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01/02/2026

UKRAINE, PLUS DURE SERA LA CHUTE POUR LES VA T'EN GUERRE

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En Ukraine, des forces ultranationalistes et fascistes, des islamistes, des cartels, acquièrent depuis 4 ans une expérience militaire avancée, des équipements et des financements considérables. À l’issue de la guerre, leur démobilisation et leur réinsertion seront probablement complexes. Le risque est grand de les retrouver comme mercenaires dans des conflits sur cinq continents. D’autres pays que la Russie ont intérêt à s’inquiéter de la menace qu’ils représentent.

Selon le Kiel Institute, qui réalise un suivi du soutien à l’Ukraine, 158 milliards d’euros ont été alloués à l’aide militaire depuis 2022 (au 31 octobre 2025). Ces aides proviennent principalement de l’Union européenne (88 milliards d’euros) et des États-Unis (65 milliards d’euros). Par ailleurs, l’Union européenne a formé plus de 85 000 soldats ukrainiens depuis le début du conflit, d’après le Conseil européen. Certains ont fait scandale pour leurs tatouages néonazis.

Les forces armées ukrainiennes comptent également sur un budget multiplié par huit, plus de 54 milliards d’euros en 2025, soit 30 % du PIB de l’Ukraine. Avec le concours d’autres puissances, les moyens financiers engagés permettent de mobiliser près de 900 000 soldats.

Mais, à la fin de la guerre, l’Ukraine ne pourra vraisemblablement pas entretenir la 7e plus grande armée du monde. La réduction des forces armées passera par la démobilisation des conscrits et des réservistes, mais certains groupes, notamment des nazis et des volontaires étrangers, pourraient ne pas revenir à la vie civile.

Certaines unités des forces armées ukrainiennes sont connues et documentées par plusieurs enquêtes de Médiapart ou du Monde, mais ça ne permet pas d’en dresser une liste exhaustive. Reste que ces unités sont entraînées, expérimentées et équipées. La plus controversée, la 3e Brigade d’assaut Azov, a reçu de l’aide américaine, comme l’a souligné une enquête vidéo du Monde publiée en juin dernier.

On peut ajouter des unités de Tchétchènes et de Tatars séparatistes et islamistes, des mouvances idéologiquement concurrentes, mais en pratique convergentes. D’autres mouvances nationalistes, étrangères, sont également engagées dans la guerre en Ukraine. On les retrouve dans la Légion internationale, forte de 20 000 hommes, dont les pays d’origine les plus représentés sont la Géorgie, la Biélorussie, les États-Unis, l’Azerbaïdjan, la France, le Brésil, la Colombie, le Royaume-Uni, la Pologne et la Suède.

Ces volontaires, parfois mercenaires, ont des motivations diverses, idéologiques, pécuniaires ou stratégiques. Pour les motivations politiques, les milieux fascistes répondent le plus présents, c’est le cas notamment pour les Français. Mais la présence d’étrangers s’explique aussi par la conviction que c’est sur ce front que l’expérience militaire acquise sera la plus décisive dans les conflits à venir. Ils sont là-bas pour apprendre. Les cartels latino-américains sont notamment suspectés de s’engager en Ukraine pour se former au pilotage des drones FPV, qui redéfinissent le combat rapproché.

En effet, cette guerre transforme profondément les opérations militaires, avec en particulier le rôle central du drone, et les deux camps acquièrent une expérience tactique et technologique considérable. Cela intéresse les armées et groupes armés du monde entier qui doivent réfléchir à des réorganisations et des évolutions doctrinales.

 

Quelques exemples des changements dus à l’utilisation massive des drones :
  • Drones d’observation et de surveillance : meilleurs ciblage et efficacité de l’artillerie, renseignements visuels en temps réel, relative transparence du champ de bataille.
  • Drones kamikazes : nouveau type de bombardements des cibles, nouvelles capacités de saturation de la défense adverse, grandes difficultés à acquérir une domination aérienne ou navale pour les deux camps.
  • Drones FPV (vue à la première personne) : redéfinition du combat rapproché.
  • Guerre électronique : brouillage des communications ennemies, leurres, substitution des communications filaires aux communications radio, y compris pour les drones.
  • Logistique : véhicules autonomes, véhicules plus rudimentaires petits et très mobiles.
  • Regain d’intérêt des petites unités de combat dans un objectif de discrétion.
  • Utilisation de missiles hypersoniques pour percer la défense antiaérienne ennemie.

