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17/10/2010

Emploi des personnes handicapées: un quart des entreprises ne respectent pas leurs obligations

id3226_photo.jpgUn quart des entreprises privées de plus de 20 salariés ne respectaient pas leurs obligations en matière d'emploi des handicapés en 2008 et ont donc dû payer des pénalités, selon une enquête du département statistique du ministère de l'Emploi (Dares).

Les entreprises de plus de 20 salariés doivent employer 6% de travailleurs handicapés sans quoi elles payent des pénalités. 129.100 entreprises étaient concernées par cette obligation en 2008.

Mais elles ont plusieurs façons d'échapper à ces pénalités même si elles n'atteignent pas le quota, en ayant recours à des entreprises sous-traitantes adaptées ou en mettant en oeuvre un accord collectif relatif à l'emploi des handicapés.

Si elles ne sont engagées dans aucune de ces démarches, elles doivent verser "une contribution financière" à l'Agefiph, fonds public qui gère ces sommes et les utilise pour aider l'emploi des handicapés.

"Un quart des établissements ne répondent à la loi par aucun emploi, direct ou indirect, mais préfèrent payer la contribution compensatrice à l'Agefiph", écrit la Dares, qui indique aussi que "la mise en place d'accords relatifs à l'emploi de travailleurs handicapés a continué de progresser, concernant 10.300 établissements, soit 8% des établissements assujettis" à l'obligation.

Au total 284.000 travailleurs handicapés bénéficiaient de cette obligation en 2008.

Les entreprises choisissent de plus en plus d'employer directement une personne handicapée : elles étaient 58% en 2008, contre 56% en 2007 et 53% en 2006.

A l'inverse, le nombre d'entreprises qui verse une contribution à l'Agefiph baisse "constamment", passant à 25% en 2008, après 29% en 2007.

En 2008, 25.200 travailleurs handicapés ont été embauchés, soit une hausse de 3,7%, mais très souvent à temps partiel.

D'après AFP et journaux

18:07 Publié dans Planète | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : entreprises, économie | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!

10/10/2010

Nous refusons l’écologisme benêt d’Arthus-Bertrand

arthus-bertrand_s.jpg"La lutte contre le productivisme et l’économie capitaliste, pour la répartition des richesses et la relocalisation n’ont pas la moindre place dans son raisonnement."

Paul Ariès, Aurélien Bernier, Yann Fiévet et Corinne Morel-Darleux - 5 octobre 2010

Source : Courriel à Reporterre.

Les auteurs : Paul Ariès est directeur du Sarkophage, théoricien de la décroissance, et auteur de La simplicité volontaire contre le mythe de l’abondance (La Découverte) ; Aurélien Bernier est secrétaire national du M’PEP et auteur de Ne soyons pas des écologistes benêts (Mille-et-une-Nuits) ; Yann Fiévet est président d’Action Consommation et auteur de Le monde en pente douce (Golias) ;Corinne Morel-Darleu est secrétaire nationale du Parti de Gauche et conseillère régionale Rhone-Alpes, ainsi qu’auteure de L’écologie, un combat pour l’émancipation (Bruno Leprince).

Ecouter aussi : Yann Arthus-Bertrand, Hugo Chavez dit que le capitalisme est la cause du changement climatique. Qu’en pensez-vous ? http://www.reporterre.net/spip.php?...


Quand l’écologie émergea dans le débat public au cours des années 1960 et 1970, elle fut d’emblée fortement politisée. L’économie productiviste, la répartition des richesses, les rapports Nord/Sud, la lutte pour la démocratie, la dénonciation des multinationales faisaient partie intégrante du discours des principaux mouvements. Aux Etats-Unis, le militantisme de Rachel Carson ou Barry Commoner eut des effets concrets sur la législation américaine, aboutissant à l’interdiction de produits chimiques ou à la création de l’Agence pour la protection de l’environnement (EPA). Les Nations Unies ne purent éviter de lier la question environnementale à la question sociale, et la notion d’écodéveloppement portait des revendications pour protéger la planète, mais également pour mieux répartir les richesses et partager le travail.

