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06/03/2016

L’incroyable histoire du grand-père de Ian Brossat

ian brossat,fran père

Ian Brossat, adjoint à la maire de Paris, raconte ses relations avec son grand-père, “masque de fer” de l’Etat d’Israël, qui a passé 20 ans au secret pour avoir transmis des secrets militaires à l’Union soviétique. Un roman d’espionnage vrai, et passionnant.

Ian Brossat, habitué des plateaux télé, est un élu parisien proche d’Anne Hidalgo, adjoint au maire chargé du logement social et de l’hébergement d’urgence. Fils du professeur de philosophie très à gauche Alain Brossat, cet élégant jeune homme, malgré ses apparences de bobo branché, est depuis 1997 un militant du PC, ce parti considéré comme destiné aux poubelles de l’histoire.

Cet atypique tropisme communiste se comprend mieux à la lecture du récit qu’il vient de publier chez Flammarion, qui raconte l’histoire incroyable de son encore plus incroyable famille. Un court ouvrage dont les péripéties que l’on croirait imaginées par un John Le Carré ou un showrunner hollywoodien sont cependant véridiques, et mériteraient de passer à l’écran – ce qui ne saurait tarder.

Ce récit familial est aussi une tranche d’Histoire (avec sa grande hache) où se retrouvent toutes les tragédies nées de la dernière guerre, la Shoah, la naissance d’Israël, la Guerre Froide et la chute du Mur.

Qu’est-ce qu’elle a ma gueule?
Un physique inoubliable et un caractère entier : le Nissan JUKE a plus d’un point commun avec Tin-Tin, le tatoueur incontournable. Ils étaient faits pour se rencontrer.
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Un drôle d’hôpital

ian brossat,fran pèreL’Espion et l’Enfant commence par les souvenirs d’enfance d’un petit écolier français qui rend visite durant les vacances à son grand-père maternel, installé dans un étrange hôpital en Israël. Un hôpital avec des chiens et des gardiens, et des haut-parleurs braillards.

Le petit garçon, au fil des années et des confidences de sa mère et de sa grand-mère, comprendra peu à peu que son grand-père est en réalité détenu au secret par l’état hébreu, sous un faux nom et soumis à l’interdiction formelle de révéler son identité et sa situation à quiconque.

Marcus Klingberg fut, ainsi que le racontait Edwy Plenel dans Le Monde en 1994, “le héros d’une des histoires d’espionnage les plus énigmatiques de l’après-guerre”. Nous apprendrons par le regard du petit Ian qui grandit et découvre perplexe et parfois horrifié la situation et les activités de son aïeul que “Saba”, ce grand-père adoré, a eu une vie bien mystérieuse.

Né dans une famille juive polonaise, il a fui l’invasion nazie qui a assassiné toute sa famille. Réfugié en URSS, il participe à la Grande Guerre patriotique en mettant ses connaissances de médecin et d’épidémiologiste au service de la puissance soviétique, dont il estime qu’elle a sauvé sa vie et celle des  nombreux Juifs qui ont pu s’y réfugier. Il vouera à ce pays une reconnaissance éperdue, ce qui lui jouera de bien vilains tours.

Armes chimiques et trahison

Après la guerre, il s’installe en Israël, et fasciné par la réussite et les honneurs, poursuit une éminente carrière scientifique dans son pays d’adoption. Mais derrière son statut de spécialiste d’épidémiologie internationalement reconnu, qui voyage et publie dans le monde entier, il travaille pour la défense israélienne à l’Institut de recherche biologique Nes Ziona.

C’est dans ce centre de recherches ultra-secret que l’Etat hébreu expérimente des armes chimiques et bactériologiques, des armes notoirement interdites par toutes les conventions internationales.

