qui l’on parle est très important, avec des enjeux notamment en termes de sécurité en ligne.


Vous échangez avec le service client de votre fournisseur d’électricité via un chat en ligne. Les réponses arrivent instantanément : précises, empathiques, légèrement familières et portées par un ton que vous identifiez comme féminin. Pour tester votre interlocutrice, vous posez une question piège et votre interlocutrice répond avec humour. Ai-je échangé avec une véritable conseillère… ou avec un algorithme d’IA sophistiqué ?

Vous n’êtes pas les seuls à éprouver ce doute ! Presque la moitié des utilisateurs de chatbots reconnaissent avoir déjà confondu un agent conversationnel virtuel avec un être humain. Jamais la frontière entre l’humain et la machine n’a été aussi floue.

Mes travaux de recherche récents examinent les mécanismes d’adoption de ces outils. Il est indéniable que nous sommes en train d’entrer dans une ère marquée par ce que l’on pourrait appeler une confusion ontologique, c’est-à-dire une ère où les frontières entre le naturel et l’artificiel deviennent de plus en plus floues pour l’être humain qui a du mal à les distinguer clairement.

À lire aussi : Comment enfants et adolescents grandissent avec l’IA, cette « amie » artificielle


Or, savoir à qui l’on parle ne relève plus uniquement d’une simple curiosité technologique : c’est devenu un enjeu de cybersécurité, de confiance et de bien-être psychologique.

Ne pas distinguer un humain d’un chatbot peut exposer à une confiance excessive dans des réponses qui peuvent être inexactes et à la divulgation imprudente d’informations à caractère personnel. Pour le grand public, savoir identifier un chatbot, comprendre ses limites et évaluer la qualité de ses réponses devient une compétence essentielle pour utiliser ces outils en connaissance de cause.

Pourquoi l’identité de votre interlocuteur change-t-elle tout ?

Aujourd’hui, plus d’un milliard de personnes dans le monde utilisent des chatbots. Il est prévu que ce marché atteigne 60,26 milliards de dollars (51,77 milliards d’euros) d’ici à 2030.

Le secteur de la santé, notamment en ce qui concerne la santé mentale, est témoin de l’émergence des chatbots IA de type compagnon qui sont programmés pour simuler la compassion. Savoir que l’on parle à un algorithme d’IA favorise le maintien d’une distance critique indispensable vis-à-vis des recommandations formulées. Par exemple, si une personne exprime un profond mal-être, un chatbot pourra proposer des exercices de relaxation, mais ces réponses standardisées reposant sur des modèles statistiques ne remplacent pas l’évaluation clinique individualisée et le suivi d’un professionnel de santé.


À lire aussi : Les IA, nos nouvelles confidentes : quels risques pour la santé mentale ?


Dans le monde des affaires, les entreprises recourent massivement aux chatbots IA afin de réduire les dépenses opérationnelles. La responsabilité juridique peut être engagée dans le cas où un chatbot IA émet une promesse commerciale erronée en raison d’un dysfonctionnement ou d’une hallucination, par exemple, si un chatbot promet par erreur une remise inexistante ou un remboursement sans condition. Qui est responsable de cette promesse ? Le concepteur du chatbot IA, l’entreprise qui l’utilise, ou tout autre acteur impliqué dans sa conception ou sa mise en œuvre ? La clarté concernant l’identité de l’émetteur est essentielle pour établir les fondements du contrat qui définit les responsabilités de chaque partie impliquée.

À l’échelle sociétale, savoir distinguer l’humain des chatbots IA est essentiel pour préserver l’intégrité du débat public. Identifier la nature de son interlocuteur permet d’éviter de confondre un contenu automatisé avec une prise de position authentiquement humaine. Par exemple, lors d’une consultation publique en ligne, un chatbot clairement identifié peut fournir rapidement des informations factuelles sur une réforme sans prétendre porter la voix des citoyens. Les utilisateurs du service public numérique font davantage confiance à un chatbot lorsque celui-ci est clairement identifié comme tel.

Comment identifier un chatbot aujourd’hui ?

Avant tout, pour comprendre son fonctionnement, il faut regarder l’architecture des « transformers », la structure technique derrière la plupart des chatbots modernes. Ces « transformers » sont capables de prédire le mot suivant une suite de mots donnée, grâce aux statistiques : ils donnent juste le mot suivant le plus probable. Savoir que l’on parle à un chatbot IA, c’est se rappeler qu’il ne comprend pas le sens, qu’il n’y a pas de pensée derrière la conversation : le chatbot ne fait que choisir les mots qui ont statistiquement gagné à l’issue de ses calculs.


