Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

15/07/2026

« Ils ont tout perdu en quelques heures » : les agriculteurs livrés à eux-mêmes face aux incendies et à la sécheresse. Julien Brugerolles député communiste propose une refonte : la création d’un régime public d’assurance et de prévention

Agriculture dinistre.jpg

Face aux incendies et à la sécheresse, les agriculteurs sinistrés dénoncent les failles de l’assurance-récolte privée et le désengagement de l’État. Le député Julien Brugerolles propose une refonte : la création d’un régime public d’assurance et de prévention face au réchauffement climatique.

En pleine troisième canicule, la France traverse une sécheresse historique. Les feux ravagent plusieurs départements. En quelques heures, les agriculteurs voient leurs cultures et le travail d’une vie partir en fumée. Rien n’échappe au feu.

Dans les Pyrénées-Orientales, l’heure est au recensement des dégâts pour la Confédération paysanne. Certains bâtiments agricoles et des cultures ont été réduits en cendres. « Les agriculteurs sont désemparés. Ils ont tout perdu en quelques heures, déplore François Douville, porte-parole départemental du syndicat. On se dit que demain ça sera peut-être mon tour, qu’on peut disparaître d’un moment à l’autre. »

« Plus rien n’est sous contrôle, tout brûle »

Touché de plein fouet par ces crises cumulées, le monde agricole subit une période d’une « gravité exceptionnelle », confirme Frédéric Mazer, coprésident du syndicat agricole et des exploitations agricoles, le Modef. Au-delà de l’urgence immédiate, c’est la récurrence de ces catastrophes qui inquiète. « Les mesures du gouvernement vont à l’encontre des recommandations du GIEC, estime François Douville, de la Confédération paysanne. Dès l’année prochaine, ces canicules n’auront plus rien d’exceptionnel. »

En déplacement début juillet, la ministre de l’agriculture, Annie Genevard, a pourtant assuré que face à cette crise « l’État a été au rendez-vous du premier jour au dernier hectare » et que « la situation est sous contrôle ». Une affirmation contestée par le Modef : « Plus rien n’est sous contrôle, tout brûle ».

Le ministère a annoncé une série de mesures d’urgence et d’anticipations, notamment des prêts pour aider les éleveurs à adapter leurs bâtiments aux fortes chaleurs. « Cela concerne l’élevage intensif, mais pas les petits éleveurs », regrette François Douville. Les ministères de l’Économie et de l’Agriculture ont également réuni début juillet les assureurs pour accélérer les procédures d’indemnisation. Pour les syndicats, ces mesures sont insuffisantes face à un système à bout de souffle.

L’assurance-récolte : un système inefficace

Face aux pertes matérielles et au risque de faillite, les paysans se retrouvent seuls. « L’État se désengage et renvoie les agriculteurs vers les assurances privées », dénonce un adhérent de la Confédération paysanne.

Depuis 2023, le dispositif des calamités agricoles a été remplacé par l’assurance-récolte multirisque climatique. La gestion des risques est déléguée aux assurances privées en incitant les agriculteurs à s’assurer. Pourtant, sur le terrain ce système patine. La Confédération paysanne affirme que seulement « 18 % des fermes sont couvertes par l’assurance-récolte en France ».

En cause, des contrats trop chers ou inadaptés. C’est une double peine pour les petits producteurs. « La valeur des cultures retenue par les assureurs se base sur les barèmes d’une agriculture standardisée et productiviste », explique Johann Lecocq, maraîcher et viticulteur dans l’Aude, qui a perdu une vigne et 200 oliviers début juillet. « Je vais perdre entre cinq à dix années de récoltes et il est difficile de prouver le sinistre climatique auprès des assureurs. »

Nombre d’exploitants agricoles engagent leurs propres experts pour décrypter les contrats d’assurances. Ulrike Erdmann, vigneronne, a perdu plus de huit hectares de vignes lors du mégafeu d’août 2025 dans le massif des Corbières (Aude). Son expert a chiffré les pertes à 285 000 euros, avant qu’elle ne découvre que ses parcelles n’étaient en réalité pas couvertes. Depuis un an, elle dénonce un défaut de conseil et bataille avec son assureur – un grand groupe qui s’affiche premier assureur pour les agriculteurs – pour obtenir une indemnisation.

Pour les cultures non assurées, l’État verse une Indemnisation de Solidarité Nationale (ISN), mais le déclenchement est soumis à des seuils stricts (à partir de 30 % de pertes pour l’arboriculture et 50 % pour les grandes cultures). L’an dernier, le gouvernement a débloqué 8 millions d’euros pour soutenir les agriculteurs sinistrés dans les Corbières. « Les annonces d’aides exceptionnelles tiennent de l’effet d’annonce, il n’y a pas de réel soutien derrière », estime Johann Lecocq.

Pour les sinistrés, la priorité doit changer de cible. « Si l’État ne veut pas payer les dégâts, il doit au moins les prévenir », s’insurge un paysan de l’Aude. Manu, une éleveuse locale sinistrée, abonde : « Les Canadairs coûtent plus cher que la prévention ».

Vers une refonte du système d’assurance ?

