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22/02/2026

Construire un antifascisme de masse, c’est choisir le terrain de la conviction contre celui de la violence », revendique Assan Lakehoul

Assan Lakehoul.jpgLe secrétaire national des Jeunes communistes appelle dans une tribune publié par l'Humanité à ne pas nourrir l’escalade de la violence, après la mort du militant néofasciste Quentin Deranque.

Ce week-end, les groupuscules d’extrême droite qui défilaient après la mort de Quentin Deranque espéraient fédérer largement. Il n’y eut finalement qu’un rassemblement famélique, laissant sur les murs une traînée de croix gammées et de symboles fascistes.

Si leurs cortèges restent clairsemés, leurs idées, elles, occupent désormais une place centrale dans le débat public. Cette situation nous impose une exigence particulière : lorsque l’ennemi fixe les termes de la discussion, chaque mot compte et chaque acte pèse. Ne perdons pas de vue que le fascisme l’emporte toujours sur fond de désordre et de violences. La tentation de répondre par la confrontation immédiate, par une radicalité performative, existe, mais l’antifascisme ne peut pas devenir une esthétique, encore moins une stratégie minoritaire.

Lorsqu’il se réduit à un face-à-face violent, il abandonne ce qui fait sa force historique : sa capacité à devenir majoritaire, à entraîner et à convaincre. La peur et la violence sont les armes de ceux qui assument de ne pas engager la masse. La conscience de classe doit être la nôtre. Face aux expéditions punitives, aux violences racistes et homophobes, aux ratonnades et aux intimidations, l’État à la responsabilité de dissoudre, sans faiblesse, les groupuscules fascistes. Leur impunité alimente les tensions et sert, in fine, la stratégie de l’extrême droite.

Celle-ci prospère sur le sentiment de déclassement et détourne la colère sociale vers les questions identitaires. Elle s’enracine dans les parcours brisés, chez les jeunes à qui l’on promet une vie plus triste que celle de leurs parents, dans les entreprises qui exploitent, les lycées où l’on manque de professeurs, les CFA (centres de formation d’apprentis) où l’on travaille sans droits. C’est là que se trouve le terreau de ses mensonges, et le cœur de notre combat.

La radicalité ne se mesure pas à l’intensité des affrontements et de la surenchère, mais dans notre capacité à rassembler et à gagner. L’histoire de notre pays l’enseigne : chaque fois que les classes populaires imposent leurs droits, l’extrême droite recule, chaque fois qu’elles se sentent abandonnées, elle avance.

L’antifascisme est d’abord une bataille pour les consciences, un travail d’organisation et de conviction mené là où les jeunes étudient, se forment et travaillent. Il consiste à redonner à la politique sa fonction première : obtenir des victoires concrètes qui changent la vie.

C’est en arrachant des victoires et de nouveaux droits dans les lycées, les CFA, les universités et les entreprises que nous ferons reculer durablement l’extrême droite, en dévoilant la supercherie de son projet profondément antisocial et antipatriotique. Construire un antifascisme de masse, c’est choisir le terrain de la conviction contre celui de la violence, construire le rapport de force plutôt que subir le repli. Un travail patient, parfois ingrat, mais le seul chemin pour faire reculer durablement l’extrême droite, mobiliser et gagner.

19:39 Publié dans Actualités, Point de vue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : assan lakehoul, extreme droite, jc | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!

18/02/2026

Le pangolin, un animal au cœur des enjeux de biodiversité et de lutte contre le trafic

Pergolin.jpg

Le pangolin, reconnaissable à ses écailles de kératine et à sa capacité à se rouler en boule pour se défendre, est victime d’un trafic massif. Sa viande est consommée dans certaines régions, et ses écailles sont utilisées dans des pratiques de médecine traditionnelle, notamment en Asie. Malgré les interdictions, les réseaux criminels organisés alimentent un commerce illégal qui menace directement sa survie.

Aujourd’hui, les huit espèces sont classées comme vulnérables, en danger ou en danger critique d’extinction par l’UICN. La destruction des habitats naturels, liée à la déforestation et à l’expansion agricole, aggrave la situation.

À l’avenir, la protection du pangolin passera par un renforcement des contrôles douaniers, une coopération internationale accrue et un travail d’éducation auprès des populations locales. La sensibilisation du grand public est essentielle, car la demande alimente le trafic. La Journée mondiale du pangolin joue donc un rôle stratégique en donnant une visibilité mondiale à une espèce longtemps méconnue.

