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21/09/2016

Aïcha Ech-Chenna, celle qui a permis de légaliser l’avortement au Maroc

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Publié dans Elle

Aïcha Ech-Chenna soutient depuis trente ans les filles mères du Maroc. Il y a quelques mois, elle a contribué à convaincre le roi de légaliser l’ avortement sous conditions. Retour sur un engagement courageux.

Ce mardi de printemps est un jour de chance pour Aïcha Ech-Chenna. Elle a croisé dans un supermarché de Casablanca une inconnue qui lui a remis 100 euros. Comme ça, juste pour dire merci. Et pour l’aider dans son long combat en faveur de celles qui incarnent la honte absolue au Maroc : les mères célibataires. Puis, à peine arrive-t-elle dans la villa de son association, Solidarité féminine, qu’elle s’étonne de voir défiler des hommes chargés de colis. Ils tapissent les murs de son bureau de cartons étiquetés : jouets, vêtements, couches... Ses yeux noirs cerclés de gris sourient. Les bienfaitrices, deux jolies trentenaires qui ont collecté ces dons via un groupe sur Facebook, lui tombent dans les bras. L’une d’elles, Ihssane Benbel, présente le journal télévisé du soir en français de la chaîne 2M. « Elle est un exemple pour beaucoup de femmes, commente la journaliste, séduite. Elle a réussi à imposer le respect dû aux mères célibataires et a été une des premières à casser le tabou sur l’avortement. On l’appelle la Mère Courage. »

Avec son allure de grand-mère gâteau et ses blouses fleuries, Aïcha Ech-Chenna ne ressemble pas à une féministe au poing levé. Il ne faut pas s’y tromper. Elle est au Maroc une des plus ardentes militantes pour le droit des femmes. Reconnue dans la rue, soutenue par ses concitoyens, appréciée des médias, elle devient de plus en plus populaire. A 73 ans, elle savoure ce succès. Elle n’a pas oublié qu’en 2000, après avoir parlé de sujets tabous (l’inceste, les mères célibataires) sur la chaîne Al Jazeera, une fatwa avait été émise contre elle. Les marques de reconnaissance lui sont d’autant plus chères : l’Opus Prize (prestigieux prix humanitaire) aux Etats-Unis en 2009, le titre de chevalier de la Légion d’honneur en France en 2013, et le 12 mai, à Washington, un prix de la Banque mondiale… « Elle mérite le Nobel de la paix », a même déclaré le Nobel de littérature J.M.G. Le Clézio, en septembre, dans une interview au « Monde ». Depuis peu, l’actualité accroît encore sa notoriété. En mars, le roi Mohammed VI a demandé au gouvernement de revoir l’interdiction de l’avortement.

Le Maroc autorise l’avortement dans les cas de viol, d’inceste, et de graves malformations du fœtus

Au Maroc, une femme qui interrompt volontairement sa grossesse encourt une peine de six mois à deux ans de prison. Opposée à cette loi, Aïcha Ech-Chenna a longtemps prêché dans le désert. Désormais consultée officiellement, elle a appelé à la légalisation de l’avortement dans les cas extrêmes (viol, malformations). Des religieux lui reprochent « de toucher à la vie ». D’autres la jugent « trop prudente », comme le médecin Chafik Chraïbi. Gynécologue à Rabat, il est à l’origine de l’actuel débat après avoir participé à un reportage de France 2 sur les avortements clandestins. « Les cas dont parle Aïcha Ech-Chenna ne représentent que 5 à 10 % des grossesses non désirées, nous explique-t-il. Cela ne réglera pas le problème des 600 à 800 avortements clandestins quotidiens. Mais je la comprends, elle connaît la réalité marocaine. » Le roi a tranché. Il a demandé le 15 mai que le Maroc autorise l’avortement dans les cas de viol, d’inceste, et de graves malformations du fœtus. Une législation timide, qui ravit la militante : « C’est une première étape ! »

Aussi déterminée que bavarde, Aïcha Ech-Chenna est intarissable quand elle raconte son combat. La fondatrice de Solidarité féminine s’identifie aisément aux femmes en détresse. Elle aussi a vécu des années chaotiques. Son père, chef de chantier à Marrakech, meurt de la tuberculose quand elle a 3 ans, puis c’est au tour de sa sœur de 18 mois. Elle se retrouve seule avec sa mère, qui se remarie avec un notable.

Elle a 12 ans quand son beau-père – pourtant « très gentil » – lui demande de porter un voile couvrant son visage et d’abandonner l’école pour la couture. Sa mère se rebelle contre le diktat masculin.