Face à ce constat, le député (PCF) du Puy-de-Dôme, Julien Brugerolles va déposer une proposition de loi la semaine prochaine à l’Assemblée nationale visant à refondre le système. Il prône la création d’un régime public d’assurance et de prévention des risques climatiques. Ce fonds serait financé par des cotisations obligatoires et par la contribution sur les revenus financiers des grands groupes agroalimentaires et des assureurs. L’objectif est d’adapter « un système qui ne répond pas aux enjeux face à la multiplication des risques climatiques », explique-t-il.

De son côté, la Confédération paysanne réclame un retour à l’élevage extensif et au pastoralisme notamment dans les friches abandonnées pour limiter les incendies. « C’est l’agriculture paysanne qui va protéger des incendies à venir, explique François Douville, porte-parole du syndicat, il faudrait des troupeaux dans chaque village. » En nettoyant les sous-bois, les bêtes éliminent la matière inflammable. Intégrer les paysans et le pastoralisme dans la politique de prévention permettrait de créer des pare-feu naturels. Ces propositions alternatives à l’agriculture intensive pourraient être une solution d’avenir.

agriculture,sécheresse

SUIVEZ AUSSI TOUTES LES ACTUALITES AVEC MOSAIK RADIOS, LES RADIOS INTELLIGENTES DU WEB, LES RADIOS DE TOUTES LES MUSIQUES

18:16 Publié dans Actualités, Planète | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : agriculture, sécheresse | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!

09/07/2026

D’où vient le pouvoir rafraîchissant des arbres en ville ?

Arbre en ville.jpeg

L’été, en particulier par ciel clair et vent faible, caractéristique des situations anticycloniques, la température en ville peut augmenter bien plus que dans les campagnes alentour. C’est l’effet d’« îlot de chaleur urbain ». En cause, la très faible proportion de surfaces végétalisées, la présence de bâtiments et la nature des matériaux urbains, comme le bitume noir par exemple, qui augmentent le stockage de la chaleur dans les bâtiments et le sol.

Qui n’a jamais ressenti le besoin de se réfugier dans un parc arboré en période de fortes chaleurs ? C’est parce que l’augmentation de chaleur peut être en partie contrebalancée par la végétation. Les arbres rafraîchissent l’environnement grâce aux ombres portées sur les passants et les façades, et leur capacité à maintenir une température de feuillage raisonnable, car ils régulent leur propre chaleur… en transpirant.

deux arbres en 3D
 
Modèles 3D d’un arbre, en couleurs réelles à gauche et avec la température de surface à droite. INSA Strasbourg, Fourni par l'auteur

L’arbre ne rafraîchit pas directement l’air : il empêche l’air de s’échauffer !

La transpiration est un phénomène physiologique par lequel un arbre émet de l’eau dans l’air, sous forme gazeuse, par l’intermédiaire de ses feuilles, afin de réguler sa température quand il fait chaud et pour assurer la circulation de la sève brute et minéralisée qui provient des racines en direction de tous les organes de la plante.

Ce processus demande à l’arbre un apport en eau constant et suffisant, en puisant l’eau du sol. C’est important car la photosynthèse, qui fabrique une partie des nutriments de l’arbre, ne peut avoir lieu qu’à condition que la « cavité stomatique », qui se trouve à la surface des feuilles et qui assure les échanges gazeux avec l’atmosphère, reste humide ; et c’est la transpiration qui assure cette humidité.

Toutefois, l’effet de l’environnement de l’arbre sur la transpiration des feuilles, par exemple, reste mal connu et notamment en milieu urbain.

Effet d’un arbre sur son environnement immédiat : 1. Absorption d’une partie du rayonnement solaire (infrarouge) ; 2. Évapotranspiration ; 3. Protection du vent ; 4. Ombre. Plante & Cité (VegDUD), Fourni par l'auteur

Le bénéfice rafraîchissant de l’arbre est essentiellement diurne : d’une part il fournit de l’ombre, d’autre part il transpire. Dans le cas de la transpiration, c’est l’énergie que l’évaporation de l’eau exige qui permet de réduire l’échauffement des feuilles et les maintient à une température proche de celle de l’air, ce qui réduit l’échauffement de la rue et augmente très légèrement l’humidité de l’air autour de l’arbre.

Si l’effet rafraîchissant des arbres n’est bien évidemment plus à prouver, il varie au fil de la journée (notamment la nuit) et il reste à être quantifié. Par exemple, la nuit, le feuillage forme un « écran » qui empêche la chaleur stockée dans le sol de s’échapper vers le ciel sous forme de rayonnement infrarouge, ce qui limite le refroidissement de la zone qui est directement recouverte par le feuillage.

L’étude des interactions entre les arbres et leur environnement devrait nous permettre d’identifier des méthodes de plantations pour améliorer les conditions de vie et de confort des citadins lors des épisodes de fortes chaleurs, et contribuera à répondre à une question qui commence déjà à se poser : quelle(s) espèce(s) d’arbre planter, en quelle quantité et dans quelles configurations par rapport aux bâtiments ou aux chaussées ? L’heureuse élue – ou, plus probablement, les heureuses élues – devront être capables de résister aux fortes chaleurs sans exiger trop d’eau, mais aussi de procurer de l’ombre et de la fraîcheur grâce à l’évapotranspiration.

