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20/07/2016

Inès Safi : "Pour en finir avec le choc des ignorances"

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Chercheuse au CNRS en physique théorique, et dialogue entre sciences et foi, Inès Safi souligne l’urgence d’une éthique des rapports économiques, géopolitiques et écologiques pour rétablir une confiance entre tous.

Les adeptes du choc des civilisations semblent valider leur théorie à travers l’actualité tragique. Or, nous pourrions nous demander si ces tragédies n’ont pas été attisées par l’adoption de cette théorie, qui ne serait qu’une hypothèse erronée, donc une des facettes de l’ignorance résidant au cœur de l’intolérance.

Ne doit-on pas plutôt défendre la théorie du choc des ignorances, dont la multiplicité procède de la diversité de leurs modalités et de leurs alliances ? D’une part, les modalités de ces ignorances se manifestent dans la désinformation et les mensonges qui manipulent l’actualité et l’histoire, en générant parfois des guerres, ainsi que dans l’essentialisation et le réductionnisme desséchants opérés sur les êtres, les courants de pensée et les religions. D’autre part, les alliés de ces ignorances sont légions : extrémistes religieux ou antireligieux, marchands d’armes et financiers avides de gains, ou politiciens et dictateurs assoiffés de domination. Et la liste n’est pas exhaustive… 

Il est possible de distinguer, d’une façon schématique et simplifiée, deux camps regroupant des « combattants » qui se croient adversaires, alors qu’ils sont en réalité solidaires : d’un côté, ceux qui portent des visions sectaires et rétrogrades de l’islam ; de l’autre, ceux qui portent le drapeau de l’islamophobie savante et virulente, tout en adoptant la position du premier camp selon laquelle il n’existe qu’une seule lecture possible de l’islam. Les ignorances de ces deux camps forment alors des miroirs mis en abyme, qui réduisent symétriquement l’islam à des textes scripturaires facilement accessibles et déchiffrables par la logique, révélant une charia qui exclut les infidèles de la félicité. À travers cette réduction à un seul moment historique et à un socle unique, ils sapent toutes les interactions de l’islam avec son passé et ses environnements, ainsi que son évolution dynamique ouverte, ses ramifications en une multitude de modes de vie, de pensée, d’expressions foisonnantes, qu’elles soient artistiques, culturelles, scientifiques ou philosophiques.

Ces deux camps sont d’autant plus solidaires qu’ils ignorent les innombrables écoles de la spiritualité profonde de l’islam en tant que religion de l’Amour, où la diversité des voies est perçue comme un ensemble des chemins menant vers le même sommet, où chaque créature représente une manifestation sacrée de la Beauté. Ces ignorances communes procèdent en fait d’une loi commune : la soumission aveugle à la logique du tiers-exclu, qui empêche même ceux qui sont adeptes d’une religion d’accéder à la spiritualité.

Un cercle vicieux

Les deux camps s’enferment de surcroît dans un cercle vicieux d’action-réaction où chacun alterne entre le rôle de bourreau et celui de victime, et alimente son ignorance de l’autre, du rejet de l’autre, et vice versa. Car l’ignorance entraîne la peur de celui que l’on méconnaît ; la peur conduit à la haine et au rejet de celui qui devient une menace ; et cette haine et ce rejet entraînent la diabolisation et la diffamation qui justifient à leur tour les combats de diverses natures, ce qui amplifie encore l’ignorance, et ainsi de suite. Je n’énonce qu’une simple évidence si je rappelle que l’antidote à l’ignorance est la connaissance. Mais les ignorances étant multiples, tout comme leurs modalités et leurs alliances, les connaissances devraient l’être tout autant.

Chacun a besoin de connaître autrui, mais aussi de se connaître soi-même, de s’aimer soi-même et d’aimer autrui. Il est important de mieux connaître les religions et les cultures de ceux que l’on côtoie, tout en accédant à sa propre culture et à sa propre religion, et en prenant conscience de leurs intimes relations et interactions passées et actuelles. Il serait alors crucial de créer des modes d’accès à ces richesses, indépendamment de la propagande et de la démagogie des détenteurs des pouvoirs économiques et religieux.

Il est clair que le monde occidental (dont les contours sont certes mal définis) a aussi une responsabilité de taille dans le combat contre l’ignorance qui ne fait qu’empirer dans ses rangs, par le dédain porté aux joyaux spirituels, poétiques et littéraires islamiques qui ont façonné sa propre culture ; ces lacunes émanent d’une volonté d’hégémonie coloniale passée ou même présente.