Elle envoie sa fille seule en bus chez sa tante près de Casablanca. La petite Aïcha ira à l’école française. Mais, à 16 ans, à la suite de problèmes familiaux, elle doit prendre sa mère en charge et travailler pour la faire vivre. « La peur de se retrouver à la rue, je connais », commente-t-elle. Elle obtient un diplôme d’infirmière. Tandis qu’elle parle de ses multiples postes, elle regarde sa montre. Il est 13 heures, elle n’en est qu’aux années 70. La matinée est trop courte pour sa vie. Elle poursuit autour d’un rfissa, plat de fête à base de galettes, de lentilles et de poulet, cuisiné par de jeunes mères de l’association.

500 femmes par an aidées

A 40 ans, elle décide brutalement de se consacrer aux mères répudiées. C’est un soir de 1981. Après la naissance de son quatrième enfant, elle vient de reprendre son travail d’éducatrice sanitaire et sociale. Dans le bureau de sa collègue assistante sociale, une jeune femme contrainte d’abandonner son bébé donne le sein. « Au moment où l’assistante sociale lui demande de poser son empreinte sur l’acte d’abandon, la mère retire son sein d’un geste rageur, se souvient Aïcha. Le nourrisson crie, le lait asperge son visage. Une voiture le conduira à la maison des enfants abandonnés.

Je n’en dors pas de la nuit, j’y pense en allaitant mon bébé. Je décide de réagir. » Elle découvre les endroits insalubres où sont relégués les enfants nés hors mariage, appelés « ould el haram » (bâtards). « Ils y meurent par paquets », soupire-t-elle. Avec l’appui d’une sœur française, elle crée une garderie pour permettre aux mères célibataires de garder leur bébé, puis, en 1985, elle fonde Solidarité féminine avec une priorité : rendre les femmes autonomes. Elles ont trois ans pour suivre une formation à des métiers tels que la restauration, la coiffure, les soins esthétiques. Les enfants grandissent en crèche, sur place. Aujourd’hui, l’association accueille une trentaine de femmes et compte 35 salariés ou vacataires, sur trois lieux de formation : deux restaurants et un hammam, ouverts au public. Solidarité féminine aide aussi, par téléphone, 500 femmes par an, souvent pour des questions juridiques.

Cette structure a changé la vie de Saadia, 39 ans. Elle a été placée par ses parents à 4 ans comme « petite bonne » dans des familles. Elle a été maltraitée, ses bras sont couverts de cicatrices. A 27 ans, elle est tombée enceinte d’un homme qui n’a pas daigné l’épouser. Orientée vers l’association, elle y a appris à lire et à faire la cuisine. Aujourd’hui, Saadia élève son fils de 11 ans. Elle tient un kiosque épicerie à Casablanca et emploie une femme pour l’aider. La petite bonne est devenue patronne. « Mme Ech-Chenna m’a appris à ne plus me laisser piétiner, explique-t-elle. Elle m’a rendu ma fierté. » Ce n’était pas gagné.

En 2000, sa tête était mise à prix

La morale séculaire assimile les mères célibataires à des prostituées. « Elle m’a aidée à accepter ma situation et à ne pas abandonner mon fils », renchérit Karima, 24 ans, après sa journée de formation. « Elle m’a appris à ne plus avoir honte », sourit Amal, ex-étudiante de 23 ans, qui craint tout de même de révéler à son frère qu’elle a une petite fille. Le seul homme de sa famille n’a pourtant que 14 ans… Malgré le sourire de ces femmes, Aïcha Ech Chenna pense souvent tout arrêter. Elle souffre des critiques, traverse des dépressions – des « burn-out », dirait-on aujourd’hui –, un cancer en 2007.

A chaque fois, elle se relève. Elle, qui s’est toujours gardée de faire de la politique dans cette monarchie autoritaire, semble désormais avoir le soutien du roi. En 2000, alors que sa tête était mise à prix, celui-ci l’a appelée. « Il m’a donné sa bénédiction », confie-t-elle. Ses problèmes de budget aussi se résolvent. Elle a signé en février un partenariat avec la fondation de la Société marocaine des tabacs. Elle va pouvoir accueillir dix mères supplémentaires. D’autres entreprises pourraient se joindre au projet. Madame la présidente est ravie. « C’est un mauvais tour que je joue aux esprits chagrins et aux extrémistes, lance-t-elle, l’air espiègle. Je passe le virus. » Mère Courage n’abandonne jamais.