En janvier 1983, Marcus Klingberg disparaît de la circulation. On le dit fou, malade ou disparu en URSS. En réalité, trahi par un transfuge, il  a été arrêté et mis au secret. Car, pendant des années, il a livré des secrets à l’Union soviétique. Ce membre de l’intelligentsia israélienne fut sans doute le plus important agent soviétique en Israël. Condamné à vingt ans de prison, il reste emprisonné durant quinze ans, puis assigné à résidence jusqu’en 2003.

Le livre de Ian Brossat ne se veut pas un livre d’histoire, il raconte de façon simple l’amour que portait son auteur à son grand-père et les épuisantes démarches que lui et sa mère ont poursuivies des années durant pour le faire libérer et venir en France. Marcus Klingberg est mort à Paris en 2015 à 97 ans.

L’énigme d’une vie

Reste pour le lecteur, et pour Ian Brossat, l’énigme du personnage, curieux agent double, traître à la patrie qu’il s’était choisie. Marcus Klingberg a raconté son existence dans un livre paru en Israël, où il ne divulgue pas les secrets livrés à L’URSS. Il y affirme ne pas avoir trahi pour de l’argent, mais par fidélité au pays qui lui avait sauvé la vie.

Son petit-fils, il ne s’en cache pas, ne connaîtra jamais le mot de la fin. Contrairement à ce qu’il s’était promis de faire après sa libération, il n’a jamais réussi à aborder ouvertement avec son grand-père le sujet tabou de sa carrière d’espion. Sans doute le jeune militant idéaliste, pro-palestinien et pacifiste, n’était-il pas particulièrement à l’aise avec l’idée que son Saba adoré ait participé à la mise au point d’armes interdites, qui se retrouvent peut-être maintenant par son intermédiaire entre les mains du régime de Poutine.

“Pourquoi s’était-il laissé embarquer et embourber dans ce marécage ? Comment justifier une participation active à la création de ces armes abominables, si dangereuses pour l’humanité ? “

Mais Ian Brossat le reconnaît : “Peut-être qu’au fond de moi, je n’ai pas envie de savoir“, et il demeure fidèle à celui qui incarne à ses yeux l’image de la résistance et qui par son courage et son énergie a influencé ses choix politiques. A quand le film ?

Olivier Mialet pour les Inrocks

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18/02/2016

« En avant vers le passé ! »

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L'éditorial de Patrick Apel-Muller, journal l'Humanité

: "Tout cela dessine un ordre cohérent, le libéralisme autoritaire où le patron n’est pas seulement choyé par un premier ministre qui aime les entreprises, mais dont la toute-puissance s’édifie sur les vestiges de la République. À gauche, il est grand temps de rallier le mot d’ordre de Rimbaud : « Il faut être résolument moderne, tenir le pas gagné. » Et reprendre la marche vers le progrès."

Mais que restera-t-il à Nicolas Sarkozy  ? Je n’évoque pas là ses malheurs judiciaires mais le pillage en règle dont il est victime. Après lui avoir ôté la part de copropriété qu’il détenait avec Marine Le Pen sur la déchéance de la nationalité, voilà que François Hollande et Manuel Valls lui dérobent son libéralisme forcené.

La loi, qu’ils ont chargé Myriam El Khomri de présenter, est une véritable bombe placée au cœur du monde du travail, pulvérisant le droit au repos, démantelant le droit syndical par le référendum d’entreprise et la primauté des accords d’entreprise sur la loi, hachant menu les protections contre les licenciements… Le site du Figaro hier soir éprouvait un ravissement au bord de la pâmoison et même de l’épectase. Voilà l’avènement de la loi du plus fort, celle du patron restaurée dans sa version la plus rétrograde. « En avant vers le passé ! », proclament les marquis du régime.