À lire aussi : Comment fonctionne ChatGPT ? Décrypter son nom pour comprendre les modèles de langage


Voici quelques astuces de détection utiles pour savoir si l’on parle à un chatbot IA.

Posez des questions qui nécessitent des détails personnels ou des souvenirs à long terme que le chabot IA ne possède pas, par exemple « Tu te rappelles ce que je t’avais dit sur mon premier stage ? » Un être humain serait en mesure de mobiliser un souvenir précis, tandis qu’un chatbot IA ne pourrait que simuler une continuité. Autre test possible : faites référence à une expérience commune implicite, par exemple « On avait finalement choisi quel restaurant déjà ? » Un être humain pourra se souvenir du lieu exact, tandis qu’un chatbot IA tendra à proposer une réponse plausible sans véritable souvenir.

Posez des questions qui permettent de tester les limites du raisonnement de chatbot IA avec des situations absurdes, par exemple : « Explique-moi pourquoi il est impossible d’expliquer cette impossibilité. » Un humain est davantage susceptible de résister à la demande en exprimant un inconfort par rapport à la question posée. Le chatbot IA raisonne comme si la situation était cohérente, même quand elle ne l’est pas, l’action requise demeure irréalisable. Autre exemple : « Décris précisément la couleur d’un triangle invisible. » Un humain soulignera spontanément l’incohérence de la consigne, tandis qu’un chatbot IA cherchera souvent à formuler une explication théorique comme si la question avait un sens pleinement exploitable.

Posez des questions sur des événements récents hyperlocalisés avec une opinion nuancée, par exemple : « En tant que riverain, que penses-tu de la piétonnisation hier de cette rue ? » Les chatbots IA sont entraînés sur des bases de données figées à une date précise. Même si certains sont connectés à Internet, ils ont souvent du mal à commenter les actualités hyperlocales très récentes avec une perspective nuancée. Autre exemple : « Comment as-tu vécu la coupure d’électricité dans notre quartier hier soir ? » Un habitant pourra évoquer des détails précis comme les discussions avec les voisins et l’ambiance dans la rue, tandis qu’un chatbot restera dans des généralités sans véritable ancrage local.

Vers une transparence et une littératie numérique indispensables : l’IA Act et au-delà

Mes travaux récents, au-delà des astuces de détection, invitent à repenser notre relation avec ces interlocuteurs numériques. Notre étude montre que la divulgation de l’identité, c’est-à-dire l’annonce par un chatbot IA de sa nature artificielle, ne réduit pas forcément la satisfaction de l’utilisateur si la qualité informationnelle du chatbot IA est au rendez-vous. La loi européenne, par le biais de l’IA Act, va imposer cette transparence.

À l’avenir, la question sera donc plutôt « Comment optimiser la collaboration avec cette entité que je sais être artificielle ? » Pour les entreprises, il faut se concentrer sur ce qui compte vraiment aux yeux des utilisateurs grand public, c’est-à-dire la performance du chatbot IA permettant de fournir des réponses pertinentes, fiables et de qualité, plutôt que de se contenter de déclarations éthiques génériques ou d’avatars anthropomorphiques attrayants.

Source The Conversation

11:50 Publié dans Actualités, Médias | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : chatbot | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!

06/03/2026

George Sand, une femme libre

george sand

A l'occasion du 8 Mars et en hommage à George Sand dont nous allons célébrer cette année les 150 ans de sa disparition nous vous proposons cette biographie

GEORGE SAND

Née 1er juillet 1804 Paris- 8 juin 1876 Nohant

Ellle disait « Ne lisez pas comme les enfants lisent, pour vous amuser, ni comme les ambitieux lisent, pour vous instruire. Non. Lisez pour vivre ! »

Inspirée de ses passions, George Sand crée une œuvre romanesque remarquable, assortie de

théâtre et de nombreuses lettres. Elle se bat pour son indépendance et la République.

Biographie

1 juillet 1804 : Naissance d’Aurore Dupin future George Sand, naît à Paris. Orpheline de père dès l’âge de quatre ans, elle sera élevée par sa grand-mère paternelle. La jeune fille passera ainsi toute son enfance à la campagne, à Nohant.