Climatologie urbaine : suivi des arbres en ville à Strasbourg. Source : INSA Strasbourg.

Des arbres dans les parcs

Entre 2017 à 2021, nous avons étudié le rôle des tilleuls argentés ou Tilia tomentosa dans un parc urbain, celui de l’université à Strasbourg, pour évaluer et modéliser l’évapotranspiration et l’ombrage d’une espèce d’arbre particulière en tenant compte de l’environnement du parc, par exemple l’implantation des arbres, l’emplacement des pelouses, la géométrie des bâtiments et des rues alentour.

Nous avons mesuré précisément la forme des arbres en 3D et d’autres paramètres éco-physiologiques et météorologiques. Ainsi, nous avons pu vérifier que nos modèles de microclimat urbain à l’échelle d’un quartier (LASER/F) d’une part et d’évapotranspiration à l’échelle de l’arbre individuel (RATP) d’autre part étaient adéquats. La fusion de ces deux modèles, baptisée LASER·T, nous permet de calculer les flux de chaleur et d’énergie entre les différents éléments (arbres et bâtiments par exemple), l’évapotranspiration des végétaux, les températures de surface des bâtiments et le confort thermique.

Des arbres dans les rues

Nous nous tournons aujourd’hui vers le rôle des « arbres d’alignement », ces arbres qui se suivent dans la rue et qui sont souvent de la même espèce. Ceux-ci impactent le microclimat de la rue – ombre, humidité, vent. Et vice versa, la physiologie des arbres est affectée par la géométrie des rues – largeur de la rue, hauteur des immeubles, les couleurs des murs et la qualité du sol notamment.

deux photos de la même façade
 
Une façade en couleurs réelles à gauche, et son image thermique à droite, indiquant la température en fonction de l’ombrage. INSA Strasbourg/ICube, Fourni par l'auteur

Par exemple, en été, lorsque le soleil se lève, il va d’abord chauffer les toits et les arbres. Les arbres profitent de cette chaleur pour leur photosynthèse et en même temps, ils font bouclier pour les façades, en les gardant à l’ombre des rayons grâce à leur houppier. Ainsi, un arbre feuillu à proximité d’une façade procurera un confort thermique plus important aux résidents du bâtiment. Il rafraîchira également le sol par son ombre portée. En début de soirée, le bâtiment restituera à l’ensemble de la rue et donc également à l’arbre, la chaleur qu’il a emmagasinée durant toute la journée sous forme de rayonnement infrarouge, comme évoqué ci-dessus. Ceci illustre le rôle ambivalent joué par l’arbre.

différents types de mesures des arbres et de l’environnement
 
Mesures climatiques et écophysiologiques. ICube/INRAE/Urbasense, Fourni par l'auteur

Plus il y aura d’arbres dans l’alignement, plus l’effet rafraîchissant sera remarquable en journée – la température ressentie peut être réduite de 2 °C au minimum.

Ainsi, dans le projet TIR4sTREEt (Thermal InfraRed for Street Trees) qui rassemble plus de 15 scientifiques de divers horizons, nous cherchons à reproduire l’impact physique des bâtiments et des arbres de rue sur le microclimat urbain, grâce à des mesures et des modélisations 3D du site.

Pour cela, nous avons sélectionné six arbres dans trois rues d’un quartier résidentiel de Strasbourg : des micocouliers, des platanes et des tilleuls. Nous les avons équipés de nombreux capteurs afin de suivre au fil des saisons pendant deux ans au moins leur état de santé, leur croissance, l’humidité et la température alentour, le rayonnement, leur température de surface ainsi que celle des bâtiments et voirie, etc.

Des capteurs pour mieux comprendre les arbres en ville

Comme on l’a vu, les arbres ont un effet rafraîchissant du fait de la transpiration, dont le comportement en ville est encore peu connu, et du fait de l’ombre portée au sol ou sur les façades.

En mesurant régulièrement la température de surface des arbres et des façades environnantes avec des capteurs dans l’infrarouge « thermique », nous pouvons en déduire les variations spatiales et temporelles. Des capteurs météorologiques nous donnent les variables classiques comme la température de l’air, la vitesse du vent le rayonnement solaire (etc.) qui nous permettent d’établir le microclimat qui règne dans nos sites.

Grâce à des capteurs de flux de sève, nous pouvons mesurer la vitesse de montée de la sève dans l’arbre, qui est directement corrélée à la transpiration de l’arbre. Des capteurs installés dans le sol nous fournissent l’état hydrique et la température des différents horizons jusqu’à un mètre de profondeur.

Tous ces dispositifs nous donnent une vision assez complète du continuum plante-atmosphère et ils alimentent une base de données qui servira à étayer nos analyses. A moyen terme, ce projet permettra de guider les décideurs dans le choix des espèces d’arbres et des scénarios de plantation les plus adaptés.


Le projet Modélisation des arbres de rue pour la micro-climatologie urbaine – TIR4sTREEt est soutenu par l’Agence nationale de la recherche (ANR), qui finance en France la recherche sur projets. Elle a pour mission de soutenir et de promouvoir le développement de recherches fondamentales et finalisées dans toutes les disciplines, et de renforcer le dialogue entre science et société. Pour en savoir plus, consultez le site de l’ANR.