Pangolin.jpgLa Journée mondiale du pangolin est célébrée chaque année le troisième samedi du mois de février. Elle a été lancée en 2014 par l’ONG internationale Annamiticus, spécialisée dans la protection des pangolins en Asie du Sud-Est. Cette initiative est née d’un constat alarmant : le pangolin est considéré comme le mammifère le plus braconné au monde.

Il ne s’agit pas d’une journée officielle des Nations unies, mais d’une journée mondiale portée par des organisations de conservation et relayée dans de nombreux pays d’Afrique et d’Asie, où vivent les huit espèces de pangolins. La mobilisation est particulièrement forte en Vietnam, en Chine, au Cameroun et en Afrique du Sud.

Toutes les espèces de pangolins sont aujourd’hui inscrites à l’Annexe I de la CITES (Convention sur le commerce international des espèces menacées), interdisant leur commerce international. Cette journée s’inscrit dans la même dynamique que la Journée mondiale de la vie sauvage, célébrée le 3 mars, qui vise également à sensibiliser à la protection des espèces menacées.

Il indique qu’il existe 8 espèces parmi lesquelles 4 en Asie du Sud-Est, à savoir :

  • Manis pentadactyla (P. à courte queue vivant
    en Chine),
  • M. crassicaudata (Pangolin indien),
  • M. javanica (Pangolin de Malaisie : arboricol)
  • M. culionsis (P. de Philippine) ;

Et 4 en Afrique:

  • Manis (Smutsia) temminckii (P.de temminck),
  • M. (Smutsia) gigantea (P.géant),
  • M.(Phantaginus) tricuspis (P.à ventre blanc),
  • M. (Uromanis) tetradactyla (P.à ventre noir).

Les 3 dernières espèces sont rencontrées dans les forêts et savanes de basses altitudes de la RDC.

Tous les pangolins sont insectivores. Ils se nourrissent essentiellement des fourmis et thermites.

11:00 Publié dans Connaissances, Planète | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pangolin | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!

15/02/2026

Chroniques du monde d’après « L’internationale réactionnaire », l’extraordinaire fortune du prêt-à-penser en politique

France, International

À l’occasion du grand rendez-vous de la diplomatie française, le camp européiste et libéral achève d’imposer les bonnes formules de « la diplomatie de l’esbroufe » dans les discours progressistes ou contestataires.

Nous sommes il y a tout juste un an, le 6 janvier 2025. Le président de la République française, Emmanuel Macron, s’apprête à donner une allocution devant les ambassadeurs. L’allocution, très attendue par la presse, succède à un climat d’anticipation devenu caractéristique de la communication présidentielle, habituée à ménager ses effets d’annonce et à événementialiser les déclarations officielles. L’allocution du 6 janvier 2025 se présente comme un « exercice rare » pour un Président de la République, dont la presse et les médias se font allègrement l’écho. Il s’agit en réalité de rendez-vous annuels, se tenant au mois d’août de chaque année depuis 1994, lorsqu’ils ont vu le jour à l’initiative d’Alain Juppé.

Depuis 2017 et l’élection d’Emmanuel Macron, il est devenu presque étrange de se rappeler que la conférence des ambassadeurs avait initialement pour ambition de permettre à la diplomatie française de se confronter à un certain « regard nouveau » à porter sur le monde d’après la dissolution de l’URSS et la chute du mur de Berlin. En effet, depuis ces dix dernières années, la diplomatie française observe, quelque peu médusée, le renoncement de la quasi-intégralité de la classe politique française à donner la partition de la politique étrangère de la France.

Grand orchestre de faux-semblants

Après avoir été annulée en 2024 (en raison des JOP), la Conférence des Ambassadeurs bénéficie d’un rebranding de circonstance, changeant de nom (pour inclure le féminin). Elle se tient finalement de nouveau le 6 et 7 janvier 2025, avec le désormais traditionnel discours-fleuve présidentiel (et quelques ateliers thématiques). Elle réunit quelque 200 chefs de mission diplomatique en attente d’une feuille de route.

Au fil d’un discours-fleuve truffé de petites formules, Emmanuel Macron décline un langage où les observateurs peinent à identifier « les linéaments d’une politique étrangère cohérente et structurée autour de quelques priorités claires ». La classe politique — de la droite à la gauche, en passant par toutes les nuances du centre — demeure pourtant toujours aussi sensible à son langage.