Aussi, les domaines de la culture, du savoir et des sciences ont besoin d’être libérés d'une forme de « rationalité pratique » généralisée et normative à tous les champs de la vie, qui voit la domination exclusive d'un paradigme économique selon lequel l'humain devient une variable d'ajustement, et les plus faibles, des sources de profit auxquelles les puissants n’appliquent plus leurs prétendues valeurs. La justice est essentielle pour rétablir la confiance, qui est une des conditions de la connaissance réciproque. Et la connaissance générant plus de confiance, nourrit à son tour un cercle vertueux. Cette connaissance implique le respect des valeurs, sans discrimination, et un traitement équitable en termes de savoirs, d’informations ou de répartition des territoires et des richesses. Une éthique des rapports économiques, géopolitiques et écologiques devient d’une grande urgence.

La belle mosaïque de l’œuvre divine

D’un point de vue musulman, nous sommes appelés à changer ce qui est en nous-mêmes afin que Dieu change notre état, pour paraphraser un verset coranique. En particulier, en remédiant à l’ignorance qui sévit, et pour contrer la wahhabisation des esprits. Il ne s’agirait alors pas seulement de modalités d’acquisition rationnelles du savoir, mais de celles qui relèvent de l’expérience et du goût. Il est primordial de plaider en faveur de la revivification de la véritable tradition (à différencier des coutumes vides de sens) et de la réouverture des voies de connaissance par le cœur.

Le mystique soufi Al-Ghazâlî (1058-1111) écrivait : « Celui dont l’œil du cœur n’est pas ouvert ne perçoit de la religion que l’écorce et l’apparence, non le fond et la réalité » (Kitâb al-‘Ilm – Le Livre de la science). Un pilier primordial de cette connaissance est le tawhîd, l’Unicité, au sein de laquelle notre essence est une à un niveau de réalité au-delà du monde sensible. Le tiers-exclu est ainsi dépassé, car les différences sont en fait des contingences, et la multiplicité s’intègre harmonieusement dans l’Unicité : « Toutes les formes sont des images reflétées dans l’eau du ruisseau. Lorsque tu te frottes les yeux, en réalité, toutes sont Lui » (Rûmî, poète du XIIIe siècle).

Toute créature est lieu de manifestation divine, dont l’amour et la connaissance est un chemin inévitable vers l’Amour et la Connaissance de Dieu, l’ultime but de la réalisation spirituelle. « Ô vous, êtres humains. Nous vous avons créés d'un mâle et d'une femelle et Nous avons fait de vous des peuples et des tribus afin que vous vous reconnaissiez les uns les autres » (Coran 49, 13). Le but primordial de cette différentiation entre homme et femme, ou entre peuples, la connaissance ou la reconnaissance, ne se réduit pas ici à faire simplement « connaissance ».

C’est que l’être distinct me ramène à des vérités que je ne percevrais pas seul : il est pour moi un miroir où se reflètent des attributs divins qui complètent ceux qui se manifestent en moi. Aimer et connaître ceux qui sont différents n’est guère une option : c’est un fondement même du cheminement. Reconnaître l’unité derrière la multiplicité, la proximité derrière l’altérité, c’est contempler cette diversité des formes sans laquelle la belle mosaïque de l’œuvre divine perdrait son sens. Connaître cette mosaïque est aussi une manifestation de notre amour : car l’amour de la Connaissance a pour terme la connaissance de l’Amour.

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17/06/2016

Pourquoi je déteste le foot.

Sur le boulevard d’Athènes à Marseille, au bas duquel on voit les escaliers de la gare Saint Charles, j’ai mes petites habitudes dans un café. On ne peut pas faire plus central, et c’est un quartier foisonnant de diversité, de parfums, d’épices mais aussi de misère.

Entres les bars et leurs terrasses, il y a aussi les bureaux d’associations d’aide aux demandeurs d’asiles, des campements précaires de Roms, le consulat de Tunisie, le marché de Noailles, la Fac de Droit et l’ESPE, des prostituées aussi et tout cela dans un tout petit périmètre.