La même inspiration préside à ce démantèlement du droit du travail qu’au monstrueux gaspillage de fonds publics que constitue le pacte de responsabilité. Des dizaines de milliards d’euros sont jetés dans la fournaise des dividendes et des placements financiers. Calculez ce que 40 milliards auraient pu utilement financer : au moins 400 000 emplois annuels convenablement rémunérés, autant de chômeurs en moins, de consommateurs en plus relançant l’activité, de postes utiles pour l’éducation, la santé, la culture, la transition énergétique… Mais ils ont été détournés vers les profits, cette politique de l’offre et son corollaire, le démantèlement du modèle français, avec ses protections sociales et ses droits.

Tout cela dessine un ordre cohérent, le libéralisme autoritaire où le patron n’est pas seulement choyé par un premier ministre qui aime les entreprises, mais dont la toute-puissance s’édifie sur les vestiges de la République. À gauche, il est grand temps de rallier le mot d’ordre de Rimbaud : « Il faut être résolument moderne, tenir le pas gagné. » Et reprendre la marche vers le progrès.

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11/02/2016

Absentéisme à l'Assemblée nationale. Mise au point du député communiste Gaby Charroux

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Une nouvelle campagne très violente est engagée une fois de plus contre les parlementaires, et les élus en général  dans les médias et les réseaux sociaux, relayée souvent par des dessins comme celui que nous publions. Ce n'est pas nouveau, déjà dans les années 30 il était l'oeuvre de l'extrême droite, dans les années 60 des Poujadistes. Ce qui est nouveau c'est qu'elle est relayée par des journalistes dont l'incompétence et la méconnaissance du fonctionnement du parlement est abyssal, ou leur mauvaise foi totale. Nous publions ici une lettre du député communiste Gaby Charroux à ses électeurs qui clarifie clairement la réalité :

gaby_charroux.jpgLETTRE DU DEPUTE COMMUNISTE GABY CHARROUX

J'ai pu voir dans la presse et sur les réseaux sociaux qu'une nouvelle opération anti-parlementaire était en cours sur la présence des Députés lors de l'examen de la loi constitutionnelle "protection de la Nation".

Je n’étais pas en séance de nuit ce lundi lors de l’examen de l’article 1 du projet de loi. Le déchaînement orchestré ici et là sur l'absence de nombreux députés démontre à quel point le fonctionnement de la procédure législative est mal connu. Et certains l'entretiennent volontairement quand on sait à qui cela profite.

Certes l’article 1 a été voté mais ce qui est important ce n’est pas le vote article par article, c’est le vote de la loi elle-même et celui-ci est prévu ce Mercredi à 16 h 15 et, bien sûr, je serais dans l'hémicycle pour les explications de vote et le vote comme je l'étais vendredi pour la discussion générale. Car l’article 1 peut être voté, et même le 2 d’ailleurs puisque c'est le cas, mais si la loi n’est pas votée, ces votes ne comptent pas !

La tromperie souvent, c’est que la presse titre "l’inscription de l’état d’urgence dans la constitution est voté", "la déchéance de nationalité est votée" mais c’est tout simplement faux puisque la loi elle-même n’est pas votée !

Au delà, quand bien même ce texte serait voté ce mercredi, il va y avoir une lecture au Sénat qui va le modifier, puis une nouvelle lecture à l'assemblée, puis encore une lecture au Sénat... Bref, la procédure législative normale pour tout texte. Et celui-ci, de plus, à ceci de particulier que pour être appliqué, c'est à dire pour que soit inscrit dans la constitution les deux articles de la loi relatifs à l'état d'urgence et la déchéance de nationalité, il faut réunir le congrès (Assemblee + Sénat) qui doivent l'adopter aux 3/5ème des présents ce qui aujourd'hui est quasi impossible.

C’est vrai pour tous les examens de textes : un député ne peut pas être présent en séance du lundi 16h jusqu’au vendredi minuit. Il a d’autres activités de Député dans sa circonscription, des réunions, des permanences, des commissions… S’il était dans l’hémicycle toute la semaine, les habitants des circonscriptions, les associations, les représentants du monde économique, social n’auraient pas d’interlocuteurs et il serait dit de la même manière : « Le député n’est jamais là, on ne le voit jamais, il ne s’occupe pas de nos problèmes, il est toujours à Paris… ».