Une fois de plus, la communication présidentielle a le sens du timing. L’allocution présidentielle offre à Emmanuel Macron l’occasion de réagir aux tentatives du milliardaire américain Elon Musk de « s’immiscer dans la vie politique européenne » au service de ce que la classe politique française qualifie désormais « d’internationale réactionnaire ». La formule, reprise par le président de la République dans son allocution, a imprégné les discours de la gauche durant toute l’année 2024 (et depuis). On la retrouve au fil des tweets et des déclarations publiques chez Olivier Faure (Parti socialiste), Raphaël Glucksmann (PS-Place publique), ou encore Thomas Portes (France insoumise). On la retrouve jusque dans la communication officielle de la Marche des Fiertés, qui aurait fait l’objet de vifs débats « en interne ».

L’origine de ce bon mot de la communication présidentielle serait à chercher dans les prises de position publiques de Pascal Canfin, candidat sur la liste LREM aux élections européennes de 2019, derrière Nathalie Loiseau. Ce qui s’exprime, à travers cette formule, le 6 janvier 2025 dans l’allocution présidentielle, c’est bien « la voix autorisée » du gouvernement et du chef de la diplomatie française sur le positionnement de la France dans le monde.

La diplomatie française au rendez-vous du « monde d’après »

Dans un billet de blog consacré à cette Conférence 2.0, un ancien diplomate et haut fonctionnaire français évoque avec amertume les excès du langage présidentiel, avec son goût de « la formule choc, au détriment du raisonnement structuré ».

Il déplore également l’absence de « discussions libres sur les sujets sensibles » et un certain « conformisme de la pensée ambiante », un discours présidentiel « sans priorités claires, manquant de profondeur stratégique, de clairvoyance » allant de pair avec « le choix de la diplomatie des apparences, de la diplomatie de “l’esbroufe” ». Les voix de la diplomatie française s’élèvent désormais dans la presse, pour souligner le « peu d’égards » avec lequel le Président de la République semble traiter les quelques 200 diplomates aguerris auxquels il semble « faire la leçon ».

En 2022, dans le sillage de la réforme de la Fonction publique, le gouvernement avait déjà acté la suppression en bonne et due forme du corps diplomatique français. Une décision contre laquelle le Parti communiste français avait été peut-être le seul à gauche à protester avec quelque conviction.

La conférence des ambassadrices et des ambassadeurs, édition 2025 (et 2026), aura néanmoins servi à révéler une chose. C’est qu’en se faisant l’écho du langage présidentiel, dont elle ne cherche plus guère à se distinguer, au moins sur les affaires internationales, la classe politique de gauche se met spontanément au service de la communication présidentielle, à laquelle la « grand-messe » de la diplomatie française offre désormais le prétexte opportun.

Les implications des convergences d’idées qui rassemblent si largement la classe politique — de la France insoumise au Parti socialiste en passant par la République en marche — au fil de l’actualité internationale ont de quoi susciter de légitimes interrogations. En sautant les deux pieds joints dans le vacarme médiatique orchestré par la communication présidentielle, une grosse partie de la gauche française accompagne un tournant qui pourrait bien marquer la fin de l’histoire de la diplomatie française.

À partir de ce tournant : dans le sillage du président de la République, la classe politique française s’attache tout entière à la « défense des démocraties » (libérales, s’entend), qui trouvent leur parfaite incarnation dans les valeurs de l’Union européenne, contre « l’internationale réactionnaire » de Donald Trump et consort. L’allocution présidentielle à la Conférence ne nous apprend rien, cependant, de la spécificité de la politique étrangère de la France, qui ne semble plus guère occuper le centre de la discussion.

Pour la diplomatie française, le monde d’après ressemble désormais à un théâtre d’ombres où « la morale remplace le réel », où « l’émotion » se substitue à la « raison », et où, pour finir, « l’incantation remplace l’action ». Cette fois, comme presque toujours, les dessous de l’affaire sont peut-être à chercher dans une certaine formule du bonheur à l’européenne.

Source Camo pour Liberté Actus

19:35 Publié dans Actualités, Connaissances, Point de vue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : france, international | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!

12/02/2026

Incroyable, le requin du Groenland ne pourrait pas procréer avant l’âge de 150 ans

requin du Groeland2.jpg

C’est l’un des animaux à la longévité la plus longue de la planète. Heureusement pour lui, car il doit attendre plus d’un siècle et demi après sa naissance pour s’accoupler avec l’un de ses congénères. C’est le requin du Groenland.