Source The Conversation

arbre en ville, canicule

ECOUTEZ AUSSI MOSAIK RADIOS POUR SUIVRE L'ACTUALITE SUR L'ENVIRONNEMENT, LA PLANETE, LA SOCIETE, MOSAIK RADIOS LES RADIOS DE TOUTES LES MUSIQUES

16:39 Publié dans Connaissances, Planète, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : arbre en ville, canicule | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!

01/07/2026

Des soldats et civils Israéliens, barbares, violeurs et tueurs d'enfants, c'est ce que relèvent plusieurs rapports

Israel enfants.jpg

Assassinat ordinaire en Cisjordanie : Amir Ahmad Jawad Jaber a été fauché le 29 juin d’une balle dans la tête et d’une autre dans la poitrine par l’armée israélienne, à al-Bireh. Il avait 15 ans. Depuis le 7 octobre 2023, Tel-Aviv intensifie son entreprise de nettoyage ethnique sur ce territoire occupé et le revendique en affichant un mépris insupportable des résolutions onusiennes.

Les enfants et les adolescents payent le prix fort de ces violations généralisées et systématiques des droits humains, jusqu’au droit à la vie. Sur les 1 100 Palestiniens tués après les attaques terroristes du Hamas, 235 sont des mineurs, dénonce l’ONG israélienne B’Tselem dans un nouveau rapport. Un chiffre terrible, corroboré par le bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires.

Tirs à vue ciblés et « inconsidérés », secours entravés, dépouilles non restituées aux familles… B’Tselem documente des « massacres sans précédent » depuis la seconde Intifada (2000-2005). « Nous tuons comme nous n’avons pas tué depuis 1967 », a même osé fanfaronner le chef du commandement du centre de l’armée israélienne, Avi Bluth. Cette escalade mortifère est étroitement liée avec l’implantation record de colonies illégales encouragée par le gouvernement suprémaciste de Benyamin Netanyahou.

Elle est indissociable « des plus de 21 000 enfants palestiniens qu’Israël a tués dans le cadre de son offensive génocidaire contre la bande de Gaza », commente le rapport. La déshumanisation des Palestiniens dans l’enclave et en Cisjordanie est telle que les auteurs de ces crimes jouissent d’une impunité totale au motif fallacieux de présenter les enfants comme des « terroristes » – une allégation que réfute l’ONG.

Le secrétaire général de l’Organisation des nations unies a de nouveau tapé du poing sur la table. Dans un rapport trimestriel sur la situation en Cisjordanie, Antonio Guterres a condamné l’« expansion et l’accélération implacables » des colonies israéliennes, qui entraînent une crise sans précédent depuis la guerre de 1967. Malgré l’accumulation de faits et de preuves de l’annihilation du peuple palestinien, les puissances se vautrent dans un laisser-faire dramatique et finalement complice.

Source l'Humanité

Israel agressions sexuelles.jpg

Colonisation israélienne : un nouveau rapport révèle des violences sexuelles « systématisées » contre les Palestiniens

Dans un rapport rendu public ce mercredi, deux ONG documentent les violences sexuelles dont sont systématiquement victimes Palestiniens et Palestiniennes, dans la logique coloniale et génocidaire du gouvernement israélien.

Un travail de recherche de plusieurs mois, conduit entre décembre 2025 et avril 2026, mené conjointement par un collectif de femmes palestiniennes (Palestinian Feminist Collective) et l’ONG Progressive International. À partir de témoignages difficiles à obtenir, de données israéliennes déclassifiées, de vidéos tournées par les soldats eux-mêmes. Mais aussi de travaux d’ONG et de rapports d’experts internationaux.

À la fin, un rapport de 180 pages intitulé « Un État prédateur », qu’on parcourt en apnée, en retenant ses larmes et sa colère. L’illustration, documentée et détaillée, d’une des composantes maîtresses de la colonisation israélienne depuis 1948 : « La systématisation des crimes sexuels dans le but de détruire le peuple palestinien », résume le rapport. En l’attaquant au plus profond de son intimité. Dans son estime de lui-même. En saccageant, par tous les moyens, les fondements même de son fonctionnement communautaire.

« La torture sexuelle » comme « arme de guerre »

Les premiers témoignages de viols remontent à la Nakba, en 1948. Dans un rapport déclassifié daté du 12 août 1949, un certain Moshe raconte avoir tué « un Arabe armé ». « J’ai pris sa femme comme prisonnière. La première nuit, mes hommes l’ont abusée et le jour suivant, j’ai fait ce qu’il fallait pour qu’elle disparaisse du monde. »

Que ce soit pendant la guerre de 1967 ou durant les intifadas qui se succèdent à partir de 1986, les témoignages de viol, de torture et de castration se multiplient, côté palestinien, notamment dans les prisons où ils sont envoyés massivement.

« La torture sexuelle devient une arme de guerre, à la fois contre les prisonniers palestiniens et contre les détenus au cours de leur interrogatoire », dénonce le rapport des ONG. En 1999, sous la pression internationale, la Cour suprême israélienne finit par limiter l’usage de la torture à l’égard des détenus palestiniens, « sauf dans certains cas exceptionnels ». Une façon comme une autre de légaliser les abus.