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18/09/2016

Inès Safi, la diplomate de l’islam

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Publié par LE MONDE

Polytechnicienne et croyante, cette chercheuse en physique quantique veut jeter des ponts entre les cultures. Dans le cadre du Monde Festival, elle a participé à un débat sur la place des femmes dans l’Islam .

Questionner ses propres certitudes. Tel est le leitmotiv d’Inès Safi, chercheuse au CNRS en physique théorique. Ce questionnement permanent, elle ne l’applique pas qu’à son métier, mais à toute son existence, et en particulier à sa foi. Car cette ancienne élève de l’Ecole polytechnique ne fait pas mystère de son attachement à la religion musulmane, qu’elle a paradoxalement redécouverte en quittant sa Tunisie natale.

Née à Sfax en 1967 dans une famille de la classe moyenne – ses parents sont enseignants dans le domaine paramédical –, Inès Safi manifeste tôt un vif intérêt pour les sciences et les lettres, arabes et françaises. Lycéenne brillante, elle participe aux Olympiades de mathématiques et termine major du classement national tunisien, ce qui lui permet d’obtenir des bourses pour poursuivre ses études à l’étranger. Elle opte pour une prépa scientifique au prestigieux lycée Sainte-Geneviève de Versailles (« Ginette »), dans les Yvelines. C’est là, au contact de camarades qui la questionnent sur sa culture, qu’elle approfondit sa connaissance de l’islam. Car si, dès ses 12 ans, elle prie seule dans sa chambre, ce qui l’intéressait alors, ce n’était pas le dogme, « mais le recueillement ». A Ginette, elle se lance dans le dialogue interreligieux. Elle le poursuivra à l’X, qu’elle intègre en 1987.

C’est lors d’une année d’études à l’université Rutgers (Etats-Unis) qu’elle se spécialise dans la physique quantique… et qu’elle se rend pour la première fois dans une mosquée, fréquentant une communauté musulmane ouverte et raffinée, notamment aux côtés de la féministe Mohja Kahf – aujourd’hui professeure de littérature comparée et écrivaine. A son retour en France, elle enchaîne doctorat et post-doctorat en physique quantique, avant d’entamer une carrière au CNRS – ses travaux sont reconnus sur le plan international. Ce qui la passionne dans cette discipline, c’est qu’elle « pose plus de questions qu’elle n’apporte de réponses ». Et de faire l’éloge de la « perplexité », notion qui lui est chère et qui l’invite, dit-elle, à aller au-delà du dogmatisme. Benoît Douçot, directeur du laboratoire de physique théorique (CNRS), est impressionné par « son indépendance d’esprit » : « Il est très rare, dans notre domaine, de rencontrer des personnes qui allient à la fois sûreté de jugement, regard critique et esprit de dialogue. »

« Le choc des ignorances »

Dans un milieu professionnel masculin, le profil d’Inès Safi détonne. Et si l’on reproche fréquemment à l’islam d’entretenir un rapport compliqué à la rationalité… et aux femmes, la chercheuse prouve que l’on peut être femme, musulmane et parvenir au meilleur niveau scientifique. Sans rien renier de sa foi. En 2005, elle se joint au groupe de recherche « Science et religion en islam », dirigé par l’astrophysicien Bruno Guiderdoni. « J’aime ouvrir des portes entre la science et la foi », confie-t-elle.

« Aujourd’hui, nous connaître mutuellement n’est guère une option, mais le fondement même du cheminement. »

C’est aussi entre les peuples qu’elle souhaite jeter des ponts. Assumant sa double culture, orientale et occidentale, Inès Safi s’efforce de déconstruire les préjugés qui sapent notre société. « Je réfute l’idée d’un “choc des civilisations” », s’insurge-t-elle, lui opposant le « choc des ignorances » entre ceux qui « favorisent des orientations sectaires et rétrogrades de l’islam » et ceux qui « portent le drapeau de l’islamophobie ou qui font croire qu’il existerait un déterminisme islamique ». Elle poursuit : « Aujourd’hui, nous connaître mutuellement n’est guère une option, mais le fondement même du cheminement. »

Inès Safi appartient désormais à l’élite musulmane française, même si elle conteste le terme. Bariza Khiari, la sénatrice de Paris, s’en réjouit : « Dans le contexte actuel, Inès mérite d’être entendue au-delà du cadre scientifique. » L’intéressée fait tout pour. Elle répète que les musulmans peuvent « s’engager concrètement dans la société » tout en revivifiant leur propre tradition, qu’elle distingue de « certaines coutumes vides de sens ». Mais elle critique aussi « l’arrière-pensée coloniale » qui imprègne parfois les mentalités.