Le samedi, c’est noir de monde, les gens sortent faire leurs courses ou flâner au soleil en sirotant un Gambetta Limonade, une boisson typique d’ici. Tout ce joyeux bazar fonctionne toute l’année. Sans heurts, sans violence. Et, j’ai l’habitude tous les matins de prendre mon café dans l’une ces terrasses au croisement de la Canebière et du boulevard d’Athènes, comme je l’ai fait hier au milieu de la matinée. En descendant depuis le cours Julien, je constate l’arrivée massive de supporters anglais et russes. S’il est vrai que ce quartier n’est pas épargné par le problème du harcèlement de rue et qu’il m’est arrivée de me faire alpaguer dans la rue, hier je n’ai jamais rien vécu de tel. Sur les 400m qui séparent mon domicile du café, j’ai pu dénombrer une bonne dizaine d’accostage intempestifs : sifflements, des mots inaudibles d’un argot anglais que je n’ai pas cherché à comprendre mais aussi d’autres qui sont venus « m’inviter à boire une bière ». Il était 11 heures du matin.

J’arrive tant bien que mal à mon café pour travailler et trouve le café bondé, avec des supporters déjà bien éméchés avec des pintes face à eux. J’arrive tout de même à trouver une place à l’extérieur. Je constate que je suis la seule femme, et que tous les regards sont tournés vers moi. J’assiste aussi à de curieuses scènes où ces mêmes plaisantins ivres vont aborder les femmes du campement Rom et les prostituées. Je fais abstraction et continue de préparer mon intervention de l’après midi à une cinquantaine de mètres de là, à la Cité des Associations. La thématique ? Le vivre ensemble…

Face à moi, la rue continuait de devenir de plus en plus bondée, et je sentais déjà la tension monter entre l’alcool et les regards noirs que se lançaient anglais et russes lorsqu’ils se croisaient.

Mon intervention portait donc sur le bilan quant au vivre ensemble et pendant deux heures j’ai animé un débat sur les constats et les solutions pour mieux le faire tous les jours. Je sors satisfaite de mon après-midi et de mon intervention, avec le sentiment d’avoir été à cet instant précis une pépiniériste d’idées face à des parents (pour la plupart) désireux de faire et d’inventer. Arrivée dans le hall, j’entends des bruits d’hélicoptères, des sirènes, des cris et lorsque je sors enfin à l’extérieur en faisant quelques mètres en direction du Vieux-Port, là… je n’ai même pas les mots pour le décrire. Du sang par terre, pas un petit mètre carré sans dépris de bouteilles d’alcool, des gens qui courent dans tous les sens, des bouteilles de bières qui volent dans tous les sens et qu’on entends se briser à peu près partout. Certains bars commençaient à fermer, les promeneurs et vendeurs du vide-grenier hebdomadaire pliaient bagage et rentraient se mettre à l’abri. Qu’on se le dise c’était le chaos. Moi qui venait de parler pendant deux heure de paix et de société apaisée, j’assiste à une scène de guerre.

La peur me prend au ventre, mais c’est ensuite la colère qui me saisit. Je hais le foot. j’abhorre le culte du ballon rond. J’abomine ce fascisme footbalistique. La mafia qu’il y a derrière me répugne. J’ai à ce moment là tout un tas de phrases que j’ai entendues ou lues qui me reviennent à l’esprit et qui résonnent péniblement. « Cette coupe d’Europe sera une manne financière pour tout le monde », « nous exhortons les manifestant à s’abstenir d’aller dans la rue pour ne pas mettre en danger les supporters étrangers », « quoi…? accueillir des réfugiés qui fuient la guerre et la misère, mais ça va pas, ces décérébrés venus d’outre Méditerranée vont mettre le pays à feu et à sang, violer nos femmes et nos filles ».

Frénésie de l’argent, des millions qui flambent pour de la pacotille, blanchiment, exploitation sexuelle à l’ombre des matchs ces joueurs se croyant tout puissants, exploitation des ouvriers qui fabriquent tous les goodies vendus à des décérébrés inconscients dont le maillot aura été fabriqué par un gamin de 12 ans auquel il n’aura été rétrocédé pas plus de 60 centimes… Et surtout, la folie violente et inconsciente que j’ai vu hier dans les rues dans lesquelles j’ai plaisir à me promener tous les jours. L’autre chose que je me suis demandée, c’est : « mais où sont les flics…? »

faujour-el-khomri.jpgDepuis plusieurs semaines, chaque fois que j’allais manifester contre la loi travail, cela terminait mal. Nous étions pourchassés comme des rats, les CRS formaient régulièrement des murailles humaines le long du kilomètre de trottoir que compte la Canebière et hier… de l’ordre du ridicule.
Tout le monde savait que ce match était sous haute tension, la veille déjà des heurts avaient eu lieu, comment peut on croire à un tel manque d’organisation concernant un événement international que nous savons tous synonyme de violence et d’alcool. Tandis que face à cela, les personnes qui bloquent les usines sont des terroristes, faire avancer le débat, c’est mal et manifester met en danger les gentils supporters venus en France pour l’UEFA. J’ai même vus des gens se faire arrêter car ils se sont rendus à la plage et que des galets étaient restés dans leur sac. C’est certain que c’est super dangereux face aux bouclier et au bombes de désencerclement…