Ce qui est important c’est d’être représenté au sein de son Groupe et de participer à la discussion générale de début de texte, de défendre les amendements lorsqu’on en dépose et surtout les explications de vote et le vote final sur le texte. D'ailleurs, les discussions sur article sont impossibles à 577 car il faudrait des mois pour adopter le moindre texte. Ce sont les députés les plus concernés, délégués de leurs groupes, issus des commissions concernés qui sont chargés de ce travail.

Des Députés du front de gauche étaient présent et, permettez-moi de vous dire qu’avec un Groupe de seulement 10 députés, ce n’est pas toujours facile… Il y avait 3 députés du Front de gauche sur 10 lundi soir. Par comparaison, il y avait 10 Députés UMP sur 196…

Par ailleurs, nous n’avions pas déposé d’amendements sur ce texte et donc nous n’avions pas à en défendre pour la simple et bonne raison que nous rejetons ce texte en bloc car je l’estime dangereux pour nos libertés individuelles et collectives,  inutile en terme d’efficacité et discriminant, donc contraire à l’esprit de notre constitution et de notre République.

Je serais présent mercredi pour voter contre ce texte et c’est là que tout se jouera, en première lecture, sur cette volonté de modification constitutionnelle.

Je m'adresse à vous car l'opération anti-parlementaire de ces deux derniers jours peut vous avoir interpelé ou posé des questions autour de vous.

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17:19 Publié dans Actualités, Connaissances, Point de vue | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : gaby charroux, pcf, parlement | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!

09/02/2016

Dofus, un film d’animation français pour les chtis et les grands

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N’hésitez pas à aller le voir et à emmener toute votre famille, y compris tous les gens qui s'estiment trop vieux pour aller voir un film d'animation ou qui pourraient avoir honte d’être vus là-bas car il n'y a pas de raison. C'est un film de qualité !

On a vu Dofus

Après un bref passage d’explication sur la rivalité entre deux cités voisines, Bonta et Brâkmar, on se retrouve dans la première, dans une petite maison où habite Joris. Il vit avec son grand-père adoptif, Kerubim, qu’il appelle Papycha. Le matin même a lieu une séance de recrutement avec la plus grande star de Boufbawl, Khan Karkass. Malgré l’interdiction de son Papycha de s’y rendre, Joris désobéit et rencontre son idole. S’ensuit une terrible dispute avec grand-père et petit-fils. Joris s’enfuit et passe la journée seul. Il décide de rentrer le soir, et c’est à ce moment que sa vie va changer du tout au tout.

Au niveau technique, Ankama Games fait un grand coup, avec des dessins sublimes, et une musique époustouflante qui résonne entre les oreilles après la projection. Malgré une intrigue ficelée avec un tout petit peu de maladresse et un début assez long, mais nécessaire pour introduire l’univers, le film tient en haleine, et les réalisateurs arrivent à maîtriser le temps en enchaînant scènes d’actions, scènes d’humour et séquences plus « émotion ». Ankama a réalisé un très joli film qui plaira aux plus jeunes ainsi qu’aux plus âgés. C’est bientôt les vacances de février, ça tombe bien !

N’hésitez pas à aller le voir et à emmener toute votre famille, y compris tous les gens qui s'estiment trop vieux pour aller voir un film d'animation ou qui pourraient avoir honte d’être vus là-bas car il n'y a pas de raison. C'est un film de qualité !