Les terrains de la guerre en Ukraine dépassent le cadre du Donbass. D’une part, des combattants de tous les continents sont présents sur le front ukrainien. Mais d’autre part, les forces armées ukrainiennes ont également été présentes dans de nombreuses autres zones de conflit depuis 4 ans, en Syrie, au Soudan du côté des FSR, au Sahel…

La guerre en Ukraine aura une fin, et de nouveaux problèmes vont apparaître : des combattants nombreux, entrainés, équipés et désœuvrés qui vont chercher des débouchés professionnels dans d’autres zones de conflit ; d’autres seront démobilisés, mais vont revenir dans leur pays d’origine avec une expérience militaire qu’ils pourront mettre à profit pour d’autres projets politiques. Il faut l’anticiper.

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19:30 Publié dans Actualités, Cactus, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ukraine, guerre | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!

15/01/2026

Des applications d'IA sur un smartphone. L’IA est en plein essor, mais une grande partie des investissements relève de la spéculation. La bulle de l’IA n’a rien de nouveau : Karl Marx en a expliqué les mécanismes

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L’explosion des investissements dans l’intelligence artificielle révèle, comme l’avait décrit Marx, d’une difficulté structurelle du capitalisme à absorber ses propres excédents, au prix d’une financiarisation accrue et de fragilités économiques croissantes.


Lorsque Sam Altman, patron d’OpenAI, a déclaré plus tôt cette année à des journalistes à San Francisco que le secteur de l’intelligence artificielle (IA) était en train de former une bulle, le marché technologique états-unien a réagi presque instantanément. Combinée au fait que 95 % des projets pilotes en IA échouent, sa remarque a été perçue par les traders comme un signal d’alerte plus large. Même si Altman visait spécifiquement les start-ups non cotées plutôt que les grands groupes en Bourse, certains semblent y avoir vu une évaluation de l’ensemble du secteur.

Le milliardaire de la tech Peter Thiel (NDT : un proche de Donald Trump) a par exemple vendu ses actions Nvidia, tandis que l’investisseur américain Michael Burry – rendu célèbre par The Big Shorta parié des millions de dollars sur une baisse de la valeur de ce fabricant de puces mais également de l’éditeur américain de logiciels d’analyse data Palantir.


À lire aussi : Pourquoi la hausse du prix des mémoires vives informatiques est une menace pour l’économie européenne


Au fond, le propos d’Altman ne met pas seulement en lumière la fragilité de certaines sociétés, mais une tendance plus profonde qu’avait anticipée Karl Marx : le problème du capital excédentaire, qui ne parvient plus à trouver de débouchés rentables dans la production.

La théorie marxiste des crises

L’avenir de l’IA n’est pas en cause. Comme Internet après l’éclatement de la bulle de 2001, la technologie est appelée à durer. Ce qui pose question, en revanche, c’est la destination du capital une fois que les actions liées à l’IA ne fourniront plus les rendements spéculatifs promis ces dernières années.

Cette interrogation nous ramène directement à l’analyse marxienne des crises liées à la suraccumulation. Marx soutenait qu’une économie devient instable lorsque la masse de capital accumulé ne peut plus être réinvestie de manière rentable.

Les investissements technologiques masquent la faiblesse économique

Des années de taux d’intérêt bas et de liquidités abondantes durant la pandémie ont gonflé les bilans des entreprises. Une large part de ces liquidités s’est dirigée vers le secteur technologique, en se concentrant sur ce que l’on appelle les « Sept Magnifiques » – Amazon, Alphabet, Meta, Apple, Microsoft, Nvidia et Tesla. Sans ces entreprises, la performance des marchés serait négative.

Cela ne traduit pas un véritable dynamisme technologique ; c’est le signe d’un capital concentré dans une poignée d’actifs surévalués, fonctionnant comme de l’« argent jeté dans la circulation sans base matérielle dans la production », qui circule sans ancrage dans l’activité économique réelle.

La conséquence est qu’une part moindre de l’investissement atteint l’« économie réelle », ce qui alimente la stagnation économique et la crise du coût de la vie – deux phénomènes largement masqués par l’indicateur du PIB.