Puis vint le tournant de la mondialisation. Le capitalisme se fit néolibéral en se réorganisant à l’échelle planétaire, afin de bénéficier des coûts de production les plus faibles et de mettre en concurrence les salariés des économies industrialisées avec les salariés des pays émergents. Repris en main par les gouvernements, le discours sur l’état de la planète changea profondément de nature. Les chocs pétroliers furent l’occasion de réclamer aux citoyens des gestes responsables pour réduire leurs consommations, moins pour des raisons écologiques que pour limiter les déficits commerciaux. Le basculement dans l’écologie individuelle était amorcé. Après l’énergie, ce fut le tri des déchets afin de permettre le recyclage, avec là aussi des motivations liées au commerce extérieur. Puis, afin de lutter contre le changement climatique, le citoyen fut mis à contribution pour réduire ses gaz à effet de serre.

Le développement durable se substitua à l’écodéveloppement pour gommer toute revendication radicale et pour faire de chaque citoyen le responsable de la dégradation de la planète. Dans cette construction idéologique, le pollueur n’est plus l’industriel qui met sur le marché de futurs déchets, mais l’acheteur qui remplit sa poubelle. Ce n’est plus le fabricant d’un produit bon marché mais polluant, c’est le ménage à faible revenu qui ne prend pas la peine d’acheter "vert". Ce ne sont plus les multinationales responsables des délocalisations dans les pays où l’on peut polluer gratuitement, mais les salariés obligés de prendre leur voiture pour aller chercher un travail de plus en plus rare et donc de plus en plus éloigné de leur lieu d’habitation.

Bien sûr, les comportements individuels doivent évoluer vers un plus grand respect de l’environnement. Il n’est pas question de le nier ni de sous-estimer l’évolution positive des mentalités. Mais l’objectif du discours dominant sur l’écologie vise tout autre chose : un véritable transfert des responsabilités.

Yann Arthus-Bertrand est-il naïf lorsqu’il porte l’image d’une écologie totalement dépolitisée, fondée sur le "tous coupables" et qu’il prétend dépasser les clivages gauche-droite avec les financements du groupe Pinault-Printemps-La Redoute ? Peut-être. En tout cas, la démarche est dangereuse. Sa dernière initiative, "10:10", fait songer à l’école des fans : tout le monde fait un geste et tout le monde gagne, avec une pensée émue pour les générations futures. La lutte contre le productivisme et l’économie capitaliste, pour la répartition des richesses et la relocalisation n’ont pas la moindre place dans son raisonnement.

Pourtant, le bilan écologique du capitalisme néolibéral est sous nos yeux. Entre 1997 et aujourd’hui, les émissions mondiales de gaz à effet de serre ont progressé d’environ 25 %. La principale raison n’est pas le développement du marché intérieur des pays émergents, mais bien l’augmentation continue du commerce international, la surconsommation des pays riches et le renforcement des délocalisations. La dictature de la finance empêche quant à elle l’émergence d’activités réellement durables, basées sur des raisonnements de long terme. Et, lorsqu’il s’agit de lutter contre le changement climatique, la communauté internationale décide justement de confier aux fonds d’investissements un juteux marché des "droits à polluer", qui, de produits dérivés en manoeuvres spéculatives, nous emmène doucement mais sûrement vers un prochain krach boursier.

Loin des discours de Daniel Cohn-Bendit ou de Yann Arthus-Bertrand, l’écologie politique ne trouvera un avenir que dans une rupture franche et concrète avec le capitalisme néolibéral. Nous devons aborder les sujets qui fâchent. La répartition des richesses, avec par exemple un revenu maximum et une fiscalité de justice sociale. Le commerce international et la relocalisation de l’activité industrielle et agricole, avec des taxes écologiques et sociales sur les importations. L’asphyxie des marchés financiers, en commençant par la fermeture de la Bourse des droits à polluer. Autant de mesures qui vont à l’encontre des règles de l’Union européenne, de l’Organisation mondiale du commerce et du Fonds monétaire international, qu’il faut impérativement dénoncer. Nous laissons donc à Yann Arthus-Bertrand et ses financeurs du CAC 40 la grande cause des lumières éteintes et des robinets fermés. Notre objectif se situe à l’opposé. Il s’agit de mettre de l’écologie dans la politique et, surtout, de mettre de la politique dans l’écologie.