10 choses à savoir sur le nouveau film Dofus avant d’aller le voir :

  • Dofus est un film 100% français, le siège de l’entreprise Ankama Games qui l’a réalisé étant situé à Roubaix dans le Nord-Pas-de-Calais.
  • Avant d’être un film, Dofus est un jeu vidéo en ligne, lancé en 2004 par Anthony Roux. Ce jeu est lui-même développé et édité par Ankama Games. Il est le fleuron de cette entreprise qui a réalisé un  chiffre d’affaire de 45 millions d’euros en 2014.
  • Les réalisateurs, Anthony Roux et Jean-Jacques Denis signe avec Dofus – Livre 1 : JULITH  leur premier film, avec l’aide de partenaires tels que France télévision.
  • Le film Dofus est une nouvelle étape dans le parcours d’Ankama. L’entreprise avait déjà réalisé deux séries télévisées, nommées Wakfu  qui cartonne sur France 3 et Dofus : aux trésors de Kerubim qui a connu un succès moindre.
  • S’agissant d’un film d’animation inspiré d’un jeu vidéo on aurait pu s’attendre à des graphismes de style manga, mais les dessins sont très soignés et pleins de style !
  • Le film étant tiré d’un jeu vidéo, beaucoup pourrait s’attendre à ne pas comprendre son univers. Heureusement, tout y est très bien expliqué, si bien qu’on est plongé dans le Monde des Douze (nom original du monde dans le jeu) sans peine.
  • Des super-héros, une méchante « badass », des personnages de second-rôle attachants et une histoire avec une dramaturgie à rebondissements.
  • Dofus n’est pas pour autant une « soupe tout public ». Les réalisateurs prennent des risques et c'est tant mieux ! C'est drôle, c'est émouvant, c'est mâture. Les enfants rient, tandis que les adultes y trouveront un sens de lecture propice à la réflexion sur la notion de choix difficile à faire, par exemple.
  • D'habitude, ce sont des musiciens salariés d'Ankama qui travaillent sur les musiques : tous savent jouer de plusieurs instruments ou sont des as du sound-design (= ils savent manier différents objets pour produire des effets sonores). Il arrive souvent que ce soit un seul ou deux musiciens qui travaillent sur une ambiance sonore complète. Cette fois, pour ce film, ils ont été aidés par 70 musiciens professionnels de l’Orchestre national de Lille et ont enregistrés les musiques dans le fief de l'Orchestre au Nouveau Siècle, à Lille !
  • Avec 10 000 entrées le premier jour de sa sortie, ce mercredi 3 février 2016, Dofus a atteint ses objectifs. 50 000 entrées sont attendues d’ici à la fin du week-end et 100 000 d’ici jeudi prochain.

Ankama en chiffres :

45 millions d’euros de chiffre d’affaire en 2014

53 serveurs pour le seul jeu Dofus.

Martin Escarbelt
Samedi, 6 Février, 2016
Humanite.fr
 
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12:00 Publié dans Actualités, Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dofus, cinéma, dessin animé | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!

18/01/2016

Arno : « Ça doit être dur pour Dieu de voir tout ce bazar ! »

arno.jpgLe chanteur belge sort "Human incognito". Un album très dense à l’esprit inventif dans la veine d’un chanteur libre pour qui la musique n’a pas de frontières, entre chansons cabossées, romantiques ou désespérées, rock déglingué, blues à la Tom Waits et voix rauque de crooner fatigué.

C’est curieux pour un personnage public de vouloir être un Human incognito, non ?

Arno Je me protège, non pas des autres, mais de moi après les deux dernières années où le monde a tellement changé. C’est l’être humain qui a fait tout ce à quoi on assiste. Il y a plein de choses qui se passent. Cela m’inspire !

Pour la pochette vous avez choisi une photo en noir et blanc où l’on voit un homme qu’on suppose être vous, sans tête et sans mains. Quel est le sens de cette image ?

Arno C’est du surréalisme. Je l’utilise comme une excuse pour faire des conneries et ne pas me voir. Je regarde comme un voyeur le monde autour de moi. Et ça me protège.

Vous chantez Please exist. Entre être incognito et affirmer vouloir exister, n’y a-t-il pas une contradiction ?