1822 : Mariage avec Casimir Dudevant

La jeune Aurore Dupin se marie avec le baron Casimir Dudevant, avec lequel elle aura deux

enfants. Mais la relation entre les deux époux se détériore rapidement. Aussi, d’un commun

accord, tous deux se séparent.

Mai 1832 : George Sand publie "Indiana" son premier roman sous. Elle y met en scène une jeune créole qui tente de se libérer de son mariage pour vivre ses passions.

La même année, Sand publiera "Valentine", un roman qui s’inscrit dans la lignée sentimentale et féministe de l’auteur. Ce dernier ouvrage lui vaudra l’admiration de Chateaubriand.

Juillet 1833 : George Sand s’éprend d’Alfred de Musset

George Sand et Musset commencent leur tumultueuse histoire d’amour. La relation entre les deux écrivains s’achèvera définitivement en 1835.

Hiver 1836 : Chopin et Sand se rencontrent. Leurs relations dureront 10 ans. lls se sont

abondamment nourris l’un de l’autre dans leur production artistique, au point d’avoir peut-être mieux réussi à se reconnaître et à se comprendre dans le domaine imaginaire que dans la vie réelle.

1846 : George Sand publie un roman champêtre intitulé "la Mare au diable". Outre l’histoire

d’amour entre Germain, paysan veuf avec trois enfants et Marie, George Sand souhaite rendre hommage à la campagne berrichonne où elle a grandi.

1849 : Dans la lignée des romans champêtre, George Sand publie "la Petite Fadette". Les scènes se déroulent dans la campagne berrichonne, où les paysans font preuve des plus grandes valeurs morales.

8 juin 1876 : Après avoir passé une grande partie de sa vie la plume à la main, George Sand s’éteint à Nohant, à l’âge de 72 ans.

george sandLe podcast de cette biographie diffusée d'après le livre, 125 Vies pour l'Humanité à écouter ici en cliquant sur cette ligne]]]

Diego DIAZNombre de pages : 13220 €
Format(s) : Papier EPUB PDF

 

12:26 Publié dans Actualités, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : george sand | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!

05/03/2026

Guerre en Iran : « L’Europe n’envisage même pas de jouer un rôle diplomatique réel », analyse Marc Botenga, eurodéputé la Gauche

Marc Botenga.jpg

Après Gaza, Bruxelles s’aligne de nouveau sur les buts de guerre des belligérants états-uniens et israéliens en Iran. Quitte à enterrer toute crédibilité sur la scène internationale, rappelle Marc Botenga, eurodéputé la Gauche.

 

Comment analysez-vous la position de l’Europe au cinquième jour de la guerre contre l’Iran ?

Marc Botenga

Eurodéputé du Parti du travail de Belgique au sein du groupe la Gauche

La majorité des dirigeants et pays européens, Allemagne en tête, ont pris des positions extrêmement choquantes. Ils n’ont pas voulu condamner la guerre d’agression menée par les États-Unis et Israël. Ils ont préféré tancer la réplique iranienne.

C’est une inversion des responsabilités. Ils n’ont même pas mentionné la frappe contre une école de filles dont le bilan dépasse les 160 morts. Ils envisagent d’entraîner l’Europe dans la guerre. C’est un grand contraste avec les discours que l’on entend sur l’Ukraine : le droit international doit prévaloir, l’Ukraine a le droit de se défendre, il faut sanctionner la Russie et livrer des armes à l’Ukraine… Ici, aucune menace de sanctions envers les États agresseurs. L’Europe n’envisage même pas de jouer un rôle diplomatique réel.

Le fait que le chancelier allemand Friedrich Merz acquiesce, depuis la Maison-Blanche, aux sanctions contre l’Espagne pour avoir refusé que Washington utilise ses bases, constitue-t-il une fissure dans le projet européen ?

Cela illustre les limites des discours sur l’autonomie stratégique. Qu’il s’agisse d’Ursula von der Leyen (la présidente de la Commission – NDLR) ou de Friedrich Merz, les dirigeants européens se vautrent devant Donald Trump y compris pour attaquer les pays européens qui font le choix de porter une position politique différente.

Ce refus de l’Espagne révèle-t-il que l’Europe dispose de leviers pour faire pression ?

L’Union européenne (UE) souhaite-t-elle porter une politique indépendante, sans regarder par qui le droit international et la paix sont violés ? Ou alors, souhaite-t-elle se mettre à la remorque des États-Unis dans un bloc impérialiste occidental ? Malheureusement, l’Europe, malgré ses leviers, est en train d’opter pour la seconde option. On parle toujours de l’Otan comme d’un cadeau que les États-Unis feraient à l’UE.