S’appuyant notamment sur les travaux du Comité public contre la torture en Israël (PCATI), le rapport évoque le cas de plusieurs détenues qui, en 2002, sont placées à l’isolement, forcées de rester dénudées des jours durant, menacées de viol.

Derrière les barreaux, les enfants palestiniens ne sont pas non plus épargnés. Dès 2010, l’association Defense for Children-Palestine saisit le rapporteur spécial de l’ONU de menaces et d’agressions sexuelles perpétrées sur 14 enfants. Onze ans plus tard, la même association décrit les tortures et le viol d’un garçon de 15 ans, au cours d’un interrogatoire. Parfois, c’est au moment de l’arrestation que les soldats se déchaînent.

Sous la menace d’un chien tenu en laisse, une Palestinienne de 25 ans est ainsi forcée par une soldate de se dévêtir devant ses quatre enfants. « Je n’ai pas eu le choix, j’ai tout enlevé en pleurant. La soldate m’a ordonné de défiler ainsi devant mes enfants, incapables d’arrêter de pleurer et tremblants de peur. »

Des abus qui sont tous commis, selon PCATI, par des agents de l’État israélien : police, services secrets, soldats et surveillants de prisons. Parfois filmés, ils sont alors utilisés comme moyen de chantage à l’encontre de leurs victimes.

Dans les prisons, une « vengeance industrialisée »

Dans les prisons israéliennes, « la situation avant la guerre était très mauvaise, mais elle est incomparable avec ce qui se passe depuis le 7-Octobre », indique Yigal Dotan, l’avocat d’un enfant autiste abusé en prison, dont le témoignage est cité dans le rapport des ONG.

Depuis le 7 octobre 2023, les prisons « sont devenues les sites d’une vengeance industrialisée », poursuit-il. La preuve publique en est donnée en août 2024, lorsque fuite une vidéo tournée à la prison militaire de Sde Teiman. On y voit une dizaine de soldats, armés d’un objet pointu et de plusieurs bâtons, s’acharner sur un Palestinien aux yeux bandés – il sera hospitalisé pour une déchirure anale.

Cinq d’entre eux sont d’abord poursuivis – une première en Israël – avant d’être mis hors de cause. « Insérer un bâton dans le rectum d’une personne, est-ce légitime ? » demande à la Knesset le député arabe Ahmad Tibi. « Oui, tout est légitime (si cette personne appartient au Hamas). Tout », lui répond alors un membre du Likoud. C’est finalement Yifat Tomer-Yerushalmi, major général de l’armée ayant fait fuiter la vidéo, qui sera arrêtée et emprisonnée.

Mosaik Radio logo.jpg

AVEC MOSAIK RADIOS LES RADIOS DE TOUTES LES MUSIQUES, SUIVEZ AUSSI L'ACTUALITE INTERNATIONALE, SOCIALE, CULTURELLE, POLITIQUE

17:37 Publié dans Actualités, International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : israel, viol, assassinat | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!

27/06/2026

LES CENTRALES NUCLEAIRES POUR LES NULS

Centrale nucleaire.jpg

En ce moment nous découvrons tout un tas de nouveaux ingénieurs issus des rangs politiques qui nous informent qu’on ne refroidit pas des centrales nucléaires avec des rivières réchauffées !
Les « petits génies » de l’indépendance énergétique se feraient donc avoir par la physique de base.
 
Sauf que…
En réalité, dans un réacteur REP français :
• Il y a trois circuits bien distincts.
• Le circuit tertiaire (refroidissement) sert à condenser la vapeur du secondaire.
30 réacteurs sur 56 fonctionnent en circuit fermé avec tours aéroréfrigérantes : la chaleur part dans l’atmosphère via évaporation. Le prélèvement d’eau de rivière est minime (juste pour compenser l’évaporation). La température de la rivière ? Quasi sans effet sur la température de l’eau de rivière et indifférente au fonctionnement de la centrale.
 
Les 26 autres (mer ou grands fleuves) sont en circuit ouvert, avec des limites réglementaires strictes sur le delta T rejeté. En cas de canicule extrême, quelques-uns réduisent temporairement leur puissance. C’est encadré, connu depuis 50 ans, et ça n’empêche pas le parc nucléaire de tourner.
 
Ce n’est pas de l’improvisation : les ingénieurs ont conçu le parc en fonction des sites (Rhône, mer, tours). Pas en fonction des tweets de meeting ni des interviews !
Dire que le nucléaire est mort à cause de rivières « réchauffées », c’est du même niveau que de dire qu’on ne peut plus faire voler d’avions parce qu’il fait chaud en été. C’est de la caricature anti-industrie pour public qui n’a jamais vu une centrale.
La France produit ~70 % de son électricité grâce à cette filière décarbonée, pilotable, et avec une dépendance minime en combustible (uranium diversifié + recyclage).
 