Comment l’IA est devenue le dernier palliatif

Le géographe de l’économie David Harvey prolonge l’intuition de Marx avec la notion de « spatio-temporal fix », qu’on pourrait traduire par « correctif spatio-temporel », qui désigne la manière dont le capital résout provisoirement la stagnation en repoussant l’investissement dans le temps ou en s’étendant vers de nouveaux territoires.

La suraccumulation produit des excédents de travail, de capacités productives et de capital financier, qui ne peuvent être absorbés sans pertes. Ces excédents sont alors redirigés vers des projets de long terme, ce qui repousse les crises vers de nouveaux espaces et ouvre de nouvelles possibilités d’extraction.

Le boom de l’IA fonctionne à la fois comme un correctif temporel et un correctif spatial. Sur le plan temporel, il offre aux investisseurs des droits sur une rentabilité future qui pourrait ne jamais se matérialiser – ce que Marx appelait le « capital fictif ». Il s’agit d’une richesse qui apparaît dans les bilans alors qu’elle repose peu sur l’économie réelle, ancrée dans la production de biens.

Sur le plan spatial, l’extension des centres de données, des sites de fabrication de puces et des zones d’extraction minière nécessite des investissements matériels considérables. Ces projets absorbent du capital tout en dépendant de nouveaux territoires, de nouveaux marchés du travail et de nouvelles frontières de ressources. Mais comme le suggère l’aveu de Sam Altman, et alors que les mesures protectionnistes du président américain Donald Trump compliquent le commerce mondial, ces débouchés atteignent leurs limites.

Le coût du capital spéculatif

Les conséquences de la suraccumulation dépassent largement le seul monde des entreprises et des investisseurs. Elles se vivent socialement, et non de manière abstraite. Marx expliquait qu’une surproduction de capital correspond à une surproduction des moyens de production et des biens de première nécessité qui ne peuvent être utilisés aux taux d’exploitation existants.

Autrement dit, l’affaiblissement du pouvoir d’achat – ironiquement accéléré par l’essor de l’IA – empêche le capital de se valoriser au rythme auquel il est produit. Lorsque la rentabilité recule, l’économie résout ce déséquilibre en détruisant les moyens de subsistance des travailleurs et des ménages dont les retraites sont liées aux marchés financiers.

L’histoire offre des exemples frappants. L’éclatement de la bulle Internet a ruiné de petits investisseurs et concentré le pouvoir entre les mains des entreprises survivantes. La crise financière de 2008 a chassé des millions de personnes de leur logement tandis que les institutions financières étaient sauvées. Aujourd’hui, de grands gestionnaires d’actifs se couvrent déjà contre de possibles turbulences. Vanguard, par exemple, a opéré un net déplacement vers les obligations.

La spéculation comme moteur de la croissance

La bulle de l’IA est avant tout le symptôme de pressions structurelles, plus que le simple produit d’une dynamique technologique. Au début du XXᵉ siècle, l’économiste marxiste Rosa Luxemburg s’interrogeait déjà sur l’origine de la demande sans cesse croissante nécessaire à la reproduction élargie du capital.

Sa réponse fait écho à celles de Marx et de Harvey : lorsque les débouchés productifs se raréfient, le capital se déplace soit vers l’extérieur, soit vers la spéculation. Les États-Unis optent de plus en plus pour cette seconde voie. Les dépenses des entreprises dans les infrastructures d’IA contribuent désormais davantage à la croissance du PIB que la consommation des ménages, une inversion sans précédent qui montre à quel point la croissance actuelle repose sur l’investissement spéculatif plutôt que sur l’expansion productive.

Cette dynamique tire vers le bas le taux de profit et, lorsque le flux spéculatif s’inversera, la contraction suivra.

Source The Conversation

12:31 Publié dans Connaissances, Economie, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : karl marx, ia | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!

03/01/2026

Impérialisme De Panama à Caracas, la doctrine Monroe se poursuit

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En décembre 1989, les États-Unis envahissaient le Panama sous couvert de « lutte antidrogue » et de « restauration démocratique ». Trente-cinq ans plus tard, les mêmes arguments structurent la politique américaine à l’égard du Venezuela. Derrière le discours moral, une constante : l’usage de la force pour préserver une hégémonie continentale menacée.

L’invasion du Panama avait été une forme de rupture. Pour la première fois depuis la guerre du Vietnam, Washington engageait une opération militaire massive hors de tout cadre multilatéral, assumant une logique unilatérale désormais affranchie de la bipolarité Est-Ouest. L’ennemi désigné, Manuel Noriega, ancien informateur de la CIA, devient soudain un « narco-dictateur » à abattre. Un épisode qui en appelait d’autres, sur le continent africain notamment.