Alors maintenant, que l’on arrête de se voiler la face, hier il ne s’agissait pas du tout des terroristes grévistes musulmans coupeurs de tête entrés en France illégalement et venus mettre en péril cette pauvre race blanche chrétienne. Et malheureusement hier, ce que j’ai vu c’est le deux poids deux mesures. Sauf qu’en l’occurrence, ce qui s’est passé dans mon quartier est inadmissible et je voudrais pointer du doigt la mise en danger d’autrui. Hier plus que jamais je ne me suis pas sentie en sécurité, pas sentie protégée dans une scène d’émeute. Le ministère de l’intérieur a fait une faute grave dans la considération de cette manifestation et dans celle de la censure du droit de grève.

Je ne me reconnais plus dans cette France qui cautionne le consumérisme financier et sexuel, les trafics en tous genre et la violence portée par ce sport soi-disant populaire qu’est le foot alors que l’on brime ceux qui ont pour seul tort de s’insurger contre la casse de nos conquis sociaux.

Ma sécurité de l’emploi se fait prendre en otage par mon Etat et mon doux et bel été se fait polluer par des personnes faisant l’apologie de l’abrutissement par un loisir violent et obsolète.

Non, la France ne va pas bien du tout, et il faudrait sérieusement se mettre à se poser les bonnes questions.

07/04/2016

« Pour une Primaire des idées » – Tribune collective

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Elus du PS, d’EELV, du PCF ou de Nouvelle Donne, appellent dans cette tribune « à une primaire des idées » avant « une primaire des candidatures », via des débats organisés d’ici à l’été partout en France. « Sans quoi notre tentative démocratique ne sera pas à la hauteur des mouvements citoyens qui émergent en France », préviennent-ils.

« Nous sommes des électrices et électeurs. Nous voulons que la politique soit de nouveau faite par les citoyennes et les citoyens. Comme beaucoup d’entre nous recommencent déjà à le faire dans les rues et sur les places publiques de France.

Depuis quelques semaines, nous avons accepté de participer à un processus ouvert de toutes les forces politiques de la gauche et des écologistes, pour construire ensemble la primaire de gauche. Nous pensons que c’est le bon outil pour relever une gauche en lambeaux, pour sortir de l’ornière annoncée de 2017. Cette primaire a vocation à élire une candidate ou un candidat de gauche et à gagner l’élection présidentielle. Mais aussi, et surtout, à faire revivre les idées progressistes dans l’espace public.

Nous ne supportons pas les débats sur la réforme du droit du travail ou la déchéance de nationalité, tandis que la finance n’est toujours pas combattue et continue d’imposer sa loi. Les réels sujets ne sont toujours pas soulevés.

« Si nous ne pouvons pas nous rassembler sur le fond, le rassemblement autour d’une candidature à la présidentielle restera une illusion sans lendemain »

Un projet politique de gauche peut-il passer à côté de l’instauration d’une VIe République? Peut-il se retenir d’ouvrir le débat sur l’augmentation des salaires, un revenu de base et sur la réduction du temps de travail? Peut-il s’abstenir de protéger notre environnement et notre santé des pollutions? Peut-il retarder une vraie ambition de transition énergétique? Peut-il hésiter à faire de l’égalité entre les femmes et les hommes une priorité? Peut-il reculer devant le droit de vote des étrangers? Peut-il continuer de dissoudre nos libertés individuelles? Peut-il renoncer à mettre en place une loi forte contre les paradis fiscaux et pour la justice sociale?

Avant une primaire des candidatures, nous avons besoin d’une primaire des idées. Si nous ne pouvons pas nous rassembler avant tout sur le fond, le rassemblement autour d’une candidature à la présidentielle restera une illusion sans lendemain. Ces débats doivent d’abord exister partout dans le pays, sans quoi notre tentative démocratique ne sera pas à la hauteur des mouvements citoyens qui émergent en France pour pratiquer la politique sincèrement.