C’est exactement l’indépendance énergétique que certains et ses amis ont passé leur vie à saboter, comme en décidant la fermeture de SuperPhenix, de Fessenheim et le sabotage du projet Astrid.
Les petits génies, ce sont ceux qui font tourner ça depuis des décennies. Pas ceux qui viennent faire la leçon de physique en ignorant le fonctionnement des centrales !
Voir moins
 
 
Christian Le Caloch
 

Civeaux.jpg

Elle dispose d'une technologie unique en France: pourquoi la centrale nucléaire de Civaux peut continuer à tourner même quand il fait très chaud

La chaleur ne pose pas de problème de sécurité pour les centrales nucléaires. Mais celles-ci peuvent être arrêtées pour ne pas trop chauffer les fleuves et les rivières, sauf à la centrale de Civaux où l'eau rejetée dans la Vienne est plus froide qu'au moment où elle est prélevée.

Dans la campagne poitevine assommée par une chaleur de 42°C, les panaches blancs de la centrale de Civaux (Vienne) s'élèvent dans le ciel: malgré la canicule qui perturbe ailleurs la production nucléaire, les deux réacteurs continuent de tourner normalement, grâce à un système de refroidissement unique en France. EDF a dû cette semaine mettre à l'arrêt trois de ses réacteurs au Bugey, à Nogent-sur-Seine et à Golfech, en raison de l'élévation des températures des fleuves.

"C'est une procédure normale qui vise à protéger l'environnement", explique Pascal Aurillard, chef du projet Ambition ressource en eau à EDF, en accueillant dans cette centrale considérée comme pionnière en adaptation au changement climatique. Les fortes chaleurs ne posent "aucun problème de sûreté" aux réacteurs, insiste EDF. Les contraintes sont en fait liées à l'eau que les centrales rejettent plus chaude dans les fleuves.

Les 57 réacteurs français, qui assurent environ 70% de la production d'électricité, sont tous installés au bord d'un fleuve ou de la mer afin d'utiliser leur eau pour le refroidissement des installations nucléaires. Sur les sites fluviaux, en circuit dit "ouvert", cette eau est rejetée après utilisation directement dans le milieu naturel, en l'échauffant de 1 à 6°C. En circuit "fermé", elle est refroidie auparavant dans des tours de refroidissement, ce qui limite l'échauffement à quelques dixièmes de degré.

Des tours "aéroréfrigérantes"

Pour réduire l'impact sur les écosystèmes aquatiques, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASNR) fixe pour chaque site des limites de température et d'échauffement des cours d'eau.

"En cas de température excessive en amont, EDF doit réduire la puissance des réacteurs, voire les arrêter, pour respecter ces limites", a rappelé jeudi l'ASNR.

Une situation qui n'arrive jamais à Civaux, en raison d'un dispositif qui améliore le refroidissement des eaux. Cette spécificité, prévue dès la conception du site, a été imposée par le lieu d'implantation de cette centrale mise en service entre 1997 et 1999. C'est la seule en France située au bord d'une rivière, la Vienne, qui connaît des débits très bas, ce qui la rend plus sensible aux rejets d'eau chaude.

Ce système "permet de rejeter l'eau de la Vienne à une température inférieure à celle à laquelle nous la prélevons", souligne Laurent Leloup, directeur Prévention des risques environnement à Civaux.

Comment? Les deux grandes tours de refroidissement visibles de loin avec leur panache de vapeur sont complétées par quatre petites tours "aéroréfrigérantes" à proximité, qui abaissent encore la température de l'eau de 3 à 7°C, précise Laurent Leloup. Résultat: même lorsque la Vienne dépasse 25°C, seuil au-delà duquel EDF ne peut plus la réchauffer, la centrale rejette une eau plus fraîche que celle prélevée.

Illustration avec les mesures en temps réel: en cette journée caniculaire, la température de la Vienne est mesurée en amont à 28,49°C. "Là, on rejette l'eau à 24,65°C", et "en aval, on la mesure à 27,93°C", signale Deborah, technicienne en environnement devant son écran de contrôle.

La technique doit être répliquée au Bugey

Dans un contexte de réchauffement climatique, EDF envisage de répliquer ce dispositif jugé "efficace" dans d'autres centrales fluviales. À ce stade, "il est prévu que les deux futurs réacteurs EPR2 au Bugey (en) seront équipés", indique Pascal Aurillard. Outre la température des cours d'eau, leur débit est un autre enjeu. À Civaux, lorsque celui de la Vienne passe sous 20 m³/s, comme depuis début juin, les effluents chimiques et faiblement radioactifs de la centrale ne doivent pas être rejetés.

Ils sont alors stockés dans six réservoirs d'une contenance totale équivalente à 150 camions-citernes de lait, parfois pendant 4 à 6 mois, le temps que le niveau de la Vienne remonte. Un septième réservoir sera bientôt opérationnel afin de faire face à des étiages plus longs. Et EDF étudie la possibilité d'en ajouter ailleurs en France.

Ces adaptations deviennent stratégiques pour le groupe, alors que la France mise sur la relance du nucléaire pour électrifier son économie. Sans elles, l'effet des restrictions environnementales pourrait représenter 1,4% de la production nucléaire annuelle dès 2035, contre 0,3% aujourd'hui, selon l'électricien, qui compte investir 8,7 milliards d'euros d'ici à 2040 pour adapter ses installations. "On est tout à fait conscients que si on ne faisait rien pour s'adapter, cet impact sur la production irait grandissant avec les effets du changement climatique", relève Pascal Aurillard.

