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11/08/2012

SYRIE : "Parmi la population, personne ne veut de cette guerre"

syrie.gifMme Leukefeld *, on entend constamment dans les médias que les insurgés se seraient désormais emparés de la capitale syrienne, qui serait « libérée ». Comment cette libération est vécue par la population syrienne ? Comment la population syrienne perçoit-elle ces insurgés ?

Tout d’abord, je dois dire que cette représentation n’est pas tout à fait correcte. Damas est une ville de plusieurs millions d’habitants, près de deux millions dans le centre, quatre millions environ dans la banlieue. Les insurgés sont forts avant tout dans les communes autour de Damas. Ils y ont livré des combats qui les ont opposé aux forces de l’ordre et à l’armée. La semaine passée, il y eut ce qu’on a appelé l’opération Volcan de Damas, un assaut sur la ville de Damas. Depuis, les rebelles ont bien avancé vers le centre de Damas, prenant d’assaut plusieurs postes de police.

Ainsi dans le quartier où je réside, on a entendu très nettement ces affrontements. Ces derniers jours, les tirs se sont tellement rapprochés que je ne pouvais plus quitter ma maison. Mais ces groupes ont été repoussés après une opération militaire de grossse envergure. L’armée syrienne utilise tous les armements à sa disposition, chars et artillerie compris. Des hélicoptères auraient été détruits par ailleurs. De ce que j’ai pu voir, je ne peux le confirmer. Mais les dix derniers jours ont été marqués de façon ininterrompue par des opérations militaires de grosse ampleur, dans la périphérie de Damas. Depuis samedi dernier, la ville a toutefois retroué son calme. Les gens essaient de retrouver une vie quotidienne normale. Les marchés ont rouvert, le trafic routier a repris – à un rythme certes moins élevé que d’habitude, mais il faut dire qu’on est en plein Ramadan.

De quel soutien les insurgés bénéficient-ils au sein de la population, et plus précisément dans la population sunnite ?

Je ne demande pas aux gens leur confession quand je leur parle... Je vis actuellement dans un petit hôtel qui était presque vide au départ, mais depuis le début des attaques, il affiche complet. Beaucoup de gens se sont placés avec leurs enfants et un peu d’affaires en sécurité car ils ne savent pas comment les choses vont évoluer. Ces gens n’ont aucune sympathie pour les insurgés armés. Même si ils sentent bien que quelque chose doit changer dans la politique Syrienne, ils rejettent la violence. Dans la banlieue de Damas, par exemple dans des communes comme Jdeideh Artuz, Qutseiya ou Tadmoun, il existe probablement une base de soutien pour les forces armées, sinon ils ne pourraient s’installer dans ces régions comme ils l’ont fait. Et on peut aussi se demander si le soutien de la population est vraiment volontaire. On entend beaucoup de cas d’intimidation. Des cas par exemple de personnes devant fermer leurs magasins. Des appels sont lancés à la population, pour qu’elle prenne les armes et rejoigne les insurgés. C’est un chef de famille qui m’a dit : « J’ai un couteau de famille, pourquoi prendre les armes ! Je refuse. La sécurité de ma famille est la chose la plus importante. »

Je voudrais avoir des informations plus précises sur la situation des minorités ethniques et religieuses en Syrie. A Damas, 15% de la population est chrétienne – comment leur vie a changé depuis le déclenchement du conflit armé ?

Je connais beaucoup de chrétiens en Syrie et j’ai des amis chrétiens ici – dont beaucoup vivent dans la vieille ville de Damas, près de Bab Touma, et c’est plutôt calme par là-bas. Les gens vaquent à leurs occupations quotidiennes. Il y a deux jours, je parlais à un jeune homme qui me demandait : « Que pensez-vous des informations venant de l’étranger », je lui ai répondu :« J’ai l’impression que beaucoup ne savent pas vraiment ce qui se passe ici ». Il était au bord des larmes pour me dire : « Nous ne savons pas quoi faire pour faire passer des informations à l’étranger, sur ce qui se passe réellement ici ». On se sent isolé, incompris, comme si on décrivait la situation d’un conflit dans un autre pays. Je crois que c’est un souci pour beaucoup de gens, qui ont l’impression que, hors de Syrie, on se fait une représentation déformée de ce qu’ils voient, ce qu’ils pensent de leur sort, et qui ne correspond pas à ce à quoi ils aspirent.

On a l’impression que le peuple est broyé entre les différentes parties avec leurs intérêts. D’une part, le gouvernement Assad avec l’armée et ses services secrets, d’autre part, les insurgés soutenus par l’Occident. Quelle influence le peuple Syrien a-t-il sur les événements en Syrie ?

A mon avis, aucune. Les manifestations qui se sont produites en mars, avril et mai 2011, exigeant des réformes politiques, sont désormais hors-jeu. L’opposition politique est elle aussi hors d’état, et la population est elle-même subie à de fortes pressions, d’ordre économique. Pour dire les choses clairement : les responsables de ces pressions économiques sont aussi les sanctions continuellement alourdies par l’Union européenne. Par exemple, il n’y a actuellement plus de gaz pour faire la cuisine. Tous les ménages sont concernés. Les gens doivent attendre jusqu’à six semaine voire plus pour obtenir une bouteille de gaz à un prix abordable. L’essence et le mazout manquent, car les sanctions touchent aussi le secteur pétrolier. Ce qui signifie que la vie quotidienne des Syriens est terriblement affectée par les sanctions, par les problèmes économiques et par la violence, ils n’ont donc plus la capacité de s’exprimer sur le plan politique.

Ce que vous nous décrivez s’applique avec d’autant plus de force à Alep, avec les événements de la dernière semaine. A Alep, il y a une explosion de violence en ce moment. Des compte-rendus font état de 4 000 rebelles qui auraient pris la ville. Quel rôle joue Alep dans le conflit en Syrie ?

Alep est la capitale économique du pays, très importante aussi par sa proximité avec la Turquie et l’Europe. C’est une ville qui se trouve sur la ligne reliant la Méditerranée et l’Asie. Il y a l’autoroute, le chemin de fer, des aéroports, une université. C’est une ville d’une grande importance. Combien de rebelles se trouvent dans la ville, je ne peux le vérifier. Hier, j’ai téléphoné à quelqu’un qui se trouve à Alep, qui m’a dit qu’une bonne partie de la ville est totalement calme. Les batailles se déroulent en périphérie, où les pauvres habitent – dans le sud et le nord-est. Et il m’a dit qu’il y avait des problèmes d’approvisionnement. L’électricité est limitée, le pain rationné, l’essence de plus en plus rare. C’est le même schéma que nous connaissons ici à Damas. Je crois aussi que l’importance d’Alep vient du fait qu’elle s’est révélée d’une neutralité totale au cours des 16 premiers mois du conflit. Comme à Damas, il y eut des petites manifestations sur le campus de l’université, que les forces de sécurité ont violemment réprimé... Mais la protestation ne s’est pas étendue aux trois millions d’habitants que compte Alep. Alep abrite une population très mélangée. Il y a les Arabes, les Kurdes, les Arméniens, les Turkmènes, beaucoup de chrétiens – plus de 20% de la population – et tout indique que la population ne veut pas de ce conflit. Cette guerre, on lui a imposé. Les gens veulent des réformes politiques, cela ressort clairement des nombreuses conversations que j’ai eu sur place. Mais ils ne veulent pas de cet affrontement militaire. Mais désormais la guerre est là, ce qui a sans doute à voir avec la proximité avec la Turquie, d’où les combattants bénéficient d’un appui logistique et militaire, c’est ce que l’on peut imaginer. Si cette ville est prise, on pourrait la séparer du reste de la Syrie et établir une zone tampon réclamé depuis longtemps.

On le sait désormais de source officielle, cela a même filtré dans « Der Spiegel » du 26 juillet, que les États-Unis apportent un soutien militaire au Qatar et à l’Arabie saoudite depuis le mois de mai. Pourquoi l’Occident soutient des régimes fondamentalistes comme l’Arabie saoudite, et tentent de renverser des États laïques comme la Syrie ou la Libye ?

Il y a des raisons géostratégiques. Le Qatar et l’Arabie saoudite possèdent les plus importances ressources et matières premières au monde. Le pétrole, le gaz. Le Qatar et l’Arabie saoudite sont de puissants investisseurs d’économies en difficulté, en Europe et surtout aux États-Unis. Ils sont donc à bien des égards, avant tout sur le plan financier et dans la sécurisation de sources en hydrocarbures, des partenaires clés, que l’Occident veut protéger. Leur dessein est évident, depuis le Qatar et l’Arabie saoudite, construire des pipelines depuis la péninsule Arabique, via la Turquie et vers l’Europe. Et la Syrie serait d’une certaine manière également sur le chemin. On veut casser le lien qui existe entre la Syrie et l’Iran. C’est une situation géostratégique et politique très complexe dans la région. L’ingérence de l’Occident pour moi n’a rien à voir avec l’amélioration de la situation des droits de l’Homme et de la situation économique, mais tout à voir avec des raisons géostratégiques qui expliquent pourquoi on coopère avec certains régimes et qu’on tente de faire tomber certains autres. Je pense clairement qu’on a la preuve désormais qu’ils n’ont pas intérêt à une résolution politique du conflit en Syrie, ils veulent véritablement mener une guerre ici. Des interlocuteurs m’ont dit ici qu’il s’agit d’une sorte de troisième guerre mondiale entre les Etats-unis et la Russie, sur le dos des Syriens, en pays Syrien. Les Syriens vont en payer le prix fort, sans être aucunement associés à la solution du conflit.

Traduction WM pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

* Mme Leukefeld est journaliste allemande indépendante résidente en Syrie

12:35 Publié dans Entretiens, International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : syrie, jouranilste, international | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!

11/07/2012

Sur les plages tunisiennes : Adieu les bikinis, bonjour le niqab…

tunisiemaillot.jpgLes plages tunisiennes vivent, actuellement, une invasion sans précédent. Contrairement à l’époque de la pré-révolution, on voit sur nos plages de plus en plus de femmes voilées, niqabées et des barbus avec leurs accoutrements présumés « libes charii ».

Selon le témoignage des habitués des plages des côtes de la capitale, les femmes et jeunes filles ayant l’habitude de se baigner en bikini se font rares. Craignant d’éventuelles attaques organisées par des extrémistes religieux, ces dernières évitent les plages…

Plusieurs tunisiens ont jugé ce phénomène « bénéfique » pour la société tunisienne dans la mesure où ce genre d’habit estimé conforme à la décence protégerait les femmes contre différentes formes d’agression et minimiserait les risques d’harcèlement.

Parallèlement au camp des conservateurs défenseurs de l’habit religieux, un autre camp a affiché sa surprise et son anxiété quant à la propagation de ce phénomène tout en le qualifiant de retour-en-arrière et d’orientation vers l’extrémisme.

A ce propos, le quotidien Assarih rapporte que selon le témoignage de certains maitres nageurs, jeunes filles et femmes en bikini ont été victimes d’agression verbales. Scandalisées à la vue de ces « safirat », des niquabées leur ont réservé un déluge d’insultes…

Notons qu’en vue de préserver l’ordre sur nos plages et afin d’éviter d’éventuels incidents, des unités de l’armée et de la sécurité ont été déployées sur plusieurs régions telles que Hammamet, Sousse, Monastir et Kélibia.

 
par N. J pour Tuniscope

15:38 Publié dans Actualités, Cactus, International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tunis, bikini, religion, femmes voilées | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!

30/06/2012

ISRAEL : ENFANTS DETENUS - UN RAPPORT ACABLANT

israelpal1.jpgLe ministère des Affaires étrangères britannique vient de publier un rapport explosif de 46 pages intitulé "Enfants en détention militaire"sur la manière dont lsraël m...altraite les enfants palestiniens. Ce rapport fait suite à une enquête menée par une délégation de 9 avocats britanniques des plus respectables. En réponse aux accusations portées par ce terrible document, le porte-parole de l’ambassade d’lsrael à Londres, Amir Ofek, a déclaré que "C’est la faute de l’Autorité palestinienne qui n’est pas capable d’empêcher ces enfants de commettre des délits, ce qui nous oblige à agir de la sorte"...

La délégation dirigée par Sir Stephen Sedley, ancien juge à la Cour d’Appel s'est rendue en Israël et en Cisjordanie du 10 au 17 septembre 2011. L'ancien juge rapporte que "tous les enfants palestiniens sont traités comme des terroristes potentiels" et qu’lsraël viole sans cesse la Convention des Nations Unies sur les Droits de l’Enfant" qui interdit les traitement cruels, inhumains et dégradants.

Durant 42 ans, les enfants palestiniens ont été emprisonné avec les adultes et ce n'est qu'en 2009 qu'apparait la "Military Juvenile Court". Quant aux améliorations prétendument apportées par lsraël "elles sont plus rhétoriques que réelles", ont estimé les rapporteurs.


En effet, dès 12 ans, on trouve des enfants avec chaînes en fer aux pieds, yeux bandés, mains ligotés dans le dos ... Ils sont tirés de leurs lits en pleine nuit et jetés dans des véhicules militaires où ils ont maintenus à plat ventre. Le rapport parle de véritables "tortures" et raconte comment ces enfants subissent également l’isolement dans des cellules de prison, sans presque pouvoir voir leurs parents. "En détention, ils sont privés de sommeil, et maltraités verbalement et physiquement, contraints de signer des aveux qu’ils ne peuvent même pas lire", rapportent les 9 avocats britanniques. Et de rajouter: "Quelle ne fut pas notre choc d’assister à une audition préliminaire dans un tribunal militaire israélien, où un très jeune enfant fut amené revêtu d’un uniforme marron et enchaîné aux pieds", raconte Me Greg Davies.


Le gouvernement britannique a souligné qu’lsraël va devoir changer ces méthodes. "Nous sommes préoccupés depuis un moment par ce problème et c’est pourquoi nous avons commandé et financé un rapport indépendant", a fait savoir le porte-parole du gouvernement. La société civile britannique est depuis longtemps mobilisée sur le sujet, le gouvernement ne pouvant faire autrement que reconnaître cet état de fait par ce rapport. Mais, il est plus que probable que ce document ne soit suivi qu'aucune avancée significative, comme cela a été le cas pour l'ensemble des autres rapports de part le monde traitant de ce terrible sujet.


Le rapport pointe entre autre, la différence de traitement et de règles concernant les enfants selon qu’ils soient israéliens ou palestiniens:

- Les enfants israéliens doivent avoir accès à un avocat dans les 48 H et ne peuvent pas être emprisonnés avant l’âge de 14 ans. Les parents peuvent les accompagner durant l'audition par les forces de l'ordre et la justice, il est possible de partiellement enregistrer les auditions et les enfants doivent être présenté à un juge dans un délai de 12 à 24h. Ils peuvent être incarcérés sans inculpation pendant 40 jours. La période maximale entre l'arrestation et le jugement final est de 6 mois. Les faits reprochés à ces enfants sont très graves.

- Pour les enfants palestiniens, ils peuvent être incarcérés dès l’âge de 12 ans et détenus 90 jours sans avocat. Durant leurs auditions par la police ou l'armée, aucun enregistrement audi-vidéo n'est possible, ni accompagnement des parents, ils ont jusqu'à 8 jours pour être présenté à un juge. Ils peuvent être incarcérés sans inculpation pendant 188 jours. La période maximale entre l'arrestation et le jugement final est de 24 mois. Les faits reprochés sont très arbitraires.


Il est estimé qu'entre 500 et 700 enfants palestiniens sont emprisonnés chaque année en Cisjordanie. Rien qu'en mai 2012, il était recensé pas moins de 234 enfants prisonniers en Israël (Sources Israeli Prison Service (IPS) et Israeli Army Temporary Detention Facilities). Ils ont droit à 45 mn de visite de leurs proches parents tous les 15 jours. Un permis de visite peut être obtenu dans un délai allant de 2 semaines à 2 mois. Les juges militaires israëliens estiment que le risque de récidive est peu important et qu'au contraire, ce traitement leur donne "Une bonne chance de mettre le mineur en dehors de toute mauvaise influence." ...

Cette information doit être relayée un maximum afin que le monde entier sache quels traitements inhumains les enfants palestiniens subissent de la part de l'état israélien.

Quand aux adultes, c'est aussi barbare, un rapport vient de sortir sur le sujet et estime que 100% des prisonniers israéliens incarcérés dans les prisons israéliennes subissent des maltraitances psychologiques, physiques et des tortures entre les mains des soldats israéliens. Amnesty International vient d'appeler Israël à libérer ou à juger de manière impartiale tous les Palestiniens emprisonnés sans qu'aucune charge ne soit retenue contre eux dans le cadre de la procédure dite de "détention administrative" qui permet de maintenir derrière les barreaux des suspects sans jugement pendant des périodes de six mois renouvelables.

Que fait la communauté internationale ? Rien de rien, si ce n'est de la poudre aux yeux merdiatiques, laissant Israël organiser un véritable appartheid.

Amis israéliens avez-vous oublié ce que vous avez subit durant la seconde guerre mondiale pour être aussi cruels aujourd'hui avec le peuple palestinien? Malgré la toute nouvelle "Miss survivante de l'Holocauste" que vous venez d'élire, il semblerait que vous ayez oublié cela pour ne garder que des images d'horribles cartes postales que vous brandissez à chaque fois que l'on vous met face à vos responsabilités ... Débarassez-vous des fachistes qui vous gouvernent depuis trop longtemps, libérez vous de ce fanatisme religieux qui risque de mener le monde entier à sa perte.



Stéphanie Marthely - Plume Citoyenne
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16:33 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : israël, prisonnier, enfant, rapport | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!