Panama 1989

Le prétexte est connu : protéger les citoyens américains, défendre la démocratie, lutter contre le trafic de drogue. En réalité, Noriega n’a cessé d’être utile tant qu’il obéissait. Sa faute n’est pas le narcotrafic — toléré pendant des années — mais sa volonté d’autonomie politique dans un espace stratégique vital : le canal de Panama.

La destruction du quartier populaire d’El Chorrillo, les milliers de morts civils, l’installation d’un pouvoir sous tutelle américaine ne sont pas des bavures mais les conséquences logiques d’une doctrine qui nie la souveraineté des peuples et des nations. L’intervention panaméenne constituait le laboratoire d’un nouvel impérialisme, affranchi du droit international et légitimé par une morale de circonstance.

Du Panama au Venezuela, la doctrine Monroe recyclée

Trois décennies plus tard, le scénario se répète au Venezuela. Même rhétorique, mêmes mécanismes. Nicolás Maduro, comme Noriega hier, est désigné « narco-dictateur ». Les États-Unis vont jusqu’à offrir une prime pour sa capture, geste inédit contre un chef d’État en exercice. La guerre contre la drogue devient prétexte à une guerre politique.

Derrière l’argument moral, l’enjeu est stratégique : pétrole, contrôle des routes maritimes, endiguement de la Chine et de la Russie. Le Venezuela, comme le Panama hier, incarne une insoumission géopolitique jugée intolérable. Sanctions économiques, asphyxie financière, tentatives de déstabilisation interne et reconnaissance de pouvoirs parallèles constituent désormais l’arsenal standard.

La doctrine Monroe, proclamée morte, se trouve ainsi pleinement opérationnelle. Simplement modernisée. Elle ne parle plus de colonisation, mais de « démocratie », plus de canonnières, mais de sanctions, plus d’invasions ouvertes, mais de pression permanente.

12:08 Publié dans Actualités, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!

31/12/2025

Quels étaient les prénoms les plus portés en France au Moyen Âge ?

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Quelle que soit la période historique, on observe des tendances qui déterminent la popularité de certains prénoms. Ceux-ci ne présentent pas forcément une signification ou un affect particuliers pour l’enfant. Ils possèdent avant tout une fonction pratique pour identifier les individus. Retour sur une liste des prénoms les plus courants au Moyen Âge.

Au cœur de la période médiévale, les prénoms n’ont pas un grand intérêt pour la population. Il peut être question de souligner l’appartenance à une communauté ou à une famille. On écarte toutefois une symbolique particulière, voire un rapprochement entre le caractère d’un individu et son patronyme. En France, au Moyen Âge, on distingue moins d’une dizaine de prénoms pour identifier près de la moitié de la population. De père en fils, les parents transmettent souvent leur propre patronyme. D’une ascendance aristocratique ou paysanne, le statut social des personnes importe aussi dans le choix des prénoms. À l’époque, l’état civil n’existe pas. Les naissances et les prénoms des enfants sont inscrits dans les registres paroissiaux.

Quel est le prénom médiéval pour garçon le plus populaire ?

Au Moyen Âge, la Bible constitue la principale source d’inspiration des prénoms. Pendant cette période, la popularité de Jean demeure incontestable. Il fait référence au saint et possède de nombreuses déclinaisons dans les langues européennes. À titre d’exemple, on peut évoquer Juan, Giovanni, John et Yoan. Il connaît une variante en prénom féminin avec Jeanne. La racine hébraïque de cette dernière, Yohanan, peut se traduire par « Dieu a fait grâce ». Parmi les autres prénoms courants, on retrouve Roland, en référence à la chanson éponyme.

Pourquoi les prénoms de chevaliers au Moyen Âge sont-ils appréciés ?

La littérature arthurienne a joué un rôle important dans le choix des prénoms au Moyen Âge. D’après les chevaliers de la Table ronde du légendaire roi Arthur, Lancelot, Gauvain et Tristan sont très appréciés. Certaines grandes figures inspirent également l’admiration et expliquent la popularité de certains prénoms. C’est le cas d’Aliénor, en référence à Aliénor d’Aquitaine. Quant à celui de Mathilde, il possède une origine germanique et demeure très usité dans le nord de la France. En effet, la reine Mathilde était originaire des Flandres. Son étymologie évoque la force et la puissance au combat. On peut aussi s’attarder sur le prénom Clovis qui renvoie au souverain.