« Nous proposons que d’ici à l’été se tiennent à travers toute la France des débats ouverts »
L’essentiel est de fabriquer en commun. Comment y parvenir si nous ne sommes pas d’accord sur le minimum vital? Voilà pourquoi nous appelons à ce que la primaire soit imaginée, construite, alimentée par des citoyennes et des citoyens venus de tous horizons. Les électeurs et les électrices sont les meilleurs experts de leurs propres vies. Nous proposons donc que d’ici à l’été se tiennent à travers toute la France des débats ouverts pour leur permettre d’exprimer leurs préoccupations, leurs envies et leurs idées sur les sujets de leurs choix.

C’est de la richesse de ces débats que doit émerger un socle commun des exigences indispensables pour toute candidature, élaboré collectivement lors de ces assemblées citoyennes, capable d’offrir le cadre dans lequel il sera possible de penser un autre chemin ensemble. »

Les signataires :
Elliot Lepers et Nadia Ahmane, de la Primaire de gauche
Olivier Dartigolles et Isabelle de Almeida, dirigeants du PCF
Marine Tondelier et Julien Bayou, membres du Bureau exécutif d’EELV
Jérôme Guedj et Fanélie Carrey-Conte, membres du Bureau national du Parti socialiste
Nathalie Cayet et Pierre Larrouturou, membres du Bureau national de Nouvelle donne

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09:25 Publié dans Actualités, Point de vue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tribune, primaire à gauche | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!

18/03/2016

M. Ferry, la morgue et la suffisance comme bréviaire

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Par Patrick Le Hyaric, député européen, directeur de l'Humanité

Luc Ferry, moraliste en chef des pages Opinions du Figaro, s’est senti obligé de déverser sa haine anti sociale dans un billet d’une insondable morgue publié jeudi dernier.

Ce Monsieur bien installé clame son mépris du peuple français, rangé dans la catégorie des poltrons, parce qu’il refuse dans sa grande majorité et contrairement à ses illustres et « courageux » représentants politiques, le projet de loi de démolition du droit du travail.

Sa cible principale n’est autre que le secrétaire général de la CGT à « la bouille renfrognée » dont notre plumitif déplore « la façon d’éructer » et à qui il faudrait faire « avaler la potion » car « aucun compromis n’est plus possible ». C’est vrai, dans ces milieux, un ouvrier ne peut être que quelqu’un qui « grogne », qui est « sale », et qui « éructe ».

En substance nous dit-il, le peuple est con. Il ne comprend pas que « c’est en facilitant les licenciements que l’on favorise l’embauche » annone notre as du raisonnement. Une évidence que du haut des cimes inatteignables au commun des mortels, il refuse d’expliquer tant elle est évidente. La boucle est bouclée. Et qui ne comprend pas ce « raisonnement accessible à un enfant de dix ans », est doté, selon le troupier métaphysicien, d’un « QI de bulot ».

Sa sérénissime n’hésite pas à ranger dans le camp des réfractaires à sa vision pour le moins singulière du progrès, l’ancien Président Jacques Chirac qui a eu l’outrecuidance de reculer devant la loi imaginée par notre phénix de la pensée, et que, tout à sa modestie – puisqu’il en fut le rédacteur- il appelle « l’excellente loi d’autonomie des universités ». Sur le podium « des champions de monde de marche arrière » imaginé par notre père fouettard de la philosophie, Nicolas Sarkozy est en bonne place puisqu’il n’aurait pas eu le courage de rentrer dans le lard du mouvement social.

Chez ces gens-là, la violence est fardée pour mieux se déchainer.

Car notre médiatique histrion a trouvé la solution : gouverner par ordonnance, c’est-à-dire s’essuyer les pieds sur le Parlement et sur ce qui nous reste de démocratie. On ne savait pas que leur prétendument « modernité » nous ramenait aux méthodes de… Napoléon 3.

Dictature de l’argent et du patronat rejoint chez le penseur libéral la dictature tout court, qui plus est sous l’habillage de la vulgarité. Tout un programme qui, au fond, ne nous étonne guère mais fait tout de même frémir.

Raison de plus pour amplifier la mobilisation et clouer le bec au mépris de classe qui s’étale sans vergogne.

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13:05 Publié dans Point de vue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : martinez, ferry, le hyaric | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!