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27/09/2009

L’ECOLOGIE POUR LES NULS

sarkomechant.jpgNicolas Sarkozy lors d’un interview accordé à Laurence Ferrari et David Pujadas (journalistes serpillières par excellence) a déclaré, pour justifier l’instauration de la « taxe carbone » (voir la vidéo) avec un aplomb incroyable et sans être contredit (et pour cause) des contrevérités qui en disent longs sur ses connaissances à ce sujet :

« Des scientifiques et des savants du monde entier se sont réunis des mois et des mois pour dresser un constat : le monde va à sa perte si on continue à émettre du carbone qui crée un trou dans la couche d’ozone et qui brise les équilibres de la planète ».

 Le problème c’est que cette affirmation est  fausse, l’émission du dioxyde de carbone n’est pas responsable du trou de la couche d’ozone,  et que pour un Président qui prétend défendre l’environnement cela interroge.

 Il confond deux sujets  différents (même si les effets peuvent se cumuler), la couche d’ozone, et l’effet de serre qui est responsable du réchauffement de la planète, et en passant se trompe sur le carbone qui ne présente aucun danger pour l’environnement, et le dioxyde de carbone qui lui est dangereux pour notre planète.

PETIT RAPPEL POUR LES NULS

- couche d'ozone.gifLa couche d’ozone :

 C’est une couche de gaz (l’ozone) présente dans la haute atmosphère qui nous protège des rayonnements ultraviolets les plus nocifs (risques du cancer par exemple). Cette couche de gaz est attaqué par les chlorofluorocarbures (CFC) qui ont été retiré de la circulation il y a quelques années déjà.

-         Le trou de cette couche ne diminuant pas encore, les scientifiques de l'OMS estiment maintenant que cet effet pourrait être contré par la présence dans la haute atmosphère d'importantes quantités de brome et de chlore, produits par réaction entre le rayonnement UV provenant du Soleil et les CFC, dont la dissipation est très lente.

- effet de serre.jpgL’effet de serre :

Les rayonnements solaires arrivent jusqu’au sol qui les absorbe, il le reémet ensuite sous forme de rayonnement infrarouge, c’est ce rayonnement inoffensif et indispensable pour une vie sur notre Terre qui est stoppé par les gaz à effet de serre (gaz carbonique, méthane, protoxyde d’azote). Une certaine quantité de chaleur (rayonnement infrarouge) est ainsi maintenue en surface.

-         L’effet de serre est naturel et maintient la Terre à une température « acceptable ». Si on augmente la quantité de gaz à effet de serre dans l’atmosphère au-delà d’un seuil, (et c’est le cas depuis plusieurs années et le cœur du débat actuel), cet effet de serre s’emballe et provoque un réchauffement climatique avec des conséquences qui peuvent être dramatiques pour notre survie.

-     Le dioxyde de carbone :

Dioxyde de carbone, forme résiduelle toxique et rejetée de la carbonylation. Le dioxyde de carbone de l'organisme humain est rejeté à la respiration. Le dioxyde de carbone produit dans les véhicules est évacué par le pot d'échappement.

-    Carbone :

Corps simple constituant le diamant et entrant dans la composition du charbon, du bois, etc.

-      Ozone :

Gaz qui, à haute altitude, constitue une couche protégeant la planète Terre des rayonnements ultraviolets provenant du soleil. À basse altitude, l'ozone est un gaz nocif pour l'appareil respiratoire et un acteur important dans l'émission de gaz à effet de serre.

 michel-rocard.jpgUn an avant, un autre nul, son ami Michel Rocard (Président de la conférence d’experts sur la création de la Taxe Carbone), rien que ça, avait également sur France Info dit également une série de contrevérités « Chaque EPR qui remplace une centrale à charbon fait économiser 11 millions de tonnes de CO2. Les émissions qui font le trou dans la couche d’ozone… ».

 Tout cela bien sûr nous laisse très inquiet sur les capacités de ces « génies en parlote » de sauver notre planète.

E-Mosaique

19/09/2009

La grippe de "A" à Z

grippeporcine.jpgDémêler le vrai du faux à propos d’un virus qui déchaîne les passions : deux chercheurs, Antoine Flahault et Patrick Zylberman font le point.

