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21/09/2016

Aïcha Ech-Chenna, celle qui a permis de légaliser l’avortement au Maroc

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Publié dans Elle

Aïcha Ech-Chenna soutient depuis trente ans les filles mères du Maroc. Il y a quelques mois, elle a contribué à convaincre le roi de légaliser l’ avortement sous conditions. Retour sur un engagement courageux.

Ce mardi de printemps est un jour de chance pour Aïcha Ech-Chenna. Elle a croisé dans un supermarché de Casablanca une inconnue qui lui a remis 100 euros. Comme ça, juste pour dire merci. Et pour l’aider dans son long combat en faveur de celles qui incarnent la honte absolue au Maroc : les mères célibataires. Puis, à peine arrive-t-elle dans la villa de son association, Solidarité féminine, qu’elle s’étonne de voir défiler des hommes chargés de colis. Ils tapissent les murs de son bureau de cartons étiquetés : jouets, vêtements, couches... Ses yeux noirs cerclés de gris sourient. Les bienfaitrices, deux jolies trentenaires qui ont collecté ces dons via un groupe sur Facebook, lui tombent dans les bras. L’une d’elles, Ihssane Benbel, présente le journal télévisé du soir en français de la chaîne 2M. « Elle est un exemple pour beaucoup de femmes, commente la journaliste, séduite. Elle a réussi à imposer le respect dû aux mères célibataires et a été une des premières à casser le tabou sur l’avortement. On l’appelle la Mère Courage. »

Avec son allure de grand-mère gâteau et ses blouses fleuries, Aïcha Ech-Chenna ne ressemble pas à une féministe au poing levé. Il ne faut pas s’y tromper. Elle est au Maroc une des plus ardentes militantes pour le droit des femmes. Reconnue dans la rue, soutenue par ses concitoyens, appréciée des médias, elle devient de plus en plus populaire. A 73 ans, elle savoure ce succès. Elle n’a pas oublié qu’en 2000, après avoir parlé de sujets tabous (l’inceste, les mères célibataires) sur la chaîne Al Jazeera, une fatwa avait été émise contre elle. Les marques de reconnaissance lui sont d’autant plus chères : l’Opus Prize (prestigieux prix humanitaire) aux Etats-Unis en 2009, le titre de chevalier de la Légion d’honneur en France en 2013, et le 12 mai, à Washington, un prix de la Banque mondiale… « Elle mérite le Nobel de la paix », a même déclaré le Nobel de littérature J.M.G. Le Clézio, en septembre, dans une interview au « Monde ». Depuis peu, l’actualité accroît encore sa notoriété. En mars, le roi Mohammed VI a demandé au gouvernement de revoir l’interdiction de l’avortement.

Le Maroc autorise l’avortement dans les cas de viol, d’inceste, et de graves malformations du fœtus

Au Maroc, une femme qui interrompt volontairement sa grossesse encourt une peine de six mois à deux ans de prison. Opposée à cette loi, Aïcha Ech-Chenna a longtemps prêché dans le désert. Désormais consultée officiellement, elle a appelé à la légalisation de l’avortement dans les cas extrêmes (viol, malformations). Des religieux lui reprochent « de toucher à la vie ». D’autres la jugent « trop prudente », comme le médecin Chafik Chraïbi. Gynécologue à Rabat, il est à l’origine de l’actuel débat après avoir participé à un reportage de France 2 sur les avortements clandestins. « Les cas dont parle Aïcha Ech-Chenna ne représentent que 5 à 10 % des grossesses non désirées, nous explique-t-il. Cela ne réglera pas le problème des 600 à 800 avortements clandestins quotidiens. Mais je la comprends, elle connaît la réalité marocaine. » Le roi a tranché. Il a demandé le 15 mai que le Maroc autorise l’avortement dans les cas de viol, d’inceste, et de graves malformations du fœtus. Une législation timide, qui ravit la militante : « C’est une première étape ! »

Aussi déterminée que bavarde, Aïcha Ech-Chenna est intarissable quand elle raconte son combat. La fondatrice de Solidarité féminine s’identifie aisément aux femmes en détresse. Elle aussi a vécu des années chaotiques. Son père, chef de chantier à Marrakech, meurt de la tuberculose quand elle a 3 ans, puis c’est au tour de sa sœur de 18 mois. Elle se retrouve seule avec sa mère, qui se remarie avec un notable.