Source BFM Buisness

Mosaik Radio.jpg

SUIVEZ AUSSI L'ACTUALITE SCIENTIFIQUE, CULTURELLE, POLITIQUE AVEC MOSAIK RADIOS, LES RADIOS DE TOUTES LES MUSIQUES, LES RADIOS INTELLIGENTES DU WEB

18:00 Publié dans Actualités, Planète, Pour les nuls | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!

21/06/2026

Comment le génie de George Sand a été minimisé par l’histoire littéraire

Sand caricature.jpg

Rares sont les écrivaines qui furent aussi célèbres que George Sand de leur vivant. Autrice de plus de 90 œuvres, de plus de 400 articles, de milliers de lettres, connue dans toute l’Europe, la « bonne dame de Nohant », née Aurore Dupin, ne peut être effacée de l’histoire littéraire du XIXᵉ siècle. Mais son apport a tout de même été largement atténué par la critique. Elle n’a été réhabilitée que dans les années 1970-1980, par le biais des études féministes.


L’année 2026 marque le cent cinquantième anniversaire de la mort de George Sand (1804-1876). La relire, c’est redécouvrir son apport artistique et intellectuel, mais aussi comprendre comment le génie féminin a été systématiquement dénié par un canon littéraire reléguant les femmes à la portion congrue.

Quand on ne peut nier une autrice reconnue, il reste une solution pour en effacer l’importance : minimiser son apport. Joanna Russ répertorie ces techniques dans Comment torpiller l’écriture des femmes ?.

Une femme scandaleuse ? Non, un bourreau de travail et une amie fidèle

L’exposition « Caricaturer George Sand. De la satire à l’égérie républicaine », qui se tient en ce moment aux Archives départementales de l’Indre déplie toute l’ampleur des attaques et des caricatures qu’elle a subies au cours de sa vie.

Pour Baudelaire, Nissart ou les frères Goncourt,

« Le génie est mâle. L’autopsie de Mme Stael ou de Mme Sand aurait été curieuse : elles doivent avoir une construction un peu hermaphrodite. »

Le pseudonyme d’Aurore Dupin, « George Sand », est né d’une stratégie d’éditeur. Son premier roman, écrit avec Jules Sandeau, Rose et Blanche : ou la comédienne et la religieuse (1831) connaît le succès. Il est signé J. Sand pour un « Jules Sand » inventé de toutes pièces. Pour les écrits qu’elle produit seule, ils créent le pseudo George Sand. George signifie étymologiquement « celui qui travaille la terre », et George Sand est une grande travailleuse, aimant la terre.

L’autrice se fait remarquer en portant parfois le pantalon alors interdit aux femmes, et en fumant comme ses amis écrivains. Divorcée et indépendante, elle gagne sa vie dans un monde d’hommes. Elle écrit la nuit, en fumant et en buvant du café.

« Le cigare et le café ont pu seuls soutenir ma pauvre verve à 200 francs la feuille », déclare-t-elle.

La presse s’intéresse à ses relations avec des célébrités – l’actrice Marie Dorval, Alfred de Musset à Venise, Frédéric Chopin à Majorque –, et condamne la femme volage. Il est moins souvent question de son soutien professionnel à Musset à qui elle offre le canevas de sa pièce historique devenue Lorenzaccio, ou de Chopin malade qu’elle soutient et de leur commune passion de la création.

Après une enfance divisée entre une grand-mère d’origine aristocrate, un père révolutionnaire et une mère couturière, elle fut une épouse malheureuse, trompée par un mari buveur et joueur. Sand se bat pour obtenir le divorce et la garde de ses enfants. Les « injures, sévices et mauvais traitements » reconnus par la justice lui permettent de gagner son procès. Infatigable, elle écrit dans les journaux, publie ses romans tout en gérant sa maison. Elle accueille à Nohant (Indre) Delacroix, Chopin, Balzac, Flaubert, faisant de sa maison une résidence d’artistes.

À l’image de l’utopie socialiste du phalanstère de Charles Fourier, sa maison est un « familistère » qui abolit les hiérarchies domestiques. Elle réunit artistes et paysans autour d’une vie coopérative, dans les années 1840, testant la garde partagée des enfants, l’éducation pour tous, éduquant sa servante Marie.

Bien sûr, avec ses limites. Lorsque son fils met enceinte la servante, celle-ci doit quitter la maison.

On évoque peu la relation amoureuse stable qu’elle vécut à la fin de sa vie pendant quinze ans avec Alexandre Manceau (1817-1865), graveur de treize ans plus jeune qu’elle, avec lequel elle a voyagé en Italie, en Auvergne, et vécu heureuse à Gargilesse, dans la vallée de la Creuse. Le Dernier Amour (1867) est écrit en mémoire de Manceau.

Présenter systématiquement George Sand comme scandaleuse visait à empêcher que d’autres la prennent pour modèle.

Une autrice de romans sentimentaux ? Non, une écrivaine féministe

En décrivant Sand comme l’autrice de romans sentimentaux, on réduit l’enthousiasme des lectrices pour celle qui a dénoncé dès son premier roman (Indiana, 1832) la condition des femmes dans le cadre du mariage et les violences patriarcales.

Dans la Mare au diable (1846), elle privilégie une peinture positive des paysans, contre les stéréotypes misérabilistes. Néanmoins, elle aborde le harcèlement sexuel de la petite Marie que son patron fermier tente de violer et poursuit à cheval.