« On ne pourra résoudre la crise actuelle si l’on continue à nier l’apport de la civilisation islamique à l’Occident, ou à accuser l’islam de tous les maux. Il n’existe pas qu’un seul islam : comme toutes les religions, il est composé de multiples courants. » Sur tous ces sujets qui divisent profondément la société française, la jeune femme se distingue par son refus des propos clivants ou agressifs. Quitte à passer pour trop consensuelle. « Si j’évite les invectives, répond-elle, c’est pour que le dialogue entre musulmans et non-musulmans ne soit pas rompu, et que je puisse continuer à parler aux uns et aux autres sans que mes propos soient disqualifiés. »

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12:06 Publié dans Connaissances, Histoire, Inès Safi, Point de vue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : islam, ines safi, peuple | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!

14/09/2016

Confessions d’une ex-musulmane.

sophia3.jpgLorsque j’étais gamine, peu de temps après mon arrivée en France une amitié sincère et insolite s’es créée avec ma toute première enseignante. Je lui dois beaucoup d’une part de mon éducation et de mon apprentissage de la langue française, celui qui s’est opéré par la découverte à ses côtés de l’univers magique de la littérature.

Dans les couloirs feutrés de la bibliothèque départementale de Marseille, je me baladais à travers les rayonnages et flirtais entre les romans et les BD. Je revenais à la maison avec un sac cabas rempli d’histoires toutes plus fantastiques les unes que les autres et de moments de partage riches d’humanité et de générosité, auprès de cette grande dame qui m’a ouvert la porte de son foyer. C’est avec elle, qu’au cours de l’une de ces sorties hebdomadaires je découvre un jour Marjane Satrapi et que j’ai commencé à prendre conscience de la notion de féminisme. Persepolis. La ville Perse. L’Iran et la dictature théocratique.

J’avoue m’être reconnue tout de suite dans ce récit, d’une petite fille volubile et originale, dans une société qui considère la femme comme subalterne, comme humain de seconde zone. Le récit de Marjane Satrapi est empreint de cette colère contre un système dans lequel les libertés individuelles ne sont qu’utopie, où l’émancipation des femmes relève de l’acte de résistance.

Son récit est empreint aussi de cette question de l’identité, Ô combien difficile, lorsque l’on quitte son pays pour un autre. Marjane Satrapi a mis en images la préoccupation et le combat de millions de femmes orientales et nord-africaines. Ces femmes qui connaissent mieux que quiconque le prix de la liberté et de l’insoumission, le prix de pouvoir être force de proposition sans avoir à rendre de compte à personne ; et surtout pas un homme, sans avoir à peser ses mots.

Mais voilà, cet été les plages françaises ont vu arriver un bien drôle d’apparat, que j’avoue n’avoir jamais vu avant.

Trois syllabes pour un vaste scandale.

Bur-ki-ni.

Je ne sais pas bien qui a trouvé le nom, mais ce serait un néologisme qui serait formé à partir de « bikini » et de « burqa ».

J’ai d’abord vu le scandale naître à Marseille, lorsqu’un parc aquatique voulait privatiser le lieu pour accueillir seulement des femmes portant le burkini. Ce n’est pas tant le fait de privatiser un lieu qui me pose problème, nous l’avons tous déjà fait pour des célébrations, pour des séminaires et autres réunions privées ou professionnelles. Seulement là, il s’agissait d’une motivation religieuse bien claire, visant si l’on va jusqu’au bout du raisonnement, à cantonner les femmes dans leur rôle de femme. Une tentatrice par définition qui se doit de rester pudique et humble face à l’homme. Un être qui ne sera et ne restera que la moitié d’un homme, mineure à vie.

Et ce genre de revendications prend de plus en plus de place dans l’espace public, grappillant toujours plus sur le terrain du communautarisme, au détriment du vivre ensemble. Sapant la véritable définition de liberté et de laïcité. Parce que oui, cet événement visait à laisser ces femmes dans l’entre soi de leur pratique et de leurs conditions de femmes. Elles pouvaient se baigner mais seulement vêtues de leur tenue de bain islamique avec leurs enfants (oui on est au parc aquatique, et ça n’allait pas être bibi qui allait s’occuper des gosses, faut pas déconner non plus).