Elle a 12 ans quand son beau-père – pourtant « très gentil » – lui demande de porter un voile couvrant son visage et d’abandonner l’école pour la couture. Sa mère se rebelle contre le diktat masculin.

Elle envoie sa fille seule en bus chez sa tante près de Casablanca. La petite Aïcha ira à l’école française. Mais, à 16 ans, à la suite de problèmes familiaux, elle doit prendre sa mère en charge et travailler pour la faire vivre. « La peur de se retrouver à la rue, je connais », commente-t-elle. Elle obtient un diplôme d’infirmière. Tandis qu’elle parle de ses multiples postes, elle regarde sa montre. Il est 13 heures, elle n’en est qu’aux années 70. La matinée est trop courte pour sa vie. Elle poursuit autour d’un rfissa, plat de fête à base de galettes, de lentilles et de poulet, cuisiné par de jeunes mères de l’association.

500 femmes par an aidées

A 40 ans, elle décide brutalement de se consacrer aux mères répudiées. C’est un soir de 1981. Après la naissance de son quatrième enfant, elle vient de reprendre son travail d’éducatrice sanitaire et sociale. Dans le bureau de sa collègue assistante sociale, une jeune femme contrainte d’abandonner son bébé donne le sein. « Au moment où l’assistante sociale lui demande de poser son empreinte sur l’acte d’abandon, la mère retire son sein d’un geste rageur, se souvient Aïcha. Le nourrisson crie, le lait asperge son visage. Une voiture le conduira à la maison des enfants abandonnés.

Je n’en dors pas de la nuit, j’y pense en allaitant mon bébé. Je décide de réagir. » Elle découvre les endroits insalubres où sont relégués les enfants nés hors mariage, appelés « ould el haram » (bâtards). « Ils y meurent par paquets », soupire-t-elle. Avec l’appui d’une sœur française, elle crée une garderie pour permettre aux mères célibataires de garder leur bébé, puis, en 1985, elle fonde Solidarité féminine avec une priorité : rendre les femmes autonomes. Elles ont trois ans pour suivre une formation à des métiers tels que la restauration, la coiffure, les soins esthétiques. Les enfants grandissent en crèche, sur place. Aujourd’hui, l’association accueille une trentaine de femmes et compte 35 salariés ou vacataires, sur trois lieux de formation : deux restaurants et un hammam, ouverts au public. Solidarité féminine aide aussi, par téléphone, 500 femmes par an, souvent pour des questions juridiques.

Cette structure a changé la vie de Saadia, 39 ans. Elle a été placée par ses parents à 4 ans comme « petite bonne » dans des familles. Elle a été maltraitée, ses bras sont couverts de cicatrices. A 27 ans, elle est tombée enceinte d’un homme qui n’a pas daigné l’épouser. Orientée vers l’association, elle y a appris à lire et à faire la cuisine. Aujourd’hui, Saadia élève son fils de 11 ans. Elle tient un kiosque épicerie à Casablanca et emploie une femme pour l’aider. La petite bonne est devenue patronne. « Mme Ech-Chenna m’a appris à ne plus me laisser piétiner, explique-t-elle. Elle m’a rendu ma fierté. » Ce n’était pas gagné.

En 2000, sa tête était mise à prix

La morale séculaire assimile les mères célibataires à des prostituées. « Elle m’a aidée à accepter ma situation et à ne pas abandonner mon fils », renchérit Karima, 24 ans, après sa journée de formation. « Elle m’a appris à ne plus avoir honte », sourit Amal, ex-étudiante de 23 ans, qui craint tout de même de révéler à son frère qu’elle a une petite fille. Le seul homme de sa famille n’a pourtant que 14 ans… Malgré le sourire de ces femmes, Aïcha Ech Chenna pense souvent tout arrêter. Elle souffre des critiques, traverse des dépressions – des « burn-out », dirait-on aujourd’hui –, un cancer en 2007.