Y a-t-il d’autres exemples de prénoms médiévaux courants au Moyen Âge ?

Qu’ils soient de nature masculine ou féminine, on retrouve d’autres prénoms populaires, au cours du Moyen Âge. Parmi ceux-ci figurent Baudouin, Edwin, Eudes, Gauthier et Guillaume en français. Les garçons pouvaient aussi s’appeler Philippe, Gervais ou René. Pour une petite fille, les parents appréciaient Emma, Constance et Adélaïde. À cela s’ajoutent Éléonore, Agnès, Marie et Isabelle. Ces prénoms, comme d’autres, pouvaient avoir un regain de popularité ou devenir plus rares selon la période.

Source Par Marine Cestes, CaMinteresse

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09/12/2025

1905 - 2025 La conquête laïque, héritage du combat républicain et ouvrier

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La loi du 9 décembre 1905 fut l’un des grands actes d’émancipation portés par la République radicale et soutenus par le mouvement ouvrier naissant. Elle mit fin à des siècles de tutelle religieuse sur les consciences et sur la vie publique.

Cent vingt ans après, alors que la laïcité est réinterprétée au gré des batailles idéologiques, revenir à sa genèse permet d’en rappeler la portée profondément sociale et égalitaire.

Le combat anticlérical, un enjeu démocratique et social

À la veille de 1905, le cléricalisme pèse encore lourd : influence scolaire, pression sur les municipalités rurales, résistance aux lois civiles. Les républicains de la IIIᵉ République - à l’image de Gambetta qui proclamait « le cléricalisme, voilà l’ennemi ! » - ont engagé depuis les années 1880 une série de mesures pour desserrer cette emprise : lois Ferry sur l’école publique gratuite, laïque et obligatoire, expulsions de certains ordres comme les Jésuites, fermeture de 2 500 écoles congréganistes.

En face, l’Église catholique se radicalise. Pie X condamne la République française : les relations diplomatiques entre le Vatican et Paris sont rompues. Les catholiques intransigeants, autour de journaux comme La Croix ou L’Univers, dénoncent un risque de schisme. Le camp républicain, quant à lui, voit dans la séparation un acte d’émancipation populaire.

Dans l’hémicycle : compromis républicain et confrontation idéologique

Le cœur de la bataille se déroule à la Chambre des députés, le projet est étudié dès 1904 à la demande du très anticlérical Émile Combes. Aristide Briand, rapporteur de la loi, impose une voie plutôt libérale et propose un équilibre inédit : la liberté de conscience absolue, mais la fin de tout financement public des églises car la République est neutre. Les débats sont denses et houleux.

Le socialiste Jean Jaurès soutient la séparation au nom de la souveraineté du peuple tout en mettant en garde contre toute vindicte envers les croyants populaires, rappelant que la République doit libérer, non humilier. L’adoption finale, par 341 voix contre 233, consacre le principe fondateur : « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. »

Entre universalisme républicain et crispations identitaires

Cent vingt ans plus tard, la laïcité continue d’être une référence centrale mais souvent détournée. Certains courants politiques de droite ou d’extrême droite l’agitent comme un outil de suspicion envers la communauté musulmane, réduisant la laïcité à une arme culturelle. Un paradoxe quand on sait qu’historiquement ces courants étaient hostiles à la laïcité au nom d’une France « fille aînée de l’Église ».

À l’inverse, le multiculturalisme anglo-saxon inspire les tenants d’un populisme de gauche où l’État se résignerait à juxtaposer des communautés aux normes divergentes voire clivantes, au risque d’amoindrir le commun républicain.

Pour les communistes, la laïcité n’est pas une neutralité molle, mais un instrument d’émancipation universaliste : affranchir les individus des autorités spirituelles comme des identités assignées, maintenir l’égalité des citoyens et préserver la possibilité d’un horizon commun. Aussi des interprétations, rappeler le sens de 1905, c’est réaffirmer un projet politique : l’unité du peuple, l’autonomie des consciences et l’indépendance du pouvoir civil.

Source Stéphane Bailanger pour Liberté Actus

18:57 Publié dans Actualités, Connaissances, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : c | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it!