Arno  Dans cette chanson, je parle à Dieu. Je pense beaucoup à lui parce qu’il a créé l’être humain. Or que fait-il ? Plein de conneries ! Il fait des guerres, il tue. Les êtres humains sont tristes, en thérapie. Ça doit être dur pour Dieu de voir tout ce bazar !

La société est de plus en plus difficile. Que vous inspire-t-elle ?

Arno Aux élections, on assiste au conservatisme. Il y a une révolte qui vient de l’extrême droite, qui monte. On a besoin d’une autre révolte, de gauche ! Dans les années 1960, tout était possible, on vivait avec notre cul dans le beurre. Il n’y avait pas de crise, du boulot partout, de la solidarité. Aujourd’hui, avec la crise, c’est l’extrémisme. Est-ce qu’on est dans les années 1930 ? Je ne sais pas. Une période où il y avait l’extrême droite et où Hitler a créé la guerre. Il y avait aussi un autre extrémisme, celui du stalinisme contre l’hitlérisme. Je suis triste de voir comment la société évolue, mais ça m’inspire aussi. Je suis un vampire ! (Rires.) Je ne veux pas changer le monde. C’est un constat. On est vraiment dans la merde !

Quels thèmes vouliez-vous aborder dans votre album ?

Arno L’humanité, l’être humain et tout ce qui va avec, de la joie à la tristesse. Nous, quoi !

Le disque a été mixé à Bristol en Angleterre. C’est une ville qui vous fait particulièrement vibrer ?

Arno J’aime cette ville qui n’est pas très loin de la mer. Et les mouettes donnent le même son que celles de la mer du Nord. Quant aux moules, elles sont incroyables là-bas !

Meilleures qu’en Belgique ?

Arno Je ne peux pas dire ça parce qu’autrement j’aurais toute la Belgique contre moi ! (Rires.) Bristol est aussi très créative, où il y a beaucoup d’étudiants avec une grande université. C’est une ville très musicale d’où viennent Massiv Attack, Portishead et d’autres groupes. Bristol, c’est un peu Bruxelles, où j’habite. Cette ville a été un coup de foudre pour moi.

De quelles ambiances rêviez-vous pour votre disque ?

Arno Je voulais quelque chose d’organique. J’ai eu la chance de rencontrer l’ingénieure du son et productrice australienne Catherine Marks (connue pour ses collaborations avec Foals, PJ Harvey, etc. – NDLR), qui a fait ce son-là. Elle m’a beaucoup aidé.

Vous continuez d’osciller entre le blues, la chanson et le rock, comme si ces trois genres musicaux étaient inséparables à vos yeux ?

Arno Je mélange toutes ces sonorités parce que je considère qu’il n’y a pas de frontières dans la musique. Blues, rock ou ce qu’on veut, la musique doit avoir un esprit, une âme. Chez moi, j’écoute beaucoup de choses pour découvrir des univers différents. Je dis souvent : « Je suis ouvert comme une vieille pute ! » (Rires.)

Avec peut-être une préférence pour le rock ?

Arno Pour l’attitude rock ! La première fois que j’ai eu le microbe du rock, c’était à l’âge de 8 ans, lorsque j’ai découvert une chanson d’Elvis Presley, One Night With You. Quand je l’ai écoutée, j’ai eu des frissons, j’ai joui ! C’est grâce à cette chanson que je n’ai jamais travaillé et que j’ai fait de la musique.

Et votre attirance pour la chanson ?

Arno Ma grand-mère était chanteuse. Je me souviens qu’un jour, elle chantait la Mer, de Charles Trenet. Mais, à la place de chanter la Mer, elle s’amusait à dire « la merde ! » parce qu’elle était en train de faire la vaisselle – dans le temps les machines n’existaient pas ! (Rires.) Ma grand-mère m’a influencé dans beaucoup de choses. J’ai souvent utilisé des phrases qu’elle disait dans mes chansons.