A chaque fois, elle se relève. Elle, qui s’est toujours gardée de faire de la politique dans cette monarchie autoritaire, semble désormais avoir le soutien du roi. En 2000, alors que sa tête était mise à prix, celui-ci l’a appelée. « Il m’a donné sa bénédiction », confie-t-elle. Ses problèmes de budget aussi se résolvent. Elle a signé en février un partenariat avec la fondation de la Société marocaine des tabacs. Elle va pouvoir accueillir dix mères supplémentaires. D’autres entreprises pourraient se joindre au projet. Madame la présidente est ravie. « C’est un mauvais tour que je joue aux esprits chagrins et aux extrémistes, lance-t-elle, l’air espiègle. Je passe le virus. » Mère Courage n’abandonne jamais.

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25/07/2016

Avoir une religion ne signifie pas forcément croire en Dieu

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Une majorité (53%) des jeunes français interrogés affirme "avoir une religion".

Un jeune sur deux âgé de 18 à 30 ans considère qu'il est difficile d'être croyant en France, selon un sondage OpinionWay publié dans La Croix. Une majorité (53%) des jeunes interrogés affirme "avoir une religion" et, contrairement aux idées reçues, les jeunes femmes se montrent moins croyantes que les hommes (51% contre 55%).

Les jeunes se disent à 42% catholiques, selon ce sondage sur les jeunes et la religion. L'islam (4%), le protestantisme (3%), le judaïsme (1%) et le bouddhisme (1%) sont minoritaires, alors que 2% affirment adhérer à d'"autres religions".

pape1.jpgAvoir une religion ne signifie pas forcément croire en Dieu. Religion n'est toutefois pas forcément synonyme de foi : paradoxalement, seulement 68% de ceux qui affirment avoir une religion croient en l'existence de Dieu, tandis que 22% des jeunes qui disent ne pas en avoir n'excluent pas cette possibilité. 

La moitié des personnes interrogées (50%) estiment que la religion est une source de division et seulement un jeune sur cinq (20%) la voient comme un facteur de paix. Par ailleurs, 69% des jeunes considèrent que la dimension spirituelle ou religieuse n'est pas importante pour réussir sa vie personnelle.

>> Étude réalisée par questionnaire auto-administré en ligne entre le 9 et le 17 juin sur un échantillon représentatif de 988 personnes âgées de 18 à 30 ans, selon la méthode des quotas.

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11:16 Publié dans Connaissances, Planète, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : religions, musulman, catholiques, juifs | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!

24/09/2015

ALLEMAGNE, ECOLOGIE : LES ILLUSIONS PERDUES !

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Tricherie chez Volkswagen : et si on dévoilait aussi les émissions de CO2 par habitant et par an de l'Allemagne?
9,8 t pour cette dernière contre 5,8 t pour la France.
Et là, pas de trucage, pas de logiciel malin : c'est au vu et au su de tous.
Dit autrement un français "en retard sur l'écologie" émet deux fois moins de CO2 qu'un allemand "super en avance et citoyen modèle dans le domaine". (quant aux Danois et aux Hollandais le bilan est plus médiocre encore...)

La raison principale? : la sortie du nucléaire par les énergies renouvelables (en réalité par le charbon et le gaz), 20 ans que ça dure, des centaines de milliards d'euros dépensés, et seulement à peine plus de 10% d'électricité renouvelable, chiffre qui plafonne (en dessous de 15%), pas à cause d'un méchant lobbie ou d'un complot contre ces énergies, mais plus simplement à cause d'obstacles technologiques majeurs et de problèmes d'échelles (les allemands reconnaissent volontiers ce fait maintenant, fini de rire pour eux, et pour cause ils comprennent qu'ils se mettent en danger avec un tel délire du mythe 100% d'électricité renouvelable).