Dans Mauprat (1837), c’est la brutalité des hommes qui complotent un guet apens et un viol collectif qui est relaté. Dans le Secrétaire intime (1834), elle évoque le dénigrement constant des femmes en politique à travers la princesse Quintilia, une dirigeante d’exception qui est constamment la cible d’insultes sexistes. Avec Consuelo (1842-1844), elle fait le portrait d’une grande musicienne dans l’Europe du XVIIIᵉ siècle, égale des hommes, jalousée pour ses qualités. Dans André (1835), c’est le droit des filles à l’instruction, avec une grisette de talent qui s’éveille à la culture, mais une grisette cultivée n’a pas de place dans la société.

Elle est aussi l’autrice d’essais comme son Essai sur le drame fantastique. Goethe – Byron – Mickiewicz (1839), largement invisibilisé par rapport à ceux de Walter Scott ou de Charles Nodier sur le même thème. Journaliste, elle contribue à créer des titres de presse, tel l’Éclaireur de l’Indre en 1843 ou la Cause du peuple en 1848. Elle écrit plus de 400 articles pour les périodiques les plus variés (la Revue des deux mondes, l’Illustration, le Courrier français…), sur tous les sujets : l’art, la peinture, la musique, la philosophie, la société, de façon très moderne. La série « Autour de ma table », commandée par Delphine de Girardin, évoque la variété des débats qui ont lieu chez elle.

Une romancière rustique ? Non, une femme politique engagée

Engagée pour le peuple, et notamment celui de sa région du Berry, socialiste, elle défend la république en 1848. Elle prône la solidarité des femmes et des ouvriers, soutient et conseille les poètes prolétaires combattant avec passion pour l’égalité. Des journaux féministes la présentent comme une candidate politique, mais elle refuse – le droit de vote des femmes n’est pas son combat. Elle est déjà caricaturée en « cigogne politique » en 1848, à la suite de son engagement dans la vie publique, et dérange beaucoup en partageant ses réflexions politiques.

Marcheuse infatigable et cavalière, elle est aussi une pionnière de l’écologie, engagée pour défendre la forêt. En 1872, alors que le gouvernement d’Adolphe Thiers projette de supprimer une partie de la forêt de Fontainebleau, elle écrit un plaidoyer de 12 pages faisant appel à la biologie, à la géologie, à l’entomologie ainsi qu’aux sciences de l’ingénieur demandant l’abandon du projet, publié successivement dans le journal le Temps (en 1872) sous le titre « La forêt, plaidoyer pour les arbres » puis repris dans son recueil Impressions et souvenirs en 1873.

Elle écrit ainsi :

« Irons-nous chercher tous nos bois de travail en Amérique ? Mais la forêt vierge va vite aussi et s’épuisera à son tour. Si on n’y prend garde, l’arbre disparaîtra et la fin de la planète viendra par dessèchement sans cataclysme nécessaire, par la faute de l’homme. »

Lanceuse d’alerte, elle participe à créer une des premières réserves naturelles.

Quand certains la verraient bien à l’Académie française, elle rédige « Pourquoi les femmes à l’Académie ? » (1863).

Évoquant les barrières sociales limitant l’accès et la reconnaissance du savoir féminin, elle plaide pour l’ouverture des institutions littéraires aux femmes au nom de la liberté et de la justice. Dans son autobiographie Histoire de ma vie (1854-1855) un modèle d’auto-validation, elle invite toutes les femmes à quitter le silence pour donner leur propre vision du monde et de ce qu’elles sont vraiment :

« Écrivez votre histoire, vous tous qui avez compris votre vie et sondé votre cœur. »

george sand

Elle se fait photographier par le célèbre Félix Nadar choisissant elle-même son image pour la postérité.

Relire George Sand aujourd’hui revient donc à redécouvrir l’ampleur de son œuvre et à lui ôter les étiquettes réductrices apposées par une histoire littéraire écrite avec les biais de son époque. Le canon littéraire du XIXᵉ siècle s’est construit en privilégiant les récits masculins nationalistes, rejetant en marge le féminin et le régionalisme.

Rétablir le matrimoine consiste à remettre les femmes à leur place dans l’histoire des lettres et des sciences, mais aussi redonner toute leur envergure à celles dont on a voulu réduire l’aura. Ainsi, une pétition demande son entrée au Panthéon en 2026 aux côtés de ses amis Balzac et Hugo, qui saluaient son immense talent.

« Je pleure une morte, je salue une immortelle », disait Balzac tandis que Hugo, dans son éloge funèbre, vantait son génie :

« George Sand a dans notre temps une place unique. D’autres sont les grands hommes ; elle est la grande femme. Dans ce siècle qui a pour loi d’achever la Révolution française et de commencer la révolution humaine, l’égalité des sexes. »

Source The Conversation

George Sand

SUIVEZ AUSSI L'ACTUALITE CULTURELLE, SOCIALE, POLITIQUE AVEC MOSAIK RADIOS, LES RADIOS DE TOUTES LES MUSQUES, DE TOUTES LES INTELLIGENCES

17:24 Publié dans Arts, Connaissances, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : george sand | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!