Ce n’est pas du tout le cas. C’est une alliance militaire dans le cadre de laquelle l’Europe accomplit des tâches au service de l’impérialisme états-unien. Toute une série d’opérations américaines au Moyen-Orient seraient beaucoup plus complexes si l’Europe ne prêtait pas ses bases. Nous disposons d’outils pour jouer un rôle sur la scène globale. Nous ne sommes pas faibles. Ce qui manque, c’est la volonté politique pour agir.

L’UE ne cesse de recevoir des coups de Donald Trump. Comment expliquer qu’elle refuse de vouloir incarner un acteur global et indépendant ?

Cela s’explique par l’influence politique, économique et financière dont dispose Washington sur l’UE depuis des décennies. Il y a une forme de soumission aux intérêts états-uniens. Il existe également une différence par rapport à la guerre en Irak de 2003. À l’époque, l’élargissement était tout frais.

Les positions critiques vis-à-vis des États-Unis portaient davantage. On constate cependant qu’il existe une volonté populaire de changer de voix. Si l’Europe enterre le droit international, elle actera un monde de chaos, de guerre de tous contre tous, dans lequel notre continent sera forcément perdant.

Quel est le poids de ce rééquilibrage vers l’est dans les débats actuels ?

Les débats restent dirigés par la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne même si cette dernière ne fait plus partie de l’UE. Dans leur déclaration commune, les trois puissances parlaient déjà d’aller protéger nos alliés dans la région. De qui parle-t-on ? D’Israël ? Ce serait déjà une menace d’entrée en guerre.

Il est vrai que la tendance pro-américaine, le fait d’acheter des armes états-uniennes, de s’intégrer dans l’espace américain, est très forte dans les pays de l’Est. Sur le plan idéologique, il y a évidemment le premier ministre hongrois d’extrême droite, Viktor Orban.

Mais cette tendance est également présente dans les pays Baltes ou en Pologne, qui fait clairement le choix de l’atlantisme en matière d’armement. On le voit également en Allemagne qui nourrit une ambition impérialiste propre en souhaitant se doter de l’armée la plus puissante d’Europe.

Comment la Gauche entend-elle se faire entendre en tant que groupe au Parlement européen lors du débat en plénière qui aura lieu la semaine prochaine ?

Nous condamnons évidemment cette guerre et des mobilisations vont se mettre en place un peu partout. Au sein du Parlement, nous avons déjà eu l’occasion de constater, en juin dernier, lors de la précédente guerre contre l’Iran, qu’il existe une tendance consistant à condamner les répliques iraniennes sur Israël.

Nous vivons au sein de cet hémicycle une situation de totale déconnexion par rapport à la réalité où le Parlement est utilisé par la majorité comme un outil de propagande. Le challenge pour la Gauche est de casser ce narratif propagandiste.

Après Gaza, après l’Iran, que vaudra la parole de l’Europe dans les années à venir vis-à-vis de ses partenaires du Sud global qui dénoncent le double standard ?

Le ministre belge de la Défense et Friedrich Merz insinuent que le droit international est dépassé et qu’il ne fonctionne plus. Le droit international fonctionne quand les États le respectent. Dans leur esprit, tout se passe comme si le droit international manquait d’efficience car il ne permet pas de faire la guerre. La crédibilité européenne dans le monde diminue depuis au moins vingt ans.

Quand l’Europe s’aligne totalement sur les États-Unis, il n’y a plus de raison de venir lui parler. Pourquoi Vladimir Poutine viendrait négocier avec les Européens quand les décisions sont prises à Washington ? Le retrait d’Afghanistan s’est opéré sans que les Vingt-Sept soient au courant.

On ne peut plus parler de droits humains après avoir cautionné les massacres à Gaza. Cela donne une image de faiblesse. Non seulement, l’Europe n’a plus de crédibilité à tenir le langage du droit mais elle s’enterre comme acteur potentiellement autonome sur la scène internationale.

11:06 Publié dans Actualités, Histoire, International, Point de vue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : marc botenga, iran | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!

25/02/2026

Salon de l’agriculture, Fabien Roussel appelle à consommer français pour relever l’agriculture

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Le secrétaire national du PCF était présent, mardi au Salon de l’agriculture, pour soutenir les agriculteurs. Il a appelé à consommer local et à revoir les accords de libre-échange.

11:34 Publié dans Actualités, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fabien roussel, salon de l'agriculture | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!