En revanche, plus de 50 % d'électricité produite par le charbon, et environ 10% pour le gaz. Mais ça, aucune émission ni débat sur l'écologie ne vous en parleront. (les chiffres ci dessous datant de 2013 sont valables pour 2015, pas de gros changements depuis 2 ans).

Amar bellal, rédacteur en chef de la revue progressistes, 
membre de la commission écologie du PCF. Ancien élève de l'Ecole normale supérieure de Cachan et de l'INSA de Lyon, professeur agrégé de génie civil, enseigne dans des lycées et centres de formation en Ile de France.

Ce débat passionnant continue sur Facebook (extrait)

  • Eric BourguignonCher Amar, ces chiffres sont intéressants, mais assez connus en Allemagne. Vous laissez toutefois soigneusement la question des déchets nucléaires hors de l'équation. Ouvrons cette discussion d'ici au congrès de juin. Au plaisir depuis Munich...
  • Amar Bellal
  • Amar BellalCher Eric, alors tu dois aussi connaitre les chiffres concernant les centaines de tonnes de métaux lourd (arsenic, cyanure, mercure et même uranium) résultant de la combustion de millions de tonnes de charbon? et déversés dans l'atmosphère en contaminant tous les milieux aquatiques et terrestres, provoquant toutes sortes de cancer et maladies neuro-cérébrales? Durée de vie de ces poisons? : infinie, des millions d'années de persistance, rien a envier aux déchets nucléaire dont on se préoccupe du devenir au moins. Et biensûr il y a tous les métaux lourds contenus dans les panneaux solaires et les éoliennes : idem, comment organiser l'extraction et le stockage de tous ces poisons de durée de vie infinie? 100 fois plus volumineux que les déchets nucléaire mais avec la même problématique : ouvrons ce débat en effet cher Eric
     
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23/08/2015

Un Nobel d’économie peut-il raisonner comme un abruti ?

tirole0506.jpgOn est en droit de se poser cette question à la lecture de l’article intitulé « Pour un accord efficace sur le climat » publié dans le supplément « Eco et entreprise » du Monde de ce vendredi 5 juin et cosigné par Jean Tirole, prix Noble d’économie en 2014, avec son collègue Christian Gollier de l’école d’économie de Toulouse.

Avec raison, les deux auteurs relèvent que l’actuel système de négociation ne peut être efficace car chaque pays invité à faire connaître sa contribution à la lutte contre le réchauffement « est fortement incité à laisser aux autres la charge de réduire les émissions de gaz à effet de serre». Mais le simplisme de l’alternative qu’ils proposent est pour le moins stupéfiant : 

« L’approche consensuelle chez les économistes pour résoudre ce problème de « passager clandestin » consiste à imposer un prix uniforme aux émissions. Cette stratégie incite les pollueurs à engager tous les efforts de réduction des émissions dont les coûts sont en deçà de ce prix. Elle garantit à la collectivité que le bénéfice environnemental  est maximal pour un sacrifice  collectif donné (…). Nous privilégions donc un système de marché de permis d’émission, dans lequel une organisation multilatérale attribuerait aux pays participants, ou leur vendrait aux enchères, des permis échangeables »,

écrivent les deux compères de l’Ecole d’économie de Toulouse.

Dans la foulée, ils citent quelques exemples à reprendre, dont le marché spéculatif sur la tonne de carbone qui a progressivement évolué vers un effondrement du prix payé par les pollueurs au sein de l’Union. Mais les deux auteurs se gardent de rappeler sa totale inefficacité. Depuis la mise en place de ce marché, il suffisait aux industriels européens de délocaliser des productions dans des pays à bas coûts de main d’œuvre, exonérés de toute contribution contre le réchauffement dans le cadre du protocole de Kyoto, pour avoir des tonnes de CO2 à vendre.

Du coup, les émissions de gaz à effet de serre augmentent considérablement pour une même quantité d’objets produits à la faveur de ces délocalisations. Elles augmentent via la construction de nouvelles usines en Asie, en Europe centrale ou ailleurs tandis que les équipements des usines que l’on ferme en France et en Europe de l’Ouest vont au rebut.