Quand on a l’espérance de vie la plus longue du monde océanique, et que l’on est assez gros pour n’avoir aucun prédateur naturel, on prend son temps pour vivre. C’est peut-être ce que pense le requin du Groenland, qui ne semble guère pressé dès lors qu’il s’agit de reproduction. Il attend tranquillement plus d’un siècle pour achever sa puberté et commencer à procréer. Des chercheurs du monde entier tentent encore de comprendre pourquoi cela lui prend autant de temps.

Poids, taille, habitat et alimentation : quelles sont les caractéristiques du requin du Groenland ?

Le requin du Groenland (Somniosus microcephalus) est le plus grand poisson de l’Arctique. Il peut mesurer jusqu’à 7 mètres de long, et peser plus d’une tonne même si, en moyenne, sa morphologie le situe entre 2,5 m et 4,5 m pour 400 kg à 1 000 kg. Contrairement à ce que son nom laisse penser, Somniosus microcephalus ne vit pas qu’au Groenland. S’il a majoritairement été observé dans les eaux glaciales des océans Arctique et Atlantique nord, l’animal pourrait être présent partout ailleurs jusqu’à 2 200 mètres de profondeur. Ce géant des mers à l’allure paisible (il ne dépasse guère les 1,6 km/h) serait plus un charognard qu’un prédateur redoutable. Dans son ventre ont déjà été retrouvés des restes de poissons, d’animaux marins, d’oiseaux, de calamars ; mais aussi de phoques, de baleines, de chevaux, de chiens, de rennes, d’élans et d’ours polaires.

500 ans, l’espérance de vie hors norme de Somniosus microcephalus

requin du Groeland.jpgDe par son habitat, le requin du Groenland est difficile à étudier. Mais les quelques spécimens observés au fil du temps ont révélé sur lui un secret étonnant : il possède l’espérance de vie la plus élevée du monde sous-marin, uniquement dépassée par celle de la praire d’Islande. 500 ans, c’est la possible longévité du requin du Groenland, selon les scientifiques. En 2016, des chercheurs de l’Université de Copenhague ont analysé le cristallin de 28 femelles pêchées par accident. Leur découverte fut saisissante, car les deux plus grandes d’entre elles avaient respectivement 335 et 392 ans. Un record que l’animal semble devoir à son métabolisme extrêmement lent. Problème, ce développement peu rapide lui demande d’attendre longtemps avant d’atteindre sa maturité sexuelle.

Le plus grand requin de l’Arctique n’atteint sa maturité sexuelle qu’à 150 ans

Le métabolisme du requin du Groenland est lent, très lent. Dans les années 50, un animal pêché deux fois à seize années d’écart n’avait grandi que de six centimètres dans l’intervalle. Ce qui a conduit les chercheurs à déterminer que sa croissance varie de 0,5 à 2 centimètres par an seulement. Or, pour se reproduire, Somniosus microcephalus doit attendre de mesurer quatre mètres de longueur. Et pour atteindre ces quatre mètres, il lui faut 150 ans (à plus ou moins vingt ans près). Cette lenteur à la reproduction, associée à une pêche intensive de l’animal jusque dans les années 1960, place l’espèce sur la liste des animaux menacés de l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature).

Source CaMinteresse

16:38 Publié dans Connaissances, Planète | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : requin du groeland | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!

01/02/2026

UKRAINE, PLUS DURE SERA LA CHUTE POUR LES VA T'EN GUERRE

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En Ukraine, des forces ultranationalistes et fascistes, des islamistes, des cartels, acquièrent depuis 4 ans une expérience militaire avancée, des équipements et des financements considérables. À l’issue de la guerre, leur démobilisation et leur réinsertion seront probablement complexes. Le risque est grand de les retrouver comme mercenaires dans des conflits sur cinq continents. D’autres pays que la Russie ont intérêt à s’inquiéter de la menace qu’ils représentent.

Selon le Kiel Institute, qui réalise un suivi du soutien à l’Ukraine, 158 milliards d’euros ont été alloués à l’aide militaire depuis 2022 (au 31 octobre 2025). Ces aides proviennent principalement de l’Union européenne (88 milliards d’euros) et des États-Unis (65 milliards d’euros). Par ailleurs, l’Union européenne a formé plus de 85 000 soldats ukrainiens depuis le début du conflit, d’après le Conseil européen. Certains ont fait scandale pour leurs tatouages néonazis.

Les forces armées ukrainiennes comptent également sur un budget multiplié par huit, plus de 54 milliards d’euros en 2025, soit 30 % du PIB de l’Ukraine. Avec le concours d’autres puissances, les moyens financiers engagés permettent de mobiliser près de 900 000 soldats.

Mais, à la fin de la guerre, l’Ukraine ne pourra vraisemblablement pas entretenir la 7e plus grande armée du monde. La réduction des forces armées passera par la démobilisation des conscrits et des réservistes, mais certains groupes, notamment des nazis et des volontaires étrangers, pourraient ne pas revenir à la vie civile.

Certaines unités des forces armées ukrainiennes sont connues et documentées par plusieurs enquêtes de Médiapart ou du Monde, mais ça ne permet pas d’en dresser une liste exhaustive. Reste que ces unités sont entraînées, expérimentées et équipées. La plus controversée, la 3e Brigade d’assaut Azov, a reçu de l’aide américaine, comme l’a souligné une enquête vidéo du Monde publiée en juin dernier.

On peut ajouter des unités de Tchétchènes et de Tatars séparatistes et islamistes, des mouvances idéologiquement concurrentes, mais en pratique convergentes. D’autres mouvances nationalistes, étrangères, sont également engagées dans la guerre en Ukraine. On les retrouve dans la Légion internationale, forte de 20 000 hommes, dont les pays d’origine les plus représentés sont la Géorgie, la Biélorussie, les États-Unis, l’Azerbaïdjan, la France, le Brésil, la Colombie, le Royaume-Uni, la Pologne et la Suède.

Ces volontaires, parfois mercenaires, ont des motivations diverses, idéologiques, pécuniaires ou stratégiques. Pour les motivations politiques, les milieux fascistes répondent le plus présents, c’est le cas notamment pour les Français. Mais la présence d’étrangers s’explique aussi par la conviction que c’est sur ce front que l’expérience militaire acquise sera la plus décisive dans les conflits à venir. Ils sont là-bas pour apprendre. Les cartels latino-américains sont notamment suspectés de s’engager en Ukraine pour se former au pilotage des drones FPV, qui redéfinissent le combat rapproché.

En effet, cette guerre transforme profondément les opérations militaires, avec en particulier le rôle central du drone, et les deux camps acquièrent une expérience tactique et technologique considérable. Cela intéresse les armées et groupes armés du monde entier qui doivent réfléchir à des réorganisations et des évolutions doctrinales.

 

Quelques exemples des changements dus à l’utilisation massive des drones :
  • Drones d’observation et de surveillance : meilleurs ciblage et efficacité de l’artillerie, renseignements visuels en temps réel, relative transparence du champ de bataille.
  • Drones kamikazes : nouveau type de bombardements des cibles, nouvelles capacités de saturation de la défense adverse, grandes difficultés à acquérir une domination aérienne ou navale pour les deux camps.
  • Drones FPV (vue à la première personne) : redéfinition du combat rapproché.
  • Guerre électronique : brouillage des communications ennemies, leurres, substitution des communications filaires aux communications radio, y compris pour les drones.
  • Logistique : véhicules autonomes, véhicules plus rudimentaires petits et très mobiles.
  • Regain d’intérêt des petites unités de combat dans un objectif de discrétion.
  • Utilisation de missiles hypersoniques pour percer la défense antiaérienne ennemie.

Les terrains de la guerre en Ukraine dépassent le cadre du Donbass. D’une part, des combattants de tous les continents sont présents sur le front ukrainien. Mais d’autre part, les forces armées ukrainiennes ont également été présentes dans de nombreuses autres zones de conflit depuis 4 ans, en Syrie, au Soudan du côté des FSR, au Sahel…

La guerre en Ukraine aura une fin, et de nouveaux problèmes vont apparaître : des combattants nombreux, entrainés, équipés et désœuvrés qui vont chercher des débouchés professionnels dans d’autres zones de conflit ; d’autres seront démobilisés, mais vont revenir dans leur pays d’origine avec une expérience militaire qu’ils pourront mettre à profit pour d’autres projets politiques. Il faut l’anticiper.

Source 

19:30 Publié dans Actualités, Cactus, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ukraine, guerre | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!