Alors, oui, me direz-vous, toutes les valeurs sont plurielles et représentent pour chacun quelque chose de précis, mais beaucoup autour de moi ont brandi ces étendards là sans jamais considérer que ces combats se doivent d’être universalistes. Si je peux dans une certaine mesure comprendre la revendication des ces femmes sur la forme ; sur le fond, un tas des visages me hantent. Elles s’appellent Katia ou encore Amel, la fleur de l’âge, qui ont payé au prix de leur vie leur refus de porter le voile. Parce que la réalité que ces soi-disant intellectuels de la laïcité et militants antiracistes à deux balles essaient de voiler aussi, c’est ce qui se passe de l’autre côté de la Méditerranée.

Oui tout près, à quelques centaines de kilomètres de là, on égorge ou on condamne à l’illettrisme les jeunes femmes qui refusent de se couvrir la tête et ces cheveux ô combien érotiques et suscitant le désir sexuel. Parce que la culture, la liberté et la rébellion dérangent dans ces pays, parce que ces gens ont fait de moi et de beaucoup d’autres de ces femmes du Moyen-Orient des exilées, je n’arrive à avoir que peu d’empathie pour ce débat qui n’en est pas un. Après tout, se voiler c’est se résoudre à l’idée que nous sommes avant tout des êtres sexués, et qu’étant objet séduisant il faut se cacher. Mais moi aussi, je trouve les hommes désirables, pourquoi diable ne faudrait-il pas les camoufler eux aussi ? Ah dans ce sens c’est tout de suite plus compliqué. Qu’ont donc ces gens à me répondre ?

Mais trêve de digression, je veux maintenant m’adresser à ces femmes notamment qui font ce choix, qu’ont-elles à répondre à toutes ces résistantes iraniennes qui combattent pour leur liberté depuis la Révolution Islamique et qui bravent l’autorité à s’afficher tête découvertes, ces femmes qui plutôt que de perdre leur temps des pleurnichages sans queue ni tête, se voient elles récompensées de Prix Nobel de la Paix comme Malala Yousafzai, la jeune pakistanaise qui a résisté aux fondamentalistes musulmans que sont les Talibans ou encore Shirin Ebadi militante invétérée pour la défense des droits humains en Iran.

Qu’ont-elles comme argument à donner à ces jeunes filles privées de lycée en Algérie (http://www.courrierinternational.com/article/algerie-pas-...). Qu’ont-elles à raconter à ces égyptiennes qui même voilées se retrouvent tout de même abusées dans les faubourgs de la capitale et dans les transports en commun ?

Elles parleront de liberté, mais si la liberté se revendique, elle se respecte aussi. Où est-elle, la liberté, dans une religion qui bannit celle des autres, qui interdit la pratique de l’avortement, qui interdit l’homosexualité et le transgenre, qui interdit la sodomie ou encore les rapports sexuels hors mariage ? Où est la liberté quand on peut lire que « Vos femmes sont pour vous un sillon fertile. Allez à votre sillon, comme vous le voudrez. » II, 223 et que par conséquent nulle musulmane ne peut refuser un rapport sexuel à son mari faisant implicitement l’apologie du viol conjugal ?

Est-ce donc cette liberté et cette laïcité-là que vous revendiquez et que vous voulez enseigner ailleurs ?

Laïcité je veux bien, mais où est donc, toi, ta part de laïcité lorsque tu considères que tout autre croyance, le polythéisme et l’athéisme sont l’un des pires péchés et que tu ne verras jamais comme autre chose qu’une kâfira, une vulgaire mécréante. Comment peux-tu, chère amie, te revendiquer comme féministe alors que ta religion est l’antithèse de la liberté des femmes. Si ce n’était pas le cas, crois moi, jamais nous n’aurions quitté nos pays d’origine, nous primo-arrivants, et sans nulle doute vos parents et grands parents aussi.

A moins que vous ne l’ayez oublié.

Révolutionnairement vôtre,

La Robe Rouge

12:13 Publié dans Cactus, La Robe rouge, Point de vue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sophia, robe rouge, musulman | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!

30/08/2016

François Moncla : un livre sur ses récits de vie et d’Ovalie en Béarn

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Par Renée Mourgues, publié le .

Ancien capitaine du XV de France et de la Section paloise aux engagements extra-sportifs assumés, François Moncla inspire à Olivier Dartigolles une biographie « militante » fidèle aux faits.

J’aurais aimé faire un livre pour mes enfants que j’aurais rédigé sur les pages d’un cahier d’écolier et puis j’ai laissé le temps passer », raconte François Moncla, 84 ans, une référence pour tous les amoureux du rugby mais aussi un citoyen combatif.