Vous chantez « je veux vivre dans un monde sans papiers où les riches et les pauvres n’existent plus ». Vous pensez qu’un jour on parviendra à une société plus égalitaire ?

Arno Je ne pense pas que ce soit possible. C’est une utopie, un fantasme. L’être humain n’est pas comme ça. Quand les riches et les pauvres n’existeront plus, je n’aurai plus d’inspiration. Mais c’est un rêve. C’est mon film de Walt Disney ! (Rires.) J’aime entrer dans ma propre réalité qui n’existe pas. On en revient au surréalisme.

Qu’avez-vous éprouvé après les attentats du 13 novembre ?

Arno Ce qui s’est passé au Bataclan est horrible. Les gens sont traumatisés, mais les médias ont aidé aussi à ce traumatisme. Quelque temps après, je regardais le journal d’information à la télé, sur une chaîne hollandaise. Et il y a un mec qui était dans la rue où j’habite à Bruxelles, qui disait « après 18 heures, tout est fermé, pas de commerces, de restaurants, de bars, etc. ». Mais ce n’était pas vrai, il disait n’importe quoi ! Les Hollandais voyant ça à la télé, qui auraient voulu se rendre à Bruxelles, ont sûrement pensé « on ne va pas y aller parce que tout est fermé ». Il y avait une réalité bien sûr, mais je veux dire que les médias ont contribué à créer une angoisse. Il y a un danger, je suis d’accord, mais il faut faire attention à ce que disent les journaux. Il y a eu des attentats à Londres il y a quelques années, dans le métro, dans le train à Madrid, c’est grave. On vit dans un film de cow-boys et tout est possible dans un film de cow-boys…

La scène, que vous affectionnez parti- culièrement, reste-t-elle votre énergie, votre carburant ?

Arno J’en ai besoin. C’est ma vie. Sans ça, je ne suis rien. Je fais de la musique pour faire de la scène. À partir de fin janvier, je pars en tournée pour cinq mois entre la France, la Hollande, la Suisse… Je devais me produire au Bataclan en mars mais ça a été annulé et je jouerai au Trianon en mai. Je suis en train de construire le show, mais ce sera guitare-basse-batterie-clavier avec le chanteur de charme raté ! (Rires.)

un registre bouillonnant pour le chanteur belge, qui rêve de vivre « dans un monde oÙ les cons ne font pas de bruit » 

Quand il parle de lui, Arno se voit en vieux chanteur de charme raté. Pourtant, il continue de séduire et d’en pincer pour le rock, comme lorsqu’il avait dix-huit ans. Sur la pochette de son album, il se fait homme invisible. Sans tête ni mains, il la joue Human incognito pour mieux observer le monde, qu’il souhaiterait plus beau : « Je veux vivre dans un monde sans papiers, où les riches et les pauvres n’existent plus, (...) où les cons ne font pas de bruit », chante-t-il. Un registre bouillonnant à l’utopie assumée dont le « point de vue est celui de l’être humain ». Produit par l’Anglais John Parish, connu pour ses collaborations avec PJ Harvey, Eels ou Perfume Genius, enregistré à Bruxelles, mixé à Bristol, ce nouvel album privilégie les ambiances organiques sur fond de guitares, basse, batterie ou accordéon, alternant chanson, rock, blues, français et anglais. Un bazar magnifique porté par la voix rauque d’un chanteur revenu de tout toujours aussi émouvant qui à la fin trinque à la santé de « tous les cocus du monde entier ». Arno pur jus.

Album Human incognito chez Naïve. Tournée du 30 janvier 2016 au 8 avril 2016, dont les 19 et 20 mai au Trianon, 80, boulevard de Rochechouart, Paris 18e. Rens. : 01 44 92 78 00.
 
Entretien réalisé par Victor Hache
Vendredi, 15 Janvier, 2016
L'Humanité
 
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19:32 Publié dans Actualités, Connaissances, Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : arno, entretien, chansons | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!