C’est officiel : depuis mercredi 16 septembre, le seuil de l’épidémie de grippe A a été franchi avec 103 000 consultations recensées dans la semaine du 7 au 13 septembre, contre 52 300 la semaine précédente. En France, 27 personnes sont décédées de la grippe dont cinq en métropole et le reste dans les DOM-TOM, pour la plupart des malades souffrant déjà d’autres pathologies lourdes et souvent multiples. Néanmoins, pas question de céder à la panique : la grippe A reste une cousine de la grippe saisonnière.

Une contagiosité limitée

Alors qu’on la compare souvent à la grippe espagnole de 1918 qui avait fait 30 millions de morts d’après l’Institut Pasteur, il s’agit d’un mythe pour le professeur Flahault. « Les deux sont incomparables. Les modes de vie n’étaient pas les mêmes et surtout, il n’y avait pas d’antibiotiques ». Même si les deux appartiennent au sous type H1N1, c’est aussi le cas de la majorité des grippes saisonnières. Alors que le taux de contamination était de 1,8 à 2,4 pour la grippe espagnole, il est compris entre 1,3 et 2.1 pour la grippe A. En clair : une personne infecte en moyenne deux personnes aujourd’hui. A titre comparatif, il est de 20 pour la rougeole. Le professeur met en garde contre ce qui relèverait de l’hygiénisme : « Pas besoin d’arrêter de prendre les transports en commun. On risque peu d’attraper la grippe dans le métro ». 30 à 40% des contaminations ont en effet lieu à la maison ou au bureau.

Une mortalité directe peu élevée

Les seules différences avec la grippe saisonnière tiennent aux personnes touchées et au taux de mortalité. Contrairement à sa cousine qui touche surtout les personnes âgées de plus de 65 ans, le virus de la grippe A s’abat davantage sur les enfants et les moins de 50 ans. Ils représentent aujourd’hui 40 % des cas selon l’Organisation mondiale de la santé.

En ce qui concerne les décès, Antoine Flahault tient bien à faire la distinction entre mortalité directe et indirecte. La première ne serait pas plus importante que pour la grippe saisionnière. Le cas du jeune homme de 26 ans décédé à Saint-Etienne alors qu’il était en pleine santé serait donc l’exception. « Ils représentent 1% des cas » explique-t-il. « Ils sont dûs à ce qu’on appelle un syndrome de détresse respiratoire aigu : les alvéoles des poumons se bouchent comme celles d’un noyé ». Pour les 99% de cas restants, 30 à 40% ne ressentiraient même pas les symptômes de la grippe et le reste souffrirait des symptômes classiques : température supérieure à 38°, toux, courbatures.

En revanche, les décès liés indirectement à la grippe A pourraient augmenter : de l’ordre d’un pour 10 000 contre un pour un million pour la grippe « classique ». « Dans des cas où l’organisme est immunodéprimé, comme pour les personnes atteintes du VIH, ou en chimiothérapie, les conséquences de la grippe pourraient être plus importantes ». Pas question de parler de « grippette » donc. « Au total, 25 à 30 000 personnes pourraient mourir de la grippe A en France, contre 6000 pour la grippe saisonnière » concluent-ils.

Différents scénarios possibles

Parmi les questions que tout le monde se pose, il en est une qui revient sans cesse : combien de temps l’épidémie va-t-elle durer ? « Si c’est une grande pandémie, elle durera au moins quatre mois mais on ne peut pas vraiment savoir » répond le professeur Flahault. Or, c’est exactement le temps qu’il faudrait pour que l’ensemble de la population soit vaccinée selon lui. Actuellement à l’essai, les premiers vaccins devraient être disponibles à partir du 15 octobre. La ministre de la santé Roselyne Bachelot a confirmé devant les députés que le gouvernement rendrait son arbitrage sur les priorités de vaccination et le recours à une ou plusieurs injections "dans les prochains jours".

Patrick Zylberman, chargé de recherche au CNRS, reste prudent : « Il se peut que nos prévisions soient défaillantes. On devrait même parler au conditionnel. On ne peut pas prédire le futur, le seul moyen de gérer notre angoisse c’est de se rapporter aux expériences passées ».

Eléonore Tournier, pour l'Humanité

11:32 Publié dans Planète | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : grippe a, contagion, conséquence | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!