Quand Olivier Dartigolles, élu communiste palois, veut écrire les « récits de vie et d’Ovalie » du champion, celui-ci, d’abord perplexe, finit par acquiescer. Les deux militants se connaissent et s’apprécient. D’ailleurs François Moncla ne rejoignit-il pas la liste Front de Gauche aux dernières élections municipales ? Aussi, « je n’ai pas su lui dire non », admet François Moncla qui ne regrette en rien sa décision. « Il n’a rien trahi. C’est bien écrit et il a bien traduit ce que nous nous sommes dit. Pour le faire, il s’est appuyé sur la tournée de l’équipe de France en Afrique du Sud en 1958. C’est une bonne idée », estime l’international de rugby.

« Le sport m’a beaucoup aidé »

A travers cette biographie un soupçon militante, c’est aussi une génération qui rend hommage à son aînée. « Ça fait bizarre car le contexte est tellement différent ! », commente François Moncla qui souhaiterait voir retenus du parcours de vie ses engagements sur le plan sportif et extra-sportif, « mon fil rouge dans tous les sens du terme », affirme-t-il.

Poussé dans ses retranchements, il évoque non sans nostalgie ses longues années au sein d’Edf (1949-1986). « Je suis malheureux quand je vois ce qui se passe. J’ai fait partie de la génération qui a créé l’entreprise. Il y avait tout à faire. C’était une école nationale de métiers qui formait les apprentis et les ouvriers de demain, une entreprise riche et cotée dans le monde entier, avec des techniques partout enviées et copiées. Quand je vois qu’on est en train de tout privatiser, ça m’horripile ! », s’insurge l’enfant de Louvie-Juzon, un cégétiste demeuré fidèle à ses idéaux.

C’est au ballon ovale qu’il doit l’essentiel de sa notoriété. « Le sport m’a beaucoup aidé », convient-il. Fort d’une trentaine de sélections en équipe de France, entre 1956 et 1961, il prit une part prépondérante à la victoire lors des Tournois des Cinq Nations en 1959,1960 et 1961. Capitaine de la Section paloise, il remporta avec son club le titre de champion de France en 1964... après celui décroché en 1959 avec le Racing Club de France. Les tournées en Afrique du Sud, Argentine et Nouvelle-Zélande ont pour lui le goût des aventures pionnières.

Combattant pour la paix

Les succès du sportif de très haut niveau n’ont jamais éclipsé dans ses souvenirsl’Etoile Sportive Arudyenne où il accomplit ses premiers pas. Sa devise (« Le jeu interdit le je ») lui tient lieu d’acte de foi quand il s’investit auprès du PCF pour la paix, le désarmement atomique ou la lutte contre l’apartheid. Face aux convulsions de la société, François Moncla veut, « au crépuscule » de sa vie, croire qu’«’il n’y aura de solutions que dans un développement harmonieux pour les hommes et pour le vivre-ensemble ».

« Il me fallait raconter tout qu’il disait »

monga,rugby,olivier dartigolles« J’avais sollicité François Moncla lors des élections municipales de 2014 pour la liste Front de Gauche. On avait beaucoup parlé. Je l’avais enregistré. J’ai réécouté les cassettes. Je me suis dit qu’il fallait raconter tout ce qu’il disait. Après l’avoir convaincu, je me suis mis au travail. Je voulais faire quelque chose de plus vif et percutant qui lui ressemble. J’ai terminé mi-juin », explique Olivier Dartigolles, marqué par « les trésors d’humanisme » de son interlocuteur, « un grand capitaine de l’équipe de France », complète-t-il. Après avoir présenté, hier à Pau, l’ouvrage intitulé « François Moncla, récits de vie et d’Ovalie » (1), ils iront ensemble à la rencontre des lecteurs à Agen, Dax, Tarbes et Biarritz où les attendent Philippe Sella, Pierre Albaladejo, Philippe Dintrans et Serge Blanco et aussi à la Fête de l’Humanité (9-11 septembre).

 (1) Editions Arcane. 80p. 10€. Contact : 06 70 36 29 73. Adresse : 40, avenue Jean-Mermoz à Pau (mentionner le titre de l’ouvrage). Facebook : https ://m.facebook.com/FMvieetovalie/ Compte twitter : @FMvieetovalie

Article publié par la République des Pyrénees

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16:40 Publié dans Livre, Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : monga, rugby, olivier dartigolles | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!