Elles augmentent quand un pays comme la France dont l’électricité provient à 75% du nucléaire délocalise une production industrielle consommatrice d’énergie dans un pays où le charbon demeure encore le combustible le plus utilisé pour produire de l’électricité.

Elles augmentent une troisième fois via les longs transports de marchandises, dont la finition peut être réalisée dans un pays autre que celui qui a assuré le plus gros de la production tandis que la consommation finale du produit se fera, pour une bonne part, dans le pays dont l’industriel a délocalisé la production.

Peut-on fermer les yeux sur autant d’incohérences concernant la lutte contre le réchauffement quand on a obtenu le prix Nobel d’économie en 2014 ?

Le reste de l’article cosigné par Jean Tirole nous indique que oui, tant il charrie en permanence des tombereaux de contradictions. Il affirme que vis-à-vis des pays refusant de prendre leur part du fardeau, «l’Organisation mondiale du commerce devrait traiter le refus de mettre le même prix que les autres sur le carbone comme une pratique de « dumping » entrainant des sanctions ». Mais justement, ce qui caractérise l’OMC jusqu’à présent, c’est qu’elle n’est tenue d’obéir à aucune contrainte écologique dans les négociations qu’elle pilote au niveau mondial sur le libre échange.

De ce fait, elle est devenue l’aiguillon qui accélère toutes les pollutions industrielles et agricoles dans la mesure où toutes les négociations conduites sous son autorité fondent les gains de compétitivité sur le dumping social et environnemental. Faut-il en conclure que le Français qui a obtenu le prix Nobel d’économie pour l’année 2014 ne s’en est pas encore aperçu?

Un autre paragraphe de cet article vise à punir les peuples dont les dirigeants politiques n’auraient pas pris les  mesures nécessaires pour faire triompher la marché du carbone pour résoudre comme par enchantement tous les problèmes que pose le réchauffement climatique. Selon Jean Tirole et Christian Gollier, «une insuffisance de permis à la fin de l’année serait revalorisée au prix du marché et s’ajouterait à la dette publique du pays concerné ». Ce que vit le peuple grec depuis quelques années, pour partie en raison de l’irresponsabilité de certains de ses dirigeants dans le passé et pour une autre partie en raison du comportement des marchés financiers en dit long  sur les factures que l’on ferait payer aux peuples en contrepartie des comportements des gouvernants et des spéculateurs.

Pour freiner le réchauffement climatique, il faudrait dès à présent modifier nos habitudes de consommation ; repenser la production industrielle en promouvant les biens durables et le recyclage ; impulser l’agro-écologie en agriculture afin qu’elle demeure productive tout en réduisant considérablement les intrants chimiques de toutes sortes ; repenser l’urbanisme à travers des constructions à faible bilan carbone, tout en aménageant le territoire de manière à rapprocher le lieu d’habitat du lieu de travail alors qu’il ne cesse de s’éloigner dans tout le pays (1). Il s’agit là d’orientations qui appellent des décisions politiques, lesquelles ne sont plus prises en France depuis des décennies, tant que le marché spéculatif pilote l’aménagement du territoire dans le seul intérêt des spéculateurs.

Jean Tirole et Christian Gollier terminent leur article en affirmant ceci : « la mise en place d’un marché d’émission nous semble être la solution la plus pertinente dans le cadre des négociations en cours » sur le climat. Ils n’y défendent d’ailleurs que celle là et on peut penser qu’elle conviendra aux dirigeants du G7  qui se réunissent dimanche et lundi au château d’Elmau en Bavière  pour discuter du sujet sous la présidence d’Angela Merkel.

(1) Ces idées sont développées dans le dernier livre de Gérard le Puill L’économie peut encore sauver l’écologie, une coédition de Pascal Galodé et de l’Humanité.

Gérard le Puil

Vendredi, 5 Juin, 2015
Humanite.fr

09:19 Publié dans Actualités, Economie, Planète | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nobel